Chantier barrage de Vedi, irrigation, agriculture, Arménie
Pour les entreprises agricoles et rurales arméniennes, l’accès aux financements reste un défi majeur. De quoi freiner le développement de l’agriculture, pourtant moteur de croissance du pays... Lors d’un séminaire organisé le 27 mars 2018, l’AFD a présenté une solution pour y remédier : le label Agreenfi.

Si l'agriculture et le développement des zones rurales constituent un moteur de croissance et un vecteur d’inclusion sociale en Arménie, les entreprises du secteur restent confrontées à un sérieux obstacle : l’accès aux financements. Les chiffres sont parlants : la part des financements agricoles ne représente que 7 % du portefeuille des banques commerciales arméniennes, et une large part de la demande de prêts agricoles longue durée (entre sept et dix ans) reste aujourd’hui insatisfaite. Sans offre financière adaptée, difficile pour les petites et moyennes exploitations agricoles de se développer. 

D’autres contraintes perdurent par ailleurs : taille limitée des exploitations, faible niveau de formalisation des acteurs, prévalence d’une agriculture de subsistance, absence d’instruments adéquats de gestion des risques, inadéquation des produits financiers... 

L’approche Agreenfi 

L’inclusion financière du secteur agricole était au cœur d’un séminaire organisé par l’AFD le 27 mars dernier. L’événement a réuni une cinquantaine de participants (banques, institutions de microfinance, organisations de producteurs, ONG, institutions publiques, ministère de l’Agriculture, bailleurs…).

L’occasion de présenter l’une des solutions proposées par l’AFD : Agreenfi, son label finance durable agricole. Agreenfi accompagne les institutions financières afin qu’elles facilitent l’accès des acteurs ruraux, principalement des exploitations familiales, des organisations de producteurs, des coopératives ou encore des PME, à une offre de services financiers adaptés et à des appuis techniques sur mesure.

Cette offre innovante, qui a déjà fait ses preuves au Maroc, en République dominicaine, au Sénégal et au Ghana, peut ainsi constituer l’une des solutions en Arménie, où le secteur représente 20 % du PIB et emploie 40 % de la population. 

En lançant Agreenfi, l’AFD réaffirme son engagement dans le domaine du développement agricole, secteur clé de son intervention en Arménie. Elle a en effet financé les travaux du barrage de Védi, commencés en 2017, et la modernisation des réseaux d’irrigation dans la plaine d’Ararat à travers un premier prêt de 75 millions d’euros. À la clé : 6000 ha de terres irriguées, une ressource en eau sécurisée et des conditions de travail et de vie améliorées pour 4500 exploitations agricoles. En complément de ce projet et afin d’en maximiser les impacts, l’AFD soutient un projet pilote de promotion de l’agriculture irriguée dans cette même région ainsi que dans le marze d’Armavir, via une subvention sur fonds délégués de l’Union européenne de 10 millions d’euros. 

Un partenariat qui s’étoffe

L’AFD, active en Arménie depuis 2012, accompagne également les réformes de politiques publiques du pays : elle vient ainsi de signer en présence du Secrétaire d’État Jean-Baptiste Lemoyne une convention de don de 500 000 euros avec le ministère des Finances afin d’améliorer l’efficacité de l’administration fiscale arménienne. Cette subvention s’inscrit dans le cadre plus large d’un prêt de politique publique octroyé en 2016 en cofinancement avec la Banque mondiale. Cinq ans après le début de l’action de l’AFD dans le Sud-Caucase, les partenariats noués commencent à porter leurs fruits.