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alentours de Gaza, Territoires palestiniens, ville, immeubles
Mardi 13 mars, Mazen Ghoneim, le président de la Palestinian Water Authority, entouré de ses partenaires, a salué la fin des travaux et lancé la mise en service de la North Gaza Emergency Sewage Treatment (NGEST). Cette installation de traitement des eaux usées de la partie nord de Gaza, essentielle pour la population, aura mis 13 ans à aboutir.

En 2005, devant les dangers encourus par les populations autour des lagunes de Beit Lahia, recevant en eaux usées quatre fois leur capacité, la communauté internationale (Banque mondiale, AFD, coopérations belge et suédoise et Commission européenne) se mobilise pour accompagner l’Autorité palestinienne dans un lourd programme d’investissement.

L’objectif ? La construction d’un dispositif d’assainissement durable à même de traiter les eaux usées rejetées par près de 360 000 habitants, c’est-à-dire environ 36 000 m3 par jour.  

Le dispositif est constitué de stations de pompage, d’une station de traitement des eaux usées et de neuf nouveaux bassins d’infiltration. L’ensemble réduit ainsi les risques de contamination des nappes phréatiques, mais aussi d’éboulement des digues en sable des lagunes de Beit Lahia. Pour les quelque 10 000 personnes vivant en aval, ces éboulements sont dramatiques : ils ont notamment entraîné des débordements et la mort de cinq personnes en 2007.

eaux usées territoires palestiniens
© Frédéric Maurel / AFD
 
 
La mobilisation de tous

Le contexte politique difficile - blocus israélien qui rend aléatoire l’entrée des équipements et matériaux, guerre de 2008, opération « Bordure protectrice » de 2014 – tout comme la crise énergétique et les difficultés économiques des contractants, vont toutefois entraîner retards et surcoûts. Mais grâce à la mobilisation de tous, et notamment de la France via une subvention de 19,2 millions de dollars de l’AFD, l’Autorité palestinienne réussit à finaliser ce projet pour un montant total de 73 millions de dollars. 

L’aventure n’est toutefois pas terminée : pour fonctionner pleinement, l’ouvrage va nécessiter de l’énergie (3 mégawatts dès aujourd’hui, 6 à terme). Dans le contexte de crise énergétique que connaît Gaza, cet approvisionnement est un défi qui appelle l’implication continue de toutes les parties prenantes.

Optimiser les usages

Le dispositif est par ailleurs amené à évoluer et se perfectionner. Grâce à de nouveaux appuis de la Banque mondiale, l’AFD et possiblement le Fonds vert pour le Climat, l’Autorité palestinienne a prévu un système de pompage des eaux souterraines à 500 mètres des bassins d’infiltration. Les eaux traitées et infiltrées dans la nappe phréatique permettront ainsi l’irrigation de surfaces agricoles environnantes, contribuant à améliorer la productivité de 1 000 exploitations et donc les revenus des familles concernées. 

Les 3 mégawatts d’énergie supplémentaire que nécessite ce dispositif seront en partie fournis par l’installation de panneaux solaires, ce qui permettra d’alléger la dépendance énergétique de Gaza.