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Depuis l’arrivée d’Evo Morales au pouvoir en 2006, la Bolivie joue un nouveau rôle sur la scène internationale en matière de promotion d’objectifs écologiques ou sur le changement climatique. Sur la thématique hydrique, elle est devenue un symbole de la lutte contre la privatisation depuis les dénommées « guerres de l’eau » de Cochabamba (2000) et d’El Alto (2005), puis en faisant reconnaître l’eau comme un « bien commun mondial ». La « crise de l’eau » qui secoua la ville de La Paz en novembre 2016 avec une coupure du service dans 94 quartiers de la zone Sud remit cependant en cause la politique hydrique gouvernementale.
L’enquête réalisée à La Paz sur cette crise a montré que si celle-ci est née de dynamiques naturelles (sécheresse, changement climatique), elle ne reflète pas moins une crise technique mais aussi politique. Elle révèle tout d’abord le manque d’anticipation du gouvernement sur des domaines dont il s’était pourtant porté le garant sur la scène internationale. Elle révèle également des lacunes dans son modèle de gouvernance de l’eau, tant au sein de l’entreprise EPSAS de La Paz qu’au niveau des ministères et des agences gouvernementales.
La gestion de l’eau - et de sa crise - est devenue un enjeu politique que cherchent à contrôler le gouvernement et ses opposants (municipalités), mais aussi les organisations sociales souvent en conflit pour le contrôle de la ressource. Alors que le gouvernement d’Evo Morales avait fait de la gestion des ressources naturelles le centre de sa politique gouvernementale, la question hydrique est révélatrice des tensions politiques que traverse la Bolivie, que ce soit entre partis politiques ou entre centralisme et autonomie locale.
Enfin, malgré ces tensions, cette crise semble également avoir été un élément déclencheur pour que le gouvernement repense sa politique hydrique en impulsant de nouveaux projets d’infrastructures. Auprès des populations, elle a également engendré une prise de conscience de la rareté de l’eau qui pourrait marquer un tournant pour le pays - toujours plus exposé aux perturbations climatiques - à condition qu’elle soit accompagnée de politiques gouvernementales.
pdf : 685.76 Ko
pays / région: Bolivie
auteur(s) :
Claude LEGOUILL
coordinateur :
Sarah BOTTON
collection :
Research Papers
issn :
2492-2846
pages :
38
numéro :
51
disponible aussi en : fr