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L’Union Européenne délègue 75 M€ de fonds à l'AFD pour la stabilité et la lutte contre les causes profondes des migrations au Sahel

21/09/2016

L'AFD a signé avec l’Union européenne cinq conventions de financement d’un montant total de 75 M€, pour des actions d’urgence destinées à lutter contre les migrations irrégulières et les causes profondes de celles-ci, conformément aux engagements pris par la France au sommet de la Valette en novembre 2015.

"Face aux enjeux globaux du développement durable et de la lutte contre la pauvreté, l’AFD et l’Union européenne œuvrent de concert, dans la dynamique d’intégration d’une Europe premier pourvoyeur mondial d’aide publique au développement", souligne Rémy Rioux, Directeur Général de l’AFD.

Des projets qui répondent aux enjeux majeurs du Sahel et de la zone Lac Tchad



Deux des cinq projets visent ainsi en priorité la stabilité et la sécurité des pays soutenus, avec un accent spécifique sur le renforcement des capacités de résilience des populations face aux crises :

  • Programme national de développement participatif au Cameroun (10 M€) :

Le projet améliorera les opportunités et les conditions de vie des populations rurales des 329 communes rurales du Cameroun par le développement de l’offre en services socio-économiques de base

  • Projet Sécurité Humaine et développement au Nord Mali (13 M€) :

Le projet soutiendra la réalisation d’infrastructures locales à mise en œuvre simple et rapide, destinées à répondre aux besoins les plus urgents exprimés par les populations des régions du Nord du Mali. -    Le projet contribuera ainsi à la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation.

Et trois d’entre eux répondent aux enjeux de migrations au Sahel, en ciblant en particulier le développement de programmes économiques créateurs d’opportunités d’emplois pour les jeunes :

  • Projet d’appui aux filières agricoles dans les régions de Tahoua et Agadez au Niger, zones de transit des migrants (30 M€) :

Le projet réalisera des aménagements et des infrastructures destinés à la préservation des ressources naturelles ainsi qu’à la protection et à l’accroissement des disponibilités en terres et en eau pour l’agriculture dans un contexte fortement marqué par les effets des changements climatiques

  • Projet d’appui aux initiatives de la diaspora malienne en France et en Espagne (6 M€) :

Le projet accompagnera l’investissement productif au Mali de la diaspora malienne, à accroître leurs impacts sur l’emploi, dans le cadre de la mise en œuvre de la Politique nationale de migration (PONAM) du Mali

  • Projet d'appui au renforcement de la compétitivité des entreprises et de l’employabilité dans les zones de départ au Sénégal (16 M€) :

Le projet proposera une mise à niveau d'entreprises dans des secteurs à fort potentiel, tels que l'agro-alimentaire en Casamance, l'horticulture  dans la région de Louga, ou encore le secteur de la sous-traitance dans les zones minières de Kedougou et Matam


Deux nouveaux projets devraient être signés d’ici fin octobre sur ces deux thématiques prioritaires, un projet de formation professionnelle pour les jeunes tchadiens  (10,3 M€) et un projet dans le domaine de la gouvernance au Niger (6 M€). Les 5 projets s’inscrivent pleinement dans le cadre de la mise en œuvre du Plan d’action pour un engagement renouvelé de l’AFD au Sahel, adopté fin 2015.

 


Des fonds délégués qui renforcent le partenariat de l’AFD avec l’Union européenne

En 2013, avec 56 milliards d’euros, l’Union européenne (institutions de l’UE et États membres) était le premier pourvoyeur mondial d’aide publique au développement.
 
Entre 2008 et 2015, l’Union européenne a délégué 904 M€ à l’AFD pour financer des projets dans les pays où elle intervient, dont 409 M€ en Afrique subsaharienne (soit 67 projets).

Via le Fonds Fiduciaire d’Urgence européen en 2016, l’AFD mettra en œuvre sept nouveaux projets pour un montant total de 91,3 M€.

