Foire aux questions

Comment l’AFD choisit-elle les pays et les projets qu’elle soutient ? [+]

Le gouvernement français délimite les pays et secteurs d’intervention de l’AFD. L’Agence intervient dans l’ensemble des pays de la zone de solidarité prioritaire et dans les collectivités d’Outre-mer. Son activité se concentre sur les pays les plus pauvres : elle concerne 41 des 48 pays les moins avancés de la planète. Dans ces pays, les secteurs d’intervention de l’AFD sont retenus en accord avec les autorités locales. Tous les projets mis en œuvre émanent d’une demande des différents partenaires du Sud (Etat, entreprises, ONG, collectivités locales, etc.), et doivent répondre à la mission de l’AFD : soutenir la croissance, réduire la pauvreté, ou préserver les biens publics mondiaux. L’Agence définit, conjointement avec ses partenaires, les objectifs spécifiques d’un projet, en évalue les impacts escomptés (par exemple, le nombre d’enfants scolarisés, vaccinés, de tonnes de CO2 économisées, etc.) ainsi que la pertinence économique, environnementale et sociale.

L’AFD intervient-elle dans les crises humanitaires ? [+]

L’AFD n’intervient pas dans des contextes d’urgence liés à des crises ou à des catastrophes humanitaires. Ce type d’intervention relève d’institutions spécialisées dans ce domaine. L’AFD est une institution d’aide au développement : elle n’agit pas dans l’urgence, mais dans une perspective de moyen et long terme. En revanche, l’Agence joue un rôle en matière de prévention des crises, et peut intervenir après les catastrophes, dans les phases de reconstruction. Cela a par exemple été le cas d’un projet mis en œuvre  à la suite du séisme qui a frappé le Pakistan en octobre 2005. Grâce au soutien technique et financier de l’AFD, près de 15 000 maisons familiales sont aujourd’hui en cours de reconstruction.

 

Quelle place tient l’environnement dans l’activité de l’AFD ? [+]

L’environnement, tout comme la dimension sociale, est pris en compte à tous les niveaux des interventions de l’Agence. Pour les besoins de sa propre activité, l’AFD s’attache à réduire au maximum ses impacts environnementaux : la maîtrise de ses consommations d’énergie, d’eau et de papier, la réduction de sa production de déchets, la promotion des achats éco-responsables sont autant de principes que l’Agence met en œuvre  au quotidien. L’AFD s’est engagée à devenir neutre vis-à-vis de ses émissions de gaz à effet de serre sur la période 2008-2012, ce qui signifie que ses émissions seront compensées par le financement de projets environnementaux réduisant d’autant les effets négatifs de ses activités. La première opération d’achat de crédit carbone pour atteindre la neutralité a été réalisée en octobre 2008 par le recours à des actifs carbone permettant de financer un projet de lutte contre la déforestation au Cambodge.
Dans le cadre de ses financements, la protection de l’environnement est devenue un axe majeur d’intervention de l’Agence : en 2008, 14 % des engagements ont porté sur cette thématique et la protection des biens publics mondiaux, à travers notamment la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la biodiversité.
Ainsi, la politique de responsabilité sociale et environnementale adoptée par l’Agence début 2007 se décline tant sur le plan interne qu’au niveau des opérations.
L’AFD a en outre noué des partenariats avec d’importants acteurs du secteur environnemental, comme l’ADEME, le WWF ou l’UICN. Les projets financés par l’Agence en 2008 permettront d’économiser environ 3,3 million de tonnes de CO2 chaque année, soit l’équivalent des émissions produites 1,2 million de voitures au cours d’une année.

