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L’Union des Comores fait partie des 17 pays prioritaires de l’aide française. L’AFD y est présente depuis plus de 50 ans.

 

 

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Restitution de l'étude sur les transferts des migrants en Zone Franc

31/01/2013

Le 31 janvier dernier s'est tenue à Moroni la restitution de l'étude sur les transferts d'argent des migrants commanditée par la BAD et l'AFD, et réalisée par une équipe d'experts d'Epargne Sans Frontière.

Après Dakar et Casablanca s’est tenue le 31 janvier dernier à Moroni la restitution de l’étude sur les transferts d’argent des migrants commanditée par la BAD avec l’appui de l’AFD, et réalisée par une équipe d’experts sous la direction de l’ONG d’Epargne Sans Frontière. Ce travail est l’aboutissement d’une initiative lancée par la Direction Générale du Trésor, la Banque de France, le ministère des Affaires étrangères et européennes, le ministère de l’Intérieur, de l’Outre-mer, des collectivités territoriales et de l’immigration.

La présentation suivie d’un débat a été assurée par  M. Saïd Bourjij, directeur d’Epargne Sans Frontière, et M. Naceur Bourenane consultant pour Epargne Sans Frontière. Ont participé à cette restitution, le Gouverneur de la Banque Centrale des Comores, l’Ambassadeur de France, le directeur de l’AFD ainsi que des représentants des établissements financiers et sociétés de transferts installés aux Comores.
 
Le périmètre de cette étude englobe des pays de la Zone Franc (Sénégal, Cameroun, Union des Comores), ainsi que des pays du Maghreb (Maroc et Tunisie). Tous ces pays se caractérisent par l’importance des transferts d’argent de leur diaspora respective ainsi que par la prévalence du corridor France.
 

de gauche à droite : M. Saïd Bourjij (directeur d’Epargne Sans Frontière), Mme Jeanne Nzeyimana (principal microfinance specialist, BAD), M. Mzé Abdou Mohamed Chanfiou (Gouverneur de la Banque Centrale des Comores), M. Jean-François Vavasseur (directeur de l’AFD en Union des Comores)
 
 
Une diaspora comorienne établie à 99% en France
 
Le montant des fonds rapatriés en 2012 est estimé à 46 milliards de francs comoriens (93 millions d’euros), soit 26% du PIB. Ces transferts représentent ainsi une manne financière très importante pour le pays, spécialement pour l’île de Ngazidja (Grande Comore), marquée par une très forte mobilité géographique.
 
Autres chiffres révélateurs du caractère essentiel de ces transferts en 2012, leur montant était près de sept fois supérieur à celui des Investissements Directs Etrangers. En revanche, seulement 13% de ces transferts ont été affectés à l’investissement. La part la plus importante est destinée au financement des achats de première nécessité, aux charges d’éducation et de santé, ou encore au financement des Grands Mariages, particularité culturelle comorienne. Une partie est en outre destinée aux caisses villageoises gérées par les conseils de notables, qui utilisent cet argent, soit pour prêter de façon informelle à leurs membres souhaitant organiser leur Grand Mariage, soit financer des projets d’aménagement communautaires.
 
A noter que tous ces chiffres proviennent d’un recensement des opérations à caractère formel sur lesquelles la Banque Centrale des Comores a une visibilité. Il est estimé que si les transferts effectués de façon informelle étaient comptabilisés, leur montant total doublerait probablement les chiffres « officiels ». Le canal privilégié de ces transferts informels reste l’avion, lorsque le migrant confie de l’argent en cash à un voyageur/passeur à l’aéroport ou à des collecteurs installés dans le pays de résidence.
 
