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Séance plénière, COP21, Paris
Presque trois ans après la COP21 et l’Accord de Paris, le financement de la lutte contre le changement climatique reste une question essentielle. Le temps presse pour amener la finance climat à la hauteur des enjeux, rappelle Rémy Rioux, l’un des négociateurs français en 2015. Et le désormais directeur général de l’AFD d’en appeler aux fondamentaux posés lors des débats d’alors : conviction, confiance, transparence et ambition collective.

Trois ans après la COP21, alors que nous assistons quotidiennement aux effets dévastateurs du changement climatique et au besoin urgent d’accroître notre ambition, les questions de finance climat reviennent en force dans le cadre des négociations et comme test de notre volonté collective de mettre en œuvre les engagements fixés à Paris. Allons-nous augmenter la finance climat et réorienter les systèmes financiers suffisamment rapidement pour soutenir l’ambition de maintenir la hausse de la température en dessous de 1,5-2 °C et de faciliter l’adaptation ? Ce défi pressant sera à nouveau à l’ordre du jour cet automne lors du Sommet mondial sur l’action climatique à San Francisco, lors du Sommet One Planet (OPS) organisé à l’assemblée générale des Nations unies à New York fin septembre à l’invitation du président Emmanuel Macron, à Bali lors des réunions annuelles du FMI et de la Banque mondiale, puis à la COP24 à Katowice.

En 2015, la présidence de la COP21 a dû répondre à ces questions. Membre de l'équipe française, en charge du volet finance aux côtés de Laurent Fabius et Laurence Tubiana, j'ai écrit ce texte à l'époque, sur la manière dont la confiance s'est construite et le consensus a été atteint. Je ne suis pas un ancien combattant et je continue à lutter contre le changement climatique, à la tête de l'Agence française de développement (AFD) depuis 2016, mais j'ai pensé que ces notes prises dans le cadre de la COP21 pourraient être matière à réflexion et à action pour tous ceux intéressés et impliqués dans la lutte contre le changement climatique.

Je souligne en particulier quatre éléments clés pour progresser dans le domaine de la finance climat :

  • Tout d'abord, garder toujours à l'esprit la nécessité d'une double approche : alors que les négociateurs sont responsables de la cohérence et de l'ambition générale du processus de la COP, seuls les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales peuvent faire réellement progresser l'agenda financier ;
  • Deuxièmement, les pays développés ont la responsabilité de suivre les engagements pris lors de la COP21 pour tenir la promesse des 100 milliards de dollars ;
  • Troisièmement, le travail et l’engagement des acteurs du monde financier, publics et privés, doivent être mis en valeur pour renforcer l’élan créé en 2015 ;
  • Enfin, nous avons besoin d'un Fonds vert pour le climat (GCF) opérationnel et dynamique pour apporter la preuve des capacités de transformation de la finance climat.
Rémy Rioux
Rémy Rioux © The Nrb Bus / AFD

 

Nous, financiers du développement, savons également que le défi de la finance climat va bien au-delà du climat. C'est le laboratoire du financement du développement durable, où se forge le concept global – comprenant l'APD mais allant bien au-delà pour orienter les investissements nationaux et les financements privés – qui nous manque cruellement depuis le sommet d'Addis-Abeba et que je propose d'appeler Investissement solidaire de développement (ISD). N'oublions jamais que la finance climatique est et restera au premier plan de la lutte pour la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD).

C’est la raison pour laquelle l’International Development Finance Club (IDFC), le groupe international des 23 plus grandes banques nationales et régionales de développement dont l’AFD est membre et que j'ai l'honneur de présider actuellement, a décidé de s’aligner sur le processus de l’Accord de Paris, d'accompagner les trajectoires définies par les pays eux-mêmes, et de devenir une plateforme pour mobiliser des financements privés en faveur du climat et des ODD. Nous devons nous efforcer de construire de nouvelles alliances innovantes, susceptibles de stimuler les efforts multilatéraux, et incluant non seulement les gouvernements mais également le secteur privé et la société civile.

Nous ne pouvons nous permettre aucun recul dans la lutte contre le changement climatique. Je crois que nous allons nous ressaisir. J'espère que l'article ci-dessous, dont l’intention est de faire revivre la fraternité de la COP21, sera une contribution dans cette direction. Avec mes collègues de l'AFD, j'ai hâte de recevoir vos commentaires et votre soutien.
 

Lire la note de Rémy Rioux