L’activité de l’AFD en Guinée-Bissao est réduite, du fait notamment de la longue période d'instabilité politique et des années de crise depuis la guerre civile de 1998-1999. Photo © G. Basch
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Les relations Chine - Afrique : impacts pour le continent africain et perspectives Conférence le 8 février à 16h Retransmise en DIRECT
Lors de la 5e conférence ministérielle Chine-Afrique en juillet 2012, la Chine a annoncé qu’elle allait doubler ses crédits au continent africain au cours des trois prochaines années. Pékin va investir 20 milliards de dollars en Afrique dans des projets visant le développement de son agriculture, son industrie, ses infrastructures…
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Soutenir le marché de l'efficacité énergétique pour accompagner le développement industriel en Afrique de l'Ouest
Un atelier organisé par l'AFD et le Programme Afrique-UE Renewable Energy Cooperation Programme (RECP) au siège de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) à Lomé, les 21 et 22 novembre, a réuni les acteurs des secteurs bancaire et privé de la zone UEMOA, et les bailleurs de fonds autour du thème : « Banques et secteur privé : vers des financements innovants des énergies renouvelables et de l’éfficacité énergétique. »
Dans les pays d’Afrique de l’Ouest, les tarifs élevés de l’électricité, la faible fiabilité des services, le caractère énergivore des industries couplé à la valorisation insuffisante des ressources en énergies renouvelables constituent autant de freins à leur développement économique et social. L’essor du marché de l’efficacité énergétique (EE) et des énergies renouvelables (EnR) dans les pays d’Afrique de l’Ouest constitue un véritable levier pour relever ce défi. L’AFD et Programme Afrique UE-RECP en ont exploré les perspectives.
| Le projet d'appui de l'AFD vise ainsi à accroître la compétitivité des entreprises en diminuant leurs dépenses énergétiques et à contribuer au développement des énergies renouvelables en Afrique de l'Ouest. |
L'AFD et la Banque Ouest-africaine de développement concluent trois nouveaux accords de coopération
Le Directeur général adjoint de l’AFD, M. Didier Mercier et le Président de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD), M. Christian Adovelandé ont signé le 15 novembre 2012 trois nouveaux accords de coopération dans le cadre de leur 5ème rencontre annuelle.
- un accord de partenariat entre le Centre d'études financières économiques et bancaires (CEFEB) de l’AFD et la BOAD pour élargir le partenariat engagé dans le domaine de la formation, du renforcement des capacités et du développement des expertises des cadres de la BOAD ;
- une ligne de crédit de 75 millions d’euros destinée au refinancement de projets dans le cadre de l'Initiative Régionale pour l'Energie Durable (IRED) de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) ;
- une subvention d'appui à la maitrise d’ouvrage dans le domaine de l’énergie de 0,5 million d’euros.
Le directeur général adjoint de l’AFD, Didier Mercier, et le président de la BOAD, Christian Adovelandé
Un accord qui marque près de 40 années de collaboration
Les deux institutions s’apprêtent à fêter, en 2013, 40 ans de partenariats financiers et techniques au service du développement de la zone UEMOA. Depuis 1973, onze lignes de crédit, concessionnelles ou non, ont été octroyées par l’AFD à la BOAD. Elles ont été accompagnées d’appuis au renforcement des capacités dans plusieurs domaines : gestion actif/passif, instruction et gestion des garanties, LAB/FT, RSE, expertise agricole, expertise énergie.
Cette collaboration a aussi permis de financer plusieurs projets de développement, notamment :
- au Sénégal : alimentation en eau potable des villes de Kaolack, Fatick, Koungheul et Ziguinchor;
- au Mali : aménagement agricole du casier de Molodo nord à l’Office du Niger ;
- en Côte d’Ivoire : aménagement hydro-agricole de M’Bahiakro;
- au Niger : l'implantation d'une cimenterie intégrée par la Société Nigérienne de Cimenterie (SNC) SA à Malbaza ;
- au Bénin : le renforcement et d’extension du système d’alimentation en eau potable de la ville de Cotonou et ses environs;
- au Togo : la réhabilitation des infrastructures et équipements du Port Autonome de Lomé en République Togolaise ;
- au Burkina Faso : aménagement hydro-agricole du Liptako Gourma (phase 3)
- en Guinée Bissau : réhabilitation d’infrastructures.
La formation occupe également une large place dans ce partenariat. Le CEFEB accueille chaque année en formation les cadres de la BOAD.