Un fonds européen en faveur de la stabilité et pour lutter contre les migrations irrégulières

En réponse à l'ampleur sans précédent de la crise migratoire, l’UE a créé lors du Sommet de La Valette du 11 novembre 2015, le Fonds Fiduciaire d’urgence de l’Union européenne en faveur de la stabilité et de la lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière et du phénomène des personnes déplacées en Afrique, aussi appelé Fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique (FFU). Adossé au plan d’action de La Valette adopté par les dirigeants africains et européens, le FFU est destiné à venir en aide aux pays d’Afrique les plus fragiles et les plus affectés par la situation migratoire. Son objectif principal est de renforcer la stabilité régionale afin de répondre aux défis de la migration irrégulière et des déplacements forcés, ainsi que faciliter la gestion de la migration.

Les objectifs de ce fonds sont les suivants :

  • Etablir des programmes économiques pour créer de l'emploi, avec un accent sur les jeunes et les femmes ainsi que sur la formation technique et professionnelle et la création de PME ;
  • Améliorer la capacité de résilience des populations locales et l'accès aux services de base, avec un accent sur les plus vulnérables, les réfugiés et les déplacés ;
  • Contribuer à la lutte contre le trafic et la traite des êtres humains et une gestion améliorée des frontières ;
  • Construire une meilleure gouvernance, surtout en termes de prévention des conflits et d'amélioration de l'Etat de droit.

23 pays sont éligibles dont 9 pour la région du Sahel et du Lac Tchad : le Burkina Faso, le Cameroun, le Tchad, la Gambie, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Nigéria et le Sénégal. Les pays voisins sont également éligibles dans le cas de projets présentant une dimension régionale et ayant pour but de gérer les flux migratoires régionaux et les défis qui y sont liés.

La dotation initiale du fonds s’élève à un total de 1,88 Md€ dont 1,8 Md€ proviennent  des contributions financières de la Commission Européenne. Le reste est financé par les contributions des Etats Membres de l’UE ainsi que d’autres donateurs. Toutes fenêtres confondues, environ 900 M€ ont été à ce jour octroyés par le FFU à des agences d’exécution/coopération d’Etats membres ainsi qu’à des ONG, dont 541 M€ pour le Sahel et la zone Lac Tchad. Un nouvel abondement du Fonds est en préparation à hauteur de 500 M€.

 


Description des projets



Niger - Projet d’appui aux filières agricoles dans les régions de Tahoua et Agadez

Le coût total du projet est de 67 M€, financés par un prêt de 30 M€ et une subvention de 7 M€ de l’AFD à l’Etat du Niger et par l’UE (FFU) pour 30 M€.

Dans les régions d’Agadez et de Tahoua, le projet appuiera le développement d’une agriculture durable et intensive en main d’œuvre reposant sur des exploitations familiales plus performantes (rendement, qualité, gestion…) et dont l’activité est orientée vers le marché. Les jeunes issus de ces régions dites « de transit » migrent en saison sèche vers la Libye et l’Algérie, certains tentés d’aller vers l’Europe en suivant le mouvement des migrants ouest-africains (ghanéens, nigérians, etc.). Pour cela, le projet réalisera des aménagements et des infrastructures destinés à la préservation des ressources naturelles ainsi qu’à la protection et à l’accroissement des disponibilités en terres et en eau pour l’agriculture dans un contexte fortement marqué par les effets des changements climatiques. Il financera également le développement d’équipements destinés à mieux valoriser la production, en favorisant notamment les conditions d’accès au marché, et renforcera l’accès des producteurs agricoles et des autres acteurs des filières à des services financiers et non financiers adaptés.

Mali - Sécurité Humaine et développement au Nord Mali, phase 2

Le coût total du projet est de 19 M€, financés par l’Etat malien pour 1M€, par une subvention de 5 M€ de l’AFD et par l’UE (FFU) pour 13 M€.

