Inauguration de la première phase du réseau Néobus
2019
Temps moyen gagné en heures de pointe
20 minutes
5 %
Taux de report espéré d'automobilistes vers le réseau Néobus
Congestionnés par la circulation, Nouméa et son agglomération vont bénéficier d'un réseau de bus dernier cri : Néobus. Le projet répond aux enjeux environnementaux mais aussi aux besoins de mixité sociale et d’équilibre entre les territoires. Une approche ambitieuse et nouvelle, au cœur du mandat de l’AFD en Nouvelle-Calédonie.

45 minutes de bouchons le soir. 45 minutes de bouchons le matin. Des transports en commun saturés aux heures de pointe. Un grand classique en région parisienne, mais aussi... au coeur du Pacifique, comme le vit au quotidien Tiphaine Cherbonnel, infirmière de nuit à Dumbéa, à une vingtaine de kilomètres de la capitale calédonienne. 

En Nouvelle-Calédonie, le Grand Nouméa et ses 180 000 habitants (près de 200 000 en 2020) est confronté depuis longtemps à des problèmes structurels de circulation et de faiblesse d'offre de transports en commun. Un écueil qui a creusé les inégalités territoriale, augmenté la pollution automobile et réduit la mixité sociale. 

Dans ce contexte, l'AFD s'associe à la création de Néobus, un réseau de bus à haut niveau de service. Soit des bus rapides, réguliers, prioritaires, aux couloirs de circulation dédiés et accessibles aux personnes à mobilité réduites.

Néobus et la stratégie de l'AFD

Le projet Néobus s'inscrit totalement dans la stratégie globale de l'AFD. Cela répond aux enjeux identifiés : le soutien à l’initiative économique, le rééquilibrage du territoire, la réponse aux enjeux d’urbanisation et la valorisation des atouts environnementaux du territoire.

Karine Martin de Frémont, directrice de l'AFD Nouvelle-Calédonie
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Tiphaine et Suzy, infirmières en galère
Dès seize heures, les rues du centre-ville de Nouméa se vident. Comme tous les soirs, les habitants de Dumbéa, Païta et Mont-Dore, trois communes situées autour de Nouméa, rentrent chez eux. Pour ceux qui ont une voiture, ce sont les habituels bouchons quotidiens. Le trafic s’est accentué depuis que le nouveau centre hospitalier, Médipôle, a ouvert ses portes à Dumbéa en novembre dernier.

« Quand je pars le soir, j’ai environ 45 minutes de bouchons, idem pour rentrer le matin, se plaint Tiphaine Cherbonnel, infirmière en chirurgie. Je me retrouve dans le flux de circulation des gens qui partent à Nouméa ». Sa collègue, Suzy Leneveu, est tributaire des transports en commun. Elle prend le bus depuis plusieurs mois. Mais quand il n’y a pas encore de desserte, très tôt le matin, Suzy doit appeler un taxi pour arriver à l’heure au travail.
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Sandrine Fleurent, la médiatrice
Tous les jours, la médiatrice du chantier Neobus, Sandrine Fleurent, répond aux questions des riverains sur le déroulement du chantier du Néobus. Dans le quartier de la Vallée du Tir, à Nouméa, situé non loin de l’usine de Nickel SLN, des maisons coloniales et de nombreux commerces asiatiques bordent les rues sans cesse congestionnées par la circulation.

Les travaux vient de démarrer et les questionnements des riverains et commerçants sont de plus en plus pressants. Étienne N’Guyen, restaurateur depuis 2010, s’inquiète de ne plus avoir de clientèle pendant la durée des travaux. La médiatrice le rassure et lui explique le tracé du Néobus. Une indemnisation est également prévue pour les commerçants dont l'activité serait pénalisée par les travaux.
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Le rêve de Georges Naturel, maire de Dumbéa
« Pendant longtemps, les communes périphériques de Nouméa ont été considérées comme des communes-dortoirs : il n'y avait pas de commerces, pas de loisirs... Le Néobus qui serpente dans notre ville aura un effet structurant. Nous sommes en train de créer de la vie en centre-ville en développant une zone d’activités, un projet de marina, des aménagements autour de la rivière Dumbea.

