L'AFD et les ONG

À la une

Les petits producteurs agricoles en première ligne pour lutter contre l’érosion !

15/05/2017

En Éthiopie, neuf habitants sur dix vivent de la terre. Mais le pays est frappé de plein fouet par la sécheresse. La menace de la famine est bel et bien là, avec des agriculteurs qui ne peuvent produire les denrées de base et peinent à nourrir leur bétail.
L’ONG Inter Aide agit sur le terrain au plus près des petits producteurs agricoles. L’objectif ? Les doter de nouvelles méthodes durables qui permettent à la fois de lutter contre l’érosion des terres et produire du fourrage pour alimenter les animaux. Et assurer leur propre sécurité alimentaire. Et ça marche !
 

 

Des terres qui s’effritent, une sécurité alimentaire en danger

Sur les contreforts montagneux de la vallée du Rift, dans le sud éthiopien, vivent des populations d’agriculteurs éleveurs. La densité humaine croissante et la quête permanente de nouvelles parcelles favorisent le défrichage. Les terres cultivées s’y répartissent aujourd’hui à flanc de collines abruptes et les fortes pluies lessivent la couche fertile des sols.

Avec l’érosion violente des sols et la démographie galopante que connaît la région, les surfaces cultivées se sont réduites de génération en génération jusqu’à atteindre 0,3 à 0,5 hectare par ferme familiale.

 

Photo © Inter Aide

 

L’habileté technique et culturale des agriculteurs leur a longtemps permis de préserver leur production, au prix d’une transformation du paysage en petits espaces jardinés où chaque mètre carré de terre est exploité.

Mais aujourd’hui, le morcellement est tel que la sécurité alimentaire humaine et animale s’est gravement détériorée.

 

Lutter contre l’érosion

Dans un contexte aussi contraint, la résilience des micro-producteurs s’est améliorée grâce à une innovation centrale des projets que conduit Inter Aide en partenariat avec l'organisation éthiopienne RCBDIA, dans le cadre d’un accord avec l’AFD: combiner une méthode simple de lutte contre l’érosion et une technique associée de culture de fourrage. Des pratiques durables qui contribuent à maintenir la fertilité des sols.

Contre l’érosion, les paysans construisent ainsi des lignes de fossés-talus. La terre extraite pour creuser le fossé est alors utilisée pour ériger le talus adjacent, l’ensemble représentant un obstacle qui retient les sédiments et ralentit le ruissellement.

Un travail aussi indispensable qu’éprouvant, pas très prisé des agriculteurs et qui ne suscite pas vraiment l'adhésion.

 

La récolte du fourrage, une révolution

Mais c’est l’idée de cultiver des espèces fourragères (plantes qui vont être utilisées pour alimenter les animaux) à forte productivité sur le talus qui a constitué une véritable révolution !

Une culture jusque-là totalement inconnue des populations locales : celles-ci s’en remettaient à la récolte de graminées sauvages pour nourrir tant bien que mal leurs animaux en saison sèche. La possibilité de produire du fourrage s’est donc répandue comme une traînée de poudre dans les zones où le projet est mené, déclenchant du même coup un engouement contagieux pour les lignes de fossés-talus.

 

Photo © Inter Aide

 

L’avantage incomparable de la production du fourrage ? Elle bénéficie à toutes les catégories de paysans ! Les exploitants les mieux lotis y voient une solution pour nourrir leurs animaux et ainsi améliorer leur santé et leurs performances.

Quant aux familles les plus pauvres, qui n’ont aucune trésorerie de réserve et sont donc à la merci du moindre aléa, la culture du fourrage offre une source de liquidité irremplaçable, avec trois coupes par an qui rapportent un revenu conséquent et immédiatement disponible.

 

Objectif genre

Et les femmes dans tout ça ? Si elles ne possèdent jamais la terre, plus de la moitié d'entre elles ont une propriété exclusive ou partagée des animaux. Ce sont elles qui sont traditionnellement chargées de nourrir le bétail et de gérer les sous-produits animaux.

La production de fourrage est donc un secteur crucial où convergent questions de genre et réduction de la pauvreté.

 

En savoir plus sur le projet d'appui aux agricultures familiales en Afrique subsaharienne

La division du partenariat avec les ONG accompagne depuis 2011 un programme porté par l’ONG Inter Aide dans quatre pays africains (Éthiopie, Madagascar, Malawi, Sierra Leone).

