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Au Tchad, l’AFD a une expérience de plus de 50 ans. Si les interventions du groupe ont été axées vers le développement rural, les aides budgétaires et les infrastructures durant les années 1990, l'AFD à réorienté son action depuis l'an 2000 vers l'eau et l'assainissement (45 M€), les secteurs sociaux (éducation et santé - 28 M€), l'agriculture et la sécurité alimentaire (19 M€) et enfin les infrastructures et le développement urbain (11M€).
Pour la nouvelle décennie, les objectifs centraux s'articuleront autour de la prévention des conflits, du renforcement des capacités des acteurs et du soutien à la mise en place de politiques nationales de développement ambitieuses.
À la une
Evénements "Solidarité et Développement France - Tchad" du 6 au 11 février
L'AFD co-organise avec les ONG françaises présentes au Tchad ainsi que le service de coopération et d’action culturelle, une série de manifestations publiques en partenariat avec l'Institut Français du Tchad (IFT), le CEFOD et le Centre Al Mouna. Ces manifestations, qui se tiendront du du lundi 6 au samedi 11 février, sont placées sous le signe de « la solidarité et le développement France - Tchad ».
La France est le plus ancien partenaire de développement du Tchad. Dans un pays en pleine transformation, comment évolue l’offre d’aide au développement des Organisations françaises de Solidarité Internationale (OSI ou ONG) ? Celle du Volontariat ? Et celle des coopérations publiques (Agence Française de Développement, Service de Coopération et d’Action Culturelle) ? Comment ces différents acteurs optimisent-ils leur action et leurs synergies au bénéfice de leurs partenaires tchadiens?
Telles sont les questions qui seront abordées lors des différentes séances publiques dont le but sera de mettre en lumière l’action de la coopération publique française ainsi que des ONG françaises présentes au Tchad.
- Exposition AFD-ONG du 6 au 11 février de 9H00 à 17H30 à l'IFT
- Conférence « de l'urgence au développement » lundi 6 février à 16H00 au Centre Al Mouna orateurs : Jean-Bernard VERON, Aboukar Abdou ADJI, Oxfam
- Séance publique de présentations croisées (lutte contre les épidémies, crises alimentaire, renforcement des capacités..) mardi 7 février à 16H00 à l'IFT, suivie d’une projection de film à 19H (Programme IFT).
- Conférence « sécurité et développement dans le sahel » samedi 11 février à 16H00 à l'IFT orateurs : Jean-Bernard VERON, Julien CATS
- Des Stands AFD-ONG seront en place le samedi 11 février de 9h à 17h30 à l'IFT
"Les gens sont stupéfaits de l'amélioration de la propreté de N'Djamena"
En inaugurant six centres de transfert pour la gestion des ordures ménagères, le 11 janvier, la municipalité de N’Djamena poursuit sa politique d’assainissement de la ville. Cette cérémonie marque une étape dans un programme ambitieux.
Une actualité qui pourrait passer inaperçue tant la ville de N'Djamena vit dans l'excitation de l'élection municipale du 22 janvier, une grande première dans l'histoire du Tchad. Mais l'inauguration de six centres de transfert des déchets est une étape importante pour la municipalité et le gouvernement tchadien. La cérémonie d'inauguration s’est déroulée en présence entre autres, du ministre de l’Aménagement du territoire, de l’urbanisme et de l’habitat, de l’Ambassadeur de France et du Directeur adjoint de l’AFD.
Un programme ambitieux pour la propreté de la ville
"Tous ceux qui ont connu N'Djamena il y a quelques années et qui reviennent maintenant sont stupéfaits par la transformation de la ville en matière d'apparence et de propreté." estime Jean-Marc Pradelle, directeur de l'agence AFD à N'Djamena "Des mesures courageuses ont été prises en matière de propreté. Les routes ont été goudronnées, vous ne voyez plus un sac plastique dans les rues ou dans les arbres [car ils y sont interdits], des "brigades de nettoyage" ont été mises en place, une gestion des ordures a été initiée..."
Accompagnement psychosocial des personnes déplacées dans l'est du Tchad
Première pour l'AFD : dans l'est du Tchad, l'agence a greffé un programme d'accompagnement psychosocial dans des projets mis en oeuvre dans des zones de conflits ou de post-conflit. A mi-parcours, cet appui, mis en place dans une centaine de villages et une quarantaine de campements nomades, affiche des résultats positifs mais la question de la perennité du dispositif incite à rester modeste.
