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Depuis 1997, l'AFD finance les secteurs clefs du développement du pays. Comment intervient-elle ?

 

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Avec ses 3 millions d'habitants, Saint Domingue est confrontée à des problèmes croissants de congestion urbaine et de transport.

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Une part importante de la population dominicaine n’a pas accès au secteur bancaire. Le groupe de l'AFD appuie la microfinance en faveur de cette population..

 

 

 

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Dans un pays où l'enseignement supérieur est assuré en partie par des universités privées, comment faciliter l'accès des étudiants issus de familles modestes ?

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Repenser les quartiers précaires à Saint-Domingue

31/05/2017

Saint-Domingue, une capitale sensible aux aléas climatiques et dont la partie est accuse un retard en matière d’équipements, d’infrastructures et de logements. La question du développement urbain y est primordiale. C’est pourquoi l’AFD et le ministère de l’Économie, de la Planification et du Développement dominicain ont organisé un séminaire dédié les 16 et 17 mai 2017.

Quand les villes du monde entier coopèrent

Afin de promouvoir et de contribuer au développement urbain durable de Saint-Domingue, l’AFD a organisé le séminaire “Métropolisation et réaménagement durable des quartiers vulnérables du Grand Saint-Domingue” les 16 et 17 mai 2017. Un événement organisé en collaboration avec le ministère de l’Économie, de la Planification et du Développement de la République Dominicaine.

Lors de cette rencontre enrichissante, les participants ont partagé leurs expériences et savoir-faire. L’occasion également de renforcer les échanges entre les autorités de la capitale et des représentants de villes étrangères comme Bordeaux en France, Petit-Bourg en Guadeloupe, Port-au-Prince en Haïti et Porto Novo au Bénin.

Au cœur des discussions, le développement urbain : valorisation foncière et gestion des risques dans les projets urbains, amélioration de l’accès aux services ou encore amélioration de la mobilité des habitants des quartiers dits vulnérables.



Comment mieux répondre aux défis urbains de Saint-Domingue ?


En outre, ce temps de réflexion a été l’occasion de débattre autour des défis posés par la métropolisation de Saint-Domingue et par le développement de quartiers vulnérables aux inondations situés le long des berges des fleuves Ozama, Isabela et Haina.

L’expérience du quartier de La Barquita à Saint-Domingue a bien sûr été évoquée : ce programme de réaménagement territorial et de mobilité urbaine a changé la vie des habitants de ce quartier inondable et précaire.

Avec ce projet, près de 8000 personnes ont ainsi été relogées dans un quartier flambant neuf, La Nueva Barquita : un quartier coloré qui leur offre de meilleures conditions de vie et des services dont ils ne bénéficiaient pas auparavant. Le projet, financé par l’AFD, a été réalisé par l’opérateur public dominicain URBE.

Le séminaire a rassemblé un public varié : des institutions publiques et privées dominicaines, des organismes internationaux, des représentants de la société civile, des urbanistes, architectes et professionnels du secteur soucieux des problématiques du développement urbain durable. Il s’inscrit dans la continuité de l’atelier métropolitain de Saint-Domingue, organisé en mars 2017 par le ministère.



2016, une année record pour l'AFD

11/05/2017

Avec un record 2016 de 9,4 milliards d’euros d’engagements, l’AFD investit de nouveaux chantiers, notamment en Afrique continentale.

Rémy Rioux, Directeur Général de l’AFD, a présenté ce jour les résultats de l’AFD pour l’année 2016, dans la perspective de sa stratégie pour 2020.

A la demande du Président de la République en 2015, l’AFD a nettement augmenté le volume de ses financements conformément aux objectifs de la communauté internationale (ODD, Accord de Paris sur le climat), scellé son alliance stratégique avec la Caisse des Dépôts et Consignations et étendu son champ d’intervention.
 

