drone, étudiants en informatique à l'ESTI, Madagascar
Début septembre, la première formation de l’École Supérieure des Technologies de l’Information (ESTI) a passé son baptême de plongée en programmation. Rentrée intensive pour les futurs informaticiens : une « piscine » de quatre jours durant laquelle ils ont codé, codé et encore codé ! Le début d'un cursus basé sur l'alternance qui fera d'eux l'élite du monde numérique à Madagascar.

Ils sont 49, ils sont jeunes et ils sont passionnés d'informatique et de nouvelles technologies. Les garçons sont majoritaires, on s'y attendait, mais une dizaine de filles fait de la résistance. Pour les étudiants de la première promotion de la toute récente École Supérieure des Technologies de l’Information (ESTI) de Madagascar, le jour de la rentrée est arrivé. 

Un rite de passage

Et qui dit cursus tourné vers l'innovation, dit rentrée pas comme les autres. Au menu : une plongée dans l'univers qui sera le leur ces prochaines années. C'est la fameuse  « piscine », soit quatre jours passés à coder, sorte de rite initiatique bien connu des informaticiens et autres ingénieurs. Le défi à relever pour les recrues de l'ESTI ? Programmer des drones et des voitures connectées.

 

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Mais la piscine, c'est aussi pour Laurie, Aina, Harry et les autres l'occasion de faire connaissance et de créer des liens.

La cohésion comme mot d'ordre

À l'ESTI, nous ne sommes pas dans la compétition mais plutôt dans un parcours. Et pour atteindre nos objectifs, nous devons nous entraider. Il y a un vrai esprit d'équipe.

Laurie Bayard, 19 ans, en première année de licence
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Accéder à l'emploi

L'ambition de l'ESTI ? Former les futurs pionniers du monde numérique. Première école à adopter la formation en alternance à Madagascar, elle entend imposer ce modèle sur la Grande Île.

L'ESTI met l'accent sur les compétences. Dès leur deuxième année, les étudiants découvriront les bienfaits de l'alternance : en contrat de travail, ils passeront la moitié du temps en cours et l’autre en entreprise. Et pourront ensuite se prévaloir d'une expérience professionnelle significative pour rapidement trouver un emploi.

À terme, l'ESTI formera 480 techniciens supérieurs en informatique (aux niveaux licence et master 2) et 500 personnes en formation continue. Avec à la clé pour les étudiants de master un double diplôme malgache et français.

Et si le modèle fonctionne, nul doute que l'ESTI fera des émules à Madagascar.

Ici, le système des cours traditionnel est bousculé : fini les leçons passées à écouter passivement sur sa chaise et place aux projets, aux exercices et aux mises en situations. La méthode pédagogique s'inspire des pratiques de l’apprentissage et c'est aux étudiant de construire leur propre savoir en cherchant l'information.

Seule limite : sa propre ambition

À l’ESTI, nous nous donnons des choses à faire. Nous n’avons pas de leçons formelles, nous analysons nous-mêmes des exercices et réalisons des exposés en groupe. Ce sont les étudiants qui cherchent et travaillent en "mode projet". J'aime ce système car nous apprenons du fait de notre seule ambition. C’est nous qui expérimentons. Nous prenons des décisions, nous sommes créatifs. C’est ce que les entreprises recherchent pour leurs employés. 

Aina Nirinela Andriantsimba, 17 ans, en première année de licence

Une école "créée par les entreprises pour les entreprises"

L'ESTI a vu le jour dans le cadre d'un projet en faveur de la formation en alternance financé par l’AFD. Ce projet pilote s’inscrit dans la politique du gouvernement pour l'emploi et la formation professionnelle adoptée en 2015.

Mais pour comprendre d'où vient l'idée de cette école d'excellence, il faut regarder ailleurs : du côté du secteur privé. Car l'ESTI est le fruit d'un partenariat entre les Chambres de Commerce et d’Industrie d’Antananarivo et de Paris-Île de France, qui mobilise l’expertise de sa propre école d’informatique ITESCIA, et de GOTICOM, le groupement des opérateurs informatiques de Madagascar. 

L'ESTI reflète un véritable besoin des entreprises locales, demandeuses de ressources qualifiées et volontaires pour accueillir et former leurs futurs employés. 

La technologie comme facteur de développement

À Madagascar, tout est à faire. Il n’y a pas suffisamment de personnes qualifiées pour mettre en oeuvre tous les chantiers dont le pays aurait besoin. Le secteur du numérique est doublement porteur, à la fois en interne et à l’externe. Par exemple, pour les infrastructures routières : elles sont en mauvais état et les distances sont élevées. En développant des technologies comme le commerce électronique, on va pouvoir désenclaver certaines régions. 

Gil Razafintsalama, président de l’ESTI et membre du Conseil d'administration du GOTICOM

L'objectif est clair : l'ESTI entend faciliter l'insertion de la jeunesse malagasy dans le monde du travail, grâce à des formations adaptées à leurs besoins... Et à ceux des entreprises du numérique qui pourront recruter localement parmi un vivier de jeunes ultra-compétents.