Au Tchad, l’AFD intervient dans l’accompagnement au retour des populations déplacées, à travers un programme d’appui à la stabilisation à l’est du pays.
Le programme doit permettre aux populations de disposer, dans leurs villages d’origine ou dans les zones de retour volontaires, de services de base tel que l’accès à l’eau potable, comparables à ceux auxquels elles ont eu accès dans les sites de déplacés, soutenus par l’action humanitaire. Il comprend également un volet de relance économique.
Lire l'interview de Jeanne Milleliri, chargée de projet au Tchad, et Thierry Liscia, responsable du traitement psychososocial à la cellule "Prévention des crises et sorties de conflits".
Une composante appui psychosocial au volet Santé du programme
Dans le troisième volet du projet, consacré à la santé, notamment via la construction ou la réhabilitation de cinq centres de santé, l’AFD a intégré, pour la première fois, un volet d’appui psychosocial à ces personnes dites "retournées".
Des communautés qui ne communiquent plus entre elles
Après cinq mois, les actions conduites ont déjà permis d’obtenir des résultats positifs : mieux-être des personnes prises en charge par les groupes d’entraide, complémentarité des actions psychosociales au volet santé primaire, participation des femmes à la gestion communautaire...
Ces actions psychosociales ont, en outre, permis de réunir des communautés qui ne communiquaient plus entre elles depuis longtemps. Or, cette juxtaposition de communautés est l’un des problèmes majeurs qui entravent le développement du Tchad.
| Eclairage et précisions par Jeanne Milleliri, chargée de projet au Tchad, et Thierry Liscia, responsable du traitement psychososocial à la cellule "Prévention des crises et sorties de conflits". |
Ce programme de soutien psychosocial post traumatisme est une nouveauté pour l’Agence française de développement. Pourquoi une telle initiative ?
L’agence intervient dans plusieurs pays en situation de conflits et de crises : Haïti, Territoires Palestiniens, Afghanistan, plusieurs pays africains… Dans ces contextes, il nous est apparu comme une évidence que l’impact sur le développement économique, social et humain de ces tragédies devait faire l’objet d’un traitement spécifique au plus proche de l’humain. Ainsi, le travail que nous effectuons dans plusieurs villages de la région de Goz Beida, au Tchad, est effectivement une première pour l’AFD.
Sur quels aspects travaillez-vous en priorité ?
Le traumatisme provoqué par des conflits extrêmement violents conduit certaines personnes à développer des troubles anxieux ou de l’humeur, type dépression, à ne plus croire en l’avenir, à se replier sur elles et ainsi à se désocialiser, voire à être sujettes aux addictions à des substances psychoactives. Nous soutenons donc des initiatives qui vont ainsi s’attacher à recréer du lien entre les personnes et à apporter un "soutien social" aux personnes qui en auraient besoin.
Ces troubles post-traumatiques touchent-ils toute la population ?
Heureusement non. On estime généralement que 60% des personnes s’en sortent grâce à leurs ressources propres, au soutien de leurs proches, ou à celui de la communauté ; 10 % vont développer des troubles lourds qui relèvent de la psychiatrie. Enfin 30% des personnes deviennent fragiles, vulnérables, et peuvent, si l’on n’y prête pas attention, développer à terme le type de troubles évoqué précédemment. On constate ainsi qu’une grande partie de la population est potentiellement concernée par l’apparition de ces troubles et peut, dès lors, nécessiter un accompagnement. C’est donc cette frange de population que nous souhaitons pouvoir accompagner au travers de certains projets de l’AFD.
Concrètement, quelles actions sont mises en place ?
D’une manière générale, des écoutes individuelles, des groupes de paroles, des groupes d’entraide… Les groupes de paroles ont un effet libérateur très fort. La parole soulage du fardeau du secret et le partage de ces expériences cruelles peut libérer de la honte, notamment chez les femmes victimes de viols.
Autre exemple, un système de tontine, tel que cela a été mis en place au Tchad, permet d’acheter des manuels scolaires aux enfants de parents qui ne sont plus à-même de vivre dans leur environnement, et, au-delà, d’inclure ces personnes dans un système de solidarité traditionnel et donc de les maintenir en lien avec la communauté.
Au cas particulier du projet au Tchad, COOPI, l’ONG italienne qui met en œuvre la phase 2 de ce projet, a commencé par créer des lieux dédiés à ce travail d’appui psychosocial : un lieu destiné au travail en groupe et une case dédiée à l’écoute individuelle.