Le projet Sécurité et Développement au Nord du Mali – phase 2 (SDNM 2) vise à contribuer à la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, en soutenant  la réalisation d’infrastructures locales à mise en œuvre simple et rapide, destinées à répondre aux besoins les plus urgents exprimés par les populations des régions du Nord du Mali.

Il prend la suite du projet SDNM 1, actuellement en cours de réalisation, qui a été mis en œuvre aussitôt après la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali dans la région de Kidal. D’un montant de 1 M€ (750 k€ de l’AFD et 250 k€ de l’Etat malien), le SDNM 1 a été mis en œuvre en un an (juillet 2015 - juillet 2016), et aura permis la réalisation d’un programme d’investissements (ouvrages hydrauliques, infrastructures sociales, énergie…) identifiés comme prioritaires par les populations.

Le projet SDNM 2 s’inscrit dans la continuité du projet SDNM 1 tout en étendant son champ géographique initial, la région de Kidal, à cinq autres régions : Tombouctou, Gao, Ménaka et Taoudéni (ces deux dernières ayant été créées récemment), et la partie de la région de Mopti située en zone rouge au moment de l’instruction du projet (cercles de Douentza, Koro, Bankass, Bandiagara, Youwarou et Ténenkou).

Mali - Projet d’appui aux initiatives de la diaspora malienne

Le coût total du projet est de 8,2 M€, financés par une subvention de 2,2 M€ de l’AFD et par l’UE (FFU) pour 6 M€.

Le projet vise à promouvoir les initiatives collectives de développement dans les zones d'origine (généralement à travers des associations de migrants dans les pays d’immigration) et à accompagner l’investissement productif au Mali de la diaspora malienne, à accroître leurs impacts sur l’emploi et à participer à  la mise en œuvre de la politique nationale de Migration du Mali. Il consolidera les résultats des programmes bilatéraux franco-maliens et européo-maliens « migration et développement » mis en œuvre depuis 2002 et qui ont mobilisé la diaspora malienne établie en France et en Espagne, pour contribuer au développement économique et social de leurs régions d’origine.

Ce projet a déjà démarré avec un financement en subvention de 2,2 M€, actuellement mis en œuvre par l’AFD sous l'intitulé "programme Mobilité Migration Développement" et destiné à appuyer les investissements et les transferts de normes de la diaspora malienne de France.

Sénégal - Projet d'appui au renforcement de la compétitivité des entreprises et de l’employabilité dans les zones de départ au Sénégal

Le coût total du projet est de 40,2 M€, financés par une subvention de 200 k€ de l’AFD (guichet ONG) et par l’UE (FFU) pour 40 M€.

Ce programme d'appui au développement local et à l'employabilité vise la promotion de l'emploi et de l'insertion professionnelle des jeunes dans les zones de départ de migrants.

Il vise à agir à la fois sur la demande et sur l'offre sur le marché de l'emploi en proposant une mise à niveau d'entreprises dans des secteurs à fort potentiel, tels que l'agro-alimentaire en Casamance, l'horticulture  dans la région de Louga, ou encore le secteur de la sous-traitance dans les zones minières de Kedougou et Matam, tout en professionnalisant la main d'œuvre employable sur ces mêmes filières et régions. Il contribuera en outre à renforcer l’employabilité des jeunes sans qualification dans le secteur artisanal (les corps de métiers pré-identifiés sont la menuiserie bois, la menuiserie métallique, la couture-habillement, la mécanique auto, la cordonnerie et la transformation agricole) grâce à l’amélioration de la formation par apprentissage au sein des ateliers artisanaux, dans les régions de Dakar, Diourbel, Thiès et Saint-Louis.

L'action sera complétée par un important plan de communication pour promouvoir le "Réussir au Sénégal" et déconstruire les "imaginaires migratoires", ciblant les potentiels candidats au départ à travers des cas concrets et des médias adaptés.

Cameroun - Programme national de développement participatif au Cameroun

Le coût total du projet est de 10 M€, entièrement financés par l’UE (FFU) pour 6 M€.

