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Un moyen original pour relancer l’aide à la Côte d’Ivoire : le C2D
La France et la Côte d’Ivoire ont signé en décembre dernier la première tranche du Contrat de désendettement et développement (C2D) couvrant la période 2012-2015. Par cet accord, les montants remboursés par la Côte d'Ivoire sont réinjectés dans l’économie ivoirienne via le financement de nombreux projets de développement, sous forme de subventions. L'AFD est chargée de la mise en œuvre de ce programme auquel la société civile ivoirienne sera étroitement associée.
Une réinjection des montants dans l’économie ivoirienne
Au total, le montant du C2D est de 2.9 milliards d’euros sur une durée de 15 à 20 ans, selon les capacités de remboursement de la Côte d’Ivoire. Il s’agit d’un mécanisme original : les échéances de la Côte d’Ivoire dues à la France font l’objet d’un refinancement sous forme de dons pour le financement de projets ou programmes qui s’insèrent dans les priorités retenues par les gouvernements ivoiriens et français (conformément au Plan national de développement de la Côte d’Ivoire).
Ces financements servent aussi bien à soutenir les investissements physiques et techniques qu’à renforcer les ressources humaines et les capacités de maîtrise d’ouvrage (responsable de la conduite du projet) des institutions partenaires.
Les secteurs prioritaires du C2D
Six secteurs prioritaires ont été retenus : l’éducation, la formation et l’emploi, la santé, l’agriculture, le développement rural et la biodiversité, le développement urbain, l’eau et l’assainissement, les infrastructures de transport et la justice.
En matière d’éducation, le C2D financera un ambitieux programme touchant tous les niveaux du système éducatif (éducation de base, enseignement technique et formation professionnelle, enseignement supérieur) et soutiendra aussi la Politique nationale de l’emploi.
Dans le domaine de la santé, l’accent sera mis sur le renforcement des différentes composantes du système sanitaire ivoirien (développement des ressources humaines paramédicales ; renforcement de la disponibilité en médicaments essentiels ; amélioration de la qualité et de l'accessibilité des services de santé maternelle et infantile….) et sur la planification familiale.
Concernant l’agriculture et le développement rural, les financements concerneront notamment la réhabilitation de pistes rurales, la diffusion de la culture attelée en zone cotonnière, l’appui aux producteurs et l’application et la réforme foncière.
Le volet environnement portera notamment sur la préservation des parcs et réserves et l’appui à une gestion durable des écosystèmes forestiers.
Le volet développement urbain concernera principalement deux projets emblématiques à Abidjan (alimentation en eau potable et réhabilitation des quartiers précaires) tandis que le volet infrastructures de transport portera sur la réhabilitation et l’entretien des routes, des pistes rurales et des ouvrages d’art.
Enfin, dans le domaine de la justice, l’effort portera sur l’amélioration de la qualité des infrastructures (tribunaux, cours d’appel), la formation des personnels de justice et la protection des droits de l’homme.
En outre, une aide budgétaire globale de 25 millions d’euros a été accordée en 2012. Elle est consacrée à l’apurement d’une partie de la dette intérieure de l’Etat ivoirien. Une subvention de 19,1 M€ est aussi prévue pour appuyer le dispositif de pilotage du C2D et le financement des études nécessaires à la réalisation des opérations.
Le plus gros C2D jamais signé
Le C2D qui a été signé le 1er décembre 2012 (630 M€ sur 3,5 ans) est exceptionnel par son volume et constitue de fait le principal outil de la coopération entre la France et la Côte d’Ivoire durant les quinze prochaines années.
Louis Normand, témoin de la vie en Côte d’Ivoire à travers des photos de la construction de la ville d'Abidjan
Soixante années de photographie au quotidien racontent la construction d’une nation. "Côte d’Ivoire le développement révélé" tel était le thème de la conférence organisée le 14 février 2013 avec la collaboration du Fonds photographique Louis Normand, à l’occasion de l’exposition "objectif développement ".
