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enfants des rues, formation, Philippines
À Manille, entre 250 000 et 1 million d’enfants vivent dans les rues, livrés à eux-mêmes. Pour leur offrir l’espoir d’un avenir meilleur et améliorer leurs conditions de vie, quatre ONG se mobilisent, avec le soutien de l'association Asmae et de l’AFD.

Difficile d’estimer de manière précise le nombre d’enfants qui vivent dans les rues de Manille, certaines associations avancent un chiffre de 250 000, d’autres 1 million. Une chose est sûre, leur nombre a considérablement augmenté ces dernières années, en raison de facteurs variés : pauvreté, structure familiale, migrations… Ces enfants, de leur naissance à leurs 18 ans, sont livrés à eux-mêmes. Ils sont particulièrement vulnérables au travail forcé, à la prostitution infantile, aux abus et violences physiques et sexuels, aux grossesses précoces, et manifestent pour beaucoup d’entre eux des symptômes sévères de dépression et d’anxiété. 
 

enfants des rues, Manille, Philippines
© Linus Escandor II

Des perspectives d’avenir

Cette situation de précarité avait frappé Sœur Emmanuelle lors de son premier voyage aux Philippines en 1989. Elle décida alors d’implanter son association dans le pays pour venir en aide aux enfants. Aujourd’hui, dix ans après sa mort, Asmae Philippines est toujours présente et accompagne quatre ONG locales, qui interviennent auprès des enfants des rues sur divers secteurs : l’éducation, le soutien scolaire, l’hygiène, mais aussi un soutien psychosocial, une sensibilisation aux droits des enfants… L’objectif est clair : donner des perspectives d’avenir à ces jeunes, améliorer leurs conditions de vie et faciliter leur accès aux services publics. 
 
Au quotidien, les travailleurs sociaux se déplacent dans des minibus remplis de matériel pédagogique qu’ils installent à même la rue. Ils vont ensuite rassembler les enfants du quartier et entament des activités. Les enfants apprennent un jour les rudiments de l’hygiène, du lavage de mains à la qualité de l’eau qu’ils boivent. Le lendemain, ils reçoivent un soutien scolaire. Les plus âgés apprennent également quels sont leurs droits en matière de santé ou d’allocations et se font accompagner dans leurs démarches. 

Les enfants ont appris à identifier les types d'abus et à se protéger. Ils ont pris conscience de leurs droits et de leurs responsabilités et ont identifié les responsables auxquels ils peuvent demander de l'aide.

Melanny Siban, coordinatrice de l'unité mobile de Bahay Tuluyan

Cet accompagnement leur permet de retrouver espoir : « Maintenant, ils nous partagent leur volonté de terminer leurs études, d’avoir leur propre maison et d’être réuni avec leur famille. » À la fin de chaque session, un repas est distribué.
 

enfants des rues, distribution de repas, Philippines
© Linus Escandor II


Les enfants des rues ne sont pas tous orphelins, ils vivent même souvent avec leurs parents sur les trottoirs de Manille. Là aussi, les ONG apportent un soutien et apprennent aux familles des rues à maîtriser leur budget afin d'envoyer leurs enfants à l'école.

Au service des ONG locales

Une autre dimension fondamentale du travail mené par Asmae consiste à accompagner les ONG (Child Hope, Kalungan Sa Er-Ma, NCSD et Bahay Tuluyan) afin qu’elles gagnent en efficacité et deviennent, à terme, complètement indépendantes. Cet appui prend la forme de formations en gestion financière, en ressources humaines ou encore en gestion de projet. 

En parallèle, Asmae soutient la création d’un réseau d’associations travaillant dans le secteur de l’aide aux enfants des rues à Manille pour améliorer les bonnes pratiques et cartographier les actions en cours. « La facilitation des échanges entre les différents acteurs, aussi bien privés que publics, permet une approche globale, pérenne et coordonnée des services proposés aux enfants et aux familles des rues, explique Marie-Espérance de Seze, représentante d’Asmae Philippines. L’action est ainsi rendue plus efficace : on évite de proposer deux fois le service dans une même zone et on partage les  difficultés rencontrées et les possibles solutions à mettre en place. »

Enfin, Asmae et l’AFD souhaitent réaliser une étude pour recenser les enfants afin de mieux rendre compte de la réalité du phénomène. Un outil indispensable pour améliorer l’efficacité de l’action des ONG, mais aussi pour sensibiliser l’opinion publique à ce problème et aider les acteurs locaux à lever des fonds pour mener leurs actions. 

Une relation de confiance

L'association Asmae Sœur Emmanuelle est partenaire de l'Agence française de développement depuis 2014. C’est un acteur majeur de la société civile en France et dans les pays où elle intervient avec ses partenaires locaux. Déjà cinq subventions, dont la dernière de 250 000 euros, ont été allouées par l’AFD à cette association, témoignant de la relation de confiance et du dialogue établis entre les deux partenaires. 


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