Enfants sur le chemin de l'école
L'AFD s'engage pour le développement en Haïti

 Active en Haïti depuis près de 40 ans, l'AFD finance sous forme de dons des projets mis en oeuvre par l'Etat et les institutions publiques du pays.

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L'AFD en Haïti
Travailleurs sur le chantier de l'Hopital
Reconstruire en mieux

 Depuis le séisme qui a frappé Haïti le 12 janvier 2010, l’AFD a mis en oeuvre plus de 160M€ pour la reconstruction du pays.

A ce jour 90M€ ont été utilisé par les autorités haïtiennes.

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5 ans après le séisme

À la une

Haïti : interroger les limites de l’aide

12/06/2017

L’histoire haïtienne invite à une réflexion profonde sur les réussites et les limites des projets initiés par les bailleurs de fond. Comment prendre le temps du développement ? Quelles sont les conditions d’une meilleure compréhension mutuelle ?

Haïti récalcitrante à l’aide ?

En Haïti, plus qu’ailleurs, se fissurent les illusions de l’aide au développement. Le désenchantement plane sur ce pays où s’amoncellent les projets, les montants et les bons sentiments. Haïti récalcitrante à l’aide ? Son histoire atteste d’une tradition de contestation de l’ordre établi, depuis la brèche ouverte avec l’indépendance de 1804 dans le combat pour les libertés humaines. Et si Haïti avait raison dans sa résistance à l’aide ?

Le cas haïtien doit être pris comme une opportunité inédite de s’interroger profondément sur les limites des bailleurs de fonds, en tout cas de l’un d’entre eux, l’AFD. Il invite à considérer l’aide au développement dans toute sa complexité, sa diversité, ses multiples formes et composantes.

L’aide révèle une discordance de temps. Les impératifs temporels de gestion d’un projet d’aide au développement se conjuguent souvent mal avec le temps nécessaire à son appropriation et au déploiement de ses impacts. En Haïti, le temps est tressé de discontinuités de tous types : cahots politiques, accidents naturels et climatiques. Entre urgences récurrentes et enjeux structurels, comment travailler au rythme propre à réconcilier ces décalages ? On ne peut pas décréter l’échec au bout de quatre ans seulement. Pourquoi ne pas se laisser 10 ou 15 ans ?

 

« L'impact de l'aide se situe au-delà du quantifiable »

Notre histoire montre que nous sommes installés en Haïti dans la durée, malgré quelques années d’interruption de notre coopération. Accepter la lenteur nécessiterait de s’affranchir de logiques supérieures et impérieuses, aux premiers rangs desquelles la pression de démontrer des résultats rapides, afin de justifier de l’utilisation des fonds auprès du contribuable, afin de respecter les principes d’efficacité de l’aide.

Il y a en Haïti des projets qui marchent et qui durent, des investissements qui sont entretenus et portent leurs fruits, transforment les terroirs et les destins. Mais les grands agrégats économiques n’en rendent pas compte, et ceci alimente un sentiment d’échec.

Or l’impact de l’aide se situe aussi au-delà du quantifiable, dans la sédimentation et la transmission : de belles aventures humaines comme le projet « bornes fontaines » en témoigne. Ce projet qui a créé à partir de 1955 un système de desserte en eau potable dans des quartiers défavorisés de Port-au-Prince est désormais inscrit dans le paysage. À travers les infrastructures d’eau et les associations d’irrigants, il a influé de manière irréversible sur l’organisation sociale de plusieurs quartiers.

En matière d’aide, il devient donc urgent de prendre en compte le caractère multidimensionnel de la réalité, de réévaluer le sens des priorités. Quel pays mieux placé qu’Haïti, où les déceptions de l’aide sont légion et confinent à l’absurde, pour amorcer la réflexion ? Face à l’excès, voire la surenchère d’études et de projets qui se succèdent : et si c’était sur nous qu’il fallait faire porter l’effort ?

 

Retrouvez la suite et l’intégralité du texte de Margaux Lombard et François Pacquement sur ID4D .
 



Haïti : comment prendre le temps du développement ?

22/05/2017
À l'occasion de la Semaine de l'Amérique latine et des Caraïbes et des 40 ans de notre présence à Haïti, l'AFD et ID4D vous propose un rendez-vous événement pour mieux comprendre le temps du développement.
 
 
Mardi 6 juin 2017 de 18h00 à 20h00
Amphithéâtre du Mistral, 3 place Louis Armand, Paris 12ème

 

 

Cette conférence vise à s’interroger sur les ressorts de la coopération internationale dans des contextes fragiles, où se côtoient urgences répétées et enjeux plus structurels.

