L’AFD a mis en œuvre de 2008 à 2013 un projet de développement urbain intégré dans un quartier pauvre de la ville de Djibouti. Cette évaluation d'impact visait à juger des effets de l'intervention sur l'accès à l'emploi et l'amélioration des conditions de vie des habitants.
Contexte

L’AFD a mis en œuvre de 2008 à 2013 un projet de développement urbain intégré (PDUI) dans des quartiers de la commune de Balbala. Balbala est une zone d’extension (d’abord d’origine spontanée) de Djibouti-ville, qui concentre actuellement 41 % de la population totale et la moitié de la pauvreté extrême de la ville. Ce projet visait à améliorer les conditions de vie des habitants de la commune de Balbala, à travers le développement des infrastructures de base (telles que voiries, réseaux d’eau et d’électricité), la mise en place d’équipements de proximité (notamment un dispensaire et un marché) et des actions de formation professionnelle.

Objectifs

L’étude d’impact visait à juger de l’atteinte des objectifs recherchés par le projet : l’accès à l’emploi et l’amélioration des conditions de vie (santé, sécurité, logement, déplacements urbains).

Méthode

Compte tenu des caractéristiques du projet (zone d’intervention choisie très ciblée et spécifique), deux stratégies « pragmatiques », qui appartiennent à la catégorie des méthodes quasi expérimentales, ont été adoptées pour mesurer l’impact de ce programme : une approche en double-différence avec une zone témoin choisie selon deux critères (l’absence de projets d’urbanisation sur la zone et la similarité avec la zone PDUI en termes de conditions de logement et d’infrastructures) ; une approche basée sur l’hétérogénéité du programme, à l’intérieur de la zone du projet. Pour mener à bien l’évaluation du projet, deux vagues d’enquêtes ont eu lieu, la première en 2010, juste avant le démarrage des travaux, et la deuxième en 2014, une dizaine de mois après la fin de l’ensemble des travaux. L'évaluation d'impact a été réalisée par une équipe de chercheur de l'UMR DIAL.

Résultats

Le projet a eu, moins d’un an après son achèvement, un impact certain sur la régularisation des titres de propriété. En revanche, aucun impact n’est observable sur l’investissement des ménages dans leur habitat ni sur leur perception de la valeur de leur parcelle. Le projet n’a pas eu d’impact sur l’offre de travail contrairement aux attentes mais il a tout de même permis l’émergence d’activités indépendantes. La santé des enfants n’a pas non plus été impactée par le projet. Enfin, le projet PDUI a engendré un effet d’éviction à proximité des nouvelles routes de ménages plus pauvres par des ménages sensiblement plus aisés.

Enseignements

Le processus participatif au moment de la conception du projet et de la définition de ses différentes composantes doit être le plus incluant et informé possible. Les composantes de formation et de soutien aux activités économiques ont été insuffisantes pour permettre aux personnes les plus déshéritées du quartier d’améliorer leur insertion sur le marché du travail. Enfin, il est indéniable que la construction d’infrastructures et l’aménagement des voies d’un quartier améliorent le cadre de vie des habitants et leur souhait d’y rester. Toutefois, il est nécessaire que des actions qui favorisent l’émergence d’activités économiques au sein du quartier soient entreprises. Ces actions économiques et sociales s’inscrivent certainement dans un temps plus long et un cadre de gestion différent de celui d’un projet de réhabilitation urbaine. La réflexion sur l’ensemble de ces actions ainsi que leurs mises œuvre nécessitent une coordination des différents ministères concernés.

01/03/2010
Date de début du projet
01/02/2016
Date de fin du projet

Claire Zanuso (zanusoc@afd.fr)