L’activité de l’AFD en Guinée-Bissao est réduite, du fait notamment de la longue période d'instabilité politique et des années de crise depuis la guerre civile de 1998-1999. Photo © G. Basch

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2016, une année record pour l'AFD

11/05/2017

Avec un record 2016 de 9,4 milliards d’euros d’engagements, l’AFD investit de nouveaux chantiers, notamment en Afrique continentale.

Rémy Rioux, Directeur Général de l’AFD, a présenté ce jour les résultats de l’AFD pour l’année 2016, dans la perspective de sa stratégie pour 2020.

A la demande du Président de la République en 2015, l’AFD a nettement augmenté le volume de ses financements conformément aux objectifs de la communauté internationale (ODD, Accord de Paris sur le climat), scellé son alliance stratégique avec la Caisse des Dépôts et Consignations et étendu son champ d’intervention.
 

 

Rémy Rioux, son Directeur général, décrypte la stratégie de l’AFD : « 2016, l’année de ses 75 ans, a été marquée par l’accroissement des engagements de l’AFD, son alliance stratégique avec la Caisse des Dépôts et Consignations et le renforcement de ses partenariats avec la société civile, les collectivités territoriales, le secteur privé, les banques de développement bilatérales et multilatérales, les institutions européennes et les grandes fondations. Avec 9,4 Md€ d’engagements, l’AFD a repris une trajectoire de croissance ambitieuse pour accompagner les grandes transitions dans les pays en développement et dans les Outre-mer français. Avec sa nouvelle stratégie, l’AFD jouera un rôle moteur pour soutenir l’émergence d’un monde en commun. »

En 2015, l’AFD a reçu du Président de la République l’objectif d’accroître son activité de + 60 % d’ici 2020 pour atteindre près de 13 Mds € d’engagements annuels. En 2016, cette trajectoire de croissance est engagée.

9,4 milliards d’euros de projets ont été financés par l’AFD : c’est +13 % en 1 an.

L’Afrique, toute l’Afrique, est la priorité de l’Agence, avec près de 4 Mds € d’engagements en 2016 en hausse de +25%.

  • De 2010 à 2016, 22 milliards d’euros ont été engagés en Afrique
  • En janvier 2017, au Sommet de Bamako, le Président de la République a pris un engagement encore plus ambitieux pour l’AFD : sur les cinq prochaines années, 23 milliards d’euros seront engagés pour l’Afrique
  • Pour soutenir le développement des énergies renouvelables, l’AFD a engagé 600 millions d’euros en Afrique en 2016. Elle prévoit de leur consacrer 3 milliards d’euros d’ici 2020.

L’AFD agit dans de nouveaux pays et de nouveaux secteurs :
  

  • Argentine, Cuba, Balkans : l’AFD va élargir son champ d’intervention géographique, partout où l’accompagnement d’une banque de développement engagée et solidaire est utile.
  • La nouvelle stratégie de l’agence ouvre des chantiers d’avenir, dans des secteurs sur lesquels l’AFD n’intervenait pas ou peu jusqu’ici : la gouvernance, les industries culturelles, l’enseignement supérieur, l’innovation et le numérique, le social business, l’action extérieur des collectivités locales, l’éducation au développement et à la solidarité internationale.

L’AFD et la CDC : une alliance stratégique active sur le terrain
L’alliance stratégique entre les deux institutions, signée le 6 décembre 2016, se concrétise sur le terrain. A l’international, elle se traduit par des outils communs, comme le fonds d’investissement dans les infrastructures de 600 M€ dont la création a été annoncée récemment par les deux Directeurs généraux au Burkina Faso. En France, elle permet une collaboration plus étroite avec les collectivités territoriales et tous les acteurs du développement dans les territoires.

Pour aller plus loin, lire la présentation détaillée des résultats de l'AFD en 2016


L’action de l’AFD en 2016

Une action sur les cinq continents :

  • 50 % des engagements financiers de l’AFD dans les pays étrangers (près de 4 Mds € en 2016 soit +25% en un an) vont à l’Afrique, toute l’Afrique, priorité de l’action de l’Agence, où 84 % des moyens budgétaires accordés par l’Etat sont concentrés. Dans sa nouvelle stratégie, l’Agence considère l’Afrique comme un tout. Du Maroc à l’Afrique du Sud, du Sénégal à Djibouti, avec ses dynamiques régionales, sans séparer le Nord du Sud du Sahara.
  • 20 % en Asie et dans le Pacifique pour financer des projets sobres en carbone (1,3 Mds € en 2016)
  • 20 % en Amérique Latine et Caraïbes, en particulier au service du développement urbain durable (1,1 Mds € en 2016)
  • 10 % au Proche et Moyen-Orient : pour financer une croissance inclusive et résiliente (741 Millions € en 2016)

L’AFD a également consacré 1,6 Md€ en 2016 au financement des Outre-mer français.

