L'AFD intervient au Congo depuis l'indépendance du pays en 1960. Le Document Cadre de Partenariat signé le 22 mai 2008 entre le Congo et la France pour la période 2008 – 2011 précise les axes prioritaires d'intervention :

 

 

  • infrastructures
  • éducation de base et formation professionnelle
  • environnement, secteur forestier et biodiversité
  •  

Fin 2010, 16 projets ou programmes étaient en cours de mise en œuvre, représentant un montant total de financement de près de 57 M€, soit 37 milliards FCFA, sous forme de subventions (21,6 M€, soit 14 milliards FCFA), de prêts (30,5 M€, soit 20 milliards FCFA) et de garanties (4,6 M€, soit 3 milliards FCFA). Le lancement d’un premier Contrat de Désendettement et de Développement (C2D) de 80 M€ sur la période 2010-2014, une éventuelle reprise de prêts souverains (à l'Etat) et un accroissement des prêts non souverains pourraient permettre d’augmenter les engagements de l’AFD au Congo dès 2011.

A propos du Congo

Imformations sur le Congo à inserrer ici

Historique

Imformation sur l'historique à inserrer ici

Stratégie de l'AFD

Information sur la stratégie de l'AFD à inserrer ici

Cadre d'intervention

Information sur le cadre d'intervention à inserrer ici

À la une

Les relations Chine - Afrique : impacts pour le continent africain et perspectives Conférence le 8 février à 16h Retransmise en DIRECT

08/02/2013

Lors de la 5e conférence ministérielle Chine-Afrique en juillet 2012, la Chine a annoncé qu’elle allait doubler ses crédits au continent africain au cours des trois prochaines années. Pékin va investir 20 milliards de dollars en Afrique dans des projets visant le développement de son agriculture, son industrie, ses infrastructures…

Suivez cette conférence EN STREAMING et EN DIRECT
vendredi 8 février à partir de 16h
08 fev. 2013
de 16h00 à 18h00
 
 inscrivez-vous 
Les relations
Chine - Afrique :
impacts pour le continent africain et perspectives
Conférence-débat, animée par Alain Henry, directeur des études
et recherches de l’AFD
 
 
À l’agence française de développement / salle Jacques Alliot
Lors de la 5e conférence ministérielle Chine-Afrique en juillet 2012, la Chine a annoncé qu’elle allait doubler ses crédits au continent africain au cours des trois prochaines années. Pékin va investir 20 milliards de dollars en Afrique dans des projets visant le développement de son agriculture, son industrie, ses infrastructures… Cette attention de la Chine se traduit également par des échanges commerciaux et des investissements directs en forte croissance. Quel est l’impact de cette présence chinoise sur le continent africain ? Quel apport réel pour le développement du continent ? Quels défis ? Et ceux-ci sont-ils différents selon les pays africains ? Cette conférence sera l’occasion de débattre sur ces questions en présence de quatre experts qui apporteront leurs regards et partageront leur expérience avec le public.
 avec 
Henri-Bernard Solignac-Lecomte
Économiste au Centre de développement de l’Organisation de coopération
et de développement économiques (OCDE)
Jean-Jacques Gabas
Économiste, maître de conférences à l’université Paris 11
et chercheur détaché au CIRAD
Dr. Roland Amoussou-Guenou
Enseignant de droit à Asian Institute of Technology, co-fondateur et président
de la fondation Asiafricafoundation
Thierry Paulais
Directeur adjoint du département Afrique de l’AFD
 3 présentations suivies de questions/discussions 
Etats des lieux des relations Chine-Afrique
Henri-Bernard Solignac-Lecomte
La stratégie des entreprises chinoises en Afrique
Dr. Roland Amoussou-Guenou
Les coopérations agricoles chinoises en Afrique
Jean-Jacques Gabas
INSCRIPTION OBLIGATOIRE SUR AFD.fr
Retrouvez dès le 1er février une tribune de 
Jean-Bernard Véron, expert en 
Prévention des crises 
et sortie de conflit, sur 
le   blog ID4D
 inscrivez-vous 
 
Agence Française de Développement / 5 Rue Roland Barthes - 75012 PARIS
Transports en commun : Arrêt Gare de Lyon / Sortie 9


Éducation et formation en Afrique : quels enjeux ? Quels nouveaux outils ?