Mise en œuvre dans des zones particulièrement isolées où domine la petite agriculture familiale, cette initiative cible des petits producteurs marginalisés et vulnérables (notamment les femmes seules et les jeunes).

L’objectif est d’améliorer la production agricole et la structuration des filières, sur la base des bons résultats techniques et économiques des phases précédentes. Cette nouvelle étape propose :

  • de poursuivre et d’étendre l’appui à la production agricole, par la diffusion d’innovations techniques adaptées aux contextes ;
  • d’approfondir l’appui aux organisations de producteurs et à la structuration des filières ;
  • de renforcer les compétences internes d’Inter Aide en matière d’évaluation et de capitalisation des résultats.

Le projet bénéficie directement à 56 600 familles : 12 300 nouvelles familles par des appuis techniques directs, 4300 familles par une amélioration des revenus et 40 000 familles pour les services de vaccination des volailles.
 

 

 


Des méthodes qui se propagent

Le succès de cette innovation est tel que les agents du ministère de l’Agriculture, pourtant très orienté en Éthiopie sur une politique sectorielle productiviste, contribuent largement à diffuser ces méthodes.

Des méthodes adoptées aujourd’hui par près de 20 000 familles des districts ciblés et qui vont même jusqu’à transformer le paysage de certains bassins versants.

Ainsi, la conservation des sols, la rétention de l’humidité, la production de biomasse, l’embocagement des parcelles, sont des dimensions qui s’inscrivent dans des logiques d’amélioration de la fertilité et de gestion durable des ressources naturelles.
 

 

Une étude, réalisée avec le soutien de l'AFD, du CTA (Centre technique de coopération agricole et rurale) et l'appui technique de l'Ilri (International Livestock Research Institute), est particulièrement éclairante sur la perception des changements climatiques.

Elle fournit une présentation de la méthode mise en œuvre par Inter Aide et son partenaire RCBDIA, avec mesures d'adoption, de durabilité des changements et d'impact.

Lire l'étude 

 



L’AFD soutient 18 nouveaux projets d’OSC françaises pour un montant de 14,7M d’euros

24/04/2017

Le Comité spécialisé du Conseil d’Administration de l’AFD pour l’appui aux initiatives des ONG s’est réuni le 20 avril 2017. Il a approuvé l’attribution pour 18 nouveaux projets

En Algérie, les passerelles de Joussour

07/04/2017

Depuis 2007, le programme Joussour réunit autour de projets concrets dans les domaines de l'enfance et de la jeunesse plus de 130 membres, associations, collectivités locales, institutions algériennes et françaises. D’une rive à l’autre de la Méditerranée, cette approche concertée a fait les preuves de sa pertinence.

 

Joussour, un investissement sur l'humain

Un programme concerté pluri acteurs… Un PCPA. Derrière ce drôle de concept et son acronyme se cache l’un des projets de coopération les plus ambitieux qui soit. L’un de ceux dont l’ambition n’est rien de moins que de renforcer l’action de la société civile au service des plus vulnérables. L’un de ceux qui vise - aussi - à améliorer le dialogue et l’échange entre les citoyens de deux pays liés par l’histoire.

« Au milieu des années 2000, le tissu associatif algérien était peu structuré et insuffisamment connecté, explique Agnès Belaïd du Comité français pour la solidarité internationale (CFSI), une ONG de développement basée en France. Il était fragilisé comme tout le pays par la décennie noire des années 90. » Les associations algériennes sont pourtant convaincues qu’elles ont un rôle essentiel à jouer, notamment auprès des enfants et de jeunes, dans un pays où presque deux habitants sur trois ont moins de trente ans. Et elles rencontrent auprès d’associations françaises une volonté commune d’agir ensemble et de créer des synergies.

Le CFSI et le ministère des Affaires étrangères français, relayé à partir de 2009 par l’AFD, proposent alors aux associations algériennes un PCPA, c’est-à-dire un programme de renforcement simultané des associations. L’idée est d’initier une approche concertée en réunissant les organisations de la société civile (OSC) et les pouvoirs publics et de mobiliser les collectivités territoriales des deux pays. Joussour, la « passerelle » en arabe, est né.

