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production poivre Kampot, Asie, agriculture
Ils sont 130 scientifiques du Cirad, de l’AFD, et leurs partenaires, à publier le 3 janvier aux Éditions Quae un ouvrage sur la transition agro-écologique des agricultures du Sud. Présentées en avant-première à la presse, les conclusions de cet ouvrage sont sans ambiguïté : l’adaptation des agricultures du Sud aux défis climatiques, démographiques, sociaux, environnementaux est une nécessité et l’agro-écologie peut constituer, pour tous les types d’agriculture, une partie de la solution.

Si près de 80 % des pays déclarent inclure l’agriculture dans leurs options d’atténuation potentielle du changement climatique, c’est toute l’Afrique subsaharienne - 2 milliards de personnes à nourrir en 2050 - qui reconnaît, quant à elle, la nécessité de l’adapter au changement climatique.

Pour s’adapter et améliorer sa résilience, tout en diminuant son impact sur le climat, l’agriculture peut s’appuyer sur les principes de l’agro-écologie. C’est l’une des nombreuses conclusions de l’ouvrage Transition agro-écologique des agricultures du Sud, à paraître le 3 janvier 2019 aux Éditions Quae.

« L’agro-écologie s’appuie sur l’optimisation des processus de régulation biologique, la gestion sobre des ressources naturelles et le recyclage des nutriments », explique François Côte, coordinateur de l’ouvrage. « Agriculture biologique, agriculture de conservation, agroforesterie, etc. sont autant d’incarnations de systèmes agro-écologiques visant à assurer une production agricole durable, une nutrition saine et diversifiée ». L’agro-écologie est ainsi une composante essentielle d’un système alimentaire durable.

Dans l’ouvrage, les auteurs identifient deux grands types de leviers pour assurer la transition agro-écologique des agricultures du Sud :

  • le premier levier, de nature technique, consiste à mobiliser la biodiversité fonctionnelle pour améliorer les performances des systèmes de culture ou d’élevage. Cela permet, entre autres, de réguler naturellement les attaques des bio-agresseurs, et ainsi de réduire l’utilisation des pesticides. Il s’agit aussi d’améliorer l’efficience d’utilisation des ressources naturelles (eau, énergie, sols…) et d’optimiser les cycles biogéochimiques, pour réduire l’apport d’engrais chimique et ainsi diminuer les risques de pollution des eaux ;
  • le second levier, de nature organisationnelle et institutionnelle, s’appuie sur les dynamiques existantes entre producteurs et acteurs du développement agricole pour mettre place des systèmes agro-écologiques, de la parcelle au territoire. Il s’agit de s’intéresser à la manière de travailler ensemble (diversité des acteurs et rapports de pouvoir, de leurs stratégies et capacités) et aux services d’accompagnement de l’innovation. Ce levier prend aussi en compte les dimensions politiques (rôles et formes de l’action publique requise) de la transition.

Les auteurs précisent - et c’est un message d’espoir - que des progrès considérables ont été réalisés ces dernières années, au niveau de ces trajectoires techniques et organisationnelles. Mais ils soulignent que la mobilisation du pouvoir politique pour accélérer cette transition est désormais indispensable : « Le développement de la transition agro-écologique sur de grandes surfaces dépend de la mise en œuvre de politiques nationales dédiées, de leurs capacités à valoriser les nouveaux services de l’agriculture ».

Lire aussi : le communiqué de presse publié sur le site du Cirad


Référence :

Transition agro-écologique des agricultures du Sud, coord. par François-Xavier Côte, Emmanuelle Poirier-Magona, Sylvain Perret, Philippe Roudier, Bruno Rapidel, Marie-Cécile Thirion, Ed. Quae, 2019
À paraître le 3 janvier 2019

Contacts presse :