Au Tchad, l’un des pays les moins scolarisés de la planète, l'éducation est une priorité nationale. Le projet PAQEPP a pour ambition d'améliorer la qualité de l’offre éducative auprès d’environ 30 000 enfants dans les zones périurbaines de N'Djaména et de Moundou, en renforçant les capacités de pilotage et de gestion des établissements scolaires.
Contexte

Les écoles publiques et communautaires tchadiennes sont marquées par des abandons massifs, un sous financement chronique de l’État, un accès inéquitable (le taux brut de scolarisation des filles est à peine supérieur à la moitié de celui des garçons) et des indicateurs de résultats inquiétants : seulement la moitié des élèves ayant suivi un cycle primaire complet sait lire aisément ; à N’Djamena seuls 3 élèves sur 10 réussissent à lire et à comprendre un texte simple. Les attentes des familles sur la scolarisation des enfants au primaire sont pourtant fortes : aujourd’hui, trois enseignants du primaire sur quatre sont des maîtres communautaires (payés par les parents), plus de la moitié des écoles ont été construites par les communautés et 71% du budget de fonctionnement du primaire demeure à la charge des parents d’élèves - témoignant ainsi de l’engagement des communautés. Conscient de cette situation, et alors que les prévisions démographiques tablent sur une augmentation significative du nombre de jeunes au primaire, l’État tchadien a décidé, dans le cadre de la Stratégie intérimaire pour l’éducation et l’alphabétisation (SIPEA, 2013-2015), de réaliser un plan de mise à niveau des écoles en situation critique puis de progresser vers l’amélioration de son offre éducative à partir d’écoles pouvant servir de modèles.

Descriptif

Le projet vise les zones urbaines et périurbaines de N'Djamena et Moundou, toutes deux en forte expansion démographique et traversées par des transformations sociales profondes. Les populations y résidant sont en risque de marginalisation. Il s’agit le plus souvent de familles migrantes ayant quitté des zones rurales et des économies en grande partie non monétaires pour se rapprocher des villes, dans l’espoir d’avoir accès aux services sociaux, au salariat et aux produits industriels de consommation. En visant de tels espaces géographiques, non couverts par d’autres bailleurs, le projet rencontrera ainsi des populations à la frontière de l’intégration urbaine et de la marginalisation économique et sociale. Au sein de ces populations, le projet profitera en premier lieu aux jeunes filles.

Impacts

Le projet favorisera l’accès d’un plus grand nombre de jeunes des milieux marginalisés des zones urbaines et périurbaines à une éducation de qualité, avec une attention particulière accordée à la réduction des disparités de genre. La démarche participative encouragée par l’implication des communautés et le renforcement des acteurs au niveau déconcentré contribuera à la cohésion sociale. Le projet intègre une logique démonstrative forte. Il cherche à montrer que la rigueur dans la distribution des intrants, le respect de quelques normes et la restauration de routines administratives locales pour le suivi de l’assiduité et des résultats des enfants permettent de générer une amélioration sensible de la fréquentation et des acquisitions scolaires. La capitalisation et la mutualisation des outils de renforcement de capacités développés favoriseront le passage à l’échelle du projet en permettant d’atteindre les écoles situées en dehors des zones ciblées et les compétences allant au-delà des enjeux académiques.

07/07/2015
Date de début du projet
30/04/2021
Date de fin du projet
6 ans
Durée du financement
Secteurs
N’Djamena et Moundou
Localisation
Outils de financement
Ministère de l’Éducation nationale
Bénéficiaires