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Cet article explore l’utilité de reconnaître les communs qui gouvernent l’eau destinée à l’irrigation. Il mobilise la notion de communs pour comprendre les interactions de pouvoir en jeu au sein des transformations se réalisant sur des échelles locale, nationale et internationale. Il propose de se saisir des externalités positives générées par les communs afin de transformer les interactions politiques et économiques aux échelles nationale et internationale. Bien qu’il s’appuie sur une étude de cas palestinienne, ce développement conceptuel peut être appliqué n’importe où. Les Palestiniens gèrent depuis longtemps l’irrigation en tant que communs au niveau local. Cependant, l’attention massive qu’a suscitée leur combat national a mené les chercheurs à se focaliser sur les institutions nationales plutôt que sur les institutions locales. Cette focalisation sur l’échelle nationale a aussi favorisé la perception de l’eau en tant que stock plutôt qu’en tant que flux. Tous les aquifères de Cisjordanie sont partagés avec Israël. Les accords d’Oslo les ont traités comme un stock et les ont divisés quantitativement entre deux utilisateurs : Israël et l’Autorité Palestinienne. Reconnaître l’existence de communs au sein de l’irrigation palestinienne nous permet de traiter l’eau comme un flux. En effet, la même goutte d’eau coule successivement au travers de plusieurs institutions. Certaines sont palestiniennes et d’autres sont israéliennes. Chacune déploie des régimes de propriété définis sur des niveaux d’échelle différents. Cet article examine l’utilité de considérer l’eau comme un flux qui est géré successivement par cette variété d’institutions. Au niveau local, ceci nous permet de comprendre les interactions entre les petits agriculteurs et les agribusiness voisines, par exemple. Ceci nous permet de comprendre les bouleversements au sein des interactions de pouvoir qui ont lieu lorsqu’une économie marchande entre en interaction avec une économie humaine. Au niveau national, ceci nous permet de nous pencher sur la gouvernance des paracommuns. Ce terme désigne les gains matériels qui sont potentiellement générés par l’amélioration de l’efficience au sein de différents systèmes s’approvisionnant tous auprès de la même source d’eau. De tels gains sont forcément dynamiques car l’amélioration de l’efficience au sein d’un système implique souvent une perte pour un système voisin ou pour un système éloigné mais lié au premier. L’ensemble de ces gains matériels potentiels constituent un nouveau commun dont l’appropriation doit être gouvernée. Il s’agit d’un paracommun car il n’existe que si les projets d’amélioration de l’efficience de différents systèmes sont réalisés. Les bailleurs financent massivement de nombreux projets visant à améliorer l’efficience de l’irrigation. Il est maintenant urgent de faire face à la question de la gouvernance des paracommuns de l’irrigation palestinienne. Cet article analyse la façon dont le capital social élaboré au sein des communs existants peut contribuer à cela. Enfin, au niveau international, inclure les institutions émergeant des communs au sein d’une structure institutionnelle qui gère l’eau en tant que flux nous permet de sortir de l’impasse actuelle des négociations concernant l’eau entre Israël et l’Autorité Palestinienne. Cet article détaille la façon dont ceci peut être réalisé.
pdf : 218.59 KB
country / region: Palestine
author(s) :
Julie TROTTIER
coordinator :
Stéphanie LEYRONAS
collection :
Research Papers
issn :
2492 - 2846
pages :
14
number :
76
available also in : en