L’AFD doit-elle financer les grands barrages hydroélectriques, objets de controverse ? [+]

En produisant de l’électricité à partir de la force motrice de l’eau, énergie renouvelable, souple d’utilisation et à faible coût, les grands barrages peuvent, dans certains cas, constituer une alternative avantageuse à l’utilisation des énergies fossiles. S’il est vrai que la construction d’un barrage peut parfois remettre en question les équilibres écologiques et sociaux des sites concernés (déplacement de population, modification des écosystèmes aquatiques, etc.), les impacts
négatifs potentiels peuvent néanmoins être traités en associant les populations locales, en réalisant une évaluation stricte des risques et des conséquences sociales et environnementales des projets, et en mettant en œuvre  les solutions identifiées. De telles incidences sont systématiquement prises en compte dès la phase d’identification du projet, l’AFD s’étant dotée d’une démarche de maîtrise des risques sociaux et environnementaux.
L’Agence privilégie de plus en plus la construction d’infrastructures hydroélectriques de petite dimension et le développement d’énergies alternatives, propres et/ou renouvelables.
 

Ne faut-il pas investir davantage dans l’éducation, moteur du développement humain ? [+]

Avec 113 millions d’enfants non scolarisés et 875 millions d’adultes analphabètes dans le monde, l’éducation est un sujet crucial pour l’avenir des pays en développement. Depuis les années 1990, l’AFD s’est engagée dans le secteur de l’éducation avec deux priorités : l’éducation de base et la formation professionnelle. Elle est mandatée, depuis 2004, pour financer l’ensemble des programmes d’aide de la coopération française dans ce domaine, hormis ceux liés à l’université.
Avec un financement de 130 M€ en 2008, l’Agence permettra la scolarisation dans le primaire de plus de sept millions d’enfants.

L’AFD ne devrait-elle pas soutenir davantage le développement de la microfinance ? [+]

L’AFD dispose d’une longue expérience en matière de soutien à la microfinance. Les premiers financements dans ce domaine remontent à 1988 et, aujourd’hui, ce sont près d’une soixantaine de projets qui ont été financés. A travers ces concours, plus d’un million et demi de personnes ont bénéficié d’un appui dans la réalisation de leur projet. L’engagement de l’Agence dans ce secteur est important.
Cependant, la microfinance ne peut pas à elle seule permettre le développement d’un pays. D’autres secteurs doivent être soutenus, comme les infrastructures (construction de routes, fourniture d’électricité, etc.), l’éducation ou la santé. Il est également essentiel d’appuyer les petites et moyennes entreprises, souvent exclues du système bancaire classique mais dont les besoins ne peuvent être satisfaits par la microfinance. En partageant le risque pris par les banques locales dans le financement des PME, l’Agence participe ainsi à l’établissement d’un cercle vertueux de création d’entreprise, d’emploi, et de croissance économique.
Enfin, une autre limite imputable à la microfinance réside dans la difficulté à trouver des partenaires viables et solides. Pour que les financements accordés soient réellement efficaces, l’organisme bénéficiaire (qu’il s’agisse d’une ONG, d’une institution de microfinance, d’un fonds d’investissement ou d’une banque) doit en effet bénéficier de sérieuses compétences techniques dans le domaine spécifique de la microfinance (qui est différent de celui de la banque classique) et démontrer de bonnes capacités de gouvernance.

Est-ce le rôle d’une agence d’aide de financer le secteur privé ? [+]

Le soutien aux entreprises est l’une des spécificités de l’AFD. Si l’Agence appuie ce secteur, c’est parce qu’il est au cœur des enjeux de développement des pays du Sud. Qu’elles relèvent du secteur privé ou qu’elles aient été confiées à des entreprises d’Etat, les activités marchandes sont un moteur essentiel de la croissance économique et de l’emploi, et participent directement à l’atteinte des Objectifs du Millénaire. L’efficacité du secteur privé, notamment dans le domaine
bancaire, conditionne celle de beaucoup d’autres secteurs de l’économie.
Les concours de l’AFD, qui passent également par l’intermédiaire de sa filiale Proparco, ont ainsi pour objectif de contribuer à la croissance et à la création d’emplois, tout en permettant l’amélioration des pratiques sociales, environnementales et éthiques. Ils visent également à soutenir la participation du secteur privé à des objectifs de politique publique, notamment dans les domaines de l’eau ou du logement. L’AFD porte toute son attention à une meilleure gouvernance des entreprises et au renforcement de leurs capacités, humaines comme techniques.