 


Redécouvrez l'étude dans son intégralité

 
 
Objectif : créer un effet de levier sur la croissance de l’économie
 
L’objet de cette étude était donc tout d’abord d’énumérer un certain nombre de propositions, illustrées par des exemples, permettant de capter une partie de ces transferts et qui permettraient de créer un effet de levier sur la croissance de l’économie. Il a notamment été question de la bibancarisation, formule offrant aux migrants un accès aux services bancaires, à la fois dans le pays d’accueil et dans le pays d’origine. Cet outil permet non seulement au migrant de conserver un lien financier et social avec son pays d’origine, mais également d’apporter une source de financement aux banques locales via les comptes de dépôt de ces migrants.
 
L’étude porte également sur les opportunités offertes par l’innovation financière en matière de réduction des coûts des transferts. Une libéralisation du marché des sociétés de transferts aux Comores aurait un impact non négligeable sur les prix exercés par ces sociétés, au moins sur le court terme. Mais, une réelle volonté de la part des établissements bancaires pour une évolution vers des technologies telles que le mobile banking ou l’e-banking, simplifierait davantage toutes les procédures de transferts, réduirait leurs coûts, augmenterait les flux et contribuerait ainsi à une meilleure inclusion financière.


Inauguration du centre de santé de la Caritas Comores à Moroni (Grande-Comore)

19/01/2013

Le centre de santé de la Caritas Comores a été inauguré à Moroni en Grande-Comore le 19 janvier 2013. L’objectif général de ce centre consiste à renforcer l’efficacité et la qualité de l’offre proposée par les formations sanitaires de Caritas Comores.

L'inauguration s'est déroulée en présence du Ministre de la justice, représentant la Ministre de la Santé, de l’Ambassadeur de France auprès de l’Union des Comores, et du Grand Moufti, qui a témoigné par son intervention de la bonne intégration de la Caritas – Comores.
 
Les travaux de réhabilitation du Centre de Santé de la Caritas ont bénéficié d’un financement de l’AFD à hauteur 297 500 euros dans le cadre du Projet « Amélioration de l’offre des soins et renforcement des capacités de la Caritas Comores». Ce projet d’un montant total de 995 065 Euros, est cofinancé à hauteur de 75% par l’AFD, 20% par le Secours-Catholique (Caritas France) et 5% d’autofinancement par Caritas Comores. Le Centre Hospitalier de Mayotte a également apporté son appui par la formation à la prise en charge des brûlés et la fourniture d’équipements.
 
Il s'agit d'appuyer l’institution dans la définition et la mise en œuvre d’une stratégie d’intervention qui lui permette d’améliorer ses prestations à destination des populations démunies, tout en garantissant la pérennité et la viabilité de son organisation. C’est dans ce cadre que le centre de santé comprenant, un dispensaire, des salles de consultation d’une capacité de 45 lits, et un bloc pour les brûlés a été réhabilité. Le personnel soignant et technique de la Caritas Comores a bénéficié d’un programme de renforcement des capacités.
 

Monsieur Philippe Lacoste, ambassadeur de France en Union des Comores et Dr Anliane Ahmed, Ministre de la Justice, représentant le Ministre de la Santé


Deux jours de débat sur la coopération régionale dans l'océan Indien

29/11/2012

Partager les expériences et échanger avec les acteurs et partenaires réunionnais autour des principaux thèmes de la stratégie de coopération régionale de l’AFD dans l’océan Indien, adoptée récemment, étaient les objectifs du premier séminaire des directeurs d’agence AFD de l’océan Indien, qui s'est tenu les 6 et 7 novembre derniers à Saint-Denis de La Réunion. Près de 80 personnes ont répondu présents pour débattre avec eux des enjeux de la coopération dans la région. 

►Téléchager les Actes et toutes les présentations du séminaire

Egalement aux côtés des directeurs des agences de Saint-Denis,  Port-Louis , Moroni , Mamoudzou  et Antananarivo , plusieurs représentants des départements Afrique et Outre-mer du siège de l'Agence à Paris ont fait le déplacement pour participer à cette rencontre cruciale pour les activités d’appuis de l'Agence à la coopération régionale dans l’océan Indien. Après une matinée en session interne, le groupe des représentants AFD a ouvert ses travaux aux acteurs de la coopération régionale dans le cadre de 8 ateliers thématiques.