Les régions historiquement marginalisées du Septentrion  camerounais, et en particulier de l’Extrême Nord, sont profondément affectées par la crise liée aux attaques de Boko Haram. Les jeunes de ces territoires qui connaissent des taux de natalité élevés ont vu leurs principales activités économiques (commerce transfrontalier, moto-taxis, activités liées au tourisme, élevage/agriculture, etc.) brutalement interrompues par l’insécurité. Faute de perspectives d’insertion économique et sociale, ils optent de plus en plus pour la migration (vers les grandes villes du pays, la sous-région ou l’Europe) ou des activités criminelles (coupeurs de route, kidnapping, combat dans les rangs de Boko Haram).

Le Programme National de Développement Participatif (PNDP) s’inscrit dans la politique de décentralisation du Gouvernement camerounais et après 10 ans de mise en œuvre, il est aujourd’hui perçu par les communes comme un outil ayant fait ses preuves d’efficacité pour développer leurs projets prioritaires. Il a pour objectif d’améliorer les opportunités et les conditions de vie des populations rurales des 329 communes rurales du Cameroun par le développement de l’offre en services socio-économiques de base et le renforcement du processus de décentralisation, afin d’accroître les capacités des communes dans leur mission de promotion du développement local et de planification. Face au risque de perte de légitimité des pouvoirs publics dans des zones historiquement marginalisées, ce programme public bien connu de la population est l’un des seuls à montrer des autorités publiques au service de leurs citoyens, en particulier dans les régions du Septentrion.

 



Tout le monde en voiture à Douala : la voie d'accès Est inaugurée

01/07/2016

Fruit d’une collaboration étroite entre le Cameroun, l’AFD et l’Union européenne, la réhabilitation de la voie est de Douala  facilitera la circulation dans la capitale économique.

Une nouvelle artère pour le cœur de l’économie camerounaise

Avec 31% du PIB national à son actif, la ville de Douala est incontestablement la capitale économique du Cameroun. Grâce à ses infrastructures (port et aéroport), elle est également la première porte de l’Afrique centrale vers le reste du monde. Elle constitue à ce titre un enjeu crucial pour les pays enclavés voisins que sont le Tchad ou la République centrafricaine.

Néanmoins, cette attractivité a un prix : les routes reliant la cité portuaire au reste du pays sont souvent encombrées. Cet engorgement constitue un frein au développement des entrepreneurs et acteurs économiques. 

En particulier, les conditions de circulation sur la voie d’accès est (qui relie Douala aux pays voisins) et ouest (qui permet l’acheminement des produits alimentaires en provenance des provinces agricoles) sont particulièrement dégradées.

La réhabilitation de ces axes était donc, pour l’État camerounais et le reste de la zone Communauté économique et monétaire des États de l'Afrique centrale (CEMAC), une priorité.

 

Le secrétaire d'État français, le ministre des Travaux publics camerounais et l'ambassadrice de France s'avancent sur le nouvel accès Est

Une ville mieux équipée, un pays mieux desservi

L’AFD a donc prêté main forte au Cameroun au travers d’un prêt concessionnel (prêt à taux bonifié qui entre dans le calcul de l'aide au développement) de 60 millions d’euros (40 Mds FCFA) accordé en 2010.

Ce financement, complété par un don de l’Union européenne de 5,7 millions d’euros (4 Mds FCFA), a permis :

  • la réhabilitation de dix kilomètres de routes essentielles ;
  • la création de voies parallèles de transit et de carrefours giratoires qui fluidifieront encore plus le trafic.

La visite de la route par le secrétaire d’État français en charge du Développement international, André Vallini, et le ministre des Travaux publics camerounais, Emmanuel Nganou Djoumessi, a également permis de souligner que ce chantier n’était pas un effort isolé. 

