Pour enrayer la déforestation, la Colombie encourage les exploitants agricoles à adopter des modes de production durables. Au centre du pays, dans le département du Huila, rencontre avec quelques-uns des acteurs de cette transition qui bénéficie à tous.

Forêt amazonienne au sud, mer des Caraïbes au nord, océan Pacifique à l’ouest et cordillère des Andes au centre. Voilà le décor exceptionnel de la Colombie, qui abrite la deuxième réserve mondiale de biodiversité, derrière le Brésil.

Une image idyllique… qui se dégrade d’année en année. En cause : la déforestation d’une part, alimentée par le développement des cultures agricoles, et le changement climatique d’autre part, dont les répercussions sur la nature et l’économie sont extrêmement préoccupantes.

Le pays a néanmoins engagé des politiques ambitieuses pour lutter contre ces menaces, notamment à travers le lancement de plusieurs programmes de protection de la nature. Prepared Magdalena est l’un d’entre eux. Bénéficiant de l'expertise de l'ONF Andina (rattaché au groupe Office national des forêts), ce projet est soutenu par l'AFD et le Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM). Mis en œuvre par l’autorité environnementale Cormagdalena, il vise à encourager des modes de production agricole durables et la plantation d’arbres pour préserver les ressources naturelles et réduire les gaz à effet de serre. 

Dans ce cadre, un projet original de production durable de fruits, de miel et de panela (un sucre roux non raffiné) a vu le jour au cœur du parc naturel du Guacharos Puracé, dans le département du Huila.

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Dans le Huila, un parc naturel mieux protégé
Fort de 73 000 ha recouverts à 93 % de forêt, le parc naturel du Guacharos Puracé est aujourd’hui menacé par le développement des cultures fruitières et caféières.
Pour y remédier, l’État colombien y mène un projet de développement d’une agriculture durable. Il s’appuie sur le mécanisme REDD (Réduction des émissions provenant du déboisement et de la dégradation forestière) des Nations unies permettant d’attribuer des crédits aux populations locales en fonction des stocks d’arbres préservés, et donc de les inciter à protéger la forêt.
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Les « castors » se muent en protecteurs de la forêt
Il y a peu, les villageois coupaient encore les arbres pour vendre le bois sans se soucier des conséquences pour les écosystèmes.
Aujourd’hui, ceux-ci organisent des circuits touristiques au sein du parc naturel, qui leur permettent de gagner leur vie tout en préservant la biodiversité. Le mécanisme REDD leur fournira bientôt une nouvelle source de revenus à travers la revente des crédits carbone accordés pour la conservation des arbres.
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« Les familles mesurent l’importance des forêts »
Ever Ruiz est l’un des défenseurs locaux de la biodiversité : « Ici nous apprenons aux apiculteurs, aux exploitants de café, de panela et de fruits, à développer leur activité en prenant soin de la nature. C’était difficile au début. Mais grâce à des formations, ces agriculteurs ont pris conscience de l’importance du respect de l’environnement. Des arbres ont même été replantés. Il reste beaucoup à faire, mais les familles de la région mesurent désormais l’importance de préserver la forêt. Je suis très content des résultats du programme. »

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Continuer de vivre en préservant l’environnement
Pour Margarita Torres, une habitante de la région, les microcrédits accordés aux populations dans le cadre du projet se révèlent utiles pour préserver à la fois les arbres et le mode de vie des populations.
« Grâce à ces crédits, nous pouvons faire face à nos dépenses sans avoir besoin d’étendre nos champs. Petit à petit, nous prenons conscience de l’importance de ne pas polluer les cours d’eau, et du respect de l’environnement. Il s’agit de laisser à nos enfants un meilleur monde, avec un climat acceptable, de la biodiversité et des sources propres. »