Un champ de réflexion large : de la santé aux clusters régionaux

En débutant par la santé, le séminaire a entamé par un secteur prioritaire. La présentation du directeur du tout récent CHU de La Réunion  a suivi la présentation de la stratégie sanitaire régionale assurée par la directrice de l'Agence régionale Santé océan Indien. Enjeu majeur pour l'océan Indien, la recherche de synergies volontaristes dans le secteur sanitaire est en bonne voie. Après une présentation de la coopération éducative centrée sur le cas emblématique de Madagascar, un focus sur le rôle de la coopération décentralisée réunionnaise a ensuite clôturé la première journée. Le besoin de concertation entre ces initiatives a été notamment mis à jour.

Vue de la salle de conférence © AFD

 

Globalement, la seconde journée a été davantage centrée sur les problématiques de la coopération économique. Acteurs du secteur privé, partenaires publics et institutions au cœur de la coopération économique dans l’océan Indien ont notamment pu débattre des enjeux des financements européens dans la région grâce aux présentations de l'ambassadeur délégué à la coopération régionale et du secrétaire général aux Affaires régionales de la préfecture.

Les opportunités pour la région ont par ailleurs été rappelées par le secrétaire général de la Commission de l'océan Indien , qui a également saisi l'occasion pour préciser les principales priorités de l’institution dans le domaine économique.

Après ces ateliers orientés sur des éléments de stratégie régionale, les deux dernières sessions du séminaire ont été consacrées aux résultats opérationnels de la coopération économique : dans le domaine du tourisme, du développement durable ou des déchets.
 
 

Jean-Claude de L'Estrac, Secrétaire Général de la COI © J. Couriaut - AFD

 

Près de 80 participants sur deux journées

Avec près de 80 participants, un haut niveau de représentation et une couverture de l’événement par les médias locaux, le séminaire a rencontré un important succès.

Cette première édition s’est déroulée en introduction de la Conférence de coopération régionale océan Indien à laquelle a participé le directeur général adjoint, Didier Mercier, les 8 et 9 novembre 2012. Cette conférence était co-organisée par le ministère des Affaires étrangères et le ministère des Outre-mer et a été clôturée par Victorin Lurel, ministre des Outre-mer.
 
Les actes du séminaire  de l'AFD et les présentations des intervenants sont téléchargeables sur la page dédiée du site.


Éducation et formation en Afrique : quels enjeux ? Quels nouveaux outils ?

06/09/2012

Où en est aujourd'hui l'Afrique subsaharienne en matière d'éducation et de formation professionnelle ? Est-elle en mesure d'accompagner ses futures générations vers l'emploi ? De quels atouts et outils dispose t-elle? Quatre experts de la division éducation (EDU) nous apportent dans une interview vidéo des éléments de réponse à travers un panorama de la problématique éducative et formative en Afrique subsaharienne.

 

  Crédit photo : 2iE, AFD

 

En Afrique, les deux tiers de la population ont moins de 24 ans

L’éducation est à la fois un droit fondamental et l’une des clés du progrès social et du développement économique, essentiel à la lutte contre les inégalités. En Afrique , 2/3 de la population a moins de 24 ans. Cette jeunesse est l’avenir du continent, son plus grand espoir mais constitue aussi un énorme défi pour le développement puisque 20% des jeunes sont actuellement au chômage. 
Cette croissance doit à tout prix rester un atout pour bâtir une Afrique innovante, productive, économiquement solide et socialement solidaire, et non devenir un obstacle à ses chantiers de développement. Pour y parvenir, il lui faut miser en priorité sur l'éducation et la formation professionnelle.  