Comment l’AFD travaille-t-elle avec les sociétés civiles, ONG, associations locales ? [+]

L’AFD et les organisations non gouvernementales (ONG) entretiennent des relations anciennes, fondées sur le partage d’une même ambition : promouvoir le développement des pays du Sud.
Elles ont développé diverses formes de coopération, à travers des partenariats opérationnels sur le terrain, et un dialogue stratégique sur différents thèmes d’intervention.
Les organisations de la société civile constituent pour l’AFD des partenaires incontournables, notamment dans la mise en œuvre de certains projets qu’elle finance. Elles disposent en effet d’une expertise technique de qualité dans de nombreux domaines, et leur proximité avec le terrain est un gage de durabilité et d’appropriation des actions par les bénéficiaires. Les ONG françaises et leurs partenaires du Sud ont également une légitimité à exprimer les souhaits
et attentes de la société civile, et contribuent à l’établissement d’un lien durable entre l’AFD et ses bénéficiaires. Dans les pays en situation de crise, ces associations constituent souvent le meilleur moyen de faire transiter l’aide de manière efficace, au plus près des populations.
Toutes ces raisons expliquent la croissance, ces dernières années, des relations opérationnelles entre l’AFD et les ONG.
En 2008, le volume de ces relations représentait près de 23 millions d’euros. Cela comprend aussi bien des financements directs à des ONG du Sud (l’ONG kenyane Green Belt Movement, fondée par la Prix Nobel de la Paix, Wangari Maathai) et du Nord (Handicap International), que des partenariats stratégiques avec de grandes ONG telles que Aide et Action, Conservation International ou le World Wide Fund for Nature (WWF).
En outre, l’Agence a créé la facilité d’innovation sectorielle pour les ONG (FISONG), qui vise à subventionner des organisations de solidarité internationale pour la réalisation de projets de terrain innovants. Cet instrument prévoit l’organisation, par l’Agence, d’appels à candidatures sur des thèmes définis en amont par une concertation entre les ONG (représentées par Coordination Sud) et les départements sectoriels de l’AFD.
Depuis le 1er janvier 2009, la division du partenariat avec les ONG (DPO) assure, d’une part, le suivi du partenariat stratégique avec les ONG dans le cadre du POS2 et, d’autre part, l’activité de financement des initiatives des ONG.
L’Agence met par ailleurs en œuvre une politique de transparence visant à rendre compte aux contribuables, comme à l’ensemble de ses partenaires (société civile, ONG, entreprises, collectivités locales, etc.), des opérations qu’elle finance.
 

L’AFD se préoccupe-t-elle de la condition des femmes lorsqu’elle réalise un projet ? [+]

Les femmes sont les premières victimes de la pauvreté. Les inégalités entre les hommes et les femmes se rencontrent à tous les niveaux : dans l’accès à l’éducation, à la santé, à la propriété... 70 % des personnes vivant sous le seuil de pauvreté sont des femmes. L’AFD soutient des projets de développement qui contribuent à l’émancipation des femmes et leur permettent de devenir des actrices économiques à part entière. Par exemple, le développement de l’accès à l’eau potable libère les femmes de la corvée quotidienne de collecte de l’eau au puits, ce qui a des conséquences positives sur leur activité économique, leur santé et celle de leurs enfants. La scolarisation des filles et le soutien au développement de la microfinance constituent des objectifs prioritaires pour l’AFD.

