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La Guyane connait un développement de son économie depuis le début des années 1990 : son PIB a presque doublé entre 1993 et 2006, grâce à une croissance exceptionnelle, plus élevée que celle de la plupart des autres régions françaises.
© E.Rieublanc
À la une
Promouvoir l'autonomie des communes isolées du Fleuve Maroni
Située sur les bords du Fleuve Maroni, à environ 190 km au sud de Saint-Laurent du Maroni, la commune de Papaïchton est enclavée dans le territoire guyanais. Avec une population de près de 4000 habitants dispersée sur une superficie de 2628 km², la commune fait face à une formidable croissance démographique qui génère d’importants défis d’aménagement du territoire. C’est dans ce contexte que l’AFD intervient pour soutenir la commune dans sa démarche de gain d’autonomie en matière de développement urbain.
L’accompagnement de l’AFD prend la forme d’un prêt bonifié par l’Etat de 250 000€, qui sera destiné à financer l’achat et l’acheminement d’un bulldozer à la commune de Papaïchton.
Aujourd’hui, l’absence d’équipement pénalise cette commune en l’obligeant à faire venir des prestataires (souvent en provenance de Cayenne ou de Saint-Laurent du Maroni) pour des interventions longues et coûteuses. L’acquisition d’un bulldozer permettra à la commune de développer son indépendance technique et de réduire ses coûts de fonctionnement. Elle pourra ainsi assurer avec d'avantage d’autonomie et de réactivité l’entretien de ses voies communales, la gestion des déchets encombrants et la réalisation de certains travaux en régie.
Des accords de partenariat avec les communes de Grand-Santi et Maripasoula, au nord et au sud de Papaïchton sur le Fleuve Maroni, sont envisagés afin de rationaliser les charges d’entretien de cet engin lourd et d’en faire bénéficier à toute la zone.
Appui au développement de la filière pêche en Guyane
Dans le cadre de l'accompagnement du développement de la pêche en Guyane, l'AFD a effectué une mission d’identification des opportunités de financement dans le domaine halieutique afin de valoriser les potentialités et de développer la production locale.
Les deux principaux objectifs de cette mission étaient :
- d’approfondir la connaissance de l’Agence sur le contexte et les enjeux de la pêche en Guyane, et cela sur toutes les filières de production (pêcheries et aquaculture).
- d’identifier les opportunités pour l’AFD d’agir de manière opérationnelle sur le développement de ce secteur en évaluant le portefeuille potentiel de dossiers pouvant être financés dans cette filière.
De ce document, il ressort, pour l’essentiel, les constats suivants :
- des perspectives d’accroissement des captures (filières poissons blancs et crevettes) ;
- un vaste champ d’amélioration possible de la qualité des produits (chaine de qualité à bord/à terre, améliorations sanitaires, présentation, conditionnement) ouvrant des perspectives sur l’amélioration des prix à la vente ;
- une maîtrise de la transformation et de l’export par les industriels locaux avec suffisamment de marge dans la chaîne des prix pour laisser place à l’investissement dans des innovations technologiques et/ou commerciales : processus de transformation innovants en Guyane, recherche de nouveaux marchés locaux ou à l’export ;
- un potentiel en aquaculture continentale considérable qui ne demande qu’à être valorisé dans le cadre de partenariats techniques et financiers associant des investisseurs guyanais ou autres.
En synthèse, les recommandations de l’AFD seraient les suivantes :
- la structuration des filières de pêche devrait passer par la réalisation d’infrastructures et de services à la pêche adéquats, le renouvellement technique des flottilles, l’émergence de nouveaux armateurs et l’amélioration de la valorisation à bord et à terre des produits finis pour une meilleure rentabilité de l’activité ;
- le renforcement de l’intégration et de la gestion des ressources humaines des "gens de mer", et en particulier la formation professionnelle, pour mieux formaliser le secteur et améliorer son attractivité ;
- la mise en place de modalités régionales d’exploitation durable des ressources pour une gestion concertée des stocks halieutiques communs encore en bon état sur le plateau des Guyanes ;
Enfin, la filière devrait pouvoir bénéficier d’appuis techniques et de conseils en ingénierie financière pour permettre aux banques de répondre aux demandes de financement des professionnels du secteur, et de mobiliser le fonds de garantie Agriculture-Pêche-Bois (FOGAP).
Dynamisation des actions du Cefeb en Guyane
A côté de leurs difficultés financières, les collectivités locales de Guyane accusent encore un déficit en ressources humaines qualifiées. C’est dans ce contexte que le Cefeb, l’Université d’entreprise de l’AFD, travaille en étroite collaboration avec l’agence de Cayenne, afin de remédier au sous-encadrement de ces acteurs, qui jouent un rôle de premier plan dans les secteurs de l’enseignement et de la formation, de l’aménagement du territoire, et de l’action sociale et économique.