« Notre partenariat se décline aussi au travers du financement d’autres projets majeurs destinés à améliorer la fluidité du trafic dans la ville de Douala » a rappelé le secrétaire d’État en faisant référence à la  réhabilitation de l’accès ouest  et la construction du second pont sur le Wouri, tous deux en cours d’achèvement.



Ville durable : un nouveau projet pour Douala

01/07/2016

Douala, capitale économique du Cameroun, a connu une forte croissance démographique ces dix dernières années,ce qui a engendré une urbanisation mal maîtrisée. Afin de répondre aux risques environnemental et social, l’AFD va financer un projet d’adaptation aux aléas climatiques.

Les défis de la croissance et du changement climatique à Douala

La ville de Douala a grandi très rapidement au cours des dix dernières années. La population est ainsi passée de 1,9 à 2,8 millions entre 2005 et 2015. Cette forte croissance démographique a conduit à une urbanisation rapide et peu planifiée. Les populations se sont fixées de manière souvent précaire dans des zones parfois non salubres, notamment celles situées à proximité des lacs, marais et drains qui parsèment la capitale économique.

Le développement de ces quartiers pose un double risque environnemental et social :

  • D’une part, l’urbanisation conduit à la disparition des zones humides, qui régulaient jusqu’ici les effets des fortes pluies sur la ville ;
  • D’autre part, les habitants sont exposés à des risques élevés d’inondations et d’insalubrité.

Ces problèmes sont accentués par le changement climatique (augmentation de la fréquence des fortes pluies) et la marginalisation économique des populations.

Le quartier de Makèpè-Missokè est souvent en proie à de fortes inondations (copyright Neslar Tchundju 2013)

 

Repenser le lien entre populations urbaines et environnement

Le Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM), mis en œuvre par l’AFD, a donc décidé de s’engager aux côtés de la Communauté urbaine de Douala au travers d’un projet de développement local : Douala ville durable.

L’accord a été signé par le secrétaire d’Etat français chargé du Développement international, André Vallini, et le délégué du gouvernement Fritz Ntone Ntone en présence de l’ambassadrice de France, Christine Robichon et du directeur de l’AFD au Cameroun, Christian Yoka.

Grâce à un don de 1,5 million d’euros (1 Mds FCFA), le projet va contribuer à :

  • la mise en place d’un observatoire du changement climatique capable de recueillir données météorologiques et de les mettre à disposition des services d’alerte et de décision de la ville. Ces données seront également utilisées pour aménager de manière adaptée le quartier de Makèpè-Missokè via la création d’un système d’assainissement, de services urbains de base et de collecte des déchets ;
  • redéfinir la relation du quartier avec son environnement ;
  • créer des opportunités économiques pour les habitants, notamment des jeunes qui trouveront de l’emploi sur les chantiers à haute intensité de main d’œuvre du projet. 

Ce partenariat est donc un exemple concret de la mise en œuvre des engagements pris par le Cameroun et la France lors de la Conférence de Paris sur le climat (COP 21) en décembre 2015.



Signature du 3ème C2D : la nouvelle vision de la coopération franco-camerounaise

30/06/2016

Le Contrat de désendettement et de développement (C2D), troisième du genre entre le Cameroun et la France, met en place un ambitieux programme d’investissement de 611 millions d’euros (400 milliards CFA) au service des populations et territoires camerounais.

Le C2D : un outil qui a fait ses preuves au Cameroun

Le ministre de l’Économie camerounais, Louis-Paul Motaze, et le secrétaire d’État français en charge du Développement international André Vallini se sont rencontrés jeudi 30 juin 2016 pour signer le troisième Contrat de désendettement et de développement (C2D).

Le C2D est un outil créé par la France pour prolonger les annulations de dettes dont ont bénéficié les pays du Sud, dont le Cameroun, au début des années 2000. Ce contrat transforme les dettes encore dues à la France en fonds pour le développement. Les pays bénéficiaires continuent ainsi de rembourser leurs créances mais cet argent leur est directement reversé pour financer des projets visant à réduire la pauvreté. 

