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Terre aride craquelée, sécheresse
Comment prévenir les catastrophes naturelles et technologiques et savoir réagir efficacement à l’heure du réchauffement climatique, de l’urbanisation croissante de la population et des conflits politiques actuels ? À l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse du 17 juin, zoom sur les nouveaux défis auxquels font face les politiques de réduction des risques de catastrophes.

Séisme, tsunami, inondation, sécheresse, tempête, épidémie, accident nucléaire ou déraillement de train : ces dix dernières années, les catastrophes naturelles et technologiques ont touché plus d’1,5 milliard de personnes dans le monde, pour un coût supérieur à 1,1 milliard d’euros, d’après le Programme des Nations Unies pour le développement. Certains États et villes particulièrement exposés, accompagnés d’acteurs comme l’AFD, se sont ainsi lancés dans une politique dite de réduction des risques de catastrophes (RRC) visant à en limiter le plus possible les effets. Cela consiste, par exemple, à construire des bâtiments aux normes parasismiques, à édifier des digues, à replanter des arbres en milieu rural (pour éviter les glissements de terrain) ou à déployer un système d’alerte de la population.

L’influence de ces facteurs n'est pas aisée à mesurer et complique les actions de prévention des risques déjà engagées. Il est difficile de savoir comment ceux-ci vont évoluer.

Guillaume Bouveyron, expert RRC à l'AFD

Pour répondre à ces nouveaux défis, des pays tentent de mieux cerner les mécanismes qui en sont à l’origine, et d’agir sur ceux-ci. C’est le cas des Philippines, un archipel particulièrement menacé par le réchauffement climatique, où trois villes – Dagupan, General Santos et Santa Rosa – ont élaboré des plans de protection du climat, qu’elles ont ensuite intégrés à leurs politiques d’urbanisme. La Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (15 membres ainsi que le Tchad et la Mauritanie) a de son côté travaillé à améliorer son système d’information régional et à mieux connecter les centres de stockage alimentaire répartis dans les différents pays. Objectif : mobiliser plus rapidement les réserves en cas de sécheresse ou autre crise, avant une réaction internationale. Dans ces deux cas, un financement de l’AFD a permis la mise en œuvre d’un appui technique.

L’AFD intervient depuis plus de dix ans sur des projets de réduction des risques de catastrophes ; de 2006 à 2016, elle y a consacré 2 milliards d’euros. Et en mai dernier ont été créés deux nouveaux outils financiers à destination des États sinistrés afin de leur permettre d’obtenir immédiatement des fonds pour faire face à la crise : les crédits « stand-by » et « l’accord de contingence ». Des travaux sont également en cours avec la protection civile française pour étendre son rôle, en France et à l’étranger, notamment dans l’analyse des risques, la cartographie et l’intervention post-catastrophe.

« Certains États attendent malheureusement d'être victimes d'une catastrophe pour investir dans la prévention, au prétexte que les actions préventives restent généralement peu visibles et sont difficiles à financer », regrette Guillaume Bouveyron. Les politiques de réduction des risques de catastrophes ont donc, hélas, encore de beaux jours devant elles.