A propos de la BOAD
La BOAD, Institution commune de financement des Etats de l’UEMOA, a pour mission aux termes de ses statuts, de promouvoir le développement équilibré de ses Etats que sont le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo et de réaliser l’intégration économique de l’Afrique de l’Ouest.
La Banque intervient depuis l’origine sous forme de prêts directs à court et moyen termes, octroie des lignes de refinancement aux Banques locales pour assister les petites et moyennes entreprises, accorde des financements pour les études de faisabilité de projets ou les études d’ingénierie et garantit des emprunts obligataires. Pour faire face aux exigences du marché et mieux accompagner les Etats et le secteur privé de l’Union, la Banque a exploré d’autres axes et s’est positionné sur le court terme, l’assistance, le conseil financier, les arrangements de financement, la finance Carbone et le financement de projets éligibles au Mécanisme de Développement Propre (MDP).
Pour financer son activité, la BOAD dispose non seulement d’un réseau de coopération constitué de bailleurs de fonds internationaux, d’Etats Européens et asiatiques mais également d’un programme annuel d’émission de titres de créances. Son capital est passé de 350 en 2000 à 1050 milliards de FCFA en 2010 et ses fonds propres de 82 à 176 milliards de F CFA sur la même période. Forte de son expérience du marché financier régional, la BOAD se prépare pour une notation en vue d’accéder, à titre complémentaire, aux ressources du marché financier international. Ces différentes interventions traduisent la volonté de la BOAD de s’adapter à son environnement et de se maintenir aux côtés des populations de la zone UEMOA afin de relever les multiples défis du développement sous-régional.
Le volume des approbations de prêts depuis la mise en œuvre du plan stratégique 2009- 2013 s’élève à 504 654 M FCFA à fin septembre 2012.
Le cumul des approbations de prêts depuis 1976 de la Banque s’établit à 2227,1 MFCFA à fin septembre 2012, correspondant à 612 projets financés.
Ligne de crédit à la banque régionale BOAD pour renforcer le réseau énergie dans la zone ouest africaine
Dans le cadre de ses activités régionales, l’Agence AFD de Lomé a obtenu le feu vert de son Conseil d’Administration du 12 juillet pour le financement d’une nouvelle ligne de crédit à la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD)
Cette nouvelle ligne de crédit de 75 M€, octroyée à la BOAD , vient en appui au Fonds de développement de l’énergie (FDE), outil de l’Initiative régionale pour une énergie durable (IRED) créée par les 8 chefs d’États de la zone de l'Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) et qui vise à refinancer les projets d’investissements publics dans le secteur de l’énergie de ces pays.
Éducation et formation en Afrique : quels enjeux ? Quels nouveaux outils ?
Où en est aujourd'hui l'Afrique subsaharienne en matière d'éducation et de formation professionnelle ? Est-elle en mesure d'accompagner ses futures générations vers l'emploi ? De quels atouts et outils dispose t-elle? Quatre experts de la division éducation (EDU) nous apportent dans une interview vidéo des éléments de réponse à travers un panorama de la problématique éducative et formative en Afrique subsaharienne.
Crédit photo : 2iE, AFD
En Afrique, les deux tiers de la population ont moins de 24 ans
L’éducation est à la fois un droit fondamental et l’une des clés du progrès social et du développement économique, essentiel à la lutte contre les inégalités. En
Afrique
, 2/3 de la population a moins de 24 ans. Cette jeunesse est l’avenir du continent, son plus grand espoir mais constitue aussi un énorme défi pour le développement puisque 20% des jeunes sont actuellement au chômage.
Cette croissance doit à tout prix rester un atout pour bâtir une Afrique innovante, productive, économiquement solide et socialement solidaire, et non devenir un obstacle à ses chantiers de développement. Pour y parvenir, il lui faut miser en priorité sur l'éducation et la formation professionnelle.
Éducation de base mais aussi formation professionnelle
Avec cette tendance démographique et la montée du chômage, il est nécessaire d'intégrer dans notre approche non seulement les préoccupations relatives à
l'éducation de base
mais également à l'enseignement secondaire, supérieur, la formation professionnelle, avec un accent mis sur
l’insertion et l’emploi des jeunes
. Face à ces défis, l'AFD au cours des dix dernières années a investi plus d'un milliard d'euros dans le secteur de l'éducation/formation, dont 2/3 sur le continent africain. Et dans les trois prochaines années, ses financements dans l'éducation devraient s'élever à plus de 500 millions d'euros, toujours majoritairement sur le continent africain.
(Synthèse de l'intervention de Virginie Bleitrach).
