Principes fondateurs : la Déclaration de Paris

La préoccupation de l'efficacité de l'aide remonte à la période qui suivit la chute du mur de Berlin (1989). Avec la disparition des enjeux géopolitiques qui a caractérisé cette prériode, l'opinion s'est interrogée sur la justification de l'aide publique au développement et sur son efficacité, notamment en Afrique subsaharienne. Après la formulation par l'ONU des huit Objectifs du millénaire pour le développement (OMD, 2000), les attentats du 11 septembre 2001 ont rappelé les risques d'un abandon général de la coopération au développement. Le sommet de Monterrey, en 2002, concrétisa un nouvel engagement international soulignant le besoin de montrer l'efficacité de l'aide au développement.
Il en est résulté la Déclaration de Rome sur l'harmonisation de l'aide (2003) et surtout la Déclaration de Paris (2005) qui a lancé un processus élaboré de suivi de la mise en oeuvre.

La Déclaration de Paris

L’objectif principal de la Déclaration de Paris est de réformer les modalités d’acheminement et de gestion de l’aide pour augmenter son efficacité, notamment en matière de réduction de la pauvreté et des inégalités, de consolidation de la croissance, de renforcement des capacités et de progression vers les OMD.

Cinq principes pour une meilleure efficacité de l’aide

La déclaration est articulée en cinq principes : l'appropriation par les pays bénéficiaires, l'alignement de l'aide aux objectifs de ces pays, l'harmonisation des bailleurs de fonds, la gestion axée sur les résultats et la responsabilité mutuelle.

  • Appropriation : Les pays bénéficiaires de l’APD exercent une réelle maîtrise sur leurs politiques et stratégies de développement et assurent la coordination de l’action à l’appui du développement.
  • Alignement : Les donateurs font reposer l’ensemble de leur soutien sur les stratégies nationales de développement, les institutions et les procédures des pays bénéficiaires de l’APD. Dans la continuité du principe d’appropriation, l’alignement suggère que les pays bénéficiaires soient les véritables acteurs de leur développement 
  • Harmonisation : Les programmes des donateurs sont mieux harmonisés et plus transparents, et permettent une plus grande efficacité collective. Il s’agit ici de réduire la complexité des procédures d’octroie et de gestion de l’APD grâce à une convergence à la source.
  • Gestion axée sur les résultats : Gérer les ressources et améliorer le processus de décision en vue d’obtenir des résultats. Cette méthode de contrôle de l’efficacité du processus grâce à l’identification d’un certains nombre d’indicateurs (12 indicateurs figurent dans la Déclaration de Paris) permet d’élaborer des cadres d’évaluation de manière à rendre compte de la progression des stratégies nationales et sectorielles de développement ;
  • Responsabilité mutuelle : Les donateurs et les pays bénéficiaires sont responsables des résultats obtenus en matière de développement. Ce dernier principe entend concrétiser un lien réel de partenariat entre les deux acteurs du développement identifiés par la Déclaration de Paris, soit les bailleurs de fonds et les pays bénéficiaires.

 Ces cinq principes sont souvent représentés sous la forme d'une pyramide.

 

Pyramide de la Déclaration de Paris


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Suivi de la mise en œuvre de la Déclaration de Paris et du Programme d’action d’Accra

L'Enquête de suivi de la mise en œuvre de la Déclaration de Paris est un processus global réunissant les donneurs et les pays en développement afin d’évaluer les progrès accomplis vers une aide plus efficace.

Lorsque les pays développés et en développement se sont engagés à travers la Déclaration de Paris pour améliorer l’efficacité de l’aide en 2005, ils sont convenus non seulement d'un ensemble de principes, mais aussi d’une série d’objectifs-cibles à atteindre en 2010.

Le processus de suivi mis en place à cet égard constitue une caractéristique importante de la Déclaration de Paris, fournissant un outil permettant aux bailleurs et aux pays en développement de se tenir mutuellement responsables des progrès réalisés.

L'enquête 2011 de suivi de la mise en oeuvre de la Déclaration de Paris a révélé que les objectifs n'avaient pas été atteints, à une exception près (coopération technique coordonnée).

Par ailleurs, l'évaluation de la Déclaration a révélé que les bailleurs ont moins rempli leurs engagements que les pays en développement.

L'examen de ces résultats constitue un des sujets du forum de Busan, chargé de définir les pistes pour les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) en 2015.

L'évaluation de la Déclaration de Paris

Un groupe indépendant a évalué les effets de la Déclaration de Paris sur l'efficacité de l'aide. L'évaluation examine comment les principes de l'efficacité de l'aide ont été mis en pratique et quels résultats ont été obtenus dans les pays en développement. L'évaluation inclut les pays partenaires.

Ce document est un élément-clé pour le Forum de Busan.

Pour aller plus loin

Mise à jour en novembre 2011

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