Dumbéa représente aujourd’hui 36 000 habitants, 40 000 dans 5 ans et 50 000 dans 10 ans ! Et comme on est passé de 5 % de logements sociaux en 2004 à 28,9 % en 2014, Néobus va être une offre essentielle pour les gens aux moyens limités. Mon rêve, c’est qu’un jour les habitants de Nouméa viennent à Dumbéa pour leurs loisirs ou pour se ressourcer. »
phases
2010

Pour résoudre ces problèmes de circulation de l’agglomération, le Syndicat mixte des transports urbains (SMTU) est créé en 2010 sous l’impulsion du Syndicat intercommunal du Grand Nouméa (SIGN). « La croissance de la population combinée à l’organisation urbaine en presqu’île de Nouméa engendre un goulot d’étranglement à l’entrée de la ville », explique Marc Zeisel, président du SMTU et adjoint à la ville de Nouméa en charge des Transports. Néobus répond à ce besoin urgent de désengorger la capitale et son agglomération.

2017

Début des travaux. Pour mettre en œuvre le projet, l’entreprise publique locale Secal a obtenu la délégation de service public et prend en charge l’ensemble des travaux. Aux abords du Néobus, la ville change : trottoirs élargis, pistes cyclables, voie piétonne, arbres, mobilier urbain, éclairages... Un cercle vertueux : « D’autres projets se sont ajoutés au Néobus comme la requalification des réseaux d’eau et d’assainissement, d’électricité et l’installation de la fibre optique », précise Catherine Glanois, cheffe de projet de la Secal.

2025

Mise en service de la totalité du réseau Néobus. Néobus représente la première réalisation concrète de Tanéo, le futur grand réseau de transport en commun unifié à l’échelle de l’agglomération. Au total, 200 bus seront mis en service pour le réseau Tanéo d’ici 2025. Objectif : disposer d'un réseau de transport en commun unique, structurant pour le Grand Nouméa, avec une billetterie unique pour permettre un transfert des usagers plus rapide.

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167 millions d’euros
Le coût total du projet est de 167 millions d’euros. Au côté de la Caisse des dépôts et consignations, l’AFD est le principal financeur du projet par le biais d’un prêt sur 25 ans de 73 millions d’euros.

Ce prêt permet également de financer les investissements de billetique et l’information des voyageurs du futur réseau global Tanéo… Le coût total de l’investissement jusqu’à 2025 est estimé à 251 millions d’euros.
Les transports en commun, vecteurs de lien social

Le SMTU est le maître d’ouvrage de ce bus à haut niveau de service. La première phase de 13,3 km (sur un total de 24,6 km prévus à terme) reliera la baie de la Moselle, près du marché de Nouméa au centre-ville, jusqu'au Médipôle, la plus grosse station du réseau. « Par nature, selon Christophe Lefèvre du SMTU, les transports en commun sont vecteurs de lien social et viennent répondre aux besoins d’une frange de la société qui n’a pas accès à la voiture. » En Nouvelle-Calédonie, 15 % des ménages n'ont pas les moyens d'acheter un véhicule. 

Les quartiers Sud et Nord de l’agglomération souffraient jusqu’alors d’un « effet de coupure important, notamment du fait de l'absence d’offres de transport, explique Christophe Lefèvre. Ces quartiers seront enfin reliés. Le fait de pouvoir franchir des barrières administratives et géographiques permettra aux bailleurs sociaux de construire plus aisément tout au long du trajet ».

De nombreux projets innovants sont sur les rails, comme à Dumbéa avec un cinéma MK2 en 2019 et une résidence étudiante - avec le concours de l'AFD - en 2020. « La desserte par le Néobus est un élément essentiel d’attractivité », confirme Marie Benzaglou, directrice des partenariats de la Société Immobilière de Nouvelle-Calédonie. « L’objectif, ajoute Karine Martin de Frémont de l'AFD, c'est d’améliorer la mobilité dans l'agglomération, de permettre aux gens qui n'ont pas d’autre choix que d’utiliser les transports en commun d'aller facilement sur leur lieu de travail, de se former, d'avoir accès aux soins, aux loisirs... C’est ça aussi le rôle de l’AFD ! »