L’effectif scolarisé a augmenté de 31% en dix ans
Depuis une dizaine d’années, des progrès considérables ont été faits en termes d’accès à l’école primaire. L’Afrique subsaharienne a enregistré les résultats les plus importants ces dix dernières années.
Entre 1998 et 2009, l’effectif scolarisé a augmenté de 31% (soit 58 millions d'élèves supplémentaires).
En dépit de ces résultats, 1/4 des enfants qui devraient être à l’école n'est toujours pas scolarisé. C’est désormais aux autres cycles d’enseignement qu’il faut améliorer l'accès, notamment le cycle secondaire. Seuls 34% des enfants y accèdent à l'heure actuelle.
Le défi de la qualité de l'enseignement
Actuellement, 47 millions de jeunes en Afrique subsaharienne ne disposent pas des compétences de base pour lire et écrire. L’AFD s’est attachée ces dernières années à soutenir les réformes nationales éducatives en appui avec les autres partenaires techniques et financiers.
(Synthèse de l'intervention de Marion Butigieg)
La formation professionnelle est un secteur en pleine expansion dans la majorité des pays d'Afrique subsaharienne. Leurs dirigeants ont placé parmi leurs priorités la formation professionnelle et l'insertion des jeunes.
Cela dit, l'on part de loin, car beaucoup de pays ont des dispositifs de formation sous-dimensionnés, des équipements obsolètes, des formateurs n'ayant pas bénéficié de recyclage de formation continue depuis très longtemps.
Faire correspondre l'offre et la demande sur le marché du travail
Il résulte des éléments précédemment énoncés qu'un grand nombre de jeunes en fin de cursus, bien qu'effectivement formés, ont un profil en inadéquation avec les besoins du marché du travail qu'il faut, par ailleurs, identifier et anticiper. La situation est difficile, mais reste cependant encourageante puisque de nombreux pays ont mis ce point leur agenda politique.
L'AFD reçoit de plus en plus de demandes visant à réunir les conditions d'un rapprochement de la formation professionnelle et du marché de l'emploi. Cela passe par une mise en relation entre les centres professionnels et les entreprises (par le biais de partenariats publics-privés), de façon que les secondes puissent indiquer aux dispositifs de formation et d'apprentissage quels sont exactement leurs besoins de compétences actuels et les emplois à venir.
Revaloriser la formation aux métiers
Cette volonté se traduit par la mise en place de dispositifs de formations plus souples, courtes, orientées vers le métier, certifiées et reconnues et qui, de facto, vont bénéficier d'une image plus positive qu'elle ne l'est actuellement. En effet, dans ces pays, l'apprentissage ou la formation aux métiers est encore considéré comme peu valorisant par les parents et par les jeunes eux-mêmes.
Fédérer les compétences pour faire de la formation un outil complet
Dans la plupart des pays, on peut constater que seulement 5% du budget de l'Éducation nationale est alloué à la formation professionnelle. Ce qui est totalement insuffisant. Pour relever ces défis, nous essayons de travailler en synergie avec d'autres types de compétences que les nôtres - la formation professionnelle n'étant qu'un outil dans le paysage de l'aide au développement. Il faut des synergies avec, par exemple, les départements et les divisions qui s'occupent de l'appui au secteur privé et de la microfinance, ou encore les départements spécialisés dans l'appui au développement agricole et aux métiers en milieu rural.
L'AFD a appuyé un peu plus de 60 projets dans une quinzaine de pays pour un montant d'environ 280 millions d'euros et la demande est de plus en plus forte.
(Synthèse de l'intervention de Christian Fusillier)
Les NTIC, une solution pour améliorer l'accès et la qualité de l'éducation et de la formation ?
De manière générale, les problèmes identifiés ont trait à la qualité de l'éducation, au delà de l'accès proprement dit, et à l'adéquation des formations avec les besoins des secteurs productifs. À l'AFD, nous sommes convaincus que les outils numériques sont tout à fait adaptés au développement et à l'amélioration de la qualité de l'éducation et de la formation en Afrique. Aujourd'hui, beaucoup de freins sont levés. Le taux de pénétration du téléphone mobile en dix ans est considérable. On était au début des années 2000 à 10% de taux de couverture géographique en Afrique subsaharienne. Aujourd'hui, nous sommes à 80%. Cela représente par ailleurs 30 % de la population.
L'investissement dans les NTIC, un indicateur de performance des systèmes éducatifs ?