 

Rémy Rioux, son Directeur général, décrypte la stratégie de l’AFD : « 2016, l’année de ses 75 ans, a été marquée par l’accroissement des engagements de l’AFD, son alliance stratégique avec la Caisse des Dépôts et Consignations et le renforcement de ses partenariats avec la société civile, les collectivités territoriales, le secteur privé, les banques de développement bilatérales et multilatérales, les institutions européennes et les grandes fondations. Avec 9,4 Md€ d’engagements, l’AFD a repris une trajectoire de croissance ambitieuse pour accompagner les grandes transitions dans les pays en développement et dans les Outre-mer français. Avec sa nouvelle stratégie, l’AFD jouera un rôle moteur pour soutenir l’émergence d’un monde en commun. »

En 2015, l’AFD a reçu du Président de la République l’objectif d’accroître son activité de + 60 % d’ici 2020 pour atteindre près de 13 Mds € d’engagements annuels. En 2016, cette trajectoire de croissance est engagée.

9,4 milliards d’euros de projets ont été financés par l’AFD : c’est +13 % en 1 an.

L’Afrique, toute l’Afrique, est la priorité de l’Agence, avec près de 4 Mds € d’engagements en 2016 en hausse de +25%.

  • De 2010 à 2016, 22 milliards d’euros ont été engagés en Afrique
  • En janvier 2017, au Sommet de Bamako, le Président de la République a pris un engagement encore plus ambitieux pour l’AFD : sur les cinq prochaines années, 23 milliards d’euros seront engagés pour l’Afrique
  • Pour soutenir le développement des énergies renouvelables, l’AFD a engagé 600 millions d’euros en Afrique en 2016. Elle prévoit de leur consacrer 3 milliards d’euros d’ici 2020.

L’AFD agit dans de nouveaux pays et de nouveaux secteurs :
  

  • Argentine, Cuba, Balkans : l’AFD va élargir son champ d’intervention géographique, partout où l’accompagnement d’une banque de développement engagée et solidaire est utile.
  • La nouvelle stratégie de l’agence ouvre des chantiers d’avenir, dans des secteurs sur lesquels l’AFD n’intervenait pas ou peu jusqu’ici : la gouvernance, les industries culturelles, l’enseignement supérieur, l’innovation et le numérique, le social business, l’action extérieur des collectivités locales, l’éducation au développement et à la solidarité internationale.

L’AFD et la CDC : une alliance stratégique active sur le terrain
L’alliance stratégique entre les deux institutions, signée le 6 décembre 2016, se concrétise sur le terrain. A l’international, elle se traduit par des outils communs, comme le fonds d’investissement dans les infrastructures de 600 M€ dont la création a été annoncée récemment par les deux Directeurs généraux au Burkina Faso. En France, elle permet une collaboration plus étroite avec les collectivités territoriales et tous les acteurs du développement dans les territoires.

Pour aller plus loin, lire la présentation détaillée des résultats de l'AFD en 2016


L’action de l’AFD en 2016

Une action sur les cinq continents :

  • 50 % des engagements financiers de l’AFD dans les pays étrangers (près de 4 Mds € en 2016 soit +25% en un an) vont à l’Afrique, toute l’Afrique, priorité de l’action de l’Agence, où 84 % des moyens budgétaires accordés par l’Etat sont concentrés. Dans sa nouvelle stratégie, l’Agence considère l’Afrique comme un tout. Du Maroc à l’Afrique du Sud, du Sénégal à Djibouti, avec ses dynamiques régionales, sans séparer le Nord du Sud du Sahara.
  • 20 % en Asie et dans le Pacifique pour financer des projets sobres en carbone (1,3 Mds € en 2016)
  • 20 % en Amérique Latine et Caraïbes, en particulier au service du développement urbain durable (1,1 Mds € en 2016)
  • 10 % au Proche et Moyen-Orient : pour financer une croissance inclusive et résiliente (741 Millions € en 2016)

L’AFD a également consacré 1,6 Md€ en 2016 au financement des Outre-mer français.

