Actualités rss actus Fil RSS Actualités http://www.afd.fr:80/home fr Wed, 24 Aug 2016 15:20:35 +0200 Wed, 24 Aug 2016 15:20:35 +0200 120 Fri, 15 Jul 2016 00:00:00 +0200<![CDATA[L'AFD aux côtés de l'IRD pour l'Université d'hiver austral à Madagascar]]>L'AFD aux côtés de l'IRD pour l'Université d'hiver austral à Madagascar
Un évènement en amont du Sommet de la Francophonie Sous le thème « Gouvernance, institutions et rôle des élites : approches méthodologiques et transversales », l’université d’hiver austral s’inscrit parmi les événements connexes au XVIe Sommet de la Francophonie qui se tiendra en novembre prochain à Antananarivo. Participer aux débats internationaux  L’AFD, qui a contribué à l’organisation de cette université d’hiver, est intervenue par la voix de son directeur à Madagascar sur l’un des thèmes de la séance plénière : « Perceptions de l’exercice du pouvoir à Madagascar ».  Ce fut l’occasion de montrer un versant des activités de l’AFD consistant à réfléchir aux modalités de l’aide au développement et à participer aux débats stratégiques internationaux. La production de connaissances est un complément indispensable aux interventions techniques et financières puisqu’elle permet d’ajuster les actions à l’évolution des usages, des besoins et des contextes d’intervention.  Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de l’ IRD à Madagascar   ]]>
Mon, 23 Nov 2015 00:00:00 +0100<![CDATA[Climat : l’AFD mobilise autour de la COP21]]>Climat : l’AFD mobilise autour de la COP21
Dans le cadre de la « Semaine Climat » organisée du 23 au 28 novembre 2015 par le Service de Coopération et d’Action Culturelle (SCAC) de l’ambassade de France à Antananarivo et par l’Institut Français de Madagascar, l’Agence Française de Développement a souhaité organiser une séance d’information intitulée : « Madagascar et l’environnement : enjeux et perspectives à l’approche de la COP21 ».   Plus de 200 personnes, 7 intervenants et des organisations telles que la Banque Mondiale ont ainsi répondu présents à l’invitation de l’AFD avec pour objectif commun d’apporter un éclairage pédagogique et concret sur les enjeux du changement climatique et l’importance de la 21e Conférence des Parties qui se tiendra à Paris à partir du 30 novembre.   Durant plus de trois heures, les échanges ont porté à la fois sur les enjeux de la COP21, l’importance des questions climatiques pour Madagascar mais aussi sur des projets concrets mis en œuvre grâce à l’AFD comme le Programme Holistique de Conservation des Forêts.   Le public, composé majoritairement d’étudiants, a ainsi pu (re)découvrir les activités et l’implication de l’AFD en matière environnementale et lutte contre le réchauffement climatique. Retrouvez les différentes présentations faites en cliquant sur les liens ci-dessous. Présentation des enjeux de la COP21. Présentation de la contribution de Madagascar à la COP21. Présentation des outils de financement. Présentation du Programme Holistique de Conservation des Forêts. Présentation du projet Mahavotra. Présentation de l'agroécologie.   ]]>
Mon, 6 Jun 2016 00:00:00 +0200<![CDATA[Grossesses non désirées : comprendre, agir]]>Grossesses non désirées : comprendre, agir
L’avortement non médicalisé, 3ème cause de mortalité maternelle Si de plus en plus d’Etats intègrent l’accès à la contraception comme une priorité, ces efforts ne se traduisent pas toujours par la disponibilité des services et les systèmes de santé continuent d’exclure certaines catégories de femmes, notamment les femmes non mariées et les adolescentes. L’avortement non médicalisé, 3eme cause de mortalité maternelle, représente un enjeu de santé publique et véritable frein au développement économique et social. Aujourd’hui, 225 millions de femmes qui souhaiteraient éviter ou différer une grossesse n’ont toujours pas accès à la contraception. Médecins du Monde soutient activement le droit de toute femme à recourir à une méthode contraceptive sûre et efficace pour éviter une grossesse non désirée et avoir accès à une interruption volontaire de grossesse (IVG) sans risque et légale, le cas échéant. Comment agir efficacement ? Médecins du Monde opère à 3 niveaux : 1- Renforcer