L'OCDE élabore des études et tests de performances des élèves, le PISA (acronyme de "Programme for International Student Assessment "), en français, "Programme international pour le suivi des acquis des élèves". Celui-ci montre que les pays qui utilisent de manière poussée les outils numériques sont les plus performants. Les jeunes Finlandais qui bénéficient d'un ordinateur pour deux élèves au collège sont les premiers en maths au test PISA, les Sud-Coréens, très bien équipés également, sont seconds alors que les français arrivent au 17ème rang parmi la soixantaine de pays évalués.
L'investissement dans les technologies joue un rôle déterminant dans les performances des élèves et donc des systèmes éducatifs. En Corée du sud, pays qui a fortement investi pour ses technologies en éducation dès le début des années 90, les enseignants utilisent les TIC pour enseigner. Avec l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF), nous mettons en place des programmes et des dispositifs pour accompagner et sensibiliser les enseignants à la prise des nouvelles technologies de l'information
Trop de projets isolés, pas assez de coordination
Il existe aujourd'hui beaucoup de projets pilotes sans suite, sans écho du fait d'un manque de coordination entre les bailleurs de fonds et les programmes sectoriels de l'éducation mis en oeuvre par les gouvernements. Cette coordination est pourtant une condition pour que ces projets puissent être déployés à l'échelle d'un pays ou d'un système éducatif.
L'AFD a donc réuni un groupe de travail avec des bailleurs de fonds, des utilisateurs du sud, des universitaires et des chercheurs pour essayer de formuler des propositions qui aideront à passer du stade de l'expérimentation des projets à leur mise en oeuvre effective dans les systèmes éducatifs africains.
(Synthèse de l'intervention de Jean-Christophe Maurin)
"Paris, Ouagadougou, même combat?" Promenade vidéo
Penser avant tout les villes comme des réseaux
Chaque ville , quel que soit son degré de modernité, ressemble à un maillage, une superposition de réseaux, pour la plupart visibles dans le paysage urbain. Qu'il s'agisse des réseaux d'électricité, de gaz, de télécommunication, de drainage des eaux usées ou des eaux pluviales , toutes ces fonctions sont tendues vers un but commun : garantir la sécurité, le bien-être et le mieux-vivre des populations citadines.
Première caractéristique d’une ville du Sud : une gestion publique lacunaire
Les éléments les plus banals d'une ville d'un pays du "Nord", perçus comme "allant de soi" - car ancrés depuis très longtemps dans le quotidien de sa population - sont encore inexistants ou alors extrêmement rares dans les villes du "Sud". L’on pense, entre autres, à des objets urbains ordinaires tels que les plaques de rues, d’égouts, les lampadaires, les routes goudronnées qui contribuent respectivement à la fois à l’adressage et l'identification des lieux et de leurs résidents, à la préservation de l’hygiène et de la santé publique , à la circulation des personnes et des biens de consommation ; comme autant de missions dont sont en charge les collectivités.
Les villes du Sud se signalent en général par l'absence de tels réseaux consolidés et dotés d'un fonctionnement optimal. Au mieux va-t-on trouver quelques éléments communs, comme des réseaux téléphoniques, des routes, des rues, mais sans revêtement, sans pavés et inondables à cause de canalisations peu fonctionnelles ou saturées, des quartiers et habitations sans panneaux de signalisation, un déficit d’éclairage public etc.
Cadastres et signalisations : des prérequis pour la gestion urbaine
A Paris, la présence de plaques de rue nous paraît normale. Pourtant, celles-ci sont inexistantes dans la plupart des villes et capitales des pays en développement. Or, en l'absence de telles indications, il n'est pas possible d'adresser des courriers, d'envoyer des avis d’imposition, de collecter correctement les taxes qu'en définitive, aucun dispositif n'oblige à payer. Cet état de fait est l'un des symptômes de l'absence de systèmes cadastraux véritablement opérationnels dans ces pays, s'agissant de la gestion, entre autres, des unités foncières et de l'historique des parcelles.
Dans ces conditions, il est difficile voire impossible de savoir avec exactitude qui habite à tel ou tel endroit, ni combien de ménages, d'enfants, de personnes âgées ou ayant un handicap y résident. Pas plus qu'il n'est possible de déterminer qui est le propriétaire ou le locataire du lieu concerné, et ainsi d'être en mesure, par exemple, de collecter les taxes de vente.
