Les autorités pakistanaises font face à une crise durable dans le secteur de l’énergie électrique. Afin de satisfaire la demande et réduire la dépendance du pays vis-à-vis des cours des produits pétroliers, le projet prévoit la construction de la centrale hydroélectrique au fil de l'eau Jaggran II, d'une capacité de 48 méga watts. Un projet qui contribuera à valoriser l’énorme potentiel hydroélectrique du Pakistan
Contexte

Le nord du Pakistan (Khyber Pakhtunkhwa, Gilgit-Baltistan et Azad Jammu Kashmir) dispose d’un potentiel identifié important de production d’hydro-électricité et d’une capacité installée proportionnellement faible : à peine 12 % d’un potentiel identifié de 54 000 MW est équipé d’infrastructures de production. Parmi celles-ci, on peut distinguer trois catégories : 1. Les grands barrages 4478 MW (soit 69%) des 6474 MW de capacité installée sont le fait de deux grands barrages : Tarbela (3478 MW) et Mangla (1000 MW) situés dans le nord du pays à environ 150 km chacun de la capitale Islamabad. Ces barrages ont deux caractéristiques principales : ils ont avant tout une vocation agricole, la production d’électricité ayant été considérée dès l’origine comme un sous-produit de l’irrigation. De ce fait, la production d’énergie est variable et dépend des besoins en eau des cultures. Elle ne suit donc pas nécessairement la courbe de la demande d’énergie; du fait des caractéristiques géophysiques de leurs bassins versant, qui font qu’il est quasiment impossible de les protéger par une couverture verte, les barrages de Mangla et de Tarbela reçoivent une eau à très forte turbidité. Ceci induit une sédimentation importante qui contribue à réduire leur capacité de stockage. Une des solutions à ce problème a été de relever de 10 mètres le seuil du barrage de Mangla. 2. Les centrales hydroélectriques au fil de l’eau de grande capacité (plus de 150 MW) Le Pakistan compte trois ouvrages de ce type pour une capacité installée globale de 1877 MW (dont 1450 MW au titre de la seule centrale de Ghazi Barotha sur l’Indus réceptionnée en 2003). Ces ouvrages sont récents (Ghazi Barotha - 2003, Chashma Low Head - 2001) ou réhabilités récemment (Warzac - 2008). 3. Les petites et moyennes centrales au fil de l’eau Pour une capacité totale installée de 119 MW, ces centrales sont de capacité unitaire moyenne inférieure à 23 MW. Malgré l’existence d’un important potentiel identifié, le secteur de l’hydroélectricité au Pakistan n’a pas connu d’investissements significatifs dans les décennies 90 et 2000. Les autorités pakistanaises souhaitent promouvoir une stratégie de développement du potentiel national pour répondre en partie à la demande non satisfaite et réduire la dépendance du pays vis-à-vis des cours des produits pétroliers. Selon les services du ministère de l’Eau et de l’Énergie, au cours des six dernières années, la consommation annuelle moyenne d’énergie a crû respectivement de : 6,8 % pour l’électricité ; 10,4 % pour le gaz naturel ; 17,6 % pour le GPL ; 22,8 % pour le charbon. L’importance du taux de croissance de la consommation de charbon (fortement émettrice de CO2) est significative à la fois de l’existence de ressources nationales en charbon et du fait que la croissance de la demande d’énergie n’a pu être satisfaite par une augmentation des potentiels de production d’énergies propres (gaz naturel ou GPL) ou renouvelables. Or, le pays ne possédant que très peu de ressources pétrolières (faible production de gaz dans le Baloutchistan), le potentiel national de production d’énergie électrique réside principalement dans l’hydroélectricité et le charbon. Toute action en faveur de la construction d’infrastructures de production hydroélectrique s'inscrivant dans le cadre d’objectifs de développement durable doit être encouragée car elle constitue une alternative non polluante à une production d’énergie thermique.

Descriptif

Le projet est de conception simple, déjà testé dans la même zone avec le projet de Jaggran-I. Il est composé : d’un barrage au fil de l’eau de faible hauteur (4 à 6 m au droit des fondations, à déterminer selon les études topographiques en cours), avec deux vannes radiales pour l’excès de débit en période de hautes eaux, une vanne écologique pour le débit réservé et une passe déversante libre en cas de crues ; d’une prise d’eau au niveau du barrage ; d’un tunnel d’amenée de l’eau d’une longueur de 3,85 km pour un diamètre de 4 m ; d’une cheminée d’équilibre permettant d’éviter les « coups de béliers » (surpressions hydrauliques en cas de fermeture des vannes à l’aval) ; de conduites forcées sur un dénivelé de 220 m ; d’une usine hydroélectrique de surface avec 4 turbines Pelton de 12 MW unitaires ; du dispositif de rejet de l’eau turbinée dans la rivière en aval ; de la sous-station électrique et des transformateurs nécessaires ; de la ligne de transport électrique à haute tension (132 kV) pour le raccordement au réseau PESCO (Peshawar Electric Supply Company) qui dessert Muzaffarabad. Le projet devrait permettre une production annuelle de 212 GWh d’électricité.

Impacts

Accroître la production d’énergie hydroélectrique du pays et rétablir la desserte continue de la zone de Muzaffarabad (AJK), par la mise en service d’une centrale hydroélectrique de 48 MW ; Contribuer au développement économique et à l’amélioration des conditions de vie des populations du Cachemire pakistanais ; Produire une énergie renouvelable, non émissive en carbone, contribuant à valoriser l’énorme potentiel hydroélectrique du Pakistan ; Fournir au pays une énergie d’un prix de revient particulièrement faible au regard des alternatives d’origine thermique ; Réduire la facture d’importation de produits pétroliers du pays ; Créer des emplois locaux (construction et exploitation des infrastructures) ; Renforcer les capacités de l'agence locale pour l'hydroélectricité HEB, en complément de l’assistance technique financée par ailleurs par l’AFD (CPK 1026).

06/07/2012
Date de début du projet
31/12/2019
Date de fin du projet
90 mois
Durée du financement
Jaggran, Azad-jammu-Kashmir
Localisation
Outils de financement
Montant du financement 68 000 000
EUR soit
68 000 000
Euros
montant du programme