l’offre de soins en matière de contraception et de prise en charge des avortements Ainsi, au Burkina Faso, les centres de santé du district de Djibo ont été équipés en échographes, et les personnels formés à leur utilisation, afin de permettre, par exemple, la détection des malformations fœtales et permettre l’accès à une interruption de grossesse dans ce cadre. « L’avortement est interdit au Burkina Faso, à moins que c’est un avortement thérapeutique […]. La vie de la maman est en danger et on essaie de sauver la maman […]. Il y a l’avortement hygiénique aussi souvent quand la femme-là fait une échographie et qu’on voit que l’enfant là il a une malformation qui est à l’intérieur là on peut évacuer la grossesse. »Sage-femme, Burkina Faso 2- Informer sur les droits sexuels et reproductifs : En Haïti, Médecins du Monde collabore avec POZ (Promoteur Objectif Zéro Sida) pour l’animation d’une ligne téléphonique destinée à faciliter l’accès des jeunes à l’information sur la sexualité et les services de santé sexuelle et reproductive*. 3- Mener un plaidoyer pour la promotion et le respect des droits sexuels et reproductifs, centré sur l’accès à la contraception et à l’avortement sûr. A titre d’exemple, en mars dernier, une délégation de parlementaires burkinabés, congolais et ivoiriens a participé au colloque « Droit à l’avortement : l’urgence d’un combat » organisé par MdM à Paris. « Mon message c’est pour les hôpitaux qui n’accueillent pas les femmes qui veulent avorter, j’aimerais leur dire que toutes les femmes sont des femmes et qu’il faut les accueillir […]. Je conseille à toutes les filles comme moi qui ne veulent pas tomber enceinte de faire planification et d’utiliser un préservatif. » Madame Y. M, Haïti, Février 2016 Influencer et dialoguer avec les décideurs politiques La garantie de l’accès à la contraception et à l’avortement médicalisé pour toutes et tous implique l’engagement de tous les acteurs, à commencer par les Etats qui doivent soutenir des politiques favorables aux droits des femmes. Les efforts doivent se porter en priorité sur l’éducation à la sexualité notamment en direction des jeunes, l’accès à une offre de services complète pour la prévention et la prise en charge des grossesses non désirées, ainsi que la réduction du stigma et la prise en compte des déterminants socio-culturels, économiques et géographiques en vue de permettre à chacun et chacune de faire ses propres choix. ► Une étude sur les déterminants socioculturels et communautaires des grossesses non désirées et des avortements En 2015, Médecins du Monde a mené une étude sur les déterminants socioculturels et communautaires des grossesses non désirées et des avortements au Burkina Faso, à Gaza, en République Démocratique du Congo et au Pérou. Une analyse comparée, mettant en évidence les spécificités et  les similitudes entre les obstacles rencontrées par les jeunes femmes sur les différents contextes est également disponible ici . (c) Luc Valigny *La santé sexuelle et reproductive « suppose qu’une personne peut mener une vie sexuelle satisfaisante et en toute sécurité, qu'elle est capable de procréer et libre de le faire aussi souvent ou aussi peu souvent qu'elle le désire. (Cela) implique qu'hommes et femmes ont le droit d'être informés et d'utiliser la méthode de planification familiale de leur choix (...), le droit d'accéder à des services de santé qui permettent aux femmes de mener à bien grossesse et accouchement et donne aux couples toutes les chances d'avoir un enfant en bonne santé."  Conférence Internationale sur la Population et le Développement, Le Caire, Egypte, 1994. ]]>
Thu, 14 Nov 2013 00:00:00 +0100<![CDATA[À l'occasion de la Semaine de la solidarité internationale, 3 questions à Patricia Bay]]>À l'occasion de la Semaine de la solidarité internationale, 3 questions à Patricia Bay