Pourquoi l’AFD accorde-t-elle des financements à l’Outre-mer et non aux autres régions françaises ? [+]

La présence de l’AFD dans l’Outre-mer français s’explique par des raisons historiques. L’effort de solidarité de la nation vise, dès son origine, à promouvoir le développement des territoires français pénalisés par leur éloignement géographique. L’intervention de l’Agence dans l’Outre-mer se justifie par les besoins spécifiques de ces collectivités, en termes de développement économique et social comme d’intégration régionale. L’Agence a acquis une expertise et une
connaissance dans ces régions qui lui permet d’apporter une valeur ajoutée spécifique. Elle y soutient la création d’emplois et la compétitivité des entreprises. Elle finance les collectivités et les établissements publics, et intervient dans le logement social. Elle favorise la coopération régionale (soutien à l’investissement, environnement, santé) et encourage la diffusion des savoir-faire français et européen aux pays voisins.

Pourquoi l’AFD intervient-elle dans le logement social dans les collectivités d’Outre-mer? [+]

Les habitants de l’Outre-mer français ont, pour la plupart, des ressources limitées et rencontrent de plus en plus de difficultés pour se loger. La croissance démographique exerce une pression importante sur la demande de logements et les prix de l’immobilier ont tendance à fortement augmenter. Les programmes de logement social financés par l’Agence permettent non seulement d’améliorer les conditions de vie de ces personnes, mais participent à la cohésion sociale en réduisant les inégalités, et en favorisant l’intégration économique des populations défavorisées.

Comment l’AFD se préoccupe-t-elle de la question des migrations dans l’Outre-mer ? [+]

Les flux migratoires revêtent une importance particulière dans les pays voisins des collectivités d’Outre-mer, notamment en raison de leur impact sur l’activité économique, le marché du travail, les systèmes éducatifs et de santé, etc. La régulation de ces flux passe par le développement économique des pays à forte pression migratoire, ainsi que par l’amélioration des conditions de vie et de l’état sanitaire des populations dans leur pays d’origine.
Aux Comores, l’AFD intervient pour réduire l’écart de niveau de vie entre l’archipel et Mayotte, en soutenant le développement d’activités génératrices de revenus et le secteur de la santé.
Les collectivités des départements français d’Amérique sont de plus en plus fréquemment associées aux projets de développement menés par l’Agence à Haïti. Les financements sont destinés à améliorer les conditions de vie des haïtiens les plus démunis. Au Surinam, qui partage une frontière terrestre de 520 km avec la Guyane, l’action de l’AFD vise à améliorer la situation des populations, que ce soit dans le secteur de la santé (poursuite de l’appui au système de santé surinamais) ou de l’éducation par la mise en place d’un projet de coopération éducative centré sur les relations de proximité entre le Surinam et la Guyane.

D’où viennent les fonds de l’AFD ? [+]

Les ressources de l’AFD proviennent du budget de l’Etat, de ses fonds propres et des emprunts qu’elle est autorisée à contracter sur les marchés financiers. Avec ces ressources, l’AFD accorde des dons, exclusivement aux pays les plus pauvres, et des prêts, avec ou sans bonification.
Le ministère des Affaires étrangères et européennes finance l’enveloppe des dons accordés par l’AFD aux pays les moins avancés (PMA). Le ministère de l’Economie, de l’industrie et de l’emploi permet à l’AFD, par l’intermédiaire de bonifications, d’octroyer des prêts concessionnels par rapport aux conditions du marché. L’AFD reçoit en outre des financements du ministère en charge de l’Outre-mer. Entre 2008 et 2010, elle a mis en œuvre des financements du ministère de l’Immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire.

Est-il normal que l’AFD fasse des bénéfices ? Comment ceux-ci sont-ils employés ? [+]

L’AFD est une institution financière qui, comme tout établissement bancaire, produit chaque année des comptes audités. La production régulière d’un « bénéfice » (qualifié de « résultat net positif ») est, à ce titre, un signe de bonne gestion. Une part des résultats de l’AFD est utilisée pour renforcer ses fonds propres, lui donnant la capacité de développer son activité. Une autre partie de ce résultat net est reversée à l’Etat pour être réinvestie dans des dépenses affectées à
l’aide au développement.