06/09/2012

Où en est aujourd'hui l'Afrique subsaharienne en matière d'éducation et de formation professionnelle ? Est-elle en mesure d'accompagner ses futures générations vers l'emploi ? De quels atouts et outils dispose t-elle? Quatre experts de la division éducation (EDU) nous apportent dans une interview vidéo des éléments de réponse à travers un panorama de la problématique éducative et formative en Afrique subsaharienne.

 

  Crédit photo : 2iE, AFD

 

En Afrique, les deux tiers de la population ont moins de 24 ans

L’éducation est à la fois un droit fondamental et l’une des clés du progrès social et du développement économique, essentiel à la lutte contre les inégalités. En Afrique , 2/3 de la population a moins de 24 ans. Cette jeunesse est l’avenir du continent, son plus grand espoir mais constitue aussi un énorme défi pour le développement puisque 20% des jeunes sont actuellement au chômage. 
Cette croissance doit à tout prix rester un atout pour bâtir une Afrique innovante, productive, économiquement solide et socialement solidaire, et non devenir un obstacle à ses chantiers de développement. Pour y parvenir, il lui faut miser en priorité sur l'éducation et la formation professionnelle.  

 

Éducation de base mais aussi formation professionnelle

Avec cette tendance démographique et la montée du chômage, il est nécessaire d'intégrer dans notre approche non seulement les préoccupations relatives à l'éducation de base mais également à l'enseignement secondaire, supérieur, la formation professionnelle, avec un accent mis sur  l’insertion et l’emploi des jeunes . Face à ces défis, l'AFD au cours des dix dernières années a investi plus d'un milliard d'euros dans le secteur de l'éducation/formation, dont 2/3 sur le continent africain. Et dans les trois prochaines années, ses financements dans l'éducation devraient s'élever à plus de 500 millions d'euros, toujours majoritairement sur le continent africain.
(Synthèse de l'intervention de Virginie Bleitrach).

 

L’effectif scolarisé a augmenté de 31% en dix ans

Depuis une dizaine d’années, des progrès considérables ont été faits en termes d’accès à l’école primaire. L’Afrique subsaharienne a enregistré les résultats les plus importants ces dix dernières années.

Entre 1998 et 2009, l’effectif scolarisé a augmenté de 31% (soit 58 millions d'élèves supplémentaires).

En dépit de ces résultats, 1/4 des enfants qui devraient être à l’école n'est toujours pas scolarisé. C’est désormais aux autres cycles d’enseignement qu’il faut améliorer l'accès, notamment le cycle secondaire. Seuls 34% des enfants y accèdent à l'heure actuelle.

 

 

Le défi de la qualité de l'enseignement

 

Actuellement, 47 millions de jeunes en Afrique subsaharienne ne disposent pas des compétences de base pour lire et écrire. L’AFD s’est attachée ces dernières années à soutenir les réformes nationales éducatives en appui avec les autres partenaires techniques et financiers.

(Synthèse de l'intervention de Marion Butigieg)

 

 

 

 

La formation professionnelle devient enfin une priorité des politiques publiques

 

La formation professionnelle est un secteur en pleine expansion dans la majorité des pays d'Afrique subsaharienne. Leurs dirigeants ont placé parmi leurs priorités la formation professionnelle et l'insertion des jeunes. 

Cela dit, l'on part de loin, car beaucoup de pays ont des dispositifs de formation sous-dimensionnés, des équipements obsolètes, des formateurs n'ayant pas bénéficié de recyclage de formation continue depuis très longtemps. 

 

 

Faire correspondre l'offre et la demande sur le marché du travail 

 

Il résulte des éléments précédemment énoncés qu'un grand nombre de jeunes en fin de cursus, bien qu'effectivement formés, ont un profil en inadéquation avec les besoins du marché du travail qu'il faut, par ailleurs, identifier et anticiper. La situation est difficile, mais reste cependant encourageante puisque de nombreux pays ont mis ce point leur agenda politique. 

L'AFD reçoit de plus en plus de demandes visant à réunir les conditions d'un rapprochement de la formation professionnelle et du marché de l'emploi. Cela passe par une mise en relation entre les centres professionnels et les entreprises (par le biais de partenariats publics-privés), de façon que les secondes puissent indiquer aux dispositifs de formation et d'apprentissage quels sont exactement leurs besoins de compétences actuels et les emplois à venir. 

 

 

Revaloriser la formation aux métiers 

 

Cette volonté se traduit par la mise en place de dispositifs de formations plus souples, courtes, orientées vers le métier, certifiées et reconnues et qui, de facto, vont bénéficier d'une image plus positive qu'elle ne l'est actuellement. En effet, dans ces pays, l'apprentissage ou la formation aux métiers est encore considéré comme peu valorisant par les parents et par les jeunes eux-mêmes.