  L'AFD soutient la Semaine de la Solidarité internationale depuis plusieurs années. Comment se matérialise ce partenariat ? Créée en 1998, la Semaine de la Solidarité internationale (SSI) a été successivement financée par le ministère des affaires étrangères puis par l'AFD, à la suite du transfert de financement des ONG en 2009. En septembre 2011, nous avons ainsi octroyé près de 1,2 M€ à la SSI, soit 46 % du projet global, pour couvrir les éditions 2011, 2012 et 2013. Ce grand rendez-vous de sensibilisation à la solidarité internationale et au développement durable ne se limite pas à la 3e semaine de novembre : il mobilise toute l’année plus de 600 pôles organisateurs et 7000 structures locales. Le financement de l’AFD accompagne cet événement, à l’origine de nombreux échanges pluri acteurs et de la mise en place de partenariats.   Pouvez-vous nous parler du thème de l'édition 2013 « droits à essentiels ici et là-bas » ? Cette édition met à l'honneur sept droits essentiels qui, « ici et là-bas », sont encore trop peu respectés : alimentation, accès aux soins, à l’eau et à l’assainissement, à l’éducation, droits civils et politiques, droit à un travail décent et droit des migrants. C’est une thématique qui est transversale à de nombreux projets que nous finançons, car les droits conditionnent les questions de développement : lutte contre la pauvreté, réduction des inégalités, atteinte des objectifs du développement ou encore promotion de la gouvernance démocratique et des droits fondamentaux.     Le 19 novembre, dans le cadre de la SSI, une conférence est organisée par l'AFD sur le travail décent (cliquez ici pour vous inscrire). Quels projets soutenus par l'agence vont dans ce sens ? Rappelons d’abord que l’ensemble de nos financements nous permettent d’intervenir en faveur du  renforcement des droits au travail. Sur le travail décent, nous finançons la campagne du collectif Éthique sur l'étiquette « Mondialiser les droits humains au travail » ; l’objectif est de faire progresser le respect des  droits dans les pays de production des biens achetés en France. Nous soutenons également le projet porté par l’Institut Belleville pour le développement de l'action syndicale et le travail décent dans huit pays d'Afrique. En Guinée, notre financement PCPA (Programme Concerté Pluri-Acteurs) vise à renforcer les organisations de la société civile locale et a notamment permis certaines avancées liées au travail décent (code minier). ]]>
Thu, 29 May 2014 00:00:00 +0200<![CDATA[La valorisation des ordures ménagères, un outil de lutte contre le changement climatique]]>La valorisation des ordures ménagères, un outil de lutte contre le changement climatique
  Réduction des émissions de gaz à effet de serre Une première phase se déroule dans 3 villes : Lomé au Togo, Mahajanga à Madagascar et Dschang au Cameroun. Le tri et le compostage permettent d’améliorer la gestion locale des ordures ménagères, tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre. En outre, la production de compost contribue au développement de l’agriculture locale et s’accompagne de la création d’emplois pour les populations les plus défavorisées. Tri des déchets et compostage à Mahajanga © Andriatomanga Mokhtar Salim   Les déchets sont responsables d’environ 3 % des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle de la planète. Ces émissions proviennent de la production de méthane générée par la décomposition des ordures ménagères. Le compostage permet au contraire une décomposition sans émission de méthane. En outre, ce procédé de transformation, s’il reste très faiblement mécanisé, comme dans les projets soutenus par le consortium, consomme très peu d’énergie et émet par conséquent très peu de CO2. Les réductions d’émissions de gaz à effet de serre qui en résultent sont donc importantes. Plateforme de compostage à Lomé © GEVALOR   Un financement innovant Le programme Africompost se distingue par un mode de financement innovant : Les réductions d’émissions de gaz à effet de serre permises par le traitement des ordures ménagères sont valorisées sur le marché de la compensation carbone volontaire. Utilisation du compost par les agriculteurs © Andriatomanga Mokhtar Salim   La valorisation de ces réductions d’émission sur le marché de la compensation carbone peut ainsi entrer pour partie dans la prise en charge du coût de la gestion des déchets par une collectivité. Les procédures de validation de la finance carbone, complexes et évolutives, constituent toutefois un défi à relever par les opérateurs de ce type de projet.   