Les marqueurs de l’action de l’AFD : 6 x 50%

L’AFD, banque de développement de la France, solidaire et engagée au service des populations des pays du Sud et de l’Outre-mer, agit avec 6 marqueurs forts :

  • 50% de ses engagements à l’étranger sont en Afrique
  • 50% de son activité concerne des pays et territoires francophones
  • 50% de ses projets ont des impacts positifs sur le climat
  • 50% de ses projets contribuent à la réduction des inégalités de genre
  • 50% de ses bénéficiaires sont des acteurs non-étatiques (entreprises publiques et privées des pays du Sud, collectivités locales, établissements publics, ONG, banques)
  • 50% de ses projets sont menés en cofinancement avec d’autres bailleurs

L’AFD finance des trajectoires de croissance durable contribuant aux cinq transitions majeures dans lesquelles les pays en développement, comme les pays développés, sont engagés : transitions démographique et sociale, transition territoriale et écologique, transition énergétique, transition numérique et technologique, transition politique et citoyenne.

Des solutions qui génèrent des impacts positifs pour les populations

En 2016, l’AFD a financé 657 projets de développement, qui ont notamment permis :

  • d’améliorer le transport urbain en Nouvelle-Calédonie ;
  • de gérer les tensions entre populations hôtes et réfugiées au Liban et en Jordanie ;
  • de construire l’autonomie électrique du Burkina Faso ;

Des projets aux impacts concrets mesurables chaque année. En moyenne depuis 5 ans : 

  • 730 000 exploitations agricoles familiales soutenues ;
  • 665 MW d’énergies renouvelables installés ;
  • un accès à l’eau et à l’assainissement amélioré pour 1, 2 million de personnes ;
  • 54 000 PME appuyées ;
  • 832 000 enfants scolarisés.

Accéder à l'infographie   



Rémy Rioux est nommé Directeur général de l’Agence Française de Développement en Conseil des ministres, ce 25 mai 2016

25/05/2016

Sur proposition de François Hollande au Parlement le 27 avril dernier et après un vote favorable à l’unanimité des députés et à la majorité des sénateurs, M. Rémy Rioux, 46 ans, secrétaire général adjoint du ministère des Affaires étrangères et du développement international, est nommé ce jour, en Conseil des ministres, Directeur général de l’Agence Française de Développement, Etablissement Public Industriel et Commercial, en charge du développement des pays du Sud et de l’Outre-mer. 11ème directeur général de l’AFD, Rémy Rioux prendra la tête de l’AFD, le 2 juin 2016.

Né en juin 1969 à Neuilly-sur-Seine, ancien élève de l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm, de Sciences Po et de l’Ecole nationale d’administration, Rémy Rioux, historien de formation, ancien élève d’Alain Corbin et de Pierre Nora, conseiller maître à la Cour des comptes, a alterné, au cours de sa carrière, des responsabilités en France et au service du développement et de l'Afrique.


Rémy Rioux est nommé Directeur général de l'AFD © Alain Buu

A l’âge de 26 ans, Rémy Rioux découvre le continent africain à l’occasion d’un stage de l’ENA au Bénin, puis en militant pour la promotion de l’harmonisation du droit des affaires en Afrique. Passionné par ce continent, il le sillonne tout au long de sa carrière, y noue des liens forts, et y acquiert une expertise reconnue des enjeux de développement. Au Trésor de 2004 à 2007 puis de 2010 à 2012, il contribue notamment à moderniser la coopération monétaire avec les pays africains membres de la Zone franc, participe à la résolution de la crise ivoirienne et contribue à placer la question des infrastructures et du développement au cœur de l’agenda international du G20. Il est alors administrateur de l’AFD et de sa filiale PROPARCO.