L’AFD, pour soutenir la restauration et la conservation du Fonds créé à partir des photos de Louis Normand, a souhaité acheter 50 tirages qui correspondent à des secteurs ou des projets qu’elle a financés, donnant ainsi un aperçu du quotidien en Côte d’Ivoire dans les années 1960-1970.Michel Buitruille a découvert avec passion le travail de Louis Normand, qu'il a réuni après sa mort.
Celui-ci est toutefois dans un état de dégradation préoccupant. L'AFD, pour en soutenir la restauration et la conservation, a souhaité acheter 50 photos qui correspondent à des secteurs ou des projets qu'elle a financés, sans toutefois chercher à caler précisément chaque photo sur un financement ou un moment, mais en partant de ce qu'offre le fonds Normand comme ressources sur les activités de l'Agence en Côte d'Ivoire dans les années 1960-1970.
Exposition "Objectif Développement" du 11 au 21 Février
A l’occasion de son 70ème anniversaire, l’AFD a réalisé avec l’agence Magnum Photos une exposition qui présente les regards de sept photographes de grand talent sur sept projets financés par l’AFD et répondant à sept enjeux de développement. Après une tournée de quatorze villes en France cette exposition se produit en Afrique et à la suite de Dakar vient à Abidjan avant de partir vers Yaoundé.
Après Dakar, c’est donc au tour d’Abidjan d’accueillir du 11 au 21 février « Objectif Développement - Nouveaux regards sur le Sud », l’exposition événement réalisée par l’Agence Française de Développement en partenariat avec Magnum Photos.
La Ville d’Abidjan accueille 140 photographies grand format issues de reportages réalisés par des photographes de l’agence Magnum Photos, sur sept projets emblématiques de l’AFD :
- le soutien à une croissance responable au Cambodge – © John Vink/Magnum Photos
- l’eau et l’assainissement dans les Territoires palestiniens – © Paolo Pellegrin/Magnum Photos
- l’éducation au Burkina-Faso – © Bruno Barbey/Magnum Photos
- le développement urbain en Colombie – © Thomas Dworzak/Magnum Photos
- la santé mère-enfant en Mauritanie – © Olivia Arthur/Magnum Photos
- les enjeux du climat en Indonésie – © Jean Gaumy/Magnum Photos
L’exposition, gratuite, est ouverte tous les jours, sauf le dimanche, de 10h à 18h
Signature de la première tranche du contrat de désendettement et de développement (C2D)
La France et la Côte d’Ivoire ont signé le 1er décembre la première tranche du Contrat de désendettement et développement (C2D) couvrant la période 2012-2015. Cet accord par lequel les remboursements de la dette bilatérale de la Côte d'Ivoire sont redistribués par la France sous forme de subventions, contribuera à financer de nombreux projets de développement dans divers secteurs. L'AFD est chargée de la mise en œuvre de ce programme auquel la société civile sera étroitement associée.
La première tranche du C2D s'élève à 630 millions d’euros (413 milliards de francs CFA). Deux premiers accords de financement au titre de cette première tranche ont été signés: un appui budgétaire de 25 millions d’euros (16,3 milliards de francs CFA) pour l’apurement des arriérés intérieurs de l’État et une subvention de 19,1 millions d’euros (12,5 milliards de francs CFA) pour le financement des études et du pilotage du C2D.Le contrat a été signé par Nialé Kaba, Ministre délégué auprès du Premier ministre ivoirien, chargé de l'Economie et des Finances, et le ministre délégué chargé du développement, Pascal Canfin, en présence du ministre français de l’Économie et des Finances, Pierre Moscovici.