Un engrais naturel et abordable pour les agriculteurs Un autre enjeu est de produire un compost à un prix de vente abordable pour les agriculteurs locaux et de les convaincre de l’intérêt de ce type de produit (engrais naturel et améliorant la structure du sol) par rapport à l’utilisation d’engrais chimiques souvent moins coûteux mais moins bénéfiques sur le long terme. Les perspectives de diffusion de ce type de modèle passent nécessairement par l’implication active des collectivités locales devant reprendre à leur compte une activité qui, à terme, doit s’avérer rentable.   Durée du projet : 4 ans (septembre 2011 à décembre 2015) Objectifs : 6 projets de compostage des déchets dans des grandes villes d’Afrique Opérateurs locaux de compostage partenaires : ENPRO (Togo), ERA (Cameroun), Madacompost (Madagascar) Impacts : Réduction estimée de 180 000 tonnes CO2 équivalent sur 10 ans Création d’environ 600 emplois Transfert de compétences et autonomie de gestion Budget total : 3,7 Millions € (FFEM-AFD et ministères français : 1,5 M€ ; Fond Suez Initiatives : 0,15 M€) Ressources propres : 0,85 M€ ; Crédits Carbone : 0,5 M€ Reste à financer : 0,7 Million €   En savoir plus sur Africompost ]]>
Tue, 3 Dec 2013 00:00:00 +0100<![CDATA[Promouvoir le développement durable des oasis du Maghreb avec le CARI]]>Promouvoir le développement durable des oasis du Maghreb avec le CARI
Les oasis, un patrimoine à valoriser Les oasis, où vivent plus de 150 millions de personnes, contrôlent 30 % des terres émergées le long de la grande écharpe qui relie l’Afrique à l’Asie, du Sahara à la Mongolie. Situées dans un environnement aride et hostile, elles constituent un agrosystème original patiemment élaboré au cours de l’histoire par les sociétés qui les habitent. Ce sont des constructions sociales, écologiques et économiques très complexes qui constituent en soi des expériences éprouvées et vivantes de développement durable ainsi qu’un gisement d’expertises inégalables en milieu aride. photo@CARI Les oasis sont des points de fixation des populations dans ces zones arides, elles sont aussi un élément essentiel de la lutte contre la désertification et constituent un véritable potentiel agricole face à l’insécurité alimentaire grandissante dans ces régions. Les prévisions climatiques font peser une menace supplémentaire sur les oasis et ses populations en étant considérées comme les régions les plus à risque par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Dans un Maghreb à 70% aride, les oasis constituent pourtant une partie de la solution aux enjeux actuels. Elles sont un réservoir d’expériences voire d’expertise d’agriculture en zone sèche et constituent un vrai patrimoine écologique et culturel, mais également un potentiel agricole pour ces régions isolées. A condition d’engager une véritable démarche de développement durable. Renforcer la société civile des oasis Face à cette situation, le CARI (France), suivi par l’ASOC (Tunisie), le CCFD (France) et leurs autres partenaires maghrébins ont créé en 2001 le Réseau associatif de développement durable des oasis (RADDO) comme première plate-forme de la société civile oasienne.   photo@CARI Le RADDO s’engage pour la promotion du développement durable des oasis par la sauvegarde et la valorisation du patrimoine naturel, économique, social et culturel. Pour cela, il se propose de participer au renforcement et à l’organisation de la société civile oasienne afin de favoriser la prise en compte des réalités locales par les pouvoirs publics. Soutenu par la Fondation CAIXA et le ministère des Affaires étrangères  le RADDO est soutenu depuis 2011 par l’AFD sur la base de son programme d’actions concertées des oasis. Son plan d’action vise en premier lieu le renforcement des associations oasiennes par la formation, l’échange d’expérience, les voyages d’études …. Depuis 2011, ce sont 150 associations qui ont ainsi été concernées par l’activité du réseau. L’organisation en plates formes nationales animées par des points focaux (association Tenmiya en Mauritanie, l’AOFEP au Maroc, l’APEB en Algérie, l’ASOC en Tunisie) en interaction au sein du