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Politiques de croissance : démographie, santé de la procréation et croissance économique durable en Afrique
Politiques de croissance : démographie, santé de la procréation et croissance économique durable en Afrique
Les échanges de vue, particulièrement fructueux, ont notamment porté sur :
- la différentiation des trajectoires démographiques et du paysage socio-culturel entre Afrique de l’Ouest, Afrique Centrale et Afrique Australe ;
- la lenteur des évolutions des phénomènes démographiques : si la mise en place des politiques économiques et sociales avisées apparaît indispensable, les résultats de ces politiques ne sont visibles que dans le long terme ;
- la nécessité pour les bailleurs et la communauté internationale de soutenir à travers des approches programmes des pays qui, comme le Niger, ont décidé de s’engager dans des stratégies ambitieuses, en dépit de nombreux obstacles culturels, sociaux et économiques ;
- l’importance de la prise en compte du genre dans toute politique démographique.
L’atelier des 2 et 3 mars a abordé plusieurs questions fondamentales. Le débat s'est concentré sur les rapports entre la croissance de la population et l'égalité de genre, la santé de la procréation et le sida, la pauvreté, l’éducation, et l'environnement. Etant donné ces liens, les questions de la démographie et de la croissance de la population devraient devenir une priorité dans l'aide aux pays africains et dans les programmes des gouvernements africains. La prise en compte de ces questions dans le suivi des Objectifs du Millénaire pour le Développement s’avère une priorité. Il a aussi été suggéré que la programmation mise en œuvre pour lutter contre le SIDA devrait s’intégrer dans des approches plus globales, prenant en compte les politiques de population.
Pour réaliser les objectifs mis en lumière par cet atelier, les bailleurs de fonds doivent coopérer avec les gouvernements africains, qui doivent eux-mêmes collaborer avec leurs propres établissements de recherches et avec d'autres gouvernements de la région. En effet, de nombreux participants ont soulevé la nécessité d’appuyer des politiques sur des recherches fondées sur des preuves et des éléments tangibles. Finalement, il a été rappelé que la démographie et la santé de la procréation sont au cœur de la liberté de choix des individus. Les participants ont fait appel aux bailleurs de fonds pour augmenter l'aide aux institutions de recherche et aux programmes démographiques africains, et aux gouvernements africains pour mettre en action des politiques fondées sur des éléments solides de recherche.
L’atelier a en effet été l’occasion pour des chercheurs francophones et anglophones de se rencontrer, de faire un point sur l’état de l’art ainsi que les forces et faiblesses des connaisseurs scientifiques aujourd’hui. Ce groupe de chercheurs a présenté ses premiers travaux à l’ensemble de l’audience. Il a été formalisé que la poursuite de leurs travaux se structurera de la façon suivante :
Comprendre la structure des âges :
- Quelles politiques peuvent accélérer les changements de la structure des âges et permettre de bénéficier d’une « aubaine démographique » ?
Comprendre les taux de fertilité :
- Comment les changements de la fertilité affectent-ils le niveau de la pauvreté des familles ? Quels mécanismes de communauté/groupe négocient ces liens ?
Modifier la demande d’enfants :
- documenter les tendances et variations (par exemple homme/femme, urbain/rural, jeune/vieux) par rapport aux données existantes.
- explorer les raisons subjectives du désir de grandes familles.
- identifier et examiner les leviers de changement, par exemple les initiatives au niveau national ou régional, et la mobilisation des communautés.
Cibler les adolescents :
- évaluer l'impact de l’utilisation du préservatif lorsqu’il est préconisé pour la contraception et non pour empêcher la contamination par le VIH et autres MST ;
- évaluer l'ampleur, la nature et les conséquences de l'avortement non sécurisé.
Faciliter l’accès :
- favoriser l’accès aux services et à l’information dans le domaine de la santé de la procréation, en ciblant plus particulièrement les groupes marginalisés.
Cet atelier ne constitue pas une fin en soi, mais la poursuite d’un processus, déjà engagé aux Etats Unis avec le Center for Global Development (http://www.cgdev.org/). Le travail se poursuivra dans le cadre d’un fonctionnementen réseau. Ce site continuera à cet égard à donner des informations sur les évolutions en cours et rendra compte régulièrement des travaux de recherche.
On notera pour les principaux événements à venir :
- Une conférence des chefs d’Etat et de gouvernement africains sur le VIH/sida, le paludisme et la tuberculose les 4-6 mai 2006, à Abuja, Nigeria.
- Une rencontre des ministres africains de la santé pour lier les programmes du sida et de la santé de la procréation, en mai/juin à Maputo, Mozambique.
- Une conférence co-organisée par l'AFD, l'UNICEF, le Ministère des affaires Etrangères, l'ANRS, le GIP ESTHER, la cité des sciences et de l'industrie sur « Enfance et sida », les 15-16 juin 2006, à Paris.
Si vous êtes intéressés par ces manifestations vous pouvez joindre Jean-Marc Chataingner (chataignerjm@afd.fr) ou Laurent Biddiscombe (biddiscombel@afd.fr).
Documents à télécharger :
- liste des participants
- liste des participants de la journée de chercheurs
- présentations
- synthèse de la conférence