 

Éducation de base mais aussi formation professionnelle

Avec cette tendance démographique et la montée du chômage, il est nécessaire d'intégrer dans notre approche non seulement les préoccupations relatives à l'éducation de base mais également à l'enseignement secondaire, supérieur, la formation professionnelle, avec un accent mis sur  l’insertion et l’emploi des jeunes . Face à ces défis, l'AFD au cours des dix dernières années a investi plus d'un milliard d'euros dans le secteur de l'éducation/formation, dont 2/3 sur le continent africain. Et dans les trois prochaines années, ses financements dans l'éducation devraient s'élever à plus de 500 millions d'euros, toujours majoritairement sur le continent africain.
(Synthèse de l'intervention de Virginie Bleitrach).

 

L’effectif scolarisé a augmenté de 31% en dix ans

Depuis une dizaine d’années, des progrès considérables ont été faits en termes d’accès à l’école primaire. L’Afrique subsaharienne a enregistré les résultats les plus importants ces dix dernières années.

Entre 1998 et 2009, l’effectif scolarisé a augmenté de 31% (soit 58 millions d'élèves supplémentaires).

En dépit de ces résultats, 1/4 des enfants qui devraient être à l’école n'est toujours pas scolarisé. C’est désormais aux autres cycles d’enseignement qu’il faut améliorer l'accès, notamment le cycle secondaire. Seuls 34% des enfants y accèdent à l'heure actuelle.

 

 

Le défi de la qualité de l'enseignement

 

Actuellement, 47 millions de jeunes en Afrique subsaharienne ne disposent pas des compétences de base pour lire et écrire. L’AFD s’est attachée ces dernières années à soutenir les réformes nationales éducatives en appui avec les autres partenaires techniques et financiers.

(Synthèse de l'intervention de Marion Butigieg)

 

 

 

 

La formation professionnelle devient enfin une priorité des politiques publiques

 

La formation professionnelle est un secteur en pleine expansion dans la majorité des pays d'Afrique subsaharienne. Leurs dirigeants ont placé parmi leurs priorités la formation professionnelle et l'insertion des jeunes. 

Cela dit, l'on part de loin, car beaucoup de pays ont des dispositifs de formation sous-dimensionnés, des équipements obsolètes, des formateurs n'ayant pas bénéficié de recyclage de formation continue depuis très longtemps. 

 

 

Faire correspondre l'offre et la demande sur le marché du travail 

 

Il résulte des éléments précédemment énoncés qu'un grand nombre de jeunes en fin de cursus, bien qu'effectivement formés, ont un profil en inadéquation avec les besoins du marché du travail qu'il faut, par ailleurs, identifier et anticiper. La situation est difficile, mais reste cependant encourageante puisque de nombreux pays ont mis ce point leur agenda politique. 

L'AFD reçoit de plus en plus de demandes visant à réunir les conditions d'un rapprochement de la formation professionnelle et du marché de l'emploi. Cela passe par une mise en relation entre les centres professionnels et les entreprises (par le biais de partenariats publics-privés), de façon que les secondes puissent indiquer aux dispositifs de formation et d'apprentissage quels sont exactement leurs besoins de compétences actuels et les emplois à venir. 

 

 

Revaloriser la formation aux métiers 

 

Cette volonté se traduit par la mise en place de dispositifs de formations plus souples, courtes, orientées vers le métier, certifiées et reconnues et qui, de facto, vont bénéficier d'une image plus positive qu'elle ne l'est actuellement. En effet, dans ces pays, l'apprentissage ou la formation aux métiers est encore considéré comme peu valorisant par les parents et par les jeunes eux-mêmes.

 

 

Fédérer les compétences pour faire de la formation un outil complet

 

Dans la plupart des pays, on peut constater que seulement 5% du budget de l'Éducation nationale est alloué à la formation professionnelle. Ce qui est totalement insuffisant. Pour relever ces défis, nous essayons de travailler en synergie avec d'autres types de compétences que les nôtres - la formation professionnelle n'étant qu'un outil dans le paysage de l'aide au développement. Il faut des synergies avec, par exemple, les départements et les divisions qui s'occupent de l'appui au secteur privé et de la microfinance, ou encore les départements spécialisés dans l'appui au développement agricole et aux métiers en milieu rural.

