Quels avenirs pour une agence de développement à horizon 2025 ?

Un outil de dialogue, d'imagination et d'action

Quel monde nous attend en 2025 ? Comment s’y préparer et construire ceux qui nous tentent ?  L’AFD s’est livrée à un étonnant exercice de prospective : Afd2025. Ses initiateurs, Cyrille Bellier, Alexis Bonnel et Anthony Caubin, nous révèlent les quatre scénarios formulés et les multiples questions qu’ils soulèvent. Et vous, quels mondes imaginez-vous demain ?

►Télécharger l'analyse prospective Afd2025

Cet exercice de prospective, Afd2025, de quoi s’agit-il ?

C’est une exploration du futur - ou plutôt des futurs car il y en a de nombreux possibles - et de leurs implications, dans laquelle s’est embarquée l’AFD il y a un an et demi. Près de cinq cent personnes volontaires de l’AFD ont participé (sur les 1700 salariés, dont 800 à Paris) et de nombreuses contributions externes (Homi Kharas, Paul Collier, Jean-Michel Severino, Joao Ferraz, Bertrand Badie…) ont bousculé l’agence et permis indiscipline intellectuelle et ouverture d’esprit.

Pourquoi vous être lancés dans cette aventure ?

Prévoir l’avenir est une gageure dans notre monde complexe, incertain et sans cesse en mouvement. Rien ne peut être considéré comme déjà écrit. Toute une variété de futurs se dessine dont certains semblent bien plus tentants que d’autres… Pour un acteur de long terme comme l’AFD, imaginer les différents mondes qui pourraient prévaloir dans dix ans et s’y préparer dès maintenant est devenu une nécessité. Le moment est par ailleurs propice : l’agenda du développement connaît une accélération de son histoire avec la mise en place des Objectifs de développement durable et l’Accord de Paris sur le climat.

Et, justement, quels mondes sont apparus ? Quels scénarios avez-vous retenus ?

Les travaux ont abouti à l’élaboration de quatre scénarios d’évolution possible de notre monde, mais les combinaisons d’hypothèses auraient pu nous conduire à en explorer des milliers d’autres.  Nous avons choisi ces scénarios-là, non seulement pour leur caractère contrasté, mais aussi pour les questions stratégiques, souvent nouvelles ou inhabituelles, qu’ils soulèvent pour une institution de développement.

Les quatre scénarios sont les suivants :
"L’impasse" évoque une atteinte rapide de points de basculement écologiques provoquant partout une succession de crises violentes. La croissance de la population mondiale n’est pas maîtrisée et le développement urbain s’anarchise, provoquant une pression insoutenable sur les ressources. La révolution technologique ne bénéficie qu’à quelques-uns. Sous couvert d’idéologies, le repli identitaire a fait son lit de l’aggravation des inégalités et de la pauvreté.
  "Babel 3.0" est un monde des extrêmes, où régions prospères et zones de grande fragilité se côtoient. Les inégalités explosent, notamment chez de nombreux émergents. Les grandes puissances ne se retrouvent plus dans un cadre de gouvernance et de régulation solide, augmentant les risques de tensions et renforçant la vulnérabilité de nombreux pays. Une classe moyenne globale s’est malgré tout développée, pesant sur les ressources naturelles.
Dans le monde "Vert sans les Etats", l’équation entre droit au développement pour tous et limites du monde physique n’a pas trouvé de solutions. Cependant, ce monde hyper-connecté favorise l’émergence de coalitions d’acteurs principalement non étatiques, qui s’emparent de certains défis communs ou globaux – notamment environnementaux – devenus critiques à leurs yeux. Des réformes en profondeur de la pensée et de nouveaux modes de faire émergent. Des trajectoires plus viables, à défaut d’être véritablement équitables et durables, se dessinent.
Enfin, dans l’"Alignement des Attentes", l’équation développement / durabilité commence à trouver des solutions. Sur fond de révolution numérique, la reconnaissance tant de l’interdépendance des enjeux que de la nécessité d’actions globales concertées pour les gérer, pousse de nombreux Etats, collectivités et acteurs privés comme de la société civile, du Nord comme du Sud, à réformer en profondeur leurs stratégies et modes de faire.
Nous vous invitons à jeter un œil au document pour en savoir plus sur les conséquences et les implications pour une agence de développement comme la nôtre.

Qu’est-ce que qui vous a le plus surpris dans la démarche ?


On aurait pu penser qu’explorer des avenirs finalement pas si lointains (dix, vingt ans) était relativement aisé. Il n’en est rien. Il faut certaines techniques pour parvenir à faire autre chose que prolonger des situations actuelles en tendances de moyen et long terme (croissance, migrations, politiques), même pour des personnes dont la mission est, par construction, tournée vers un horizon long. Ce n’est pas spontané, surtout pour des « scientifiques », ingénieurs, économistes ou financiers.
Un autre apport est de voir combien un exercice prospectif, avec sa prise de risque et sa part d’imagination, suscite l’intérêt et permet d’engager des débats de fond et d’enrichir des partenariats. Une agence de développement peut alors devenir encore plus un lieu de débat et de partage. C’est un magnifique outil de dialogue et de questionnement.
Mais le plus important, c’est que la prospective est une véritable philosophie de l’action. Une telle posture amène à concevoir l’action différemment et renforce la qualité de stratégies, de politiques publiques ou de projets, en particulier lorsqu’ils s’inscrivent dans un contexte d’incertitude important, ce qui est de plus en plus le cas.

Mise à jour en juillet 2016

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