Pour rappel, le C2D correspond à l’effort bilatéral additionnel consenti par la France au-delà de la réduction de dette accordée dans le cadre de l’initiative pays pauvres très endettés (PPTE). Plutôt qu’une annulation « sèche », la France a fait le choix original de mettre en œuvre un mécanisme de refinancement par dons des échéances dues : le pays débiteur continue d’honorer le service de la dette mais, sitôt le remboursement constaté, le France lui réserve une subvention d’un montant équivalent pour financer des programmes de lutte contre la pauvreté, sélectionnés d’un commun accord avec le pays bénéficiaire. Les nombreux secteurs qui seront ainsi subventionnés en Côte d'Ivoire sont l’éducation, la formation, l’emploi, la santé, l’agriculture, le développement rural, la biodiversité, le développement urbain, l’eau potable, les infrastructures de transport et la justice.
Soutenir le marché de l'efficacité énergétique pour accompagner le développement industriel en Afrique de l'Ouest
Un atelier organisé par l'AFD et le Programme Afrique-UE Renewable Energy Cooperation Programme (RECP) au siège de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) à Lomé, les 21 et 22 novembre, a réuni les acteurs des secteurs bancaire et privé de la zone UEMOA, et les bailleurs de fonds autour du thème : « Banques et secteur privé : vers des financements innovants des énergies renouvelables et de l’éfficacité énergétique. »
Dans les pays d’Afrique de l’Ouest, les tarifs élevés de l’électricité, la faible fiabilité des services, le caractère énergivore des industries couplé à la valorisation insuffisante des ressources en énergies renouvelables constituent autant de freins à leur développement économique et social. L’essor du marché de l’efficacité énergétique (EE) et des énergies renouvelables (EnR) dans les pays d’Afrique de l’Ouest constitue un véritable levier pour relever ce défi. L’AFD et Programme Afrique UE-RECP en ont exploré les perspectives.
| Le projet d'appui de l'AFD vise ainsi à accroître la compétitivité des entreprises en diminuant leurs dépenses énergétiques et à contribuer au développement des énergies renouvelables en Afrique de l'Ouest. |
Séminaire Régional "Bien préparer un Partenariat Public Privé"
Le CEFEB (l’université d’entreprise de l’AFD) a organisé un atelier de formation sur les PPP du 22 au 26 octobre à Abidjan, intitulé "Bien préparer un partenariat public-privé". Cet atelier a été organisé en coopération avec l’ALSF et l’ADETEF (l’association de coopération technique internationale du ministère français de l’Economie et des Finances), et avec un appui du Panafrican Capacity Building Programme (PACBP) et de la Banque Africaine de Développement (BOAD).
Cet atelier qui constitue la première édition d’un programme de « formation itinérante sur les PPP » se concentrera sur les questions institutionnelles, juridiques, contractuelles et financières des PPP.
La formation, qui a réuni environ 25 participants, issus de 16 pays, s’adressait à un public mixte de personnes en charge ou bientôt impliqués dans des projets de PPP, tous secteurs confondus : responsables de l’administration publique, des autorités contractantes, des départements d’acquisition et des ministères techniques, cadres des cellules d’appui aux PPP (PPP Units), juristes et avocats du gouvernement impliqués dans le montage et la négociation de PPP.
Plusieurs aspects des montages PPP ont été abordés allant de l’identification, la préparation, la mise en concurrence jusqu’à la mise en œuvre et la négociation des projets, ce qui a permis aux participants d’appréhender tous les stades de la préparation et du développement d’un PPP ainsi que les enjeux et les mécanismes juridiques et financiers que ce type de montage implique.
La formation était animée par un expert juridique et un expert financier. Elle a consisté en un échange interactif entre les intervenants et les participants; et entre les participants eux-mêmes. Les ateliers étaient constitués d’exposés magistraux, d’exercices pratiques, d’études de cas, de présentations en groupe et d’analyses de projets passés et actuels et aussi de visite terrain (visite du 3è pont de Bouygues).
Deux autres ateliers régionaux sont prévus en 2013 permettant ainsi à un nombre beaucoup plus large de participants d’appréhender les caractéristiques d’un PPP réussi et l’environnement propice à sa bonne mise en œuvre.