Les marqueurs de l’action de l’AFD : 6 x 50%

L’AFD, banque de développement de la France, solidaire et engagée au service des populations des pays du Sud et de l’Outre-mer, agit avec 6 marqueurs forts :

  • 50% de ses engagements à l’étranger sont en Afrique
  • 50% de son activité concerne des pays et territoires francophones
  • 50% de ses projets ont des impacts positifs sur le climat
  • 50% de ses projets contribuent à la réduction des inégalités de genre
  • 50% de ses bénéficiaires sont des acteurs non-étatiques (entreprises publiques et privées des pays du Sud, collectivités locales, établissements publics, ONG, banques)
  • 50% de ses projets sont menés en cofinancement avec d’autres bailleurs

L’AFD finance des trajectoires de croissance durable contribuant aux cinq transitions majeures dans lesquelles les pays en développement, comme les pays développés, sont engagés : transitions démographique et sociale, transition territoriale et écologique, transition énergétique, transition numérique et technologique, transition politique et citoyenne.

Des solutions qui génèrent des impacts positifs pour les populations

En 2016, l’AFD a financé 657 projets de développement, qui ont notamment permis :

  • d’améliorer le transport urbain en Nouvelle-Calédonie ;
  • de gérer les tensions entre populations hôtes et réfugiées au Liban et en Jordanie ;
  • de construire l’autonomie électrique du Burkina Faso ;

Des projets aux impacts concrets mesurables chaque année. En moyenne depuis 5 ans : 

  • 730 000 exploitations agricoles familiales soutenues ;
  • 665 MW d’énergies renouvelables installés ;
  • un accès à l’eau et à l’assainissement amélioré pour 1, 2 million de personnes ;
  • 54 000 PME appuyées ;
  • 832 000 enfants scolarisés.

Accéder à l'infographie   



Plan Sierra : les graines de l’espoir en République Dominicaine

15/02/2017

Depuis 2001, l’AFD finance un programme unique combinant reforestation, protection des sols et valorisation des ressources naturelles de la Cordillère centrale. Quinze ans après, la vie des habitants de la Sierra en est changée.

Dans les régions montagneuses du centre de la République Dominicaine, l’exploitation forestière, la culture sur brûlis et l’élevage intensif ont fait au 20ème  siècle des ravages : déforestation, sols érodés et appauvrissement de la ressource en eau. Là comme ailleurs, d’inévitables corollaires s’en sont suivis : exode rural et perte de l’activité économique des territoires. Dans un contexte de révolutions agraires, les gouvernements ont pris des mesures à la fin des années 60. Les terres ont été envahies informellement mais sans accompagnement effectif, une réaction était nécessaire.

Des pins et des caféiers pour récupérer les sols
Plan Sierra est un partenariat public privé né en 1979 dans la région du bassin versant du fleuve Yaque del Norte, au Nord-Ouest du pays. Initié par un groupe d’émigrés aux Etats-Unis et de notables locaux, il est soutenu depuis 2001 par l’AFD.  « Avant, explique Juan Rodríguez, un sylviculteur, on trouvait ici de nombreuses surfaces rasées car nous, les habitants qui y vivions, nous nous consacrions aux conucos (cultures familiales sur abattis-brûlis) et à la coupe illégale de bois.» « L’état d’esprit a bien changé, ajoute Victor Tolentino, l’un de ses voisins qui est lui principalement éleveur. Avec l’appui de Plan Sierra, nous avons démarré par l’ensemencement de pins. Mais, comme moi, la grande majorité des éleveurs plantent maintenant aussi des arbres. En plus d’être bénéfique sur le plan environnemental, c’est aussi une activité commerciale… Grâce à cela, nous avons apporté du confort à nos animaux et de la vie à nos campagnes !»
Pins, caféiers, arbres fruitiers... Il s’est agi de couvrir les sols pour récupérer de façon écologique le territoire. « Nous avons recherché des alternatives pour atténuer l’impact de l’élevage dans la Sierra, explique Eddy Peralta, directeur Exécutif de Plan Sierra. Et nous sommes parvenus à la mise en place de systèmes sylvopastoraux dans lesquels se combinent harmonieusement arbres, pâturages et élevage laitier. »


 