Comment l’AFD fixe-t-elle les conditions de ses prêts ? [+]

Il existe deux catégories de prêts : les prêts « souverains », c’est-à-dire octroyés à un Etat ou à un organisme public bénéficiant d’une garantie d’un Etat, et les prêts « non souverains », octroyés à des entreprises et organismes publics ou privés, sans garantie de l’Etat. Les conditions du prêt (taux d’intérêt, durée du remboursement, etc.), et donc le niveau de concessionnalité du prêt, dépendent de plusieurs critères : la nature du projet (ses impacts sociaux, environnementaux, économiques), la qualité de l’emprunteur (son secteur d’activité, sa notation, ses garanties) et son environnement (le « risque pays »). En règle générale, le critère déterminant pour l’attribution de conditions concessionnelles à un prêt souverain est le niveau de développement et d’endettement du pays : plus celui-ci est pauvre, plus les conditions du prêt sont concessionnelles.
Dans le cadre de prêts au secteur privé, les conditions sont déterminées, avant toute chose, par l’appréciation du risque lié à l’emprunteur et à l’environnement du projet (contexte politique, économique, social, environnemental).

Comment l’AFD se prémunit-elle contre les risques de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme ? [+]

En tant qu’institution financière régie par le Code monétaire et financier, l’AFD est soumise aux obligations relatives à la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement d’activités terroristes. Pour cela, elle s’est dotée d’une procédure interne fondée sur une approche par le risque, offrant aux agents une grille de contrôles à opérer aux différents stades d’avancement du concours, afin de se prévenir contre le risque pénal, disciplinaire et de réputation. Le contrôle du
respect des normes, et plus particulièrement de celles relatives à la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme, est assuré par le « Département du contrôle permanent et de la conformité », qui veille à ce que l’instruction et l’exécution des opérations soient conduites dans le respect des dispositions propres aux activités bancaires et financières.

Est-il normal que l’AFD consacre des moyens financiers à la communication sur son action ? [+]

L’activité de communication à l’AFD est relativement récente ; par le passé, la communication sur l’aide publique au développement était essentiellement du ressort de ses tutelles. Progressivement, il est apparu nécessaire que l’Agence communique davantage, pour répondre à un double objectif : donner une information transparente sur ses activités, et promouvoir l’aide au développement. L’objectif de transparence est lié, d’une part, au caractère public de la mission
de l’AFD, le contribuable français devant être informé de l’utilisation et de l’efficacité des fonds publics engagés par l’Agence et, d’autre part, à l’engagement de l’institution en matière de promotion du développement. Il est important de sensibiliser les citoyens français aux enjeux liés à l’aide au développement, ainsi que le font depuis longtemps de nombreuses organisations non gouvernementales.

Quelle est la valeur ajoutée de l’AFD par rapport aux organismes mondiaux d’aide ? [+]

Les liens historiques et culturels forts qui unissent la France à certains pays du Sud, notamment en Afrique, constituent le socle des interventions de l’AFD. Très présente sur le terrain, avec un réseau d’une soixantaine d’agences, elle bénéficie d’une bonne connaissance de ces pays, de leurs cultures, de leurs spécificités. Cette expertise, largement reconnue, est un gage d’efficacité pour l’Agence, lui permettant d’être réactive et de s’adapter aux évolutions rapides que connaissent ces pays. Elle est également très appréciée par les organisations multilatérales (Banque mondiale, Commission européenne, etc.) dans les nombreuses opérations qu’elles cofinancent avec l’AFD. L’expérience acquise par l’Agence est utile aux autorités françaises qui participent au pilotage des institutions multilatérales dont la France est l’un des principaux actionnaires.