 

 

Fédérer les compétences pour faire de la formation un outil complet

 

Dans la plupart des pays, on peut constater que seulement 5% du budget de l'Éducation nationale est alloué à la formation professionnelle. Ce qui est totalement insuffisant. Pour relever ces défis, nous essayons de travailler en synergie avec d'autres types de compétences que les nôtres - la formation professionnelle n'étant qu'un outil dans le paysage de l'aide au développement. Il faut des synergies avec, par exemple, les départements et les divisions qui s'occupent de l'appui au secteur privé et de la microfinance, ou encore les départements spécialisés dans l'appui au développement agricole et aux métiers en milieu rural.

L'AFD a appuyé un peu plus de 60 projets dans une quinzaine de pays pour un montant d'environ 280 millions d'euros et la demande est de plus en plus forte.

(Synthèse de l'intervention de Christian Fusillier)

 


 

Les NTIC, une solution pour améliorer l'accès et la qualité de l'éducation et de la formation ?

De manière générale, les problèmes identifiés ont trait à la qualité de l'éducation, au delà de l'accès proprement dit, et à l'adéquation des formations avec les besoins des secteurs productifs. À l'AFD, nous sommes convaincus que les outils numériques sont tout à fait adaptés au développement et à l'amélioration de la qualité de l'éducation et de la formation en Afrique. Aujourd'hui, beaucoup de freins sont levés. Le taux de pénétration du téléphone mobile en dix ans est considérable. On était au début des années 2000 à 10% de taux de couverture géographique en Afrique subsaharienne. Aujourd'hui, nous sommes à 80%. Cela représente par ailleurs 30 % de la population.

 

L'investissement dans les NTIC, un indicateur de performance des systèmes éducatifs ?

L'OCDE élabore des études et tests de performances des élèves, le PISA (acronyme de "Programme for International Student Assessment "), en français, "Programme international pour le suivi des acquis des élèves". Celui-ci montre que les pays qui utilisent de manière poussée les outils numériques sont les plus performants. Les jeunes Finlandais qui bénéficient d'un ordinateur pour deux élèves au collège sont les premiers en maths au test PISA, les Sud-Coréens, très bien équipés également, sont seconds alors que les français arrivent au 17ème rang parmi la soixantaine de pays évalués.

L'investissement dans les technologies joue un rôle déterminant dans les performances des élèves et donc des systèmes éducatifs. En Corée du sud, pays qui a fortement investi pour ses technologies en éducation dès le début des années 90, les enseignants utilisent les TIC pour enseigner. Avec l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF), nous mettons en place des programmes et des dispositifs pour accompagner et sensibiliser les enseignants à la prise des nouvelles technologies de l'information
 

Trop de projets isolés, pas assez de coordination

Il existe aujourd'hui beaucoup de projets pilotes sans suite, sans écho du fait d'un manque de coordination entre les bailleurs de fonds et les programmes sectoriels de l'éducation mis en oeuvre par les gouvernements. Cette coordination est pourtant une condition pour que ces projets puissent être déployés à l'échelle d'un pays ou d'un système éducatif.

L'AFD a donc réuni un groupe de travail avec des bailleurs de fonds, des utilisateurs du sud, des universitaires et des chercheurs pour essayer de formuler des propositions qui aideront à passer du stade de l'expérimentation des projets à leur mise en oeuvre effective dans les systèmes éducatifs africains.    
(Synthèse de l'intervention de Jean-Christophe Maurin)



"Paris, Ouagadougou, même combat?" Promenade vidéo

06/08/2012

Dans cette interview vidéo itinérante dans Paris, Guillaume Josse, urbaniste à l'AFD, nous livre, à partir de quelques objets urbains de notre quotidien, quelques clés de compréhension des enjeux des villes, du "Sud" comme du "Nord". Une manière de comprendre que villes du nord et du Sud ont des problématiques communes.

 

 

 

 

Penser avant tout les villes comme des réseaux

Chaque ville , quel que soit son degré de modernité, ressemble à un maillage, une superposition de réseaux, pour la plupart visibles dans le paysage urbain. Qu'il s'agisse des réseaux d'électricité, de gaz, de télécommunication, de drainage des eaux usées ou des eaux pluviales , toutes ces fonctions sont tendues vers un but commun : garantir la sécurité, le bien-être et le mieux-vivre des populations citadines.

