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Promouvoir la paix : voilà l’objectif du premier Forum de Paris sur la paix, qui réunit chefs d’États, élus locaux, organisations internationales, ONG et entreprises du 11 au 13 novembre. L’occasion de mobiliser ces acteurs pour une gouvernance mondiale plus efficace, comme l’explique Hélène N’Garnim-Ganga, directrice du département Transition politique et citoyenne à l’Agence française de développement.
Quelle est l’ambition du Forum de Paris sur la paix ?

Il s'agit de dire « plus jamais ça » cent ans après la fin de la Première Guerre mondiale. Le Forum de Paris sur la paix n'est ni une conférence ni un sommet. Il a été pensé comme une plateforme pour rassembler sous un même toit tous les acteurs impliqués dans la prise de décision au sein des sociétés : chefs d’États et de gouvernement, organisations internationales, entreprises, ONG, acteurs du numérique, de la société civile…

120 projets y seront présentés pour tenter d’apporter des solutions concrètes aux problèmes qui se posent aujourd’hui.

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La gouvernance mondiale est-elle en crise ?

La gouvernance mondiale est en tout cas remise en cause, car le multilatéralisme l’est. On le voit au niveau de l’Union européenne, notamment avec le Brexit, et avec les replis nationalistes et protectionnistes qui se multiplient un peu partout dans le monde.

Or, une gouvernance mondiale est essentielle au maintien de la paix et à la protection des biens communs : climat, ressources naturelles, biodiversité… On ne pourra pas s’en sortir sans une gestion partagée.

Il faut désormais réfléchir à la manière d’adapter cette gouvernance mondiale à ces nouveaux courants. Une évolution doit s’opérer sans nul doute. Qu’on le veuille ou non, nous habitons tous la même planète et dépendons tous les uns des autres.

L’aide au développement est-elle une solution ?

Elle est l’une des solutions. Mais pas la seule. De plus en plus de voix s’élèvent pour que les critères applicables s’élargissent. On commence à parler d’investissements solidaires de développement et à prendre en compte la contribution du secteur privé, des ONG et des financements domestiques (banques, citoyens…).

L’Agence française de développement (AFD) présente deux projets au Forum de Paris sur la paix. Le premier est mené au Maroc et vise à ce que l’argent public soit dépensé à parité pour les hommes et les femmes. On appelle cela la budgétisation sensible au genre. On ne s’en rend pas toujours compte mais certaines dépenses peuvent profiter à un genre plus qu’à un autre. L’AFD soutient le Maroc avec un prêt de politique publique de 100 millions d’euros. C’est un projet innovant et l’exemple type d’une réforme que certains pays du Nord pourraient prendre comme modèle.

Le deuxième projet permet de favoriser la participation des citoyens aux politiques locales dans plusieurs pays francophones (Côte d’Ivoire, Tunisie, Burkina Faso notamment) à l’aide d’outils numériques, pour une meilleure transparence entre l’État et le citoyen. Pour nous, prendre part à la gestion de la cité est un premier pas vers l’atteinte des Objectifs de développement durable.

 


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