RADDO animé au niveau régional par le CARI favorise l’échange de connaissances au niveau local et régional. Promouvoir la sauvegarde des oasis sur la scène internationale L’activité du RADDO vise également les pouvoirs publics par une action de plaidoyer. Depuis 2001, il facilite la participation des associations actives dans les oasis aux rencontres régionales et internationales pour une participation aux processus d’élaboration des politiques publiques de développement local et multilatéral. Ainsi dès 2002, le RADDO portait l’appel des oasis au sommet de la terre à Johannesburg annonçant un engagement sur la durée s’illustrant dans sa participation aux rencontres internationales sur le climat et la lutte contre la désertification. La mobilisation du RADDO a permis l’inscription des oasis dans différents agendas internationaux comme dans la déclaration du Rio+20, celle du Forum international sur le tourisme solidaire, jusqu’à la rédaction d’un manifeste international pour la sauvegarde des oasis lors de la rencontre pluri acteurs de Zarzis sur le développement durable des oasis en mars 2012. Sur le terrain, le RADDO participe également à la diffusion de pratiques agricoles favorisant le développement durable des oasis (gestion économe de l’eau, pratiques agroécologiques, préservation de la biodiversité).   photo@CARI Le soutien réaffirmé de l’AFD permet au RADDO de s’engager dans un renforcement des plate formes nationales, le renforcement de sa transversalité au niveau régional et son élargissement à deux nouveaux pays, le Niger et le Tchad. ]]>
Tue, 6 May 2014 00:00:00 +0200<![CDATA[OSC - AFD : un dialogue stimulant]]>OSC - AFD : un dialogue stimulant
Quelles sont les relations entre l’AFD et les ONG ? Jean-Louis Vielajus. Coordination Sud Les liens entre l’AFD et les ONG existent depuis une vingtaine d’années, avec des moments clés comme la création de la facilité d’innovation sectorielle pour les ONG (FISONG) en 2007 et celle de la division des partenariats avec les ONG en 2009. Le récent cadre d’intervention de l’AFD en faveur des initiatives des OSC est une nouvelle étape, qui souligne bien que l’AFD n’est pas seulement pour nous un « guichet », mais aussi et surtout un partenaire avec qui nous entretenons un dialogue bien vivant. Marie-Odile Waty. AFD L’élaboration du cadre d’intervention transversal (CIT) a été participative de bout en bout. Elle a débuté par une consultation des ONG sur leurs perceptions et leurs attentes vis à vis de l'AFD. Cette enquête initiale a constitué le socle d'un échange approfondi sur l’identité et sur la valeur ajoutée de chacun. Avec cette nouvelle stratégie, c'est en effet le dialogue entre les ONG et l'AFD qui a franchi un nouveau palier. Basé sur une meilleure connaissance et donc sur un plus grand respect mutuel, celui-ci s'améliore naturellement. Qu’apporte l’AFD aux ONG ? JLV. L’AFD apporte un cofinancement aux initiatives des ONG. Pourquoi ? Parce qu’elle considère, et parce que le ministère des Affaires étrangères considère, que les organisations de la société civile sont un acteur de développement qui a une valeur ajoutée et une capacité d’innovation. La proximité du terrain, l’ancrage local mais aussi la souplesse de ce type d’organisations permettent d’apporter des réponses sociales, ou socio-économiques, sur des questions de pauvreté et d’inégalités, d’accès aux droits, aux services de base (soin, éducation), que ne permettent pas des projets nationaux et de grande ampleur. Il y a 30 ans, la coopération était publique, et les ONG travaillaient à côté. Aujourd’hui, il y a un choix politique clair : l’effort de solidarité et de coopération française est nécessairement pluriel. Il y a l’Etat, mais aussi les grands établissements de recherche, les collectivités territoriales, les ONG, les syndicats, le secteur privé. Tous sont des acteurs du développement et l’effort de solidarité apporté par la France est distribué selon les qualités et les spécificités de chacun. MOW. Les ONG bénéficient également du positionnement « plus macro » de l'AFD, de sa capacité à peser sur les politiques publiques des pays partenaires et de la large palette de sa production intellectuelle