 

Première caractéristique d’une ville du Sud : une gestion publique lacunaire

Les éléments les plus banals d'une ville d'un pays du "Nord", perçus comme "allant de soi" - car ancrés depuis très longtemps dans le quotidien de sa population - sont encore inexistants ou alors extrêmement rares dans les villes du "Sud". L’on pense, entre autres, à des objets urbains ordinaires tels que les plaques de rues, d’égouts, les lampadaires, les routes goudronnées qui contribuent respectivement à la fois à l’adressage et l'identification des lieux et de leurs résidents, à la préservation de l’hygiène et de la santé publique , à la circulation des personnes et des biens de consommation ; comme autant de missions dont sont en charge les collectivités.

Les villes du Sud se signalent en général par l'absence de tels réseaux consolidés et dotés d'un fonctionnement optimal. Au mieux va-t-on trouver quelques éléments communs, comme des réseaux téléphoniques, des routes, des rues, mais sans revêtement, sans pavés et inondables à cause de canalisations peu fonctionnelles ou saturées, des quartiers et habitations sans panneaux de signalisation, un déficit d’éclairage public etc.

 

Cadastres et signalisations : des prérequis pour la gestion urbaine

A Paris, la présence de plaques de rue nous paraît normale. Pourtant, celles-ci sont inexistantes dans la plupart des villes et capitales des pays en développement. Or, en l'absence de telles indications, il n'est pas possible d'adresser des courriers, d'envoyer des avis d’imposition, de collecter correctement les taxes qu'en définitive, aucun dispositif n'oblige à payer. Cet état de fait est l'un des symptômes de l'absence de systèmes cadastraux véritablement opérationnels dans ces pays, s'agissant de la gestion, entre autres, des unités foncières et de l'historique des parcelles. 

Dans ces conditions, il est difficile voire impossible de savoir avec exactitude qui habite à tel ou tel endroit, ni combien de ménages, d'enfants, de personnes âgées ou ayant un handicap y résident. Pas plus qu'il n'est possible de déterminer qui est le propriétaire ou le locataire du lieu concerné, et ainsi d'être en mesure, par exemple, de collecter les taxes de vente.

 

Parvenir à une combinaison efficace du politique, de l'administratif et du technique

Si l'adressage est important, il ne suffit pas de peindre un numéro sur une porte comme on le voit dans beaucoup de pays africains, en espérant que cela suffise à résoudre le problème. Pour pouvoir organiser la vie de la cité, sa gestion, son développement, le processus est plus complexe et long à mettre en œuvre. C’est toute la gestion dans l’administration publique qu'il faut organiser et réformer, car c'est par cet instrument que l'Etat est en mesure de recencer, de savoir en temps réel ce qui se passe, et de gérer la ville dans le long terme. La plaque de rue est en quelque sorte le symbole de la gestion urbaine, laquelle englobe la plupart des services dont les citadins bénéficient au quotidien.

Le grand enjeu pour ces Etats et les institutions d'aide au développement, dont l’AFD, est de savoir comment créer tous ces réseaux urbains essentiels, les mettre en place, financer à la fois l’investissement dans ces infrastructures et mettre en œuvre les services adéquats pour les entretenir.
Sans réseaux d’assainissement, par exemple, dans les villes du sud, toutes les eaux usées se déversent dans les rues, les parcs, les cours d'eau naturels. Le défi n'est peut-être pas de parvenir à un résultat se rapprochant au plus près de Paris, ville particulièrement moderne, mais a minima, de disposer des services essentiels pour éviter que les déchets et eaux usées restent dans les maisons ou souillent les rivieres, garder les rues praticables et permettre aux citadins d'avoir accès à l’eau potable.

 

L'îlot Chalon : un exemple de reprise en main urbaine réussie

La transformation de ce quartier parisien, longtemps abandonné à sa paupérisation atteste qu'il n'existe pas de technique ou de modèle prédéfini à même de créer une ville moderne, agréable et bien gérée. Il faut penser à la fois aux équipements, aux logements, aux réseaux susdécrits, à la nature des activités que l'on veut y développer (des bureaux, un centre d'affaires, ou un espace vert par exemple) et notamment reconnecter cet ensemble avec les axes de transports. Tous ces projets nécessitent une réflexion globale, politique au sens de "gestion de la cité", qui doit se traduire par des politiques puliques qui doivent être cohérentes et complémentaires dans un même espace donné. L’autre élément est la manière dont ces opérations sont menées, en tenant compte d’abord de la durée : l'on parle en effet de projets dont le financement et les travaux s'échelonnent sur 20 ou 25 ans. Il faut, à cet égard, s'assurer de tenir la distance grâce à des institutions solides, politiquement, techniquement, financièrement pour porter de grands chantiers.