L’AFD doit-elle aider des pays qui ont des gouvernements corrompus, ou privilégier les pays les mieux gérés ? [+]

Il est plus simple d’apporter une aide à des pays bien gouvernés ; mais cela ne signifie pas pour autant qu’il faille abandonner les populations vivant dans des pays à faible gouvernance, qui sont souvent les premières victimes de l’instabilité et de la corruption. Accompagner ces pays, soutenir le renforcement des capacités des administrations, permet d’engager les dirigeants vers une meilleure gouvernance, ce qui fait partie intégrante de la mission de l’Agence. Elle
dispose pour cela d’instruments spécifiques, qui lui permettent d’adapter son aide à chaque situation. En outre, afin de s’assurer de l’efficacité de son aide, l’Agence conditionne l’octroi de ses financements au respect, par ses partenaires, des engagements pris.

Comment l’AFD peut-elle contrôler la bonne utilisation des financements qu’elle accorde, qu’il s’agisse de dons ou de prêts ? [+]

Le contrôle de l’utilisation des fonds est une préoccupation centrale de l’Agence, à chacune des étapes d’un projet. En règle générale, l’argent n’est pas versé au bénéficiaire du projet, mais à l’entreprise qui le réalise. Sur place, les équipes de l’AFD contrôlent directement le bon déroulement du projet, depuis la régularité de l’appel d’offres jusqu’au respect des règles relatives à sa mise en œuvre concrète. Les fonds ne sont pas décaissés en une seule fois, mais en tranches successives, dans le cadre de contrôles rigoureux opérés sur le terrain et au travers de circuits financiers sécurisés : si une irrégularité venait à être constatée, tout le processus du projet serait suspendu.
 

Les projets financés par l’AFD sont-ils obligatoirement mis en œuvre par des entreprises françaises ? [+]

Depuis le 1er janvier 2002, la France et les principaux bailleurs bilatéraux ont décidé de ne plus lier les financements qu’ils accordent au recours à leurs entreprises nationales (bureaux d’études, opérateurs, etc.). Ainsi, les entreprises de tous les pays peuvent intervenir sur des opérations financées par l’AFD (et, réciproquement, les entreprises françaises peuvent répondre à des appels d’offres lancés par d’autres bailleurs de fonds), ce qui favorise la concurrence.

Pourquoi ne distribue-t-on pas l’eau gratuitement aux plus démunis ? [+]

Il ne s’agit pas de faire payer l’eau, mais le service de l’eau. L’objectif de l’AFD, lorsqu’elle finance un projet d’adduction d’eau, est que ce service subsiste longtemps après sa réalisation. Cela suppose que les investissements réalisés (pompes, canalisations, etc.) soient entretenus, et que la distribution soit correctement gérée, ce qui a un coût. Les expériences menées dans les années 1970-1980 dans le cadre de projets fournissant gratuitement de l’eau potable ont montré que les infrastructures, qui n’étaient pas entretenues par les populations, se dégradaient rapidement.
Ainsi, faire payer l’eau incite les populations à s’approprier le projet, ce qui constitue une garantie de sa durabilité.
Le caractère marchand de l’eau permet également d’éviter son gaspillage, l’eau étant une ressource rare dans de nombreux pays. En général, avant les interventions de l’Agence, l’eau est déjà payante, à des niveaux de prix difficilement abordables pour une majeure partie de la population.
Les projets financés favorisent ainsi une réduction du prix de l’eau, et permettent aux plus défavorisés d’y avoir accès. Ils visent enfin à améliorer la qualité de l’eau, ce qui a une forte incidence sur la santé des personnes.

En sa qualité d’institution financière, l’AFD ne concurrence-t-elle pas les banques locales ? [+]

L’AFD finance et accompagne les banques locales dans leur mission d’investissement. A travers divers instruments, elle les incite à participer au financement de projets de développement. Le rôle du secteur bancaire dans le développement économique d’un pays est essentiel ; c’est pourquoi l’Agence soutient les réformes de ce secteur, et lui apporte un appui technique et financier. Il ne s’agit donc pas de concurrence, mais bien de complémentarité.
 