On s’engage à mutualiser les ressources et à partager les expériences autour de projets concrets. « C’est un investissement sur l’humain, explique Martin Pericard, chef de projet à la division du partenariat avec les ONG à l’AFD. L’important est la dynamique… Le programme a certes un côté immatériel mais il suit une règle claire : faire communauté entre les deux rives de la Méditerranée afin de favoriser l’émergence d’acteurs mais aussi d’encourager le dialogue interculturel et la citoyenneté. On est en plein dans les Objectifs de développement durable ! »

 

 

 

Professionnalisation

Un peu moins de dix ans plus tard, Joussour s’est mué en une structure de coordination essentielle pour la société civile algérienne. « Un acteur clé et une référence » selon Abderrahmane Arar, président du réseau algérien pour la défense des droits de l'enfant (NADA). « Une structure transversale, ajoute Agnès Belaïd, qui place les jeunes en acteurs de leurs propres projets et non plus en bénéficiaires de dispositifs ».

Au total, sur tout le territoire, plus de 150 projets ont été soutenus via les fonds de soutien ou d’appui du programme. Les secteurs d’intervention, toujours à destination de la jeunesse et l’enfance, sont extrêmement variés : développement de conseils consultatifs de jeunes, prise en charge de l’autisme, aide à la scolarisation, découverte et préservation du patrimoine culturel par le biais de randonnées ou de chantier de réhabilitation ou encore formation aux techniques d'élevage et à l’apiculture des jeunes exclus du système scolaire … D’Oran à Bejaia, en passant par Constantine ou El Oued, ce sont plus de 80 OSC algériennes qui ont développé leurs capacités et leurs champs d’intervention. 

« Joussour est un investissement capital pour nous tous !, précise Abderrahmane Arar. Les associations se sont professionnalisées à tous les niveaux : elles sont désormais capables d’apporter des réponses fortes. L’écart est très grand avec la situation de départ. »

« Les OSC se sont affirmées dans toutes leurs dimensions, ajoute Martin Pericard, à la fois comme interlocutrices pour la définition et l’application des politiques publiques, comme promotrices de la citoyenneté et comme entrepreneurs de services d’intérêt général au bénéfice des populations. »

 

Des valeurs et une identité communes

Joussour compte aujourd’hui 133 membres : en Algérie, associations, assemblées populaires de Wilaya (l’équivalent des conseils généraux français)  et en France, associations et collectivités locales, dont les villes de Bordeaux, d’Aubervilliers ou de Nanterre. 

« Les acteurs algériens et français réfléchissent à la façon d’avancer ensemble à la fois dans la réflexion et dans l’action sur la prise en charge des enfants et des jeunes, explique Abderrahmane Arar. C’est un véritable réseau algéro-français qui est à l’œuvre. » « Les  associations ont appris à dialoguer et à construire ensemble, ajoute Agnès Belaïd. Des partenariats locaux et internationaux se sont formés et un véritable dialogue avec les pouvoirs publics s’est engagé. »

Pour favoriser les échanges et la participation des acteurs du programme, Joussour s’est doté d’une gouvernance originale. Ses 133 membres constituent une assemblée plénière qui se reconnaît dans des valeurs communes définies dans une charte, comme la concertation ou l’égalité des chances. Ils se réunissent tous les ans. Un comité de pilotage algéro-français élu par ses pairs veille à la mise en œuvre. 

 


Pérennisation

En 2016, Joussour est entré dans sa dernière phase. 80 associations algériennes vont développer des initiatives au bénéfice de 30 000 bénéficiaires directs : enfants et de jeunes, porteurs de handicaps ou victimes d’exclusion sociale  Mais l’enjeu de cette troisième phase du programme est d’accentuer le dialogue entre la société civile et les pouvoirs publics à travers des instances de concertation territoriales. « Le dialogue existe au niveau local et le dialogue avec les pouvoirs publics est déjà extrêmement prometteur, précise Agnès Belaïd. Des collectivités locales sont déjà associées à Joussour et ont pris le relai sur certaines des initiatives. C’est la preuve de leur pertinence et la garantie de leur pérennisation. »

« Comment passer d’une réussite locale à une réussite régionale ? s’interroge Martin Pericard. Joussour a pour ambition d’œuvrer maintenant à une mise à l’échelle en symbiose avec les politiques publiques. C’est un laboratoire pour les sociétés civiles algérienne et française. Beaucoup de choses ont déjà été accomplies : il s’agit maintenant de l’élargir à d’autres acteurs et à d’autres territoires. »



L’AFD soutient 21 nouveaux projets d’OSC françaises pour un montant de 11,46 M d’euros

23/02/2017

Le Comité spécialisé du Conseil d’Administration de l’AFD pour l’appui aux initiatives des ONG s’est réuni le 21 février 2017. Il a approuvé l’attribution de subventions pour 21 nouveaux projets.