Parvenir à une combinaison efficace du politique, de l'administratif et du technique
Si l'adressage est important, il ne suffit pas de peindre un numéro sur une porte comme on le voit dans beaucoup de pays africains, en espérant que cela suffise à résoudre le problème. Pour pouvoir organiser la vie de la cité, sa gestion, son développement, le processus est plus complexe et long à mettre en œuvre. C’est toute la gestion dans l’administration publique qu'il faut organiser et réformer, car c'est par cet instrument que l'Etat est en mesure de recencer, de savoir en temps réel ce qui se passe, et de gérer la ville dans le long terme. La plaque de rue est en quelque sorte le symbole de la gestion urbaine, laquelle englobe la plupart des services dont les citadins bénéficient au quotidien.
Le grand enjeu pour ces Etats et les institutions d'aide au développement, dont l’AFD, est de savoir comment créer tous ces réseaux urbains essentiels, les mettre en place, financer à la fois l’investissement dans ces infrastructures et mettre en œuvre les services adéquats pour les entretenir.
Sans réseaux d’assainissement, par exemple, dans les villes du sud, toutes les eaux usées se déversent dans les rues, les parcs, les cours d'eau naturels. Le défi n'est peut-être pas de parvenir à un résultat se rapprochant au plus près de Paris, ville particulièrement moderne, mais a minima, de disposer des services essentiels pour éviter que les déchets et eaux usées restent dans les maisons ou souillent les rivieres, garder les rues praticables et permettre aux citadins d'avoir accès à l’eau potable.
L'îlot Chalon : un exemple de reprise en main urbaine réussie
La transformation de ce quartier parisien, longtemps abandonné à sa paupérisation atteste qu'il n'existe pas de technique ou de modèle prédéfini à même de créer une ville moderne, agréable et bien gérée. Il faut penser à la fois aux équipements, aux logements, aux réseaux susdécrits, à la nature des activités que l'on veut y développer (des bureaux, un centre d'affaires, ou un espace vert par exemple) et notamment reconnecter cet ensemble avec les axes de transports. Tous ces projets nécessitent une réflexion globale, politique au sens de "gestion de la cité", qui doit se traduire par des politiques puliques qui doivent être cohérentes et complémentaires dans un même espace donné. L’autre élément est la manière dont ces opérations sont menées, en tenant compte d’abord de la durée : l'on parle en effet de projets dont le financement et les travaux s'échelonnent sur 20 ou 25 ans. Il faut, à cet égard, s'assurer de tenir la distance grâce à des institutions solides, politiquement, techniquement, financièrement pour porter de grands chantiers.
"La ville finance la ville" car l’opération se finance au fur et à mesure par la plus-value que la collectivité obtient en revendant les terrains qu’elle a achetés à bas prix dans les quartiers pauvres, après les avoir réaménagés. Cette plus-value permet de financer les équipements et, au bout du compte, l’opération urbaine s’autofinance sur une durée de 20 ans ou plus. Ce principe de l’aménagement n’existe pas en général dans les pays où l’AFD intervient. Il s'agit d'une véritable lacune qui va bien au-delà de la contrainte financière stricto sensu – puisqu' une petite avance de trésorerie suffirait pour acheter des terrains. Plus fondamentale est la question du fonctionnement et de la capacité des autorités locales à porter ces projets, et d'un point de vue technique, de disposer des ressources humaines suffisantes pour élaborer et mettre en œuvre une politique d’aménagement du type de l’îlot Chalon.
La procédure à suivre, selon le principe "La ville finance la ville"
Comment les choses se font concrètement ? La puissance publique commence par prendre possession des quartiers en déshérence via des expropriations, des préemptions voire des achats simples. Une fois que la puissance publique s'est rendue maître des terrains, elle peut détruire, reconstruire, aménager et réaménager à sa guise pour créer des nouveaux quartiers qui vont continuer à évoluer plus ou moins positivement, en fonction des choix qui auront été faits.
Si les villes sont constituées partout des mêmes choses, elle ne fonctionnent pas de la même manière. La raison est en partie liée au financement. Le maire de Paris dispose de 4000 euros par an et par habitant pour entretenir et investir. Le maire de Ouagadougou (commune de 1.300 000 habitants) dispose de 20 euros par an et par habitant. A titre de comparaison, le budget de cette ville, capitale du Burkina Faso, est inférieur de moitié au budget de la ville de Rodez, qui compte 25 000 habitants. Le maire de Lomé va disposer d’environ 8 à 10 euros par an et par habitant, le maire d’une petite ville du
Bénin
d’un demi-euro par an et par habitant... L’enjeu est donc évidemment d’augmenter les financements, les capacités pour une collectivité locale d’avoir à sa disposition suffisamment de financement pour investir dans le territoire sous sa juridiction, et l'entretenir. L’écart entre villes du Nord et villes du Sud est aujourd’hui abyssal, et notre défi est de parvenir à le combler.
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