Vaut-il mieux donner ou prêter ? [+]

Ces deux démarches sont complémentaires. En règle générale, les pays les plus pauvres bénéficient de financements sous forme de don. Pour les pays qui ont un PIB par habitant plus élevé, l’AFD peut consentir des prêts, à condition toutefois que le pays ne soit pas surendetté.
Cette logique de prêt est bénéfique à un double titre : elle permet, d’une part, de donner une responsabilité accrue aux bénéficiaires, et d’autre part, de réinvestir les fonds qui seront remboursés dans de nouveaux projets, et d’accroître ainsi le nombre d’actions de coopération.
L’arbitrage entre don et prêt dépend par ailleurs du secteur d’intervention : les appuis de l’Agence au développement du secteur privé privilégient une logique de prêt, tandis que ses soutiens aux secteurs sociaux de base, comme la santé ou l’éducation, relèvent davantage d’une logique de don. Enfin, les prêts permettent d’engager des sommes plus importantes, augmentant d’autant les impacts potentiels des projets.

L’Afrique subsaharienne est-elle condamnée à la stagnation et aux crises ? [+]

L’Afrique fait aujourd’hui l’objet de toutes les attentions. Ce continent connaît en effet des crises locales sévères, et beaucoup de pays africains figurent en queue des différents classements mondiaux.
Il faut cependant reconnaître à l’Afrique d’avoir réussi à maintenir les niveaux de vie d’une population qui double tous les 20 ou 25 ans, et qui a triplé en l’espace d’un siècle. Aucun pays au monde n’a connu une telle transformation démographique.
Cette métamorphose induit à la fois des fragilités et des opportunités nouvelles. Des fragilités en raison de perspectives inquiétantes de conflits sur l’espace et les ressources naturelles, d’une sortie difficile de la pauvreté, de lenteurs dans la transition démographique. Mais aussi des solutions nouvelles, car cette croissance démographique forte s’accompagne d’une densification urbaine, qui permet d’abaisser fortement les coûts d’accès à tous les services essentiels (eau, santé, éducation, communications, transports, marchés, administration publique, etc.).
Le niveau de formation s’est considérablement accru. Le nombre d’enfants inscrits à l’école primaire est passé de 80 millions en 1999 à près de 101 millions en 2004, soit une hausse de 27 %. Certains pays connaissent des taux de croissance importants, comme l’Afrique du Sud ou la Tunisie. Et, depuis dix ans, l’Afrique subsaharienne a globalement repris le chemin d’une croissance supérieure à 5 % par an. A côté des crises qui focalisent l’attention des médias, beaucoup de pays voient leur sécurité et leur gouvernance s’améliorer.

A quoi a servi toute l’aide apportée à l’Afrique depuis soixante ans ? [+]