et stratégique, allant des études aux évaluations. Qu’apportent les OSC à l’AFD ? MOW. Le partage des expertises spécifiques et innovantes des ONG se fait au travers des contacts réguliers de ces dernières avec l’Agence, ainsi qu’au travers de séminaires ou d’évènements thématiques organisés conjointement. Déjà, dans les années 1990, l’AFD travaillait étroitement avec des ONG dans les secteurs de l’agriculture, de l’éducation et de la santé, qui intervenaient en tant qu’opérateurs ou maîtres d'ouvrage délégués. La création de la facilité d'innovation sectorielle (FISONG ) a marqué un tournant, en reconnaissant les ONG comme porteuses de solutions nouvelles à soutenir par l'Agence. Désormais, les échanges organisés avec certaines organisations de la société civile aboutissent à un enrichissement mutuel : l’Agence apprend beaucoup de ces organisations proches du terrain et des communautés locales. Leur indépendance et leur liberté de ton jouent un rôle d’aiguillon constructif, interrogent nos pratiques et nos réflexions sur le développement. JLV. Il n’est pas possible qu’une coopération publique d’Etat à Etat réponde, de façon pertinente et efficace, à tous les enjeux du développement. L’AFD, qui est l’acteur pivot de l’aide, sait qu’elle ne peut pas tout faire. Aujourd’hui, quand l’AFD élabore une stratégie transversale, sectorielle, ou géographique, elle prend toujours un temps de dialogue et de consultation où les ONG sont partie prenante. Ces dialogues préalables sont très importants. Nous, OSC, existons par ce que nous faisons, par nos pratiques, qui sont ancrées sur les territoires. Nous apportons une remontée de terrain et d’appréciation à travers les diagnostics de ce qui est faisable ou non, des priorités sociales, économiques, etc. Cette somme de connaissances liée à la pratique fait de nous des interlocuteurs intéressants. Pour donner un exemple concret, il y a quelques années, notre commission santé a porté le sujet de la protection sociale universelle, qui fait aujourd’hui consensus et qui va revenir très haut dans l’agenda de 2015. Sur l’agriculture familiale également, la pratique des ONG avec les organisations paysannes a été déterminante pour la définition du cadre stratégique de l’AFD. Les ONG sont aussi des vigies : elles interrogent les politiques publiques. En réclamant plus d’APD, et des dons plutôt que des prêts, nous questionnons des équilibres au sein de l’AFD, mais nous légitimons aussi son existence. Quels types de projets portés par des OSC l’AFD finance-t-elle ? MOW. 80% de nos financements sont accordés à des projets de terrain. Notons que la nature de l’aide apportée par les OSC évolue : elle vise davantage aujourd'hui à renforcer les capacités des sociétés civiles du Sud à agir dans leur propre pays, en conduisant des interventions en faveur des plus vulnérables, en améliorant la gouvernance et en soutenant la promotion des droits humains, économiques, sociaux et environnementaux. Les 20 % de nos financements restants vont aux projets d’intérêt général. Il s'agit tout d'abord de soutenir l’éducation au développement, dont l'objectif est de sensibiliser la population française aux déséquilibres mondiaux et d’accroître l’engagement des Français. Il s'agit ensuite de la structuration du milieu associatif : l'enjeu est de renforcer et de professionnaliser les ONG françaises, afin d'accompagner leur développement et de les rendre plus visibles sur la scène internationale. Comment travaillent les ONG sur le terrain ? JLV. Depuis 10-15 ans, la situation a complètement changé : les rapports, le partenariat entre les ONG du Nord et les ONG du Sud ont changé. Aujourd’hui, notre objectif commun est de renforcer les sociétés civiles du Sud, c’est-à-dire nos homologues, pour qu’elles soient des acteurs de leur développement, et les interlocuteurs des politiques publiques. Notre mission est de soutenir des initiatives d’acteurs locaux mais aussi de leur apporter les moyens (financements, échanges, accès à la formation, etc.) quand il y a un besoin de renforcement institutionnel, organisationnel, de développement de nouvelles capacités Cela n’empêche pas, bien au contraire, d’avoir des