Mainstreaming, Paris, AFD, Frison
Déclaration commune International development finance club (IDFC) - Banques multilatérales de développement (BMD)

L’agenda mondial du développement se transforme de manière fondamentale. Les Objectifs de développement durable (ODD), agréés par la communauté internationale, constituent un compas universel, mettant en exergue le besoin d’une action systémique et collective pour un développement durable, équitable et inclusif, pour chacun sur cette planète. 

[Traduction de courtoisie non officielle du texte original en anglais]

La nécessité de mobiliser et de réorienter les flux financiers, publics comme privés, vers un développement durable a été mis en lumière en 2015 lors de la conférence d’Addis Abeba sur le financement du développement. L’accord de Paris adopté à la COP21 a reconnu que tous les pays et parties prenantes devaient agir pour combattre les changements climatiques. Depuis l’entrée en vigueur de l’Accord en 2016, le momentum pour l’action climatique est devenu irréversible.


Les institutions de financement du développement (IFD) jouent un rôle central pour mettre à l’échelle et diriger la finance climat, et pour aider à façonner les politiques et régulations nécessaires à la transition vers un développement bas-carbone et résilient, y compris l’atteinte d’émissions nettes nulles dans la seconde moitié de ce siècle. Les banques de développement – nationales, régionales, internationales et multilatérales – représentent quelques-uns des plus importants fournisseurs de financements publics pour le développement durable. Ensemble, elles peuvent faciliter et accélérer la mise en œuvre de l’Accord de Paris, en augmentant continuellement les ambitions.


Les membres de l’International development finance club (IDFC) et les Banques multilatérales de développement (BMD) jouent un rôle fondamental dans la direction des capitaux vers des investissements durables en démontrant les opportunités et les gains potentiels, et en réduisant les risques associés. En même temps, les membres d’IDFC et les BMD peuvent activement contribuer à l’intégration des agendas climat et du développement durable à travers tous les secteurs, en accord avec leurs mandats. Leurs engagements annuels cumulés de financements climat ont augmenté sur les quelques dernières années, et continuent sur une tendance haussière (voir le rapport 2016 des BMD et les rapports de cartographie des données de finance vertes de l'IDFC).


Les membres d'IDFC et les BMD sont en train d’augmenter leurs financements climat concernant l’atténuation et l’adaptation. Ils continuent aussi à : mobiliser des investissements externes pour les actions climat ; être leaders dans le suivi et le rapportage transparent des flux financiers sur le climat et leurs impacts; soutenir la mise en œuvre des contributions déterminées au niveau national (CDN) ; et faciliter les activées qui induisent la transition du développement vers des trajectoires de bas-carbone et résilientes.

Aujourd’hui, au One Planet Summit 2017 organisé à Paris, et s’appuyant sur leurs capacités avérées et en combinant les forces des IFD à travers le monde et à tous les niveaux, IDFC et les BMD s’engagent à approfondir leur collaboration, entre elles et avec d’autres entités intéressées, afin de :

 

  • Intégrer plus avant les considérations liées aux changements climatiques dans leurs stratégies et activités, et promouvoir l’intégration de l’action climatique à travers la communauté financière, s’inspirant des cinq principes volontaires pour l’intégration de l’action climat au sein des institutions financières. Une attention spécifique sera dévolue à la gestion des risques climatiques et à l’intégration de la résilience climatique et de l’adaptation.
     
  • Rediriger les flux financiers en soutien à des transitions vers un développement durable bas carbone et résilient. En s’appuyant sur ce qui est déjà fait, cela augmentera le montant global ou la part des financements qui vont à l’action climatique.
     
  • Catalyser les investissements pour répondre aux nouveaux défis et opportunités économiques, sociales et environnementales, liées aux changements climatiques, en particulier en utilisant leur capital pour mobiliser des capitaux privés additionnels et pour mixer leurs financements de manière la plus efficace possible avec d’autres sources afin d’orienter l’action et les résultats pour le climat.
     
  • Poursuivre le développement de processus, outils, méthodologies et arrangements institutionnels qui rendent possibles la conception et la mise en œuvre de l’action climat à l’échelle requise. Cela inclut le renforcement de l’effort collaboratif entre les IFD pour améliorer la qualité, la robustesse et la cohérence du suivi et du rapportage de la finance climat, à travers le partage des meilleurs pratiques et de connaissance, et en augmentant la transparence et l’accessibilité de leurs données de finance climat. Cela implique également le développement d’un cadre commun de suivi des progrès vers l’atteinte de la résilience,  qui sera partagé d’ici la COP24.
     
  • Collaborer avec les gouvernements nationaux et infra nationaux dans la promotion de la réduction des émissions de gaz à effet de serre, y compris à travers le développement d’alternatives durables aux investissements liés aux énergies fossiles, en se fondant sur les circonstances et contextes nationaux, et en priorisant le financement de ces alternatives. Cela devrait comprendre la mise en œuvre d’instruments ou de mesures pour rediriger les investissements vers des classes d’actifs durables tels que : l’utilisation d’un prix interne du carbone, le rapportage des émissions de gaz à effet de serre ; des évaluations afin d’éviter le potentiel d’actifs échoués ; l’emploi de mesures pour éviter la déforestation et encourager l’usage amélioré des terres, ou la mise en place de politiques plus explicites pour réduire significativement la dépendance aux énergies fossiles et accélérer rapidement le financement des énergies renouvelables.
     
  • Soutenir le développement d’environnements politiques et réglementaires favorables, à la fois au niveau national et infranational, en conjonction avec le secteur privé et la société civile, tout en restant centré sur les populations les plus vulnérables. Les membres d’IDFC et les BMD vont continuer à approfondir ce travail et à augmenter la coordination entre leurs institutions dans les pays. Conformément à leurs mandats respectifs, les membres d’IDFC et les BMD continueront à contribuer aux dialogues de politique, à développer les capacités techniques des clients, et à renforcer les institutions pour permettre la traduction des CDN en politiques, plans d’investissements, et en  programmes et projets finançables, de même qu’en des incitations pour la communauté d’affaires.
     
  • Continuer à soutenir les pays et les partenaires pour accélérer l’action et l’ambition climat d’ici à 2020, y compris le développement de trajectoires de long-terme de décarbonation à 2050 et de stratégies pour atteindre les émissions nettes nulles, et promouvoir des actions de court terme qui fournissent les éléments pour atteindre ces trajectoires de développement de plus long terme.


L’éradication de la pauvreté et les objectifs de développement durables ne peuvent être atteints que s’il existe en même temps une poussée collective pour lutter contre les changements climatiques. Pour accélérer les impacts, il est particulièrement important pour tous les partenaires de développement de se mettre ensemble, d’avancer leurs engagements améliorés, et d’augmenter l’ambition interne et externe sur le climat.


En tant qu’acteurs publics avec des mandats de long terme, les IFD ont une responsabilité de contribuer à la gouvernance et l’action collectives requises pour lutter contre les changements climatiques. Transformer l’Accord de Paris en actions concrètes requiert de nouvelles approches coopératives. Dans cet esprit de collaboration, les membres d’IDFC et les BMD font équipe, deux années après le moment historique de la COP21, pour réaffirmer leur engagement commun à aligner leurs flux financiers avec l’Accord de Paris.