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Eleveur Mauritanie, Ahmet Di Ba, Pepisao
En encadrant la pratique de l’agriculture et de l’élevage, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CÉDÉAO) peut favoriser le développement économique de la région et réduire les tensions régionales. Avec le projet PEPISAO, l’AFD propose une expertise destinée à mieux cerner et encadrer la transhumance à l’échelle régionale.

Le 26 avril 2018, à Abuja, les ministres de la Sécurité et ceux de l’Élevage des États membres de la CÉDÉAO se sont réunis pour échanger sur le pastoralisme et la transhumance dans la région. À cette occasion, Jean-Claude Kassi Brou, président de la commission de la CÉDÉAO et Philippe Chedanne, directeur régional Grand Sahel à l’AFD, ont signé l’accord de subvention du Projet élevages et pastoralisme intégrés et sécurisés en Afrique de l’Ouest (PEPISAO). 

Ce programme fait écho aux enjeux régionaux majeurs de sécurité alimentaire et de prévention des conflits. Il veille à favoriser une coopération régionale stratégique dans une région où conflits, sécurité alimentaire et effets du changement climatique sont plus que jamais d’actualité. Il témoigne de la préoccupation des pays de la CÉDÉAO mais aussi du Cameroun, du Tchad, de la Mauritanie et de la Centrafrique à promouvoir une régulation plus partagée et plus efficace de l’activité agro-pastorale régionale.

Nourrir la réflexion sur l’élevage au Sahel

Une meilleure régulation passe par une perception claire et partagée du pastoralisme. Dans ce contexte, le programme PEPISAO cherche à mieux connaître l’activité agro-pastorale, ses évolutions, les rapports sociaux liés aux différentes formes d’élevage. Il mobilise de nouveaux outils de veille afin de rendre compte des différends sur le terrain entre agriculteurs, éleveurs nomades et semi-nomades. L'objectif est aussi de proposer des formations à la prévention des conflits aux gestionnaires de projets locaux et de sensibiliser les éleveurs de la région à e à une meilleure connaissance des recours juridiques lorsque les règles non conventionnelles ne suffisent plus.

La CÉDÉAO travaillera de son côté à rendre ce secteur plus résilient face au changement climatique et à la croissance démographique. Cela participera à anticiper et à désamorcer les désaccords pouvant alimenter les conflits. 

Une coopération régionale plus étroite

L’Afrique de l’Ouest est touchée par de nombreux conflits ; l’accès aux ressources en est l’une des causes. Ces ressources sont de plus en plus limitées et disputées sous les effets croisés du changement climatique, de la privatisation des terres et de la croissance démographique. Il existe des accords tacites qui encadrent les relations entre les différents acteurs dans cet espace. Néanmoins, ces accords parviennent de moins en moins à assurer le statu quo et ne préviennent pas toujours une escalade de la violence. 

Pour l'AFD, l’aspect transfrontalier des enjeux agro-pastoraux justifie une coopération régionale plus étroite et plus efficace. À terme, le renforcement de la régulation de l’activité agro-pastorale pourrait bénéficier à des millions de personnes. L’activité deviendrait plus prospère, répondrait mieux aux défis alimentaires et environnementaux et s’attaquerait à la racine de certaines sources de conflits.

« Pour la CÉDÉAO, pays sahéliens et côtiers, en dépassant une vision centrée sur la compétition sur les ressources et les conflits, pourraient définir une approche régionale du développement du secteur de l’élevage au sein duquel la sécurisation pastorale, des transhumances bien gérées et des filières transnationales mieux structurées seraient au bénéfice de tous. C’est ce vers quoi nous devons tendre. »

Sékou Sangaré, Commissaire chargé de l’agriculture, de l’environnement et des ressources en eau de la Commission de la CÉDÉAO