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distribution du Guide du voyageur responsable, Madagascar, ECPAT
Sur l’île de Madagascar, des milliers de jeunes ont recours à la prostitution pour survivre. Un terreau sur lequel prolifère le tourisme sexuel avec des mineurs que le gouvernement malgache et plusieurs ONG combattent activement, avec le soutien de l’Agence française de développement.

Sur la Grande Île, derrière les images de cartes postales, se cache une réalité bien plus sombre qui frappe la jeunesse de plein fouet. Les perspectives d’avenir se révèlent minces pour les jeunes, condamnés à se retrousser les manches dès le plus jeune âge dans les mines, les plantations de vanille ou les rues des grandes villes.

Selon l’UNICEF, 23 % des enfants âgés de 5 à 17 ans auraient une activité économique, bien souvent au détriment de leur parcours scolaire. Et parmi eux, certains n’ont d’autre choix que de recourir à la prostitution. Une pratique pourtant interdite par la loi malgache, mais qui se déroule aux yeux de tous, et qu’exploitent certains touristes étrangers.

Une ONG française contre l’exploitation sexuelle des enfants

La situation ne laisse plus néanmoins indifférent. Le phénomène est désormais pris au sérieux par le gouvernement malgache, qui a créé une entité spécialisée dans la lutte contre le tourisme sexuel et lancé de nombreuses actions de sensibilisation en partenariat avec des professionnels du secteur et des ONG.

L’ONG française Ecpat en fait partie. Pour prévenir l’exploitation sexuelle des enfants dans les zones touristiques, et à terme l’éradiquer, elle a lancé en 2016 un programme pour former ou accompagner le gouvernement, les autorités locales, les réseaux de protection de l’enfance, les professionnels du tourisme et les victimes sur ce sujet sensible.

Baptisé « Escale », le projet s’attaque désormais à la banalisation de la prostitution des mineurs. Objectif : changer les mentalités au sein de la population, pour que la pratique n’y soit plus tolérée. Et particulièrement lorsqu’elle est liée au tourisme. Dans le cadre de ce projet, les professionnels sont désormais incités à faire preuve de vigilance et à signaler tout comportement suspect en milieu hôtelier. 

Et le projet porte ses fruits. Près de 900 entreprises du secteur du tourisme ont adopté un code de conduite élaboré par le ministère. Celui-ci devrait être prochainement intégré dans les procédures de contrôle des inspecteurs du Service de lutte contre les fléaux touristiques. 
 

fillette participant à une fresque sur le droit des enfants à Nosy Be
Fillette participant à une fresque sur le droit des enfants à Nosy Be, l'une des premières destinations touristiques de l'île © ECPAT

Les bons réflexes à adopter

L’ONG s’adresse aussi directement aux touristes. Avec le ministère du Tourisme malgache, elle vient d’éditer le Guide du voyageur responsable. Financé par l’Agence française de développement (AFD) et Air France, ce guide a été diffusé dans de nombreux lieux touristiques dont les offices de tourisme, à Antananarivo ainsi que dans les régions côtières et touristiques de Tuléar, Diego, Mahajanga et Nosy Be.

Une publication qui ne s’adresse d’ailleurs pas qu’aux touristes en quête de jeunes proies, elle indique à tous 12 réflexes à adopter face à une situation suspecte, ou lors d’interactions avec des enfants.

Un passage obligé pour que les touristes, comme les habitants, cessent de détourner les yeux de cette réalité peu idyllique.


Télécharger le Guide du voyageur responsable à Madagascar