Rémy Rioux a par ailleurs exercé des missions de contrôle dans les secteurs de l'énergie et de la défense à la Cour des comptes entre 1997 et 2004. Il a travaillé au ministère de l’intérieur de 2000 à 2002, au sein du cabinet du ministre Daniel Vaillant, en charge notamment du budget et du passage à l’euro. Il a également exercé des fonctions à l’Agence des participations de l’Etat, de 2007 à 2010, comme directeur de participations en charge des secteurs des transports et des médias, participant au conseil d’administration de différentes entreprises (SNCF, RATP, ADP, Renault, France Télévisions, France Médias Monde, Arte, le Grand Port Maritime du Havre).

En 2012, directeur de cabinet du ministre de l’Economie, des Finances et du Commerce extérieur, Pierre Moscovici, il participe activement à la redéfinition des relations économiques entre l'Afrique et la France et aux travaux menés par Jacques Attali sur la francophonie économique. Deux ans plus tard, Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du Développement international, le nomme secrétaire général adjoint du Quai d’Orsay, en charge notamment des questions économiques. A ses côtés, il pilote le volet financier des négociations pour la COP21.

Après l’annonce par le Président de la République, en septembre 2015, d’une relance de la politique française de développement à travers la hausse des financements de 4 milliards d’euros d’ici 2020, pour atteindre 12,5 milliards d’engagements annuels, (dont 5 milliards d’euros en faveur du climat), il est chargé d'une mission de préfiguration du rapprochement entre l'Agence Française de Développement et la Caisse des Dépôts qui doit doter la France d’un outil à même de relever les défis des Objectifs du développement durable.

Homme de dialogue et de conviction, il est très attaché au Massif central, en particulier à la Corrèze et la Lozère, où il séjourne fréquemment, avec sa femme et ses trois enfants.


Dates clefs

  • 26 juin 1969 : Naissance à Neuilly-sur-Seine, France
  • 1997 : auditeur à la Cour des comptes à sa sortie de l’ENA (promotion Marc Bloch), il y deviendra Conseiller Maître en 2013
  • 2001 et 2002 : conseiller budgétaire au cabinet de Daniel Vaillant au ministère de l’Intérieur
  • 2003 : missions de contrôle dans les secteurs de l’énergie et de la défense à la Cour des Comptes
  • 2004 : direction du Trésor, Chef du bureau de la coopération monétaire et du développement avec les pays d’Afrique, des Caraïbes, du Pacifique et de la zone franc
  • 2007 : sous-directeur des transports et de l’audiovisuel de l’Agence des participations de l’Etat
  • 2010 : sous-directeur des affaires financières internationales et développement à la direction générale du Trésor
  • 2012 à 2014 : directeur du cabinet de M. Pierre Moscovici au ministère de l’Economie et des Finances
  • 2014 : secrétaire général adjoint du ministère des Affaires étrangères et du Développement international, chargé notamment des affaires économiques
  • 2015 : responsable des questions financières au sein de l’équipe française de négociation pour la COP21.
  • Juin 2016 : nommé 11ème Directeur général de l’Agence Française de Développement.


Résultats 2014 de l’Agence Française de Développement : Plus de 8 milliards en faveur d’un monde plus juste et plus durable

17/03/2015

Anne Paugam, Directrice générale de l’AFD, a présenté ce jour les chiffres clés de l’activité 2014 de l’acteur pivot de l’aide publique française au développement. Avec 8,1 milliards d’euros d’engagements, en hausse de +4%,  l’AFD réalise une nouvelle année historique en faveur d’un monde plus juste et plus durable.

"La mission de l’AFD est au cœur de l’enjeu des années à venir, qui est de faire émerger de nouveaux modèles de développement qui permettent à la fois d’assurer la prospérité de l’ensemble de la population mondiale et de préserver la planète. Nous y contribuons en adaptant nos actions aux besoins des pays partenaires", a précisé Anne Paugam, Directrice générale de l’AFD.

Institution publique qui met en œuvre la politique de la France en matière de financement du développement, l’AFD, présente sur quatre continents, dans plus de 90 pays et dans les Outre-mer français, agit au quotidien pour répondre aux demandes de ses partenaires. A la clef, des investissements dans le capital humain, le soutien au secteur privé, le financement de projets de transports collectifs, l’accompagnement de politiques publiques des Etats mais aussi des collectivités territoriales, afin de favoriser des trajectoires de développement plus justes et plus durables.