L’aide au développement éprouve historiquement des limites relatives à sa temporalité. La gestion classique d’un projet de développement, souvent standardisée, se conjugue parfois mal avec le temps nécessaire à son appropriation.

Et ce d’autant plus en Haïti, où les acteurs de l’aide eux-mêmes sont sceptiques quant aux bienfaits de leurs actions et où la société civile s’émeut de plus en plus d’une présence venue d’ailleurs.

Comment, dans un tel contexte, accepter la complexité, faire l’éloge de la lenteur, et adapter les modes de faire ? Un projet avec un début et une fin est-il pertinent dans un contexte de grande fragilité ? Le sujet sera débattu par un panel d’intervenants de haut niveau, issus du champ politique, culturel, ou encore institutionnel.

 

Conférence-débat animée par Philomé ROBERT, journaliste haïtien, intervenant sur France 24, journaliste sur RFI, co-auteur de l’ouvrage « Haïti, réinventer l’avenir »

En présence notamment de :

  • Jean Max Bellerive, Premier ministre d’Haïti de 2009 à 2011
  • Joël Boutroue, coordinateur général des Nations Unies en Haïti de 2006 à 2009
  • Hervé Conan, directeur du département Amérique Latine et Caraïbes de l’AFD
  • Anne Lescot, anthropologue et documentariste, chargée de mission Haïti à la Fondation de France

 

Inscription obligatoire

 

 Organisée en partenariat avec

 

  ● rfi.fr ●  france24.com ●   francemediasmonde.com ● 



Après l’ouragan Matthew : l’AFD cofinance l’initiative des ONG dans le Grand Sud

20/04/2017

Le 4 octobre 2016, l’ouragan Matthew a frappé Haïti : une catastrophe qui a touché 2,1 millions de personnes, soit environ 20 % de la population, dans le sud-ouest et le nord-ouest du pays. Pour répondre aux besoins des populations locales, l’AFD va cofinancer les initiatives de deux consortiums d’ONG, axées sur l’éducation et l’agriculture dans le Grand Sud.

 

À la suite de l’ouragan Matthew qui a frappé Haïti le 4 octobre 2016, notamment les départements de la Grande Anse, du Sud, des Nippes et du Nord-Ouest, l’AFD a mobilisé la réserve post-crise pour l’initiative des ONG et lancé un appel à projets favorisant le regroupement en consortiums pour une meilleure coordination

À l’issue du processus de sélection, deux projets ont été retenus.

 

Bord de mer dévasté de la commune des Abricots, départements de la Grande Anse
 
 
Éducation : réhabiliter les écoles dans le Grand Sud
 
La catastrophe n’a pas épargné les écoles du pays : nombreuses ont été entièrement détruites ou endommagées, un bilan qui affecte la scolarité de nombreux enfants dans un contexte où les familles manquent de moyens pour envoyer leurs enfants à l’école.
 
Afin de favoriser le retour et le maintien des enfants à l’école,  l’association Solidarité Laïque mène un consortium comprenant le Secours Islamique France (SIF) , SOS Enfants sans frontières (SOS ESF) , Électriciens sans frontières (ESF) , la Cohalition haïtienne des volontaires (COHAIV) et l’Association des techniciens professionnels en construction moderne (ATPROCOM).
 
Pour mener à bien cette mission, le projet prévoit de :
  • réhabiliter les bâtiments ;
  • remplacer le mobilier scolaire endommagé ;
  • distribuer des kits scolaires et pédagogiques ;
  • rééquiper les cantines scolaires ;
  • électrifier les écoles ;
  • re-végétaliser les alentours des écoles ;
  • subventionner le retour à l’école des enfants issus des familles les plus vulnérables.
 
 

Une école à proximité de Jérémie : les élèves étudient à l’extérieur de la salle de classe dont le toit a été emporté par les vents

 

Clé de voûte du projet, la mise en réseau des acteurs de l’éducation : société civile, autorités locales, institutions nationales et internationales, tous sont impliqués.

Au total, ce sont près de 21 000 enfants répartis dans 60 écoles des départements de la Grande Anse, du Sud et des Nippes qui seront concernés par cette initiative. 

Le projet d’une durée de 30 mois est cofinancé par l’AFD à hauteur de 1,8 million d’euros (50 % du montant total). 

 

Sécurité alimentaire : vers une meilleure résilience du Grand Sud
 
L'insécurité alimentaire, déjà élevée juste après le passage de l’ouragan Matthew, s'est encore aggravée ces derniers mois, affectant particulièrement la population rurale. 
 