L'AFD a appuyé un peu plus de 60 projets dans une quinzaine de pays pour un montant d'environ 280 millions d'euros et la demande est de plus en plus forte.

(Synthèse de l'intervention de Christian Fusillier)

 


 

Les NTIC, une solution pour améliorer l'accès et la qualité de l'éducation et de la formation ?

De manière générale, les problèmes identifiés ont trait à la qualité de l'éducation, au delà de l'accès proprement dit, et à l'adéquation des formations avec les besoins des secteurs productifs. À l'AFD, nous sommes convaincus que les outils numériques sont tout à fait adaptés au développement et à l'amélioration de la qualité de l'éducation et de la formation en Afrique. Aujourd'hui, beaucoup de freins sont levés. Le taux de pénétration du téléphone mobile en dix ans est considérable. On était au début des années 2000 à 10% de taux de couverture géographique en Afrique subsaharienne. Aujourd'hui, nous sommes à 80%. Cela représente par ailleurs 30 % de la population.

 

L'investissement dans les NTIC, un indicateur de performance des systèmes éducatifs ?

L'OCDE élabore des études et tests de performances des élèves, le PISA (acronyme de "Programme for International Student Assessment "), en français, "Programme international pour le suivi des acquis des élèves". Celui-ci montre que les pays qui utilisent de manière poussée les outils numériques sont les plus performants. Les jeunes Finlandais qui bénéficient d'un ordinateur pour deux élèves au collège sont les premiers en maths au test PISA, les Sud-Coréens, très bien équipés également, sont seconds alors que les français arrivent au 17ème rang parmi la soixantaine de pays évalués.

L'investissement dans les technologies joue un rôle déterminant dans les performances des élèves et donc des systèmes éducatifs. En Corée du sud, pays qui a fortement investi pour ses technologies en éducation dès le début des années 90, les enseignants utilisent les TIC pour enseigner. Avec l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF), nous mettons en place des programmes et des dispositifs pour accompagner et sensibiliser les enseignants à la prise des nouvelles technologies de l'information
 

Trop de projets isolés, pas assez de coordination

Il existe aujourd'hui beaucoup de projets pilotes sans suite, sans écho du fait d'un manque de coordination entre les bailleurs de fonds et les programmes sectoriels de l'éducation mis en oeuvre par les gouvernements. Cette coordination est pourtant une condition pour que ces projets puissent être déployés à l'échelle d'un pays ou d'un système éducatif.

L'AFD a donc réuni un groupe de travail avec des bailleurs de fonds, des utilisateurs du sud, des universitaires et des chercheurs pour essayer de formuler des propositions qui aideront à passer du stade de l'expérimentation des projets à leur mise en oeuvre effective dans les systèmes éducatifs africains.    
(Synthèse de l'intervention de Jean-Christophe Maurin)



"Paris, Ouagadougou, même combat?" Promenade vidéo

06/08/2012

Dans cette interview vidéo itinérante dans Paris, Guillaume Josse, urbaniste à l'AFD, nous livre, à partir de quelques objets urbains de notre quotidien, quelques clés de compréhension des enjeux des villes, du "Sud" comme du "Nord". Une manière de comprendre que villes du nord et du Sud ont des problématiques communes.

 

 

 

 

Penser avant tout les villes comme des réseaux

Chaque ville , quel que soit son degré de modernité, ressemble à un maillage, une superposition de réseaux, pour la plupart visibles dans le paysage urbain. Qu'il s'agisse des réseaux d'électricité, de gaz, de télécommunication, de drainage des eaux usées ou des eaux pluviales , toutes ces fonctions sont tendues vers un but commun : garantir la sécurité, le bien-être et le mieux-vivre des populations citadines.