résultats de terrain : un meilleur accès aux services essentiels, une amélioration des conditions sociales ; cela n’empêche pas de travailler sur le développement d’activités économiques, sur la façon de nourrir les populations des villes africaines demain… Mais nous ne sommes plus dans la conduite de projets, les résultats que nous affichons sont principalement le produit du travail de nos partenaires. Et ces résultats ne seront durables que si ces acteurs-là trouvent leur place dans le paysage de leur pays, et les moyens de développer cela sur le long terme. En France, nous parlons toujours des résultats : combien de points d’eau, de routes, d’enfants scolarisés… mais on ne dit pas comment on parvient à ces résultats. Or, bien sûr, si le résultat est important, les impacts significatifs, la pérennité déterminante, la « machinerie » pour y parvenir, qui est passionnante, n’intéresse malheureusement pas grand monde. C’est pourtant ce qui nous oblige à nous poser la question : ça veut dire quoi d’être partenaire, et en quoi ce partenariat me pousse à m’interroger sur ma propre société ? En quoi mon action internationale résonne sur la nécessité pour moi, association, d’être exemplaire en France, et aussi peut-être, de voir comment créer des liens plus étroits entre la solidarité nationale et solidarité internationale. Par décision du président de la République, la part de l'aide française qui transite par les ONG doit doubler durant le quinquennat : qu’est-ce que cela représente pour vous ? JLV. C’est bien sûr une bonne nouvelle pour les OSC, c’est une reconnaissance de leurs actions et de leurs caractéristiques, même si l’écart n’est pas rattrapé par rapport à nos voisins de l’Union Européenne : la France est toujours en queue de peloton. En 2011, selon un rapport de l’OCDE publié en novembre 2013, le pourcentage de l’aide publique bilatérale passant par les ONG était de 38 % en Irlande et de 1 % en France ! En ce qui concerne le montant alloué, c’est 3 fois plus en Allemagne, 10 fois plus en Grande-Bretagne et 2 fois plus en Belgique que dans notre pays ! Cette mesure est donc très importante, mais elle ne couvre pas encore l’ensemble des activités de nos organisations : les financements accordés aux actions d’urgence ou aux activités de volontariat non gouvernemental n’ont, pour l’instant, pas augmenté. Quels sont les enjeux de demain ? JLV. 2015 sera une année pivot. Fin des OMD, définition des ODD avec une autre vision du monde et des approches plus transversales, Cop21… A cela s’ajoute la situation de crise, et on voit bien que ce qui se jouera en 2015, c’est de définir un cadre général pour les sujets globaux (climat, alimentation, genre) qui nous concernent tous et qu’il faudra traiter globalement, dans une approche multi-acteurs, et avec la reconnaissance que les sociétés civiles, dans tous les pays, ont un rôle à jouer. Tout cela va être la trame de l’après 2015, et cette question d’enjeux globaux contribue encore plus à modifier notre relation avec nos partenaires du Sud, et à considérer ce qu’on apprend en travaillant avec eux, ou comment reprendre leurs témoignages pour faire comprendre les changements nécessaires dans les pays riches. C’est une sacrée échéance, et c’est encore un élément qui conduira à interroger l’AFD et nous aussi dans notre travail, dans nos priorités, dans la façon dont on avancera, et ce sur quoi on rendra compte aux citoyens. C’est aussi la question de la mobilisation des citoyens : est-ce qu’elle se fera sur « fabriquer un puits au Sahel » ? ou sur la gestion des ressources naturelles, l’égalité femmes-hommes, l’accès à l’alimentation ou le climat ? Nous sommes devant des changements importants, qui vont nous « challenger », y compris, par rapport au rôle et à la place que l’on va tenir avec l’émergence de nouveaux acteurs du développement comme le secteur privé qui est producteur de richesses et d’emplois, mais qui peut aussi accaparer les richesses naturelles et favoriser l’évasion fiscale. Il faut pouvoir dialoguer, savoir exactement de quoi chacun est responsable, et être capable de travailler tous ensemble, dès lors que chacun assume ses responsabilités. MOW. Je pense, comme