"La ville finance la ville" car l’opération se finance au fur et à mesure par la plus-value que la collectivité obtient en revendant les terrains qu’elle a achetés à bas prix dans les quartiers pauvres, après les avoir réaménagés. Cette plus-value permet de financer les équipements et, au bout du compte, l’opération urbaine s’autofinance sur une durée de 20 ans ou plus. Ce principe de l’aménagement n’existe pas en général dans les pays où l’AFD intervient. Il s'agit d'une véritable lacune qui va bien au-delà de la contrainte financière stricto sensu – puisqu' une petite avance de trésorerie suffirait pour acheter des terrains. Plus fondamentale est la question du fonctionnement et de la capacité des autorités locales à porter ces projets, et d'un point de vue technique, de disposer des ressources humaines suffisantes pour élaborer et mettre en œuvre une politique d’aménagement du type de l’îlot Chalon.

 

La procédure à suivre, selon le principe "La ville finance la ville"

Comment les choses se font concrètement ? La puissance publique commence par prendre possession des quartiers en déshérence via des expropriations, des préemptions voire des achats simples. Une fois que la puissance publique s'est rendue maître des terrains, elle peut détruire, reconstruire, aménager et réaménager à sa guise pour créer des nouveaux quartiers qui vont continuer à évoluer plus ou moins positivement, en fonction des choix qui auront été faits.

Si les villes sont constituées partout des mêmes choses, elle ne fonctionnent pas de la même manière. La raison est en partie liée au financement. Le maire de Paris dispose de 4000 euros par an et par habitant pour entretenir et investir. Le maire de Ouagadougou (commune de 1.300 000 habitants) dispose de 20 euros par an et par habitant. A titre de comparaison, le budget de cette ville, capitale du Burkina Faso, est inférieur de moitié au budget de la ville de Rodez, qui compte 25 000 habitants. Le maire de Lomé va disposer d’environ 8 à 10 euros par an et par habitant, le maire d’une petite ville du Bénin d’un demi-euro par an et par habitant... L’enjeu est donc évidemment d’augmenter les financements, les capacités pour une collectivité locale d’avoir à sa disposition suffisamment de financement pour investir dans le territoire sous sa juridiction, et l'entretenir. L’écart entre villes du Nord et villes du Sud est aujourd’hui abyssal, et notre défi est de parvenir à le combler.
 



Le défi forestier en Afrique : les aspects sociaux deviennent prioritaires

27/06/2012

Le rôle moteur de l'AFD dans l'appui au secteur forestier et l'élaboration de modèles durables

 

Au cœur des négociations de Rio + 20, le développement durable guide depuis 20 ans les actions de l’AFD dans le secteur forestier des pays du bassin du Congo. Les 23 et 24 dernier à Brazzaville, l’étude d’évaluation indépendante de vingt ans d’intervention a été présentée. Décryptage par les experts Jean-Luc François (ARB) et Constance Corbier-Barthaux (EVA) :

 

 

 

L. P :  Que retenir de ces vingt ans d’intervention ?

 

Constance Corbier-Barthaux : Le but de l’étude était de mesurer l’influence des actions de l’AFD  dans le passage d’une exploitation des forêts de type minière à une gestion durable. Il s’avère qu’elle a été importante. Les grands concessionnaires forestiers s’appuient désormais sur la mise en place d’un plan d’aménagement forestier en vue d’obtenir une éco-certification du bois exporté.

 

L . P : S’agit-il d’un travail de longue haleine ?

C. C. : Oui, il a fallu 20 ans d’efforts pour passer d’un système d’exploitation de court terme à une gestion à horizon de 30 à 60 ans. Une avancée permise par la qualité du dialogue entre les différents acteurs : bailleurs, ONG, opérateurs privés et Etat.

Jean-Luc François  : Nous ne devons pas oublier que dans ces pays, il est très difficile pour les pouvoirs publics de protéger leurs forêts. Seuls, des services des eaux et des forêts sans grands moyens ne sont pas à même de garantir une exploitation durable de forêts particulièrement vastes. L’AFD a proposé un changement de paradigme : réconcilier la durabilité d’une entreprise avec celle des ressources, dans un contexte de faible gouvernance.  