Le Cefeb intervient de manière de plus en plus rapprochée en Guyane, dans l’objectif de renforcer les capacités des administrations publiques locales, qui sont au cœur du développement du territoire. Depuis 2006, et en partenariat avec le Centre National de la Fonction Publique Territoriale (CNFPT), quatre séminaires portant sur «Les outils de conception de projet de développement » ont été organisés en Guyane, accueillant à chaque session une vingtaine de participants. Plus récemment encore, l’enrichissement de l’offre du Cefeb s’est traduit par la mise en place du parcours de formation « Pilotage des collectivités locales », décliné en 3 modules, auquel ont déjà participé quatre agents territoriaux des collectivités de Mana, Montsinéry-Tonnégrande, Macouria et Sinnamary depuis 2010, à Marseille, avec des retours très positifs sur cette formation et les échanges permis dans ce cadre.
Une mission du Cefeb en Guyane organisée en avril conjointement avec l’agence de Cayenne a permis d’identifier les nouveaux besoins de formation des collectivités locales, d’entrevoir de nouvelles opportunités de collaboration avec le CNFPT, et a été l’occasion de réunir anciens et futurs participants aux formations du Cefeb autour d’un déjeuner de partage d’expériences.
Pose de la première pierre de l'usine d'eau potable à Matiti
Le 12 mars 2012, la Ministre de l’Outre-mer, Marie-Luce Penchard, a procédé à la pose de la première pierre de l’usine de captage d’eau potable sur le fleuve Kourou qui, portée par la Communauté d’Agglomération du Centre Littoral (CACL), permettra à terme d’assurer la continuité du service public d’alimentation en eau potable des communes du « Grand Cayenne ».
Ce projet, d’un coût total de 50 M€ viendra ajouter 24.000 mètres cubes d'eau potable par jour aux 35.000 que produit déjà l'usine située sur le fleuve La Comté. Il a été financé partiellement par l’AFD sous la forme d’un prêt d’investissement à long terme bonifié par l’Etat de 8 M€ et accompagné par le préfinancement de subventions européennes pour 7,5 M€.
Ce projet s'inscrit dans la volonté du groupe AFD de contribuer au financement global des collectivités territoriales de la Guyane qui se sont engagées dans un processus de rattrapage important en matière d'investissement public de base, notamment dans des programmes de réhabilitation et d’extension des réseaux d’assainissement et d’eau potable des zones urbaines soumises à un développement démographique important.
Signature de la Charte export pour le développement à l'international des entreprises locales
C’est en présence de la Ministre de l’Outre-mer, Mme Marie-Luce Penchard, que la Charte régionale de l’exportation en Guyane a été signée le 13 mars 2012 par les principaux partenaires des entreprises désireuses d’exporter ou de s’implanter à l’étranger : Région Guyane, Chambre de Commerce et d’Industrie, Ubifrance, OSEO, réseau des Conseillers du Commerce Extérieur Français, AFD, etc.
Cette cérémonie de signature a donné place à deux journées pendant lesquelles des ateliers d’informations ont été proposés auprès de ces entreprises, sous l’égide de la CCI de la Région Guyane.
L’AFD a présenté les dispositifs financiers, sous forme de prêts ou de garanties, via notamment sa représentation d’ OSEO, auprès d’une cinquantaine de participants.
Plateau des Guyanes - Bilan positif pour le projet de gestion durable des ressources naturelles en partenariat avec le WWF
Le comité de pilotage du projet s’est réuni une dernière fois au Suriname pour faire le point sur quatre années d’actions en faveur des écosystèmes du Plateau des Guyanes. Bilan plus que positif pour ce projet emblématique de protection de la biodiversité.
En 2008, le WWF lance un projet de gestion durable des ressources naturelles sur le Plateau des Guyanes financé à hauteur de 19 % par le FFEM. Il concerne la Guyane, le Suriname, le Guyana et le Brésil (Etat de
l’Amapá). Le projet visait à assurer une protection durable des écosystèmes forestiers et marins et à préserver les services environnementaux rendus par ces différents écosystèmes aux populations locales.
Le comité de pilotage final du projet, auquel étaient représentés l’AFD et le FFEM, s’est tenu les 6 et 7 mars à Paramaribo au Suriname. Il a été l’occasion de revenir sur ses réalisations et ses succès.
Les actions ont été menées principalement sur les thématiques de la gestion des aires protégées, la réduction des impacts liés à l’orpaillage, la gestion forestière durable, ainsi que la gestion et la conservation des écosystèmes aquatiques et des espèces.
A destination des gouvernements (règlementation, renforcement des capacités), des entreprises et des agences nationales (amélioration des pratiques et éco-certification, sites pilotes, formations à l’écotourisme) ou encore des communautés locales (travail sur une meilleure utilisation des ressources dont elles dépendent), ces opérations ont été accompagnées d’importantes actions de communication, de sensibilisation et d’éducation.
Le projet a permis des avancées positives vers des pratiques d’exploitation aurifère sans mercure ou encore sur la mise en place de processus REDD+.
De nouvelles aires protégées ont été créées et les connaissances environnementales ont été nourries par la production d’études scientifiques.
De nombreux ateliers d’échanges entre territoires ont également été organisés. En conclusion, une véritable prise de conscience sur la conservation de l’environnement est apparue à l’échelle de la région.
Le FFEM poursuivra à l’avenir ses actions sur le Plateau des Guyanes, notamment à travers sa participation au projet de plate-forme régionale de développement de REDD+.