Puis, dans chaque village, l’ONG a désigné et formé deux mobilisateurs communautaires, un homme et une femme, et a mis en place des groupes d’entraide solidaire, composés de dix femmes. Ces groupes ont pour fonction d’identifier les problèmes dans la communauté et les personnes présentant des troubles d’ordre psychosociaux.
Pour favoriser son ancrage dans le village, la constitution du groupe d’entraide a fait l’objet d’une déclaration signée à la fois par le chef du village et par le président du comité de santé.
A mi-parcours, quels sont les premiers résultats ?
Ils sont largement positifs au regard du peu de temps écoulé depuis la mise en place de ce programme et s’inscrivent en outre dans plusieurs registres :
- tout d’abord, le mieux-être des personnes prises en charge.
Les bénéficiaires directs d’une prise en charge individuelle par la psychologue de l’ONG ou des actions des groupes d’entraide font part de l’amélioration de leur bien-être. Outre une santé meilleure, cela leur permet de retrouver un emploi et de pouvoir, à nouveau, subvenir aux besoins de leur famille.
- la complémentarité des actions psychosociales avec les soins de santé primaire
L’introduction du psychosocial a permis de mieux comprendre ce qui se passait, tant dans la communauté que dans les centres de santé. Les témoignages recueillis au cours des formations psychosociales ont permis, par exemple, de mesurer l’impossibilité pour une femme d’exprimer ses affects lors des visites aux centres de santé, son mari prenant généralement la parole pour elle. Le personnel médical des centres de santé, constatant qu’écouter une personne leur permettait de mieux orienter leur action, a en conséquence exprimé son souhait d’être formé à l’accueil et à une meilleure prise en compte de la psychologie des personnes..
- la participation des femmes
Lors des premières visites de COOPI dans les villages, les femmes n’avaient pas été conviées par les hommes à assister aux échanges. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.
Les témoignages recueillis, tant par les hommes que par les femmes, ont souligné la réduction des conflits conjugaux et la meilleure prise en compte des femmes dans les décisions concernant la communauté.
- l’interaction réciproque entre les bénéficiaires individuels et la communauté
L’accent est mis sur la relation interpersonnelle, à savoir sur les moyens pour la communauté de prendre en compte les personnes en difficulté ou les malades. Ainsi, là où les actions psychosociales visent généralement à donner aux personnes ayant subi un traumatisme les moyens de se réintégrer dans la communauté, il s’agit ici d’agir également directement sur les pathologies qui peuvent affecter une communauté en cherchant à favoriser le « vivre ensemble ». Ainsi, la communauté est-elle impliquée dans des sujets tels la cohabitation entre ethnies, l’acceptation des « fous » dans la communauté et la déstigmatisation, l’attention à accorder à son enfant, les violences familiales, ou encore l’isolement des personnes dans le besoin, allant ainsi au-delà des seules pathologies mentales …
Quelles sont les perspectives d’avenir de cette initiative ?
Pour ce projet au Tchad, certains défis sont encore à relever pour cette première composante psychosociale dans un projet de l’AFD et notamment :
- la complexité liée à l’étendue des zones couvertes.
Le nombre de villages couverts par les centres de santé s’élève à une centaine, plus une quarantaine de campements nomades.
- et la pérennité des mobilisateurs communautaires.
Ceux-ci étant bénévoles, il existe dès lors un double risque (i) d’érosion de la motivation de ces animateurs, ne bénéficiant plus de la reconnaissance par la psychologue de l’ONG, et (ii) d’absence de légitimation par la communauté. Une solution pourrait alors être d’organiser une relation triangulaire hôpital - centres de santé - mobilisateurs communautaires, avec une supervision régulière de l’hôpital sur les centres et des centres sur les mobilisateurs.
Au-delà, il faut continuer à convaincre de la nécessité d’intégrer cette dimension dans les projets concernés. Cependant, grâce à l’appui de nombreux collègues qui soutiennent cette initiative, d’autres composantes psychosociales sont en train de naître au sein de projets liés aux différents métiers de l’AFD, de la santé au réaménagement urbain, en passant par l’éducation ou la micro-finance
Signature du pacte pour un partenariat international pour la santé (IHP+)
Olivier Cador, Directeur adjoint de l’AFD à N’djamena, a signé le 30 novembre 2011 le pacte pour un partenariat international pour la santé (IHP+) passé entre le Tchad et ses principaux partenaires. Ce partenariat vise à améliorer l’efficacité de l’aide, à favoriser la coopération inter-institutionnelle et à accroître les ressources du gouvernement et des partenaires du développement en matière de santé.