Le Cameroun a été l’un des premiers pays à conclure un C2D avec deux contrats signés en 2006 et 2011 pour un total d’environ un milliard d’euros (678 Mds FCFA).

 

Le fonctionnement du C2D 

  1. Le Cameroun rembourse ses dettes ;
  2. la France reverse ces fonds au Cameroun sous la forme de dons ;
  3. ces fonds financent des projets élaborés en commun par le Cameroun et l'AFD.

 

Le fonctionnement du C2D (BEAC : Banque des États de l'Afrique centrale)

 

"Le C2D de la maturité"

La signature du troisième C2D, dix ans quasiment jour pour jour après celle du premier, marque une nouvelle étape pour la coopération franco-camerounaise. Annoncé comme le « C2D de la maturité » par le ministre de l’Économie camerounais, ce nouvel accord se distingue de ses prédécesseurs à la fois par sa durée plus longue (huit ans) et son montant plus important (611 millions d’euros soit 400 Mds FCFA).

 

Un troisième contrat pour les territoires émergents du Cameroun

La signature du contrat a été suivie par celle de l’accord-cadre entre l’AFD et le gouvernement camerounais. Ce texte pose les bases du partenariat qui permettra de donner corps aux ambitions du troisième C2D : la poursuite des grands axes esquissés au travers des deux derniers contrats et le soutien aux régions vulnérables, notamment celles touchées par les exactions de Boko Haram. 

Plus particulièrement, le 3e C2D se concentrera sur deux grands secteurs :

  • L’agriculture et le développement rural : Les dispositifs d’appui-conseil aux agriculteurs (ACEFA), de formation des jeunes aux métiers agropastoraux (AFOP) et d’investissements communaux (PNDP) amorcés dès le premier C2D seront pérennisés. À ces projets s’ajoutera également un programme innovant visant à accompagner les petites et moyennes entreprises camerounaises dans la transformation et la valorisation des produits agricoles.
  • Les infrastructures et aménagements urbains : ce second volet  continuera le travail engagé dans le développement des capitales régionales en équipant deux nouvelles villes du pays : Maroua et Bamenda. Il financera également un grand projet d’infrastructure emblématique, à l’instar du second pont sur le Wouri à Douala.

Pris ensemble, ces deux volets donnent corps à une vision : celle d’un Cameroun des territoires émergents. Le C2D entend soutenir le développement de campagnes dynamiques, connectées à des villes modernes par des chaînes de valeurs capables de transformer les produits de la terre en emplois et richesses pour tous.

 

 

L'architecture du 3ème Contrat de désendettement et de développement

 

Cette vision sera complétée par des appuis budgétaires (122 milliards FCFA) en faveur des politiques de développement durable de l’État. Le reste de la subvention appuiera le renforcement des administrations à l’œuvre dans le C2D et servira à constituer une réserve pour des projets futurs.



Rémy Rioux est nommé Directeur général de l’Agence Française de Développement en Conseil des ministres, ce 25 mai 2016

25/05/2016

Sur proposition de François Hollande au Parlement le 27 avril dernier et après un vote favorable à l’unanimité des députés et à la majorité des sénateurs, M. Rémy Rioux, 46 ans, secrétaire général adjoint du ministère des Affaires étrangères et du développement international, est nommé ce jour, en Conseil des ministres, Directeur général de l’Agence Française de Développement, Etablissement Public Industriel et Commercial, en charge du développement des pays du Sud et de l’Outre-mer. 11ème directeur général de l’AFD, Rémy Rioux prendra la tête de l’AFD, le 2 juin 2016.

Né en juin 1969 à Neuilly-sur-Seine, ancien élève de l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm, de Sciences Po et de l’Ecole nationale d’administration, Rémy Rioux, historien de formation, ancien élève d’Alain Corbin et de Pierre Nora, conseiller maître à la Cour des comptes, a alterné, au cours de sa carrière, des responsabilités en France et au service du développement et de l'Afrique.