Il est difficile de concevoir aujourd’hui la situation des pays d’Afrique en 1960, lors des indépendances.
Le niveau de formation était extrêmement bas : dans certains pays, on comptait très peu d’instituteurs, de médecins ou d’ingénieurs spécialisés.
préserver les biens publics mondiaux, au premier titre desquels figure l’environnement.
La Chine est en passe de devenir le premier émetteur au monde de CO2. A travers le financement de projets visant à améliorer l’efficacité énergétique dans ces pays en pleine croissance, à réduire leur production de gaz à effet de serre, à développer des énergies propres et renouvelables, l’Agence participe à la lutte contre le réchauffement climatique global.
En outre, dans le domaine de la santé, il est absolument nécessaire de prévenir et de maîtriser l’émergence de maladies nouvelles, comme le SRAS ou la grippe aviaire, et d’éviter qu’elles ne se propagent à l’échelle planétaire. Peu de gens avaient alors accès à l’information et aux services essentiels.
L’immensité des besoins a entraîné la mobilisation de l’aide internationale, sensibilisée par certaines
crises comme la famine au Sahel dans les années soixante-dix.
Les bailleurs de fonds ont apporté des équipements et du savoir-faire. Mais le volume de l’aide est resté très modeste au regard des besoins.
Si l’on ajoute à cela, pour certains pays, une croissance économique faible ou irrégulière, des problèmes de gouvernance, d’instabilité politique, des dégradations environnementales croissantes, il n’est pas étonnant que le développement économique escompté ne se soit pas fait
ressentir. Il serait illusoire de croire que l’aide accordée à l’Afrique aurait pu à elle seule sortir l’ensemble du continent de la pauvreté.
En revanche, l’aide extérieure a contribué à limiter l’effet des crises alimentaires ou politiques.
Elle a facilité les transformations en cours, en contribuant directement aux progrès sanitaires, à l’effort d’éducation et d’équipement qui conduit aujourd’hui à d’importantes améliorations en matière d’accès aux services de base (eau, électricité, transport, crédit, etc.).
L’AFD et les autres agences d’aide se sont adaptées à ces défis, en intégrant progressivement des impératifs environnementaux, en développant de larges programmes sociaux d’éducation et de santé, et en accompagnant les pays dans leurs processus de développement, selon leurs spécificités.
Les progrès réalisés ces dernières années ne sont pas négligeables. Au Mali, par exemple, le soutien de l’AFD au secteur éducatif a contribué à améliorer le taux de scolarisation des filles à l’école primaire, qui est passé de 42 à 62 % en quatre ans.

Pourquoi aider le développement des pays du Sud, alors même qu’il y a tant de problèmes à résoudre en France (chômage, précarité, etc.) ? [+]

Aider les pays pauvres relève avant tout d’un impératif éthique de justice et de solidarité. Mais il ne s’agit pas que de cela. A l’heure de la mondialisation des échanges et de l’information, les inégalités qui divisent le monde sont sources de tensions croissantes (montée des extrémismes et du terrorisme, multiplication des conflits dans l’accès aux ressources naturelles) et de drames humains intolérables, à l’image des nombreux migrants qui échouent sur les côtes européennes.
Aider les pays du Sud est dans l’intérêt des pays du Nord : maintenir la paix et la stabilité internationale, protéger l’environnement, répondre aux enjeux globaux caractéristiques de notre siècle (la propagation des épidémies à l’échelle planétaire, le réchauffement climatique, etc.).
L’enjeu environnemental est une justification majeure de cette action. Le changement climatique, les dégradations environnementales, la disparition de la biodiversité sont autant de menaces contre lesquelles il n’est plus envisageable de lutter à l’échelle nationale, mais qui appellent des actions globales. Il en va de même des grandes pandémies et autres maladies émergentes, susceptibles de se propager, très rapidement, au-delà des frontières nationales. L’aide publique au développement est donc un instrument au service de la protection de ces biens publics mondiaux.
Elle apporte une réponse pertinente à ces enjeux majeurs du 21e siècle.

Pourquoi aider des pays émergents, comme la Chine ou le Brésil, qui concurrencent les entreprises françaises sur le marché mondial ? [+]

L’AFD a été autorisée par le gouvernement français à intervenir dans les pays émergents, notamment en Chine, en Inde et au Brésil. Sa mission dans ces pays est spécifique, et consiste à préserver les biens publics mondiaux, au premier titre desquels figure l’environnement.
La Chine est en passe de devenir le premier émetteur au monde de CO2. A travers le financement de projets visant à améliorer l’efficacité énergétique dans ces pays en pleine croissance, à réduire leur production de gaz à effet de serre, à développer des énergies propres et renouvelables, l’Agence participe à la lutte contre le réchauffement climatique global.
En outre, dans le domaine de la santé, il est absolument nécessaire de prévenir et de maîtriser l’émergence de maladies nouvelles, comme le SRAS ou la grippe aviaire, et d’éviter qu’elles ne se propagent à l’échelle planétaire.

Mise à jour en février 2011

En poursuivant votre navigation sur notre site, vous acceptez l’installation de cookies sur votre poste, dans le respect de notre politique de protection de votre vie privée. En savoir plus