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Développement économique et politique de protection du climat ne sont pas incompatibles. C’est ce que veulent démontrer le Brésil et le Mexique, en entamant des discussions avec leurs secteurs économiques les plus polluants pour les inciter à adopter des stratégies de développement bas-carbone.

Les entreprises, comme les États, portent leur part de responsabilité dans le changement climatique. Or, si la plupart des gouvernements se sont fixés des objectifs en termes de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre, ce n’est pas le cas de la majorité des firmes de par le monde.

Et c’est ce que le Brésil et le Mexique s’apprêtent à changer. Les deux pays vont se lancer dans un projet visant à inciter les entreprises issues des secteurs économiques les plus polluants à se fixer des trajectoires ambitieuses de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre. Autrement dit, à adopter leurs propres plans climat.

Consommation d’énergie en hausse

Les deux États connaissent aujourd’hui des difficultés pour concilier leur développement économique avec la préservation de l’environnement. Au Brésil, la hausse du niveau de vie de la population, l’urbanisation et l’essor des transports routiers ont engendré ces dernières années une hausse des émissions nationales de gaz à effet de serre. Quant au Mexique, il n’a eu de cesse d’accroître sa consommation d’énergie depuis les années 1990, alors que celle-ci est majoritairement d’origine fossile – à 80 % aujourd’hui.

Pour y remédier, le Brésil et le Mexique vont créer un dispositif facilitant le dialogue sur le sujet de la lutte contre le changement climatique entre acteurs publics, experts et entreprises. Une première. D’autant qu’il ne s’agit pas d’obliger celles-ci à adopter des stratégies de décarbonation, mais de les inciter à les mettre en place de leur propre chef.

Elles pourront pour cela s’appuyer sur l’expérience de deux organismes français résolument engagés en faveur du climat : l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) et l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri). Le premier a construit une méthode d’analyse des stratégies bas-carbone des entreprises – l’Assessing Low Carbon Transition – et assurera la coordination du projet. Le second réalise en ce moment une étude relevant tous les moyens à la disposition des pays pour opérer une transition vers une économie sobre en émissions de CO2.

Un projet déclinable dans d’autres pays

Au Brésil, les secteurs retenus dans le périmètre du projet concernent la production d’électricité, la production de ciment (30 % des émissions de GES issues du secteur industriel du pays en 2012) et l’agriculture (un tiers des émissions nationales de gaz à effet de serre en 2014).


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Le Mexique mise lui aussi sur une mutation en profondeur des méthodes de production de l’électricité et du ciment, et va s’attaquer à la pollution générée par les transports routiers (31 % des émissions de gaz à effet de serre du pays en 2014).

Ce projet commun doit être lancé en janvier 2019 et durer plus de deux ans. Le Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM) a participé à la moitié du financement du projet sous la forme d’un don de 762 000 euros.

À terme, ce dialogue État-industrie centré sur la sobriété carbone devrait être reproduit dans d’autres pays. C’est en tout cas le souhait des porteurs du projet, qui l’ont conçu de manière à pouvoir facilement le décliner ailleurs. Un nouvel espoir, à l’heure de l’urgence climatique.

 


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