Rémy Rioux est nommé Directeur général de l'AFD © Alain Buu

A l’âge de 26 ans, Rémy Rioux découvre le continent africain à l’occasion d’un stage de l’ENA au Bénin, puis en militant pour la promotion de l’harmonisation du droit des affaires en Afrique. Passionné par ce continent, il le sillonne tout au long de sa carrière, y noue des liens forts, et y acquiert une expertise reconnue des enjeux de développement. Au Trésor de 2004 à 2007 puis de 2010 à 2012, il contribue notamment à moderniser la coopération monétaire avec les pays africains membres de la Zone franc, participe à la résolution de la crise ivoirienne et contribue à placer la question des infrastructures et du développement au cœur de l’agenda international du G20. Il est alors administrateur de l’AFD et de sa filiale PROPARCO.

Rémy Rioux a par ailleurs exercé des missions de contrôle dans les secteurs de l'énergie et de la défense à la Cour des comptes entre 1997 et 2004. Il a travaillé au ministère de l’intérieur de 2000 à 2002, au sein du cabinet du ministre Daniel Vaillant, en charge notamment du budget et du passage à l’euro. Il a également exercé des fonctions à l’Agence des participations de l’Etat, de 2007 à 2010, comme directeur de participations en charge des secteurs des transports et des médias, participant au conseil d’administration de différentes entreprises (SNCF, RATP, ADP, Renault, France Télévisions, France Médias Monde, Arte, le Grand Port Maritime du Havre).

En 2012, directeur de cabinet du ministre de l’Economie, des Finances et du Commerce extérieur, Pierre Moscovici, il participe activement à la redéfinition des relations économiques entre l'Afrique et la France et aux travaux menés par Jacques Attali sur la francophonie économique. Deux ans plus tard, Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du Développement international, le nomme secrétaire général adjoint du Quai d’Orsay, en charge notamment des questions économiques. A ses côtés, il pilote le volet financier des négociations pour la COP21.

Après l’annonce par le Président de la République, en septembre 2015, d’une relance de la politique française de développement à travers la hausse des financements de 4 milliards d’euros d’ici 2020, pour atteindre 12,5 milliards d’engagements annuels, (dont 5 milliards d’euros en faveur du climat), il est chargé d'une mission de préfiguration du rapprochement entre l'Agence Française de Développement et la Caisse des Dépôts qui doit doter la France d’un outil à même de relever les défis des Objectifs du développement durable.

Homme de dialogue et de conviction, il est très attaché au Massif central, en particulier à la Corrèze et la Lozère, où il séjourne fréquemment, avec sa femme et ses trois enfants.


Dates clefs

  • 26 juin 1969 : Naissance à Neuilly-sur-Seine, France
  • 1997 : auditeur à la Cour des comptes à sa sortie de l’ENA (promotion Marc Bloch), il y deviendra Conseiller Maître en 2013
  • 2001 et 2002 : conseiller budgétaire au cabinet de Daniel Vaillant au ministère de l’Intérieur
  • 2003 : missions de contrôle dans les secteurs de l’énergie et de la défense à la Cour des Comptes
  • 2004 : direction du Trésor, Chef du bureau de la coopération monétaire et du développement avec les pays d’Afrique, des Caraïbes, du Pacifique et de la zone franc
  • 2007 : sous-directeur des transports et de l’audiovisuel de l’Agence des participations de l’Etat
  • 2010 : sous-directeur des affaires financières internationales et développement à la direction générale du Trésor
  • 2012 à 2014 : directeur du cabinet de M. Pierre Moscovici au ministère de l’Economie et des Finances
  • 2014 : secrétaire général adjoint du ministère des Affaires étrangères et du Développement international, chargé notamment des affaires économiques
  • 2015 : responsable des questions financières au sein de l’équipe française de négociation pour la COP21.
  • Juin 2016 : nommé 11ème Directeur général de l’Agence Française de Développement.


