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Port Victoria, Seychelles, Flickr
Pour faire face à la croissance du commerce et du tourisme, mais aussi pour être moins vulnérable face aux dérèglements climatiques, le principal port des Seychelles doit faire peau neuve. Le gouvernement a entrepris la rénovation et l’extension du port, avec notamment des financements de la BEI, de l’Union européenne et de l’AFD.

Myriade d’îles, les Seychelles s’étendent sur 1 200 km dans l’océan Indien. Si ce petit pays insulaire bénéficie d’une certaine vitalité économique – il affiche un PIB par habitant de 15 000 dollars en 2016 – son économie demeure fragile : la grande majorité des matières premières y sont importées et un choc soudain, climatique par exemple, pourrait avoir des répercussions graves. Les Seychelles font partie des Petits États insulaires en développement (PEID), qui se caractérisent notamment par leur isolement géographique. 

Situé sur l’île principale Mahé, qui concentre la majeure partie des 97 000 habitants, le port de Victoria est essentiel à l’économie et à toute la vie de l’archipel : touristes, citoyens et marchandises y transitent quotidiennement. C’est le point d’entrée de 95 % des importations.

Sa principale et unique artère, un quai de 370 m de long, est le témoin des va-et-vient successifs des navires de pêche, de croisière et des porte-containeurs... Or, des études seychelloises prévoient une hausse de 250 % du fret en transit d’ici 2040. Créé en 1972, ce port a donc plus que jamais besoin d’une rénovation.


Prolonger la vie du port de 50 ans

Le projet de rafraîchissement et d’extension, mené par l’autorité portuaire de Victoria, va durer jusqu'à 2021. Il est d’abord prévu d’étendre les quais de 230 m supplémentaires, consacrés principalement à l’entreposage commercial. Ensuite, les 370 m existants seront rénovés, c’est-à-dire en partie démolis puis reconstruits. Au final, le port de la capitale disposera de 600 m plus efficients et résilients pour les 50 années à venir. S’ajoute à cela le dragage des alentours du port afin de permettre à des navires de fret ou de croisière plus conséquents d’y faire escale.

Via un prêt de 16,5 millions d’euros, l’AFD, aux côtés de la Banque européenne d’investissements (BEI), qui met quant à elle à disposition une facilité de 12 millions d’euros accompagnée d’une subvention européenne de 5,15 millions d’euros, est le principal bailleur du projet, dont le coût total s’élève à 36,65 millions d’euros. La signature du prêt a eu lieu le 26 avril 2018 en présence du président des Seychelles Danny Faure, du directeur de l’agence AFD Maurice Matthieu Discour et de l’ambassadeur français aux Seychelles Lionel Majesté-Larrouy.

Le soutien de l’AFD, via l'agence de Maurice, répond à la nécessité de renforcer et sécuriser le poumon économique des Seychelles. C'est aussi un projet symbolique qui témoigne de l’élan de coopération régionale dans l’océan Indien, avec des pays confrontés à des défis économiques et environnementaux communs, dont l'isolement géographique et la montée des eaux.