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Bernard Esnouf et Serge Snrech

Que retenir des Assises du Développement et de la Solidarité internationale ?

05/03/2013

A l'issue d'un d'un dialogue d'une ampleur inédite depuis 1997, on retiendra notamment la création d'un Conseil national du développement et de la solidarité internationale et un débat parlementaire à l’automne sur une grande loi d’orientation et de programmation. Un moment fort dans la perspective de l'après Objectifs du millénaire pour le développement (2015). Eclairage par Bernard Esnouf et Serge Snrech, du département Pilotage stratégique et prospective de l'AFD.

Que peut-on retenir des Assises ?

Les Assises voulues par le Président de la République et mises en œuvre par le ministre du développement, Pascal Canfin, qui s’y est personnellement impliqué, ont souligné la volonté d’une large gamme d’acteurs de prendre part au débat sur les politiques de développement et de solidarité internationale. Elles ont représenté un véritable marathon de 19 réunions en 4 mois, soit en moyenne une par semaine, sans que la participation, qui a mobilisé plus de 600 personnes, ne faiblisse. Un débat d’une telle ampleur n’avait pas eu lieu depuis 1997. C’est en reconnaissance de cette demande de débat que le Président de la République a annoncé, lors de son discours de clôture, un débat parlementaire à l’automne sur une grande loi d’orientation et de programmation, ainsi que la création d’un Conseil national du développement et de la solidarité internationale où la concertation pourra se poursuivre « de manière souple mais néanmoins institutionnelle ».

 

A la fin de cet article, deux entretiens vidéos : Jean-Marc Châtaignier , Directeur général adjoint de la mondialisation, du développement et des partenariats au ministère des Affaires étrangères et européennes, évoque le Conseil national du développement et de la solidarité internationale. Et Henry de Cazotte, Coordinateur de la mission gouvernementale post 2015, évoque le rôle des collectivités territoriales dans l'action de coopération internationale.


Quels thèmes ont dominé le débat ?

La sensibilité aux enjeux sociaux et aux besoins des pays les plus pauvres, notamment d’Afrique subsaharienne, était particulièrement représentée aux Assises, traduisant la force de la démarche de solidarité internationale en France. Mais l’innovation et l’appui aux acteurs économiques émergents, ou encore la nécessité d’intégrer plus fortement les enjeux de durabilité ou de changement climatique dans l’agenda du développement ont également été évoqués. La façon de concilier, au sein d’une politique aux moyens limités, la prise en compte des enjeux économiques, sociaux et environnementaux, ou encore la solidarité avec les plus pauvres et la gestion des biens publics mondiaux, n’ont pas été approfondis à ce stade du débat.

Quelles sont les nouvelles dynamiques révélées par les Assises ?


Nous en retiendrons deux : d’une part, une attention accrue à la cohérence des politiques, c'est-à-dire aux politiques nationales et internationales qui ont un impact sur les pays en développement sans leur être spécifiquement destinées, par exemple les efforts de limitation des émissions de carbone, les progrès de la transparence financière ou encore la responsabilité sociale et environnementale des entreprises. On voit que les intérêts des pays et des citoyens du nord et du sud se rejoignent dans ces enjeux ; d’autre part, et c’est lié, la diversité croissante des acteurs du débat sur le développement : il y a bien sûr les acteurs traditionnels : organisations de solidarité internationale, collectivités territoriales, recherche au développement, mais on a vu également de nouveaux acteurs s’affirmer dans le débat : organisations environnementalistes, syndicats de salariés déjà très engagés dans des réseaux internationaux, entreprises innovantes.

Les Assises ont-elles oublié des thèmes ?

Le terme « oublié » n'est pas forcément le plus adapté. De par la nature des participants, les Assises ont naturellement porté une attention plus grande à deux grandes catégories d’enjeux avec lesquels ces derniers étaient les plus familiers : l’action directe sur le terrain auprès des sociétés civiles du sud : associations, collectivités, entreprises… et les débats sur la régulation internationale et la cohérence des politiques. Toute une gamme d’enjeux essentiels dans la politique de développement : l’action européenne et multilatérale, l’aide aux Etats, le financement des grandes infrastructures… n’ont été que peu débattus alors qu’ils mobilisent la grande majorité des financements de la  politique de développement.  Mais, par le format et le calendrier choisi, les Assises n’avaient pas vocation à épuiser le débat et à conclure au fond de l’ensemble des sujets retenus. Les Assises ont lancé un nouveau processus de concertation, qui se poursuivra dans les prochains mois, autour de la préparation de la loi d’orientation et de programmation, puis tout au long du quinquennat.


De g. à d. : Serge Snrech et Bernard Esnouf,
du département Pilotage stratégique et Prospective de l'AFD

►Retrouvez le bilan, la vidéo de l'intervention de clôture de Pascal Canfin, ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé du développement.

Jean-Marc Châtaignier, Directeur général adjoint de la mondialisation, du développement et des partenariats au ministère des Affaires étrangères et européennes, évoque le Conseil national du développement et de la solidarité internationale :
 

 

 

Henry de Cazotte, Coordinateur de la mission gouvernementale post 2015, évoque le rôle des collectivités territoriales dans l'action de coopération internationale :

 

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