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Le gouvernement local du district de Qixian, au centre du pays, lance un grand programme de restauration des monuments historiques, des logements anciens et des infrastructures de son centre-ville. Une démarche innovante, qui profite à tous et que soutient l’Agence française de développement.

Il flotte encore aujourd’hui un parfum de thé à Zhaoyu, le centre historique de Qixian, petite ville du cœur de la Chine. Plus de 1 000 maisons traditionnelles construites entre le XVe et le XIXe siècle et plusieurs monuments historiques rappellent qu’elle fut l’une des cités commerçantes florissantes de la route du thé entre le sud de la Chine et la Russie. Ce patrimoine urbain remarquable lui vaut d’ailleurs d’être classée « ville historique et culturelle célèbre nationale » par les autorités du pays.

Oui, mais voilà : faute d’être correctement protégé, cet héritage se dégrade. Les édifices historiques bien conservés côtoient ceux en état de délabrement avancé. Aucun n’est d’ailleurs mis en valeur, ce qui explique que la ville attire encore très peu de touristes. Les 5 600 habitants du centre-ville vivent, eux, dans des logements historiques, certes, mais vétustes.

Le gouvernement local du district de Qixian a toutefois décidé d’y remédier. Avec le soutien de l’Agence française de développement (AFD), via un prêt de 70 millions d’euros, il vient de lancer un projet pour protéger et valoriser le patrimoine urbain tout en améliorant les conditions de vie des habitants du centre historique de Zhaoyu.

Prise de conscience

Le contexte politique y est favorable. Après plusieurs décennies de destruction massive du patrimoine culturel au cours du XXe siècle, le gouvernement chinois a pris conscience ces dernières années de l’intérêt de préserver la richesse culturelle du pays, et encourage aujourd’hui les approches innovantes en la matière.

En pratique, le projet prévoit la restauration de bâtiments traditionnels, de logements anciens, de rues et d’infrastructures urbaines dédiées au chauffage, à l’assainissement, à l’électricité et aux télécommunications. Il vise aussi à créer des parcs publics sur des terrains aujourd’hui en friche et des locaux destinés à accueillir des activités commerciales.

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Un bâtiment historique du centre de Qixian. Claire Vigé-Hélie / AFD
 

 

De la réalité augmentée au musée

Le district de Qixian veut également exploiter le potentiel touristique de ces nombreux bâtiments aujourd'hui à l'abandon. Il est ainsi prévu dans le projet de créer un centre d’accueil touristique, ainsi qu’un musée consacré à l’histoire du territoire, où il sera possible d'observer certains sites en réalité augmentée ou en immersion.

Les monuments historiques seront valorisés sur le terrain grâce à des parcours touristiques, des mini-centres d’interprétation, ainsi qu’une offre d’hébergement et de restauration dans plusieurs d’entre eux.

Il s’agit de la première intervention de l’AFD sur le patrimoine urbain en Chine. L’expertise française sur la question de la préservation du patrimoine culturel a déjà fait ses preuves ailleurs, notamment au Laos, dans l’ancienne capitale Luang Prabang [voir notre reportage vidéo]. C'est aussi une preuve de plus que la protection du patrimoine et l’amélioration des conditions de vie des populations peuvent être menées de front.

 


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