Jean-Louis, que les organisations de la société civile du Sud ont un rôle très important à jouer dans la définition des enjeux globaux de demain, et notamment les priorités de l’aide publique au développement après 2015. Les OSC doivent non seulement participer aux débats mais veiller à ce que les engagements internationaux soient appliqués, que la dimension sociale et les droits humains, économiques et sociaux soient au cœur des politiques publiques. Si l’écart de richesses entre les pays diminue progressivement au niveau mondial, l’écart des richesses au niveau des pays tend en revanche à augmenter avec son lot d’exclusions sociales et économiques. Les organisations de la société civile françaises doivent encourager leurs homologues du sud à s’intéresser aux populations marginalisées, à faire du lobbying et à peser sur les politiques publiques de leur pays afin que la situation s’améliore. En ce qui concerne nos relations avec les OSC, qui sont donc des partenaires de premier plan pour l’Agence, le CIT a défini six chantiers ambitieux pour les années à venir, au premier rang desquels la redevabilité et la transparence. Pour l’AFD, cela signifie faire la lumière sur les décisions et les financements accordés ; quant aux OSC, elles devront rendre compte de leurs résultats. Par ailleurs, nous avons entamé une réflexion conjointe sur les situations de crise et post-crise, afin de créer un continuum entre urgence et développement. Nous étudions aussi le soutien aux petits projets de moins de 100 000€, pour répondre à la demande exprimée. De manière très concrète, et cela correspond également à une attente forte de la part de nos partenaires, nous allons tâcher d'adapter nos instruments de financement à leurs besoins et d’alléger nos procédures. Il faut viser une plus grande efficacité, dans le respect des contraintes de chacun.   Marie-Odile Waty, responsable de la division des partenariats avec les ONG (AFD)  et Jean-Louis Vielajus, président de Coordination Sud   ► Télécharger le CIT 2013-2016 ► En savoir plus sur la FISONG ► Consulter l'infographie sur les ONG financées par l'AFD en 2013   ]]>
Wed, 16 Oct 2013 00:00:00 +0200<![CDATA[Un avenir sur un plateau pour les jeunes Malgaches]]>Un avenir sur un plateau pour les jeunes Malgaches
Pourquoi avoir ouvert une école hôtelière à Fianarantsoa ? Parce qu’il y avait un vrai besoin ! Fianarantsoa est l’une des villes les plus pauvres de Madagascar. Près de 72 % de ses habitants vivent au-dessous du seuil de pauvreté ; et, pour les jeunes qui doivent souvent quitter l’école prématurément, les perspectives d’avenir sont très limitées. L’autre raison, c’est que le tourisme à Fianarantsoa est en plein essor. Chaque année, plusieurs milliers de personnes viennent visiter la ville et, comme les professionnels ont du mal à recruter du personnel qualifié, l’idée d’une école hôtelière s’est imposée comme une évidence.     La rentrée des classes a eu lieu le 9 septembre. Comment ça s’est passé ? Très bien ! Cela va bientôt faire un mois et nos élèves commencent à s’habituer à leur nouvel environnement. Pour ces jeunes démunis, c’est une expérience intense. Ils ne connaissent rien à l’hôtellerie-restauration ; et, comme leur niveau scolaire est assez faible, il faut tout reprendre à zéro. Mais, entre les enseignants du collège Saint François-Xavier et les formateurs issus du monde  professionnel, ils peuvent compter sur une équipe solide pour les  accompagner pendant les deux ans que dure la formation.   Sur le plan pédagogique, quelle est l’approche privilégiée ? Nous nous appuyons sur l’approche par compétences. C’est une démarche qui articule l’activité professionnelle et le processus d’apprentissage et qui est parfaitement adaptée aux jeunes que nous ciblons. Toute la formation est donc tournée vers la pratique : les élèves s’exercent en conditions réelles dans l’hôtel-restaurant d’application ; et, la deuxième année, ils devront faire un stage de six mois dans un établissement de la ville. L’objectif, c’est qu’après la formation, ils aient acquis les compétences  requises par les professionnels et qu’ils puissent s’insérer durablement sur le marché du travail.   ]]>