Face aux défis du dérèglement climatique, dont les impacts concernent l’ensemble de la planète, l’AFD apporte au quotidien la démonstration qu’il existe des solutions concrètes qui concilient climat et développement. En 2014, 53 % des financements de l’AFD en faveur du développement dans les pays en développement ont généré des impacts positifs dans la lutte contre le dérèglement climatique et 30% pour sa filiale Proparco en faveur du secteur privé.
 

Des impacts concrets

Les actions de l’AFD sont porteuses d’impacts concrets. Entre 2012 et 2014, les projets en cours ont permis :

  • la scolarisation de 2 millions d’enfants au primaire et au collège ;
  • l’amélioration de l’habitat pour 2,3 millions de personnes ;
  • l’accès de 2,75 millions de personnes à une source pérenne d’eau potable ;
  • l’appui au développement de 246 000 petites entreprises ;
  • le soutien à 771 000 exploitations agricoles familiales ;
  • la conservation et la gestion durable de 32 millions d’hectares d’espaces naturels permettant la préservation de la biodiversité.

 

infographie secteurs
 

 

Une année historique en faveur du climat : 53 % des financements

En 2014, 53 % des financements de l’AFD en faveur du développement dans les pays en développement et près de 30% de ceux de sa filiale Proparco en faveur du secteur privé ont aussi eu des impacts positifs dans la lutte contre le dérèglement climatique en application d’une stratégie climat parmi les plus ambitieuses des institutions financières internationales de développement, mise en place à la demande du gouvernement français. Cela a représenté en 2014 plus de 2,8 Md€ d’engagements financiers dont 2,53 Md€ pour l’AFD. Depuis 2005, 18 milliards d’euros ont été consacrés par l’AFD à des projets qui concilient développement et climat.
 

infographie climat

 

 

 

 

Premières obligations climat de l’AFD

L’AFD a émis pour la première fois des « obligations climat » ("climate bonds") d’une maturité de 10 ans, qui financeront des projets contribuant au développement, mais aussi à la lutte contre le dérèglement climatique.
Cette émission obligataire « climat », d’un montant d’un milliard d’euros, est la première du genre réalisée par une agence publique française. Elle marque un tournant dans la conception des instruments financiers en faveur de la transition vers une économie sobre en carbone. Par sa méthodologie rigoureuse et innovante, reposant sur une évaluation systématique de l’empreinte carbone des projets financés, l’AFD cherche à démontrer  aux financeurs qu’il est possible d’orienter une partie de la finance internationale vers des actifs « climat ».


 


Afrique Subsaharienne : des engagements records

En 2014, les financements en Afrique subsaharienne atteignent le volume record de 2,95 milliards d’euros, soit 36,5% des financements totaux du groupe AFD (45 % des financements dans les Etats étrangers). A travers ce fort engagement, qui s’inscrit dans l’objectif fixé par le Président de la République d’apporter 20 milliards d’euros de financements au continent d’ici à 2018, l’AFD vise à accompagner l’émergence de l’Afrique dans ses trajectoires de croissance. Les projets soutenus par l’AFD ouvrent l’accès aux services essentiels, permettent l’essor de villes durables, de l‘agriculture familiale, la préservation des ressources naturelles, le développement des infrastructures et d’entreprises créatrices d’emplois.


 

inforgraphie

 

 

 

 

Crises : des modes d’intervention et des outils spécifiques

Au Mali, en République Centrafricaine, en Guinée… dans des pays en conflit armé ou récemment sortis de conflits, l'AFD a adapté ses modes d’intervention et ses outils à la spécificité de ces contextes, afin de gagner en réactivité et de mieux collaborer avec les différents partenaires et acteurs de l’urgence et du développement. Parmi les projets marquant de 2014 on peut citer :

  • Ebola : un nouveau centre de traitement en Guinée forestière a pu être mis en place grâce à  une subvention de 5 M€ via un contrat de développement et de désendettement
  • Fonds Bêkou : crée à l’initiative de l’AFD, ce fonds doté fin 2014 de 64M€ permet aux bailleurs européens de mutualiser leurs financements pour accompagner le processus de gestion puis de sortie de crise en RCA. Il a pour objectif de recréer les services essentiels, de contribuer au développement économique et de favoriser la stabilité du pays et de la sous-région.
     

 

 

 

► Synthèse du bilan de l’activité 2014

 

► En savoir plus sur l'AFD en 2014



"Dans la lutte contre Ebola, le travail de sensibilisation des populations et la formation des équipes médicales sont centraux."