 

L.P. : Ce projet a t-il aussi fait travailler un grand nombre de structures de l’AFD ?

C. C. : L’Evaluation, la Recherche et la Stratégie sont souvent considérées comme des « inspecteurs des travaux finis », déconnectées des soucis opérationnels et de la réalité du terrain. Sur ce projet, les opérationnels étaient très demandeurs de cette évaluation. C’est une très bonne chose, car il y avait un fort enjeu de transmission de savoir-faire. Le travail a été confié à un cabinet de consultants, avec constitution d’un comité de pilotage auquel participaient les équipes opérationnelles mais aussi des personnalités extérieures (recherche, ONG, privés), et présidé par le professeur Willy Delvingt , de l’Université de Liège.

Par ailleurs, une réunion a été organisée récemment avec l’AES à la suite de notre rapport, avec EVA, ARB, et AFR, autour d’un projet de guide opérationnel pour la construction les pistes forestières à faible impact dans les forêts du bassin du Congo.

 

L. P. : Des regrets ? Des points de vigilance ?

J-L F. : Une question demeure : comment faire pour que les petites entreprises privées s’engagent dans des plans d’aménagement forestier ? Cela demande d’explorer les forêts, compter et mesurer les arbres… Cela a un coût. Si les grandes entreprises se sont engagées sans trop de difficultés, les opérateurs locaux disposant  de plus petites concessions, avec de plus faibles ressources  n’y arrivent pas. L’AFD doit accompagner davantage ce type d’investisseurs, qui exploitent, au total, des dizaines de milliers d’hectares de concessions.

C. C. : La prise en compte de la biodiversité reste un point faible. Les concessionnaires ne sont d’ailleurs pas directement intéressés par la biodiversité, et il ne faut pas oublier que sur ce point comme sur les aspects sociaux, ils se substituent à des services en principe à la charge de l’Etat, peu présents dans ces zones reculées.

Des projets FFEM se mettent en place en faveur de la biodiversité, notamment sur la viande de brousse. Le développement de villages ou de petites villes autour des concessions constitue une menace pour la petite faune provenant de la forêt. Articuler social et biodiversité dans une optique d’aménagement du territoire reste notre priorité.

 

L.P. : Ce modèle est-il  pérenne?

J-L F. : Rien n’est jamais acquis pour les entreprises forestières qui s’engagent dans des démarches d’aménagements forestiers et de certification environnementale. Il n’est pas certain que ce modèle économique sur lequel pèsent des exigences sociales et environnementales croissantes résistera si les marchés ne rémunèrent pas ces efforts. C’est pourquoi les Etats forestiers doivent imposer les meilleures pratiques à tous les opérateurs, quelles que soient les exigences des marchés de destination.

C. C. : Il serait aussi important de sensibiliser les consommateurs à ce que signifie l’éco-certification des bois tropicaux, qui constitue une source de croissance économique non négligeable pour ces pays.

J-L F. : Il y a encore un long chemin à faire entre exporter des billes de bois et exporter des fenêtres et des parquets. La valeur-ajoutée des filières bois en Afrique doit faire l’objet d’une attention plus grande.

 

L. P. : En définitive, quel est le secret de ce que l’on peut quand même qualifier de réussite ?

C. C. : Je pense que la force de l’outil reste l’approche contractuelle. Tout le monde doit respecter les règles du jeu, et elles servent de connexion entre les services de l’Etat, les concessionnaires, les bailleurs de fonds et les autres acteurs.

J-F L. : Et c’est la moins mauvaise des solutions. Il n’y a pas d’alternative à une contractualisation entre l’Etat, les entreprises, les communautés locales et les ONG. Séparément, aucun de ces acteurs ne détient la solution.  La gestion des forêts par des services de l’Etat ne marche pas. Rares sont les forêts communales bien gérées et l’on ne peut demander à des ONG qu’elles se substituent complètement à l’autorité publique..

C. C. : Cela reste fragile dans la mesure où chaque acteur a l’obligation de jouer son rôle. L’Etat n’est pas en mesure d’assumer pleinement ses fonctions dans un certain nombre de régions soumises à un braconnage éhonté. Or le forestier qui, pour obtenir son éco-certification, doit garantir que la faune est en sécurité dans sa concession, peut perdre son éco-certification si les braconniers, généralement bien armés, continuent leur activité. Il s’agit donc d’un enjeu collectif. Articuler social et biodiversité dans une optique d’aménagement du territoire reste notre priorité.