 

Première caractéristique d’une ville du Sud : une gestion publique lacunaire

Les éléments les plus banals d'une ville d'un pays du "Nord", perçus comme "allant de soi" - car ancrés depuis très longtemps dans le quotidien de sa population - sont encore inexistants ou alors extrêmement rares dans les villes du "Sud". L’on pense, entre autres, à des objets urbains ordinaires tels que les plaques de rues, d’égouts, les lampadaires, les routes goudronnées qui contribuent respectivement à la fois à l’adressage et l'identification des lieux et de leurs résidents, à la préservation de l’hygiène et de la santé publique , à la circulation des personnes et des biens de consommation ; comme autant de missions dont sont en charge les collectivités.

Les villes du Sud se signalent en général par l'absence de tels réseaux consolidés et dotés d'un fonctionnement optimal. Au mieux va-t-on trouver quelques éléments communs, comme des réseaux téléphoniques, des routes, des rues, mais sans revêtement, sans pavés et inondables à cause de canalisations peu fonctionnelles ou saturées, des quartiers et habitations sans panneaux de signalisation, un déficit d’éclairage public etc.

 

Cadastres et signalisations : des prérequis pour la gestion urbaine

A Paris, la présence de plaques de rue nous paraît normale. Pourtant, celles-ci sont inexistantes dans la plupart des villes et capitales des pays en développement. Or, en l'absence de telles indications, il n'est pas possible d'adresser des courriers, d'envoyer des avis d’imposition, de collecter correctement les taxes qu'en définitive, aucun dispositif n'oblige à payer. Cet état de fait est l'un des symptômes de l'absence de systèmes cadastraux véritablement opérationnels dans ces pays, s'agissant de la gestion, entre autres, des unités foncières et de l'historique des parcelles. 

Dans ces conditions, il est difficile voire impossible de savoir avec exactitude qui habite à tel ou tel endroit, ni combien de ménages, d'enfants, de personnes âgées ou ayant un handicap y résident. Pas plus qu'il n'est possible de déterminer qui est le propriétaire ou le locataire du lieu concerné, et ainsi d'être en mesure, par exemple, de collecter les taxes de vente.

 

Parvenir à une combinaison efficace du politique, de l'administratif et du technique

Si l'adressage est important, il ne suffit pas de peindre un numéro sur une porte comme on le voit dans beaucoup de pays africains, en espérant que cela suffise à résoudre le problème. Pour pouvoir organiser la vie de la cité, sa gestion, son développement, le processus est plus complexe et long à mettre en œuvre. C’est toute la gestion dans l’administration publique qu'il faut organiser et réformer, car c'est par cet instrument que l'Etat est en mesure de recencer, de savoir en temps réel ce qui se passe, et de gérer la ville dans le long terme. La plaque de rue est en quelque sorte le symbole de la gestion urbaine, laquelle englobe la plupart des services dont les citadins bénéficient au quotidien.

Le grand enjeu pour ces Etats et les institutions d'aide au développement, dont l’AFD, est de savoir comment créer tous ces réseaux urbains essentiels, les mettre en place, financer à la fois l’investissement dans ces infrastructures et mettre en œuvre les services adéquats pour les entretenir.
Sans réseaux d’assainissement, par exemple, dans les villes du sud, toutes les eaux usées se déversent dans les rues, les parcs, les cours d'eau naturels. Le défi n'est peut-être pas de parvenir à un résultat se rapprochant au plus près de Paris, ville particulièrement moderne, mais a minima, de disposer des services essentiels pour éviter que les déchets et eaux usées restent dans les maisons ou souillent les rivieres, garder les rues praticables et permettre aux citadins d'avoir accès à l’eau potable.