Le renouveau économique et social de la Sierra
Quinze ans plus tard, les résultats sont plutôt éloquents : de 700 litres de lait par jour, la production est passée à plus de 20 000 litres. Poussée par une forte demande, l’intensification durable par les systèmes sylvopastoraux est une grande réussite.
La Sierra dispose aujourd’hui de la pépinière la plus moderne du pays. A ce jour, le programme Plan Sierra II a permis la reforestation de plus de 7 400 hectares. 89 systèmes sylvopastoraux ont été mis en place représentant une surface totale de 329 hectares.
Après avoir connu un fort exode rural, notamment avec une émigration aux USA,  la région vit un vrai renouveau économique et social.  591 familles ont bénéficié de la création de systèmes d’adduction avec l’appui technique de Plan Sierra. 3 780 participants ont assisté à 183 activités de sensibilisation (ateliers, conférences et cours) dispensées par Plan Sierra.
 


Une approche globale de préservation environnementale
Le Plan Sierra ne se limite toutefois pas à un programme d’amélioration des pratiques agricoles. Assainissement, gestion des déchets, accès au crédit rural et même tourisme…  Tout est intégré. « Dès le départ, l’idée a été de gérer l’écosystème mais aussi le socio-système, précise Grégory Villeneuve, directeur de l’AFD en République Dominicaine. Toute la force et l’originalité de Plan Sierra est d’être un vrai plan global de préservation d’un territoire rural. Pour garantir aux populations la possibilité de rester dans la région de façon durable, l’enjeu a été de créer des mécanismes de génération de richesse qui prennent en compte la préservation de l’environnement. »

Un accès à une eau de qualité pour les habitants
L’approvisionnement en eau est enfin une dimension importante du projet. Dans la Sierra, de nombreuses familles vivaient à plus de 2 ou 3 km des points d’eau... Disponibilité comme qualité de cette ressource fondamentale pâtissaient par ailleurs des anciennes pratiques agricoles.  Dans le cadre du plan, systèmes d’adductions et d’irrigation ont pu se développer à travers des organisations de gestion locales. Et l’objectif n’a pas été de faire seulement en sorte qu’une canalisation arrive dans chaque foyer, mais aussi que l’eau qui en sorte soit de qualité.


 

Aller plus loin…
 « De nombreuses réussites sont à mettre au crédit du plan Sierra,  ajoute Inmaculada Adames, la Presidente de Plan Sierra. Il faut les consolider… Avec  l’AFD, nous traçons les lignes directrices d’un possible Plan Sierra III qui pourrait plus associer les collectivités locales. Et nous discutons avec l’Etat Dominicain pour voir comment étendre et améliorer cette expérience. Pas seulement avec le bassin versant Yaque, mais aussi avec les sept grands autres bassins versants qui composent le territoire dominicain. »
 



Développement urbain durable de Saint Domingue : l’AFD effectue un don au centre de recherche de l’université UNIBE

25/01/2017

Afin de promouvoir et d’appuyer le développement urbain durable, notamment du secteur du transport à Saint Domingue, l’AFD a remis un don de 3100 euros au Centre de recherche sur le transport durable et les infrastructures (CITIES) de l’ Université ibéro-américaine (UNIBE) de Saint-Domingue.

 

Relever le défi de la mobilité urbaine à Saint Domingue

L’acte de remise de la donation a eu lieu le 26 janvier 2017 à l'Université ibéro-américaine (UNIBE) de Saint-Domingue en présence de représentants des deux institutions.

L’objectif de ce don au bénéfice du Centre de recherche sur le transport durable et les infrastructures (Centro de Investigación de transporte sostenible e Infraestructura, CITIES) est de renforcer les échanges entre la République Dominicaine et la France dans le secteur du transport afin de contribuer à l’amélioration de la qualité de vie des habitants de Saint Domingue.