Les engagements s’articulent autour d’une élaboration et d’un suivi conjoints des outils de gestion dans le secteur de la santé. Pour le Tchad, pays dont les indicateurs sanitaires sont très préoccupants, la signature de ce pacte constitue une première traduction nationale des engagements pris par le Gouvernement en faveur du développement du système de santé.
détail d'une pancarte incitant au suivi des traitements antirétroviraux
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Au Tchad, l'AFD finance plusieurs projets dans les domaines de santé maternelle, néonatale et infantile. Elle participe également au renfocement des capacités des acteurs publics de la santé |
Plus récemment, elle a également fait l’expérience des nouveaux outils de financement (cofinancement, facilités sectorielles ONG) qui viennent enrichir ses modes de partenariats avec les ONG.
L'AFD et son action mis à l'honneur par les autorités tchadiennes
L'action de l'AFD vient d'être distinguée au Tchad, à l'occasion du départ de l'assistant technique engagé sur les projets emblématiques de l'agence à N'djamena. Par décret présidentiel, Jean-Michel Dauge a été nommé chevalier de l'Ordre national du Tchad, la plus haute distinction du pays, diplôme remis par le ministre de l'Aménagement du Territoire, de l'Urbanisme et de l'Habitat (MATUH), en présence du personnel de l'agence et d'Anne Burlat, qui lui succède.
Cette distinction porte sur le projet de renforcement des capacités de ce ministère stratégique qui ne gérait, en 2002, que le seul projet de drainage des quartiers de N'djamena.
Financé par l’AFD, ce projet a depuis fait des émules puisque le MATUH assure désormais la maîtrise d'ouvrage de plusieurs programmes financés par l'agence. Ce ministère a ainsi produit les premiers plans de développement urbain du pays et a attiré d'autres financeurs, parmis lesquels la Banque mondiale, le PNUD, l'Union européenne et, récemment, la Banque de Développement des Etats d'Afrique Centrale (BDEAC).
Il mobilise également des financements de l'Etat, dont le cofinancement avec l’AFD du projet hydro-agricole du Bahr Linia, au Sud de la ville .
Des fruits et des légumes locaux pour les habitants de N'djamena
A l’occasion de sa visite, Gérald Collange, directeur adjoint de la division Afrique de l’AFD, a signé avec Christian Georges Diguimbaye, ministre des finances et du budget tchadien, une convention de financement d’un projet d’aménagement hydro-agricole,pour un montant de 5 millions d’euros.Ce projet vise à réaménager le Bahr Linia, un bras temporaire du fleuve Chari qui traverse la capitale du pays, N’djamena.
Le projet, localisé en périphérie sud-est de la capitale, vise à remettre en eau régulière et l’irrigation d’environ 2 000 hectares de cultures, en particulier maraîchères et fruitières. Cette nouvelle zone de culture, qui favorise également le développement de la pisciculture et de l’élevage, bénéficiera directement à la ville de N’djamena, qui compte plus d’un million d’habitants.
2 000 hectares pour améliorer l'indépendance alimentaire du Tchad |
En effet, avec un taux de croissance démographique de près de 5 % par an, les besoins en produits agricoles augmentent rapidement dans la capitale. Avec ce projet, la ville va limiter sa dépendance vis-à-vis des importations, et notamment en provenance du Cameroun, pays frontalier.
La périphérie du Bahr Linia devrait ainsi devenir la seconde zone d’approvisionnement de la capitale, après les rives du lac Tchad.
Une vendeuse sur le marché de Linia
Partenaire de l’AFD, l’Etat tchadien apporte un cofinancement d’environ 4 millions d’euros. La maîtrise d’ouvrage de ce projet sera assurée par le ministère tchadien de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme et de l’habitat (MATUH).
Enfin et dans le but d’assurer un développement harmonieux de la production, un Plan Foncier Rural sera déployé autour de ce projet, comme cela est régulièrement pratiqué dans d’autres pays d’intervention de l’AFD.
Ce plan foncier doit permettre :
- de recenser les parcelles agricoles
- d’identifier des unités foncières par des numéros attribués aux parcelles
- d’enregistrer les ayants-droit avec les droits exercés ou détenus
- de fournir la description physique des parcelles sous la forme d’un document graphique grâce à la collaboration de tous les acteurs concernés
- de constater et enregistrer les mises en valeur.