01/10/2014

Catastrophe en matière de santé publique, l'épidémie Ebola risque vite de devenir une entrave au développement et un facteur d'instabilité dans une région déjà fragile et pauvre. Nicolas Le Guen, chef de projet Santé à l'AFD, nous explique les enjeux et dessine les axes prioritaires d'action fixés par l'AFD pour contenir l'épidémie et mettre en place des moyens de prévenir les prochaines. Vidéo

  

 

 

En quoi Ebola est-elle une crise sans précédent ?

Cette crise ebola qui touche pour la première fois l’Afrique de l’ouest est sans précédent parce qu'elle touche plusieurs pays, qu’elle s’étend depuis maintenant huit mois, que le nombre de cas est en perpétuelle augmentation, qu’on a des phénomènes de rebond, des cas d’apparition de foyers dans des zones qui ne sont pas des zones limitrophes les unes des autres… Et c’est ce qui rend cette crise extrêmement complexe et difficile à traiter.

De plus, il existe une peur, une psychose d'où un impact général sur la circulation des personnes, des biens et donc un impact sur l’économie d’une façon générale. Qui dit économie dit problèmes sociaux, et donc instabilité dans une région où les pays sont déjà très fragiles.

On voit bien qu’au-delà des questions de santé publique, on est face à d’autres enjeux…

C’est d'ailleurs pour cela que cette crise mobilise l’ensemble de la communauté internationale, l’ensemble des ressources régionales et celles de la planète. Au-delà des 20 000 cas de personnes atteintes par le virus annoncés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il en va de la stabilité d’une région extrêmement fragile.

Un manque de personnel de personnel qualifié

Un des facteurs aggravants c’est le manque de personnel de personnel qualifié. Dans les autres épidémies, de faible ampleur, sur des zones circonscrites donc, on avait une sorte de réservoir de personnel disponible. Là, l'épidémie s'étend sur des territoires immenses, avec des foyers multiples. Le peu de personnel qualifié, qui a travaillé depuis des mois, est extrêmement fatigué, a été "usé jusqu’à la corde" pour répondre, et maintenant l’OMS se tourne vers les spécialistes mondiaux sur ces questions-là mais il n’y en a plus beaucoup sur la planète.

Donc l’enjeu c’est de reformer du personnel rapidement, être capable de le redéployer pour appuyer les personnels sur place qui ne connaissent pas les règles de base sur les questions de traitement d’une épidémie.

De quoi manquent le plus les populations ?

Concrètement ce qu’il manque aux populations, c’est un appui en personnel de santé qualifié.

Comme je le disais, à l’heure actuelle, dans le monde, il y a très peu de gens qui sont capables d’apporter une solution. Il y a quelques organisations internationales mais qui ne sont pas forcément appréciées à leur juste valeur par les populations. En effet,  ces dernières ne comprennent pas ce qui leur arrive. Il y a une certaine défiance, une méfiance à l’égard de ces personnels de santé qui viennent de l’extérieur. Il y a d'ailleurs aussi une certaine méfiance à l’égard du personnel de santé guinéen.

L'enjeu fondamental de la prise de conscience des populations

Et pourtant, il manque de monde motivé pour venir au contact des populations et leur expliquer ce qu’est la maladie, amener les personnes malades, suspectes, vers les centres de santé, essayer de leur expliquer ce qui va leur arriver, pourquoi est-ce qu’elles sont mises à l’écart et quel type de traitement elles vont recevoir. Cette prise de conscience, cette sensibilisation, c’est un enjeu fondamental.

Donc là il y a tout un travail pédagogique à faire avec les populations. Sans les populations, on ne peut pas traiter l’épidémie, on ne pourra pas vaincre la maladie. Donc là il y a un enjeu fondamental, c’est la relation avec les communautés, avec les populations.

D'ailleurs, à cause de cette méfiance, de cette peur vis-à-vis d’Ebola, les gens ne viennent plus se soigner pour d’autres pathologies. Nous avons donc là une mortalité indirecte induite par la méfiance à l’égard des systèmes de santé.

Que faire ?

On est bien évidemment devant des besoins immenses, financiers et humains, donc par où commencer ? C’est la grande question, comment peut-on être efficace tout de suite, comment apporter une solution immédiatement ? Donc la réflexion avec les organisations internationales et notamment l’OMS qui coordonne cette réponse, c’est de mettre des moyens efficaces à des endroits-clés.