 

 
 
Étaient présents les représentants d'Université ibéro-américaine (UNIBE) et de l'AFD: de gauche à droite: Jhael Isa, professeur responsable du CITIES, Loraine Amell, responsable du département des relations internationales et institutionnelles, Julio Amado Castaños Guzmán, recteur de l’université, Aída Mencía, responsable du département de recherche académique, Valéry Vicini, responsable des opérations, Marie Joly, chargée de projets dans le secteur du transport urbain et Douglas Carvajal, directeur de l’école d’ingénierie.
 
 
 
Pour mieux planifier, solliciter la recherche
 
Par ailleurs, cette subvention permettra de promouvoir des échanges d’expériences bénéfiques : en effet, de nombreuses institutions françaises ont travaillé en collaboration avec des agences spécialisées et des centres de recherche pour développer leurs plans de mobilité urbaine et réaliser des études complémentaires facilitant leur mise en œuvre et le calcul de leurs impacts.
 
Cette subvention de l’AFD a pour objectif de financer la réalisation d’un voyage d’études en France afin de renforcer les relations entre le CITIES et des centres et des universités françaises spécialisés dans le même secteur de recherche. L’objectif de cette visite est donc de créer de nouvelles opportunités et des modèles de transport dont les villes dominicaines pourront s'inspirer : c’est par exemple le cas de la ville de Bordeaux qui avait des problématiques similaires à celles de Saint Domingue.
 
Ce voyage d’études permettra à l’ingénieur Jhael Isa, responsable du CITIES, d’échanger avec des agences d’urbanisme mais aussi avec des institutions locales et des centres de gestion du transport, pour laquelle l’expertise française est reconnue. Cet échange vise à appuyer le développement d’une meilleure planification dans le secteur du transport et de l'intermodalité entre les modes et les usages de transport à Saint Domingue. 
 
 
 
De l’Aquabus au téléphérique urbain, des transports durables
 
Durant cette rencontre, Jhael Isa a souligné que la coopération de la France a énormément contribué au développement du secteur du transport en République Dominicaine, grâce à l’importation de sa technologie pour les projets liés au réseau de Métro de Saint-Domingue et au futur téléphérique, qui bénéficient également des financements de l’AFD.
 
Jhael Isa a également indiqué que cette rencontre pourrait être le début d’un important partenariat pour le développement de la capitale, à travers l’exécution de projets dans ces secteurs majeurs.
 
Dans le secteur du transport, l’AFD soutient activement :


A Saint-Domingue, le développement urbain intégré concilie lutte contre la pollution et lutte contre la pauvreté

01/12/2014

C’est un projet innovant de développement urbain auquel l’AFD vient d’apporter son financement dans la capitale de République dominicaine. Au programme : le déplacement et relogement des 8000 habitants d’un quartier marginalisé vivant au bord du d’un fleuve très pollué et sujet aux inondations, la réalisation d’un système de bus fluvial qui sera connecté à l’extension de la deuxième ligne du Métro, troisième volet du financement.
Gilles Genre-Grandpierre et Marie Joly, de l’agence AFD de République dominicaine nous en révèlent les enjeux et les détails.

En quoi le projet urbain que va financer l’AFD à Saint-Domingue est-il innovant ?

C’est un projet innovant en République dominicaine et dans la zone Amérique latine et Caraïbes car il intègre économiquement et socialement des populations complètement marginalisées dans un schéma de planification urbaine comprenant également le développement des transports publics et la lutte contre la pollution.

D’une part, le projet concilie des objectifs économiques, sociaux et environnementaux : le déplacement de populations très pauvres de quartiers excentrés et inondés quatre mois par an vers une nouvelle zone et la réalisation d’un système de transport fluvial (Acuabús) relié au projet d’extension du Métro conçu pour que ces populations puisse rejoindre les centres d’activités économiques et sociales de Saint-Domingue par des moyens de transport publics bon marché et peu « émitifs » (en gaz à effet de serre)
[Le Métro de Saint-Domingue a été réalisé et est opéré par un consortium français comprenant Alstom, Thalès, TSO et CIM.]

