forêt, arbres, Gabon
La République démocratique du Congo abrite une grande partie de la seconde plus vaste forêt tropicale du monde. Mais les pratiques agricoles sur brûlis et l’utilisation de bois énergie soumettent cette forêt à un important risque de déforestation et de dégradation. L’urgence est donc de mettre un frein à ces pratiques tout en préservant une activité économique majeure, source d’emplois et de croissance dans un pays qui souffre encore de la pauvreté, notamment en milieu rural et forestier.

En RDC, l’AFD finance le projet d’appui à la gestion durable des forêts (AGEDUFOR). Cette initiative consiste à aider les pouvoirs publics à mettre en œuvre une politique d’exploitation forestière raisonnée en visant plus spécifiquement les grandes concessions. Il s’agit de renforcer l’expertise et la gouvernance des autorités locales et de faire appliquer les bonnes pratiques en matière de protection et de gestion durables des forêts.  

L’encadrement de l’exploitation forestière par des plans d’aménagement structurés a fait ses preuves dans la région. En Centrafrique, toutes les concessions forestières font l’objet d’un plan d’aménagement. Le taux de déforestation net annuel y a été stable de 1990 à 2005, à 0,06 %. Au Gabon, où 44 % du territoire est couvert par des concessions, le taux de déforestation entre 2000 et 2010 n’a pas dépassé 0,004 % par an, comme le montre l'édition 2015 de l’Etat des forêts du bassin du Congo de l'Observatoire des forêts d'Afrique Centrale (OFAC).

L’ambition de l’AFD est donc d’aider la RDC à mettre en œuvre une politique forestière solide et durable, intégrant les besoins des populations locales. Elle associe l’ensemble des acteurs du territoire : exploitants forestiers privés, populations locales, organisations de la société civile et acteurs publics pour créer une gouvernance responsable. L’AFD considère que la responsabilisation de l’ensemble de ces parties prenantes et le renforcement de leurs capacités permettent de tendre vers des pratiques légales, raisonnées et plus respectueuses des ressources naturelles.

D’un point de vue social, l’activité des opérateurs forestiers a un impact direct sur la vie quotidienne des populations par le biais de la construction de routes, d’écoles et de dispensaires. Le financement d’infrastructures et de services à vocation communautaire s’élève entre 2 et 5 dollars par mètre cube de bois, de loin le taux le plus élevé de la région. 

La position de l’AFD est sans ambiguïté : fournir les instruments de gouvernance et de gestion aux administrations locales, renforcer leurs capacités à les utiliser pour une protection et une exploitation durables des ressources forestières.