La France mobilisée aux côtés des populations du pourtour du lac Tchad

14/05/2016

Abuja, le 14 mai 2016 – Lors du Sommet régional sur la sécurité et le développement du lac Tchad, le Président de la République française, François Hollande, a annoncé le lancement d’une initiative en faveur des populations victimes de la crise qui sévit autour du lac Tchad suite aux exactions de la secte Boko Haram et qui a provoqué le déplacement de plus de 2,5 millions de personnes au Nord du Nigéria, au Sud-Est du Niger, au Nord du Cameroun et au Tchad sur les bords du lac.

Activités génératrices de revenus et accès aux services essentiels

Portée par l’AFD, cette initiative reposera, d’une part, sur un ensemble de projets destinés à renforcer l’accès aux services publics dans les zones impactées par la crise, où l’AFD mobilise d’ores et déjà plus de 130 M€ de financements, et d’autre part sur un projet régional lancé en lien étroit avec la Commission européenne pour soutenir le développement d’activités génératrices d’emplois et de revenus (notamment dans le domaine agricole afin d’accroitre la sécurité alimentaire) permettant d’autonomiser les populations déplacées et de renforcer la résilience des populations hôtes.

Une première subvention de 5 millions d’euros, apportée par l’AFD, permettra le financement de la phase d’amorçage de ce projet, laquelle sera mise en œuvre par un consortium d’ONG dont le processus de recrutement vient d’être lancé. D’autres ressources, prochainement mobilisées, viendront rapidement financer la phase de déploiement.

En étroite collaboration avec les autorités nationales et locales des zones ciblées

D’une durée initiale de quatre ans, ce projet régional s’inscrit dans les axes stratégiques définis dans le Plan de développement et d’adaptation au changement climatique du lac Tchad 2016-2025, porté par la Commission du bassin du lac Tchad (CBLT) et ses pays membres. Il est également en phase avec le Recovery Peace Building Assessment (RPBA) élaboré pour le Nord du Nigéria avec l’appui de la Banque mondiale, des Nations Unies et de l’Union européenne. Il s’inscrit enfin dans le Plan d’action Sahel de l’AFD.

Conduit en concertation étroite avec les autorités nationales et locales des zones ciblées, ce projet régional cherchera à produire rapidement ses premiers résultats (création d’opportunités économiques et d’emplois, augmentation des revenus des populations bénéficiaires du projet, amélioration de la sécurité alimentaire...). Il ciblera particulièrement les femmes et les jeunes (ces derniers étant particulièrement vulnérables en raison des risques de radicalisation et d’embrigadement dans des mouvements terroristes) et permettra la délivrance aux populations d’appuis psychosociaux en traitement des traumatismes causés par les épisodes de violence et leurs conséquences.


"Agir le plus en amont possible à la racine des vulnérabilités engendrées par les crises"

Olivier Ray, Responsable de la cellule Prévention des crises et sortie de conflits de l’Agence française de développement précise : « Agir le plus en amont possible à la racine des vulnérabilités engendrées par les crises constitue une priorité pour l’AFD. Dans la région du pourtour du lac Tchad, fortement fragilisée par les attaques de Boko Haram, l’AFD va, entre autres, financer des chantiers à haute intensité de main d’œuvre pour donner des opportunités d’emploi et de formation à des jeunes, cible du recrutement terroriste. Les financements de l’aide au développement dans le cadre de coalitions d’acteurs prennent progressivement le relais de l’action humanitaire, au plus près des besoins des populations et des pouvoirs publics locaux. C’est la mise en application concrète des leçons issues de plus d’une décennie d’interventions dans les contextes de crise, qui seront discutées les 24 et 25 mai prochains au Sommet humanitaire mondial d’Istanbul ».


Contacts presse :
Magali Mévellec – mevellecm@afd.fr – 06 37 39 26 07
Isabelle Rivière – isabelle.riviere@consultants.publicis.fr – 06 27 84 98 63
Cédric Bret – cedric.bret@consultants.publicis.fr – 06 82 58 88 49



 
 
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