 

L'îlot Chalon : un exemple de reprise en main urbaine réussie

La transformation de ce quartier parisien, longtemps abandonné à sa paupérisation atteste qu'il n'existe pas de technique ou de modèle prédéfini à même de créer une ville moderne, agréable et bien gérée. Il faut penser à la fois aux équipements, aux logements, aux réseaux susdécrits, à la nature des activités que l'on veut y développer (des bureaux, un centre d'affaires, ou un espace vert par exemple) et notamment reconnecter cet ensemble avec les axes de transports. Tous ces projets nécessitent une réflexion globale, politique au sens de "gestion de la cité", qui doit se traduire par des politiques puliques qui doivent être cohérentes et complémentaires dans un même espace donné. L’autre élément est la manière dont ces opérations sont menées, en tenant compte d’abord de la durée : l'on parle en effet de projets dont le financement et les travaux s'échelonnent sur 20 ou 25 ans. Il faut, à cet égard, s'assurer de tenir la distance grâce à des institutions solides, politiquement, techniquement, financièrement pour porter de grands chantiers.

"La ville finance la ville" car l’opération se finance au fur et à mesure par la plus-value que la collectivité obtient en revendant les terrains qu’elle a achetés à bas prix dans les quartiers pauvres, après les avoir réaménagés. Cette plus-value permet de financer les équipements et, au bout du compte, l’opération urbaine s’autofinance sur une durée de 20 ans ou plus. Ce principe de l’aménagement n’existe pas en général dans les pays où l’AFD intervient. Il s'agit d'une véritable lacune qui va bien au-delà de la contrainte financière stricto sensu – puisqu' une petite avance de trésorerie suffirait pour acheter des terrains. Plus fondamentale est la question du fonctionnement et de la capacité des autorités locales à porter ces projets, et d'un point de vue technique, de disposer des ressources humaines suffisantes pour élaborer et mettre en œuvre une politique d’aménagement du type de l’îlot Chalon.

 

La procédure à suivre, selon le principe "La ville finance la ville"

Comment les choses se font concrètement ? La puissance publique commence par prendre possession des quartiers en déshérence via des expropriations, des préemptions voire des achats simples. Une fois que la puissance publique s'est rendue maître des terrains, elle peut détruire, reconstruire, aménager et réaménager à sa guise pour créer des nouveaux quartiers qui vont continuer à évoluer plus ou moins positivement, en fonction des choix qui auront été faits.

Si les villes sont constituées partout des mêmes choses, elle ne fonctionnent pas de la même manière. La raison est en partie liée au financement. Le maire de Paris dispose de 4000 euros par an et par habitant pour entretenir et investir. Le maire de Ouagadougou (commune de 1.300 000 habitants) dispose de 20 euros par an et par habitant. A titre de comparaison, le budget de cette ville, capitale du Burkina Faso, est inférieur de moitié au budget de la ville de Rodez, qui compte 25 000 habitants. Le maire de Lomé va disposer d’environ 8 à 10 euros par an et par habitant, le maire d’une petite ville du Bénin d’un demi-euro par an et par habitant... L’enjeu est donc évidemment d’augmenter les financements, les capacités pour une collectivité locale d’avoir à sa disposition suffisamment de financement pour investir dans le territoire sous sa juridiction, et l'entretenir. L’écart entre villes du Nord et villes du Sud est aujourd’hui abyssal, et notre défi est de parvenir à le combler.
 



Trois conférences sur les perspectives de l'économie africaine

13/05/2012

Dans le cadre du cycle de conférences "Des idées pour le développement", l'AFD organise trois conférences sur les prespectives de l'économie africaine : le 29 mai, en collaboration avec le FMI, "Perspectives macro-économiques de l’Afrique : maintenir la croissance malgré un environnement mondial plus incertain"; le 31 mai, avec les revues Politique africaine et Afrique contemporaine, " Macroéconomie et politique en Afrique" et le 6 juin "Enjeux et défis de la question foncière : regards croisés sur la situation foncière en Afrique"

 

Du 29 mai au 13 juin, l’AFD organise le cycle "Des idées pour le développement" : cinq conférences interdisciplinaires et abordant des thématiques variées. Ces rendez-vous constituent un cadre de réflexion sur les problématiques de développement, avec la participation de nombreux experts engagés dans ce domaine, de par leur métier et leurs convictions personnelles. Ils permettent d’offrir un nouveau lieu de débat et de rencontre entre chercheurs, étudiants, professionnels de divers horizons et grand public.