Citoyenneté maya et droits des femmes

15/02/2017

Dans le haut plateau Occidental du Guatemala, les droits des femmes mayas s’améliorent grâce à un projet mis en place par Terre des Hommes France et le Mouvement Tzuk Kim Pop. Un projet, soutenu par l’AFD, qui repose sur une plus grande participation des populations à la sphère publique.

« Un jour, je serai maire de mon village. » L’ambition de Rosa Dominga Chaj Yac, membre de la commission des femmes de la municipalité de Cantel, dans la région du Haut Plateau Occidental au Guatemala, est le signe que la place des femmes est en train d’évoluer dans les communautés mayas où interviennent Terre des Hommes France et le Mouvement Tzuk Kim Pop.

Les deux ONG partenaires se battent pour faire avancer les droits des femmes dans des communautés marquées par la pauvreté, le machisme et les discriminations contre les femmes. Plus largement, c’est un projet pilote de bonne gouvernance et de participation citoyenne qu’elles ont mené de juin 2013 à mai 2016 dans quatre municipalités.
 


Femmes du Mouvement Tzuk Kim Pop ©Terre des Hommes France


Développer la participation citoyenne

En se basant sur les lois existantes au Guatemala, le projet a permis de développer fortement la participation citoyenne : aujourd’hui, les populations de ces municipalités, à plus de 90% amérindienne, participent à 11 commissions municipales. Elles travaillent conjointement avec les conseils municipaux pour que soient apportées des réponses concrètes à leurs besoins en matière d’éducation, de santé, de développement économique, d’environnement et de droits des femmes.
La part des femmes dans ces instances de participation est une réussite du projet : 36 % de femmes parmi les membres des instances municipales et 61% parmi les représentants de la société civile !
 


©Terre des Hommes France


Faire entendre la voix des femmes

Cette forte représentation féminine permet de faire entendre un certain nombre de préoccupations concernant la santé (maison d’accouchement respectant les traditions mayas, formation et revendication des savoir-faire traditionnels des sages-femmes et guérisseurs, laboratoire de plantes médicinales), l’éducation (bibliothèques scolaires, formation des femmes pour lutter contre la violence) ou encore l’environnement (gestion durable des forêts, conservation des ressources en eau). Les municipalités appuient par ailleurs l’activité des femmes, à travers l’élevage de poules pondeuses par exemple, pour améliorer leurs revenus. Objectif ? Développer leur indépendance économique pour qu’elles puissent exercer leurs droits et se libérer des violences dont elles sont victimes.
 

Des politiques publiques pour s’inscrire dans la durée

Au-delà de ces projets, l’ambition de Tzuk Kim Pop et de Terre des Hommes France est de favoriser la mise en place de véritables politiques publiques, pour inscrire toutes ces actions dans la durée et maximiser leur impact. Deux politiques publiques municipales, élaborées avec les femmes, ont déjà été adoptées. Elles incluent également des actions concrètes comme la réalisation et la diffusion de spots en langue quiché pour sensibiliser sur la violence, l'éducation et la santé reproductive.

 


©Terre des Hommes France
 

Vers plus de transparence

Avec « une participation citoyenne évidente », soulignée lors de l’évaluation externe du projet, il y a un an, cette première phase est un succès. Terre des Hommes France et le Mouvement Tzuk Kim Pop ont donc décidé de continuer à accompagner ces populations avec une deuxième phase, démarrée en août 2016, dans trois municipalités déjà soutenues et dans trois nouvelles. Dans la continuité des actions engagées depuis 2013, cette nouvelle phase comprendra également un accompagnement spécifique des jeunes et des femmes pour les aider à faire entendre leur voix et à participer aux instances de décision. L’accent sera mis également sur la transparence, du niveau communautaire au niveau municipal, et sur la lutte contre la corruption. L’AFD continue à soutenir ce projet, grâce auquel, un jour, peut-être, une femme maya deviendra maire de son village !

► En savoir plus sur Terre des Hommes France

 



L’AFD soutient 16 nouveaux projets d’OSC françaises pour un montant de 9,1 millions d’euros

14/12/2016

Le Comité spécialisé du Conseil d’Administration de l’AFD pour l’appui aux initiatives des ONG s’est réuni le 13 décembre 2016. Il a approuvé l’attribution de subventions pour 16 nouveaux projets.

 
 
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