D’autre part, il est porté par une Commission spéciale rattachée à la Présidence de la République et qui a pour caractéristique de réunir des acteurs institutionnels et privés (Etat, communauté urbaine, ville, société civile, entreprises privées, etc.) qui n’ont que rarement travaillé ensemble jusqu’ici. On peut même parler d’un projet urbain intégré « à la française » de ce point de vue. Enfin, une autre innovation est à noter : c’est un Chef d’entreprise privée qui a été nommé à la tête de ce projet public.

Pouvez-vous détailler les différents volets de ce programme ?

Le projet se concentre sur la partie orientale de la ville. Ce territoire illustre les défis du développement urbain en République Dominicaine. La partie est de Saint-Domingue accuse un retard en matière d’équipements, d’infrastructures et de logements, source de précarité pour sa population qui avoisine le million d’habitants. Elle est aussi particulièrement sensible aux aléas climatiques. Sous l’impulsion du Président Danilo Medina, souhaitant améliorer les conditions de vie des populations vulnérables, les autorités dominicaines ont lancé un programme ambitieux d’aménagement, de relogement et de mobilité urbaine à Saint-Domingue Est en commençant par le quartier de La Barquita, objet du financement de l’AFD.

Le projet consiste d’abord à déplacer le quartier de La Barquita vers une nouvelle zone proche aménagée et dotée de services de base et d’équipements communautaires (La nueva Barquita) où les habitants seront relogés. La Barquita actuelle est un quartier précaire de 8 000 habitants, particulièrement vulnérable aux phénomènes climatiques puisque situé dans un coude du fleuve Ozama, créant un effet de siphon. Lors des périodes de tempêtes, d’ouragan et de fortes pluies, la partie basse du quartier est systématiquement inondée, sur une hauteur pouvant atteindre 6m. Le quartier de la Barquita déménagé fera également l’objet d’une réhabilitation environnementale avec sa transformation en parc fluvial.

Ensuite, les habitants relogés qui ne disposent que rarement de véhicule privé, travaillent le plus souvent dans le secteur informel pour des salaires très faibles (la moitié d’entre eux ont des revenus mensuels inférieurs à 100 €, salaire mensuel minimum en République Dominicaine, et utilisent en priorité la marche et les mototaxis, coûteux, très polluants et souvent dangereux, seront desservis par l’Acuabús, nouveau transport fluvial sur le fleuve Ozama, doté de dix station.

Enfin, l’Acuabús sera directement connecté à l’une des stations de l’extension de la ligne 2 du métro qui franchira symboliquement le fleuve Ozama et sera dotée de quatre stations supplémentaires sur quatre  kilomètres vers l’Est. Les habitants de La Barquita n’avaient pas jusqu’ici accès aux modes de transport formels que sont le bus et le métro beaucoup moins onéreux que les transports informels.

Quels effets et impacts attend-on du projet ?

L’objectif de ce programme pilote ambitieux, et qui va servir de modèle d’aménagement pour d’autres quartiers précaires de Saint-Domingue, est bien évidemment d’améliorer les conditions de vie des populations des quartiers précaires et des habitants de Saint-Domingue Est.

Il s’agit de :
•    résorber les quartiers précaires par l’amélioration les conditions de logement d’environ 8 000 personnes qui vivent actuellement en zone inondable et doivent quitter leurs habitations quatre mois par an,
•    rééquilibrer le territoire de la métropole en uniformisant le niveau d’équipement,
•    proposer une offre de transport public intermodal (Acuabús et Metro) à Saint-Domingue Est pour désenclaver les quartiers et permettre des gains de coûts et de temps (tous les deux pouvant être divisés par deux), de sécurité et de confort. L’extension du métro doit permettre une réduction d’émissions, certes modeste, de l’ordre de 200 000 tonnes de CO2 au maximum par rapport au scénario de référence.
•    aménager les berges des fleuves Ozama et Isabela,
•    préserver les ressources naturelles et l’environnement de la ville de Saint-Domingue en agissant contre la pollution du fleuve et de la mer des Caraïbes dans laquelle il se jette.

► Moyen de financement : Prêt à l’Etat dominicain
► Montant du prêt : 210 M dollars US



 
 
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