Aller plus loin

L'AFD et le développement durable, au service d'une croissance équilibrée

► Le développement durable : un processus autant qu’un concept [+]

La notion de développement durable englobe des engagements très variés en matière de protection de l’environnement, d’inclusion sociale et de création soutenable de richesse et d’emplois. Pour certains, c’est aussi l’émergence d’un nouveau modèle de développement.

Si ces idées ne sont pas neuves, elles sont loin d’être usées, tant les points de vue sont divers et les débats sur leur traduction en politiques publiques, stratégies d’entreprise et projets sur le terrain riches et controversés.


Madagascar, © Chan Hong Men Pierrot

Vingt ans après le Sommet de la Terre de Rio en 1992 qui l’avait consacré, le développement durable demeure un défi collectif, en dépit des efforts entrepris. Rien d’étonnant à cela : le développement durable peut s’interpréter comme une tentative de gérer la complexité croissante du monde, où de nouveaux enjeux planétaires tels que le changement climatique, la biodiversité ou la déplétion des énergies fossiles et des ressources naturelles, sont venus s’imbriquer voire aggraver les défis locaux liés à la pauvreté et aux inégalités sociales. Gérer la complexité est synonyme de négociation et d’arbitrages permanents entre intérêt local et global, et entre court, moyen et long termes.

► Un enjeu au cœur de la mission de l’AFD [+]

Au cours des vingt dernières années, les agences de développement ont placé l’exigence d’un développement plus durable au cœur de leurs orientations stratégiques. C’est le cas de l’AFD qui, attentive aux conditions de développement à long terme de ses partenaires, s’intéresse depuis longtemps aux enjeux sociaux et environnementaux.

Une première étape a consisté à limiter les impacts négatifs des projets financés sur la planète comme sur la vie des populations (mesures d’atténuation, mise en place de compensations). Aujourd’hui, les trois dimensions du développement durable – économique, sociale, environnementale – sont considérées simultanément et non de manière isolée ou séquentielle, et ce, le plus en amont possible des projets.


Fleuve Niger, un capital naturel à préserver
© Irène Alvarez

L’Agence a parallèlement développé ses activités dans les domaines à fort enjeu d’équilibre planétaire et de long terme. Ainsi, la lutte contre le changement climatique est devenue un pilier de son action, au point qu’elle se positionne parmi les principaux financeurs publics internationaux du climat, avec une moyenne de 2,2 milliards d’euros par an sur la période 2008-2011. Plus modeste en volume, l’activité en faveur de la biodiversité a également augmenté et atteint désormais près de 100 millions d’euros par an.

Mais le développement durable ne se limite pas aux défis globaux mis en avant par les conventions signées à Rio en 1992 (lutte contre le changement climatique et préservation de la biodiversité). Il touche également à la préservation du capital naturel, à la gestion durable des forêts et des ressources en eau ou encore à la qualité des sols. De même, ses déclinaisons sociales, autour notamment de la réduction des inégalités, occupent aujourd’hui une place majeure.

D’année en année, l’impératif de développement durable a structuré les opérations de l’AFD dans tous ses pays d’intervention. Dans les pays émergents, il fonde son mandat « croissance verte et solidaire ». En 2011, près de 3,8 milliards d’euros ont été engagés sur cette thématique dans les pays en développement, dont 300 millions en faveur d’une agriculture et d’un développement rural durables : plus de 700 millions pour l’eau et l’assainissement, près de 120 millions pour l’éducation, 1,7 milliard sur l’aménagement du territoire et des villes, ou encore 630 millions pour l’énergie durable. Au demeurant, aucune méthodologie n’existe au niveau international pour mesurer la part de l’aide qui relève d’une contribution au développement durable, ce concept ayant des acceptions diverses.

► Une expérience de terrain mobilisant tous les instruments financiers [+]

L’AFD dispose d’une expérience diversifiée de financement de programmes de développement durable. Dans les pays les plus pauvres, le lien entre environnement, développement et inclusion sociale fait d’autant plus sens que les économies et les conditions de vie des populations sont fortement dépendantes de ressources naturelles.


Tomohon, Indonésie - Société d’exploitation géothermique
© Jean Gaumy / Magnum photos

Le développement durable mobilise la gamme des instruments financiers de l’aide, en fonction de la nature des activités financées et du niveau de développement des pays. Les subventions sont par exemple utilisées pour protéger et valoriser la biodiversité, accompagner les évolutions des politiques publiques, financer le développement humain ou soutenir des projets innovants portés par des ONG, notamment dans les pays les plus pauvres. Des subventions ou des prêts bonifiés soutiennent les projets d’agro-écologie ou de gestion de l’eau. Les prêts à des conditions peu ou non bonifiées sont privilégiés pour des projets d’efficacité énergétique, de mobilité urbaine ou encore des lignes de crédit auprès de banques locales axées sur des questions environnementales ou RSE. Les projets novateurs ayant un impact positif pour l’environnement mondial peuvent bénéficier de l’appui du Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM), avec l’objectif qu’ils puissent être répliqués à plus grande échelle.

► Villes et territoires durables [+]

Old Delhi, Inde – Un exemple de la nécessaire maîtrise du développement des villes du Sud
© Jean-Pierre Barral

Le développement urbain illustre les approches globales promues par l’AFD. La croissance des villes est un des défis majeurs des prochaines décennies, résultant de la conjugaison jusque là inédite d’un exode rural massif et d’une croissance démographique élevée. Les villes du Sud devront accueillir 2 milliards d’habitants supplémentaires d’ici à 2030. La moitié des espaces urbains nécessaires ne sont pas encore construits. Par ailleurs, pour répondre au besoin de rapprochement du pouvoir politique et des populations, la décentralisation institutionnelle et financière se généralise. L’importance des compétences dévolues au niveau local, pour gérer des services essentiels comme pour concevoir et organiser les villes et territoires, fait désormais des collectivités locales des acteurs clef du développement durable.

Les territoires urbains concentrent l’essentiel des productions et constituent d’importants foyers d’emploi, d’innovation et d’échange. Cependant, la croissance des villes s’accompagne souvent d’exclusions sociales et de tensions environnementales. Si une urbanisation bien conçue est un formidable vecteur de développement économique et de réduction des inégalités, à l’inverse, son insuffisante maîtrise peut avoir des conséquences dramatiques (pauvreté, criminalité, pollution).

L’appui aux collectivités locales est un axe fort des interventions de l’AFD en faveur du développement durable. Aux côtés de ses partenaires, l’AFD promeut une approche intégrée des différentes fonctions urbaines : habiter, circuler, travailler, consommer, supplantant ainsi l’approche sectorielle traditionnelle, moins adaptée pour assurer une cohérence au niveau territorial.

► Des réponses différenciées et concertées [+]

À travers ses interventions, l’AFD cherche à enrichir et à multiplier les manières de penser et d’agir, avec une attention portée aux défis de long terme et à l’innovation dans ses modes d’action.


Medellín, Colombie – Vue sur le Métrocable
© Thomas Dworzak / Magnum photos

 

L’expérience de l’AFD confirme qu’il n’y a pas de cadre conceptuel incontestable et universel du développement durable. Le développement durable s’apparente ainsi à une approche en mouvement permanent, qui s’appuie sur un processus social, politique et institutionnel. Il passe par une implication accrue des différents acteurs dans les processus, au Nord comme au Sud, nationaux comme locaux, publics comme privés ou associatifs. L’ouverture d’espaces de débat sur les changements de modèle dans leurs dimensions environnementale, économique et sociale, fait progresser vers un « développement plus durable ».

Mise à jour en avril 2013

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