Les endroits-clés, pour nous, c’est le diagnostic et le contrôle de l’épidémie. Donc très rapidement l'enjeu était pour nous de financer un laboratoire extérieur qui vienne appuyer le diagnostic, le contrôle afin de renforcer la surveillance épidémiologique.

L'autre axe central : les Etats. Ils ont ont la responsabilité sur l’organisation générale de la riposte. A nous de les aider, avec une aide budgétaire globale : on leur alloue une somme et on regarde avec elles où mettre l’argent pour que tout de suite il y ait une réponse la plus efficace.

Cette aide va aller sur les moyens humains : le personnel de santé certes, mais aussi tout le personnel qui va au contact des populations, fait de la prévention et du suivi des cas.

Cette aide va bien sûr aussi vers les moyens financiers pour payer le matériel médical, équiper les laboratoires, les centres de traitement, donner des moyens logistiques aux personnels de santé et ceux qui font de la sensibilisation auprès des communautés et enfin pour assurer la coordination de l’ensemble des opérations.

Pourquoi travailler avec l’Institut Pasteur ?

L’institut Pasteur a été l'un des premiers à réagir et est intervenu à Conakry dès le mois de mars. Ils ont détachés du personnel de leur institut de Dakar. Ils ont mis en place des procédures pour confirmer des cas, ce qui est fondamental pour pouvoir déclarer une épidémie et pour pouvoir mobiliser les ressources.

Donc cet institut a souhaité monter en puissance et développer un centre d’expertise plus large sur les fièvres hémorragiques, c’est une idée qui correspond tout à fait aux priorités définies par l’AFD et par les ministères de la santé.

Nous allons donc les appuyer rapidement pour mettre en place ce centre d’expertise, qui permettra d'améliorer le contrôle et le diagnostic et surtout de donner de l’information, des solutions, apporter un peu plus d’expertise et de compréhension dans cette crise où il manque fondamentalement des connaissances et des compétences sur ces questions.

L’autre fonction de ce centre d’expertise sera de former le personnel, les techniciens de laboratoire sur Conakry mais aussi sur les autres régions, d’être en mesure d’avoir des équipes mobiles capables de se déployer pour faire des diagnostics rapides et éventuellement d’avoir une vocation régionale pour former les personnels des autres pays… L’institut Pasteur est reconnu internationalement depuis le 19ème siècle, il sera tout à fait en mesure d’apporter des solutions rapides et efficaces à cette crise.



Premier crédit en faveur de la "Facilité énergie durable" en Afrique de l'ouest

16/09/2014

Face à la crise croissante de l’énergie que connaît l’Afrique de l’Ouest depuis le milieu des années 2000, le premier prêt dans le cadre du projet SUNREF va contribuer à financer des investissements d’efficacité énergétique et d’énergie renouvelable de petite taille dans les pays de la zone.

Une demande croissante, une offre d'énergie fossile aux coûts élevés
 
L’Afrique de l’ouest connaît une crise croissante de l’énergie depuis le milieu des années 2000. Les capacités d’approvisionnement et les investissements réalisés dans le secteur ne permettent pas de répondre à une demande croissante en énergie, notamment en milieu urbain.
 
L’augmentation des importations d’énergie fossile fragilise également la santé financière de certains pays de la région et le développement de moyens de production d’énergie alternatifs et durables constitue pour ces États un sujet majeur.
 
Dans ce contexte, SUNREF contribue à soulager ces contraintes en finançant des investissements d’efficacité énergétique et d’énergie renouvelable de petite taille dans un certain nombre de pays de la zone UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine). Le projet comporte deux composantes essentielles.
 
Il met tout d’abord à la disposition des institutions financières locales, telles que Oragroup SA, une ligne de crédit de 30 millions d’euros en vue de financer des projets répondant à des critères d’éligibilité précis.

Aider les porteurs de projet à accéder aux financements bancaires
 
Le projet comprend par ailleurs un programme d’assistance technique, financé par le Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM) et par l’Union européenne (Infrastructure Trust Fund), visant à faciliter l’accès aux financements bancaires pour les porteurs de projets et l’instruction technique des dossiers par les banques partenaires.
 
Echange des documents entre Patrick Mestrallet, directeur général Oragroup (à droite),
et Yves Boudot, chef Projets AFD.
 
 
La convention de prêt a été signée le 29 août dernier entre l’AFD et Oragroup SA, holding du groupe bancaire Orabank, pour un montant de 5 M€, soit environ 3,28 milliards de FCFA.
 
 
 


 
 
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