 

L. P. : Une dernière question plus large pour faire le lien avec Rio + 20. Ce projet est-il lié à la négociation pour le Fonds Climat et l’Agenda Climat ?

J-F L. : Lorsqu’elle intervient dans des pays sur la gestion durable des forêts, l’AFD les accompagne dans la formulation de leur stratégie REDD +. Nous savons que le bassin du Congo est le deuxième poumon forestier du monde.  Et nous savons que la mise en œuvre d’une stratégie REDD+ contribue grandement à la gouvernance du secteur forestier. C’est pourquoi l’AFD soutient la formation d’experts nationaux REDD+ et au niveau régional, facilite l’accès des acteurs REDD+ du Bassin du Congo aux images satellites indispensables à l’évaluation et au suivi des dynamiques de déforestation.

C. C. : Malgré l’ambiance de Rio + 20 qui s’annonce assez « technocrate », ce pourrait être l’occasion de communiquer un résultat encourageant : les pays du bassin du Congo n’ont pas à avoir honte de la manière dont ils ont géré leurs forêts. Comparé au taux de déforestation en Amazonie ou en Asie, celui du bassin du Congo est beaucoup moins important pour diverses raisons. Les démarches d’éco-certification et d’engagement dans des plans d’aménagement durable se sont largement répandues ; c’est un message fort pour Rio + 20. Le fait que le président du Congo y soit le porte-parole des pays africains au sommet, représente une occasion idéale pour parler des forêts africaines avec espoir.

 

****************************

 

Retrouvez les interviews des principaux intervenants AFD sur la préservation du bassin du Congo dans la lettre de l’AFD : « Réconcilier développement et environnement » : http://www.afd.fr/home/projets_afd/AFD-et-environnement?actuCtnId=75126

 

 



L’accaparement des terres, une menace pour l’agriculture familiale africaine ? Le point de vue d’Ibrahima Coulibaly

28/05/2012

Dans cet entretien accordé à l'AFD en mai 2012, Ibrahima Coulibaly, président de la Coordination nationale des organisations paysannes du Mali (CNOP-Mali) et vice-président du ROPPA (Réseau des organisations paysannes et de producteurs de l'Afrique de l'Ouest), évoque la menace que représente l'acquisition des terres à grande échelle pour l'agriculture familiale africaine.

Quelles menaces l'acquisition rapide et à grande échelle fait-elle peser sur les exploitations d’Afrique de l’Ouest ?

La situation des exploitations familiales en Afrique de l’Ouest est rendue très difficile, du fait notamment des tensions que connaît actuellement le secteur foncier. Depuis la crise alimentaire de 2008, les petits, moyens et gros acquéreurs ont compris que la terre a désormais une grande valeur et que l’alimentation est en passe de devenir un enjeu majeur pour l'avenir. Il en a résulté une accélération desdites tensions, une course aux acquisitions foncières, phénomène communément appelé « accaparement des terres ». Quelle que soit la taille des acquéreurs, ce schéma se vérifie dans la plupart des pays de la région. Face à cette situation, les exploitations familiales sont hélas très mal préparées, ce qui entraîne un processus de marginalisation voire de sortie de l’agriculture pour beaucoup de ces petits exploitants agricoles, avec entre autres conséquences logiques, un phénomène d'exode rural.

Que peuvent faire les organisations paysannes pour remédier à ce problème ?

Les organisations paysannes agissent à plusieurs niveaux. Elles s'engagent à renforcer les capacités de leurs membres afin de les aider à défendre leurs terres, d'une part face aux acquéreurs qui tentent de les convaincre de les vendre, d'autre part face aux acteurs étatiques qui veulent s'accaparer ces terres dans l'intention de les céder ensuite à des investisseurs privés.

C'est dans ce contexte que les organisations paysannes mènent des actions de plaidoyer et de lobbying en vue de sensibiliser les autorités sur l’importance de la mise en oeuvre de politiques publiques qui reconnaîtraient pleinement le rôle et la place de l’agriculture familiale. Il s'agit, en effet, du premier secteur créateur d’emploi en Afrique, puisqu'il concerne environ 75% de la population.