Voici les trois premières conférences, dont les réflexions sont axées autour de l'économie africaine : ses performances, ses opportunités, ses écueils et ses perspectives.  

 

1° conférence : "Perspectives macro-économiques de l’Afrique : maintenir la croissance malgré un environnement mondial plus incertain"

Le 29 mai, en partenariat avec le FMI

Dans une conjoncture marquée par la reprise hésitante de l’activité dans le monde, l’environnement international des économies d’Afrique subsaharienne demeure incertain et pourrait menacer les bonnes performances de croissance observées sur ce continent depuis plusieurs années.

Autour de la présentation du rapport du FMI sur les perspectives économiques en Afrique subsaharienne et de l’étude de l’AFD sur les structures d’exportation en zone Franc, cette table ronde est l’occasion de s’interroger sur les défis que les pays de la région auront à affronter à brève échéance, notamment à travers deux questions portant sur la gestion de leurs ressources naturelles et sur leur intégration au commerce mondial.

Intervenants
Roger Nord
, Directeur-adjoint Département Afrique du FMI
François-Xavier Bellocq, responsable de la division Analyse macroéconomique et risque pays de l’AFD

Conférence le 29 mai 2011, à partir de 14h30 à l'AFD, 5 rue Roland Barthes, Paris 12°.
 

En savoir plus

 

2° conférence : "Macroéconomie et politique en Afrique"

Le 31 mai, en partenariat avec les revues Politique africaine et Afrique contemporaine

La macroéconomie est le plus souvent abordée comme un corpus théorique, celui des économistes et des techniciens de l’action publique. Mais ne peut-on également le comprendre comme expression du politique par excellence ? L’objet de cette réunion est de proposer une lecture autre de la macroéconomie, comme un lieu de luttes sociales, de conflits entre groupes, un matériau pour comprendre les logiques de l’État et les mécanismes de pouvoir. Analysées « par le bas», les techniques de la macroéconomie mettent en lumière l’émergence de nouveaux acteurs et de nouveaux instruments, de nouvelles positions de pouvoir et de rapports de force, autrement dit de nouvelles façons d’appréhender la réalité des sociétés africaines :

Intervenants
Béatrice Hibou, CNRS, Sciences Po / CERI, FASOPO
Boris Samuel, SciencesPo CERI, FASOPO
Un débat sera ensuite ouvert avec la salle. 

Conférence le 31 mai 2011 de 10h00 à 12h30 à l'AFD, 5 rue Roland Barthes, Paris, 12°.
Conférence gratuite dans la limite des places disponibles, réservation obligatoire

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3° conférence : "Enjeux et défis de la question foncière : regards croisés sur la situation foncière en Afrique"

Le 6 juin

A l'occasion de cette conférence-débat organisée par l’AFD, le ministère des Affaires étrangères et européennes et le Comité technique « Foncier et développement » de la Coopération française, il sera question de croissance démographique galopante, raréfaction et dégradation des ressources naturelles, pressions commerciales croissantes sur les terres… Face à ces évolutions tendancielles fortes, comment s’affranchir de tous les risques qui pèsent sur les terres et ceux qui les valorisent pour faire du foncier un véritable levier du développement ? 

Conférence le 6 juin, de 14h à 17h, à l'AFD, 5 rue Roland Barthes, Paris, 12°.
Conférence gratuite dans la limite des places disponibles, réservation obligatoire

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