Ces familles subsistent exclusivement des produits de leurs propres exploitations, sans bénéficier du soutien ou de subventions de l'Etat. Le discours général des gouvernements tend malheureusement à marginaliser ce type d’agriculture, qu'ils considèrent comme une forme "archaïque", incapable de s’insérer dans les marchés dits modernes au profit des plus gros exploitants, lesquels sont capables de fournir ces mêmes marchés avec des garanties sûres, notamment en termes de prévisibilité et de stabilité de la production. Ce choix revient à minorer voire ignorer l'importance de l'agriculture familiale et vivrière en tant que facteur important de stabilité sociale et économique dans les pays d'Afrique subsaharienne.

Quel rôle pourraient jouer les partenaires comme l’AFD pour renforcer les organisations paysannes dans cette mobilisation ?


Les partenaires au développement ont un rôle extrêmement important dans la mesure où ils participent activement au financement des politiques publiques dans nos pays depuis des décennies. Les bailleurs de fond, notamment, ont un rôle essentiel mais l'on ne peut plus continuer dans la logique de l’aide budgétaire directe aux gouvernements. Il faut orienter cette aide vers les organisations locales, ce qui sera en définitive beaucoup moins couteux et plus efficace.

Force est de constater aujourd'hui que les méthodes de financement actuelles ont rendu peu de services aux petits exploitants agricoles, et ont eu peu de prise sur les difficultés et obstacles rencontrés par ceux-ci au quotidien. Il est donc impératif d'inventer d'autres méthodes d'intervention ciblant prioritairement et directement les vrais problèmes et défis, notamment en termes d'accès aux équipements de base qui leur permettraient d'être opérationnels et de faire face aux aléas climatiques, d'accès à la formation et aux marchés locaux, de valorisation de leur production et de conservation de leur outil de production. Il n'y a guère de solution viable en dehors de celle-ci.

Si l'agriculture familiale est négligée et, à terme, détruite, ce sont plus des deux tiers des populations des pays d’Afrique qui se trouveront en grande difficulté pour accéder à l'autosuffisance alimentaire.



Conférence "Retour d’expériences et regards prospectifs sur la gestion durable des forêts du Bassin du Congo"

24/05/2012

Quel avenir pour les forêts du Bassin du Congo à horizon 2040 ? Quel bilan faire de l'action menée depuis vingt ans en matière de gestion durable de ces forêts ? Tels sont les axes de réflexions de la conférence qui se tient Brazzaville les 24 et 25 mai.

 

En 2011, l’AFD a réalisé une étude de capitalisation de l’ensemble des financements concernant l’appui à la gestion durable des forêts dans le Bassin du Congo au cours des vingt dernières années.
En parallèle, le Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM) a mené une évaluation rétrospective externe de treize projets qu’il a appuyés dans le domaine de la biodiversité dans le Bassin du Congo.

Cette conférence régionale est l’occasion de présenter les conclusions de ces études de capitalisation et de pouvoir discuter des nouvelles orientations et grands axes de réflexion avec l’ensemble des parties prenantes du secteur : les Etats, les entreprises du secteur forestier et de la transformation du bois, les représentations des populations locales forestières et les organisations et associations environnementales, ainsi que les principaux partenaires appuyant les politiques de gestion durable des forêts et de protection de la biodiversité.

L'enjeu

Les pays du Bassin du Congo ont initié, à partir de la fin des années 90, une réforme de leurs politiques forestières s’appuyant principalement sur deux axes : d’une part la consolidation des forêts sous statut d’aires protégées et d’autre part, la transformation du cadre légal et réglementaire de l’exploitation forestière, en mettant en place des concessions forestières sur une longue période (15 à 40 ans) renouvelables avec un contrat de concession s’appuyant principalement sur un plan d’aménagement forestier.

La coopération française, et particulièrement l’AFD, a accompagné la mise en place de ce nouveau cadre juridique en finançant des projets d’appui à la mise en œuvre des plans d’aménagement. Les financements ont principalement appuyé les administrations forestières ainsi que les entreprises du secteur.

Quel effet du changement climatique ?

Organisée à la suite d’un atelier régional d’échange et de réflexion sur les résultats du projet européen CoForChange (2009-2012) par le CIRAD, cette conférence présentera également les résultats d’un programme de recherche financé par la France (ANR) et l’Europe sur l’évolution des forêts du Bassin du Congo face aux perturbations, et notamment aux effets du changement climatique passé et à venir. Elle  sera l’occasion d’exposer une étude prospective sur l’avenir des forêts du Bassin du Congo à horizon 2040.



 
 
1 
2  3  4  5 
 
 
Archives