Améliorer la sécurité alimentaire, la sécurité nutritionnelle et l’accès à l’eau : ce sont les objectifs poursuivis par le GRET et AVSF , regroupés en consortium, afin de contribuer à la résilience des populations dans le Sud et la Grande Anse.
 
Les actions au programme :
  • relancer la production agricole ;
  • réhabiliter un système d’irrigation (Canal de Fidel à Saint-Louis du Sud) ;
  • appuyer le développement de productions agricoles ;
  • développer l’agroforesterie ;
  • sensibiliser aux bonnes pratiques d’hygiène et d’alimentation.
 

Prise du canal d’irrigation Fidel à Saint-Louis du Sud
 
 
Le projet d’une durée de 35 mois est cofinancé par l’AFD à hauteur de 1,6 million d’euros (49,7 % du montant total). Il bénéficiera à 5500 producteurs, 1200 femmes enceintes et 12000 usagers de l’eau.
 
 
 
Contact : Matthieu Génin geninm@afd.fr

 



Comment intervenir dans les zones vulnérables et en crise ?

30/03/2017

La mission de la cellule crises et conflits de l’AFD en Haïti a donné lieu à l’organisation d’une conférence consacrée aux interventions en zones vulnérables. Une thématique qui prend tout son sens dans l’un des pays les plus vulnérables aux catastrophes naturelles. L’occasion pour nous de faire le point sur la stratégie de l’AFD en la matière.

 

Agir sur les vulnérabilités pour mieux surmonter les chocs

L’expansion des zones de vulnérabilité en raison de catastrophes naturelles ou de conflits ainsi que le nombre de personnes directement affectées ne cesse de s’accroître. 

Aujourd’hui, environ 1,5 milliard de personnes vivent dans des pays touchés par des conflits ou sont exposées à des risques de catastrophes naturelles (crues exceptionnelles, tremblements de terre, ouragans, éruptions volcaniques etc). Des crises de tout type qui provoquent des drames humains inacceptables et ont des répercussions fortes sur les territoires, l’économie et la stabilité.

Afin de mieux répondre aux besoins d’appui aux opérations de développement qu’elle finance, l’AFD a développé une stratégie d’intervention dans les contextes de vulnérabilité et de crise

Car l’aide au développement peut, et doit, agir sur les vulnérabilités afin d'augmenter les capacités de résilience d’un pays face à des catastrophes d’origine naturelle, des conflits armés ou des pandémies.

 

4 principes pour une aide plus efficace et adaptée à chaque contexte

Cette stratégie est basée sur quatre principes :   

  1. « Ne pas nuire », à travers une analyse très approfondie des contextes locaux, afin d’atténuer les effets non désirés des actions d’aide au développement. Il s’agit ici d’appréhender le contexte d’intervention dans toutes ses dimensions (économique, sociale, politique et environnementale) afin de permettre à l’AFD d’être mieux préparée pour repérer et tenir compte des obstacles potentiels à la mise en œuvre des projets. 
  2. Privilégier des opérations duales, combinant actions de développement et de prévention. Ces opérations privilégient la démarche de lutte contre les vulnérabilités d’ordre économique, environnemental et social à travers l’amélioration des services sociaux, des infrastructures publiques, de la productivité économique et la préservation de l’environnement. 
  3. Une meilleure articulation des interventions humanitaires d’urgence et de développement. Les opérations d’urgence ont des impacts sur les interventions de développement financées par les bailleurs de fonds et impactent inévitablement les opérations de relèvement des communautés et les processus de développement à long terme. 
  4. Une meilleure coordination avec les partenaires nationaux et internationaux afin de construire des synergies, optimiser les ressources mobilisées et mutualiser les efforts en tenant compte des avantages comparatifs de chacun.  

Étant donné l’unicité et la volatilité des contextes de crise ainsi que la spécificité des opérations de réponse, l’AFD, sur la base de ces quatre principes, a mis en place des instruments financiers et outils opérationnels ad hoc, flexibles et permettant d’ajuster les opérations de réponse en fonction de l’évolution de chaque situation. 

 

Haïti, un pays parmi les plus touchés par les catastrophes naturelles

En Haïti, pays situé sur une île sur la trajectoire des cyclones et à l’intersection de plaques tectoniques, les risques de catastrophes naturelles sont multiples et fréquents. Le pays est vulnérable et marqué par la pauvreté de sa population : chaque catastrophe engendre des dégâts humains et matériels dramatiques qui viennent mettre à mal le développement du pays. En outre, les populations sont peu protégées et mal préparées à ces catastrophes.

La conférence organisée à l’université Quisqueya le 14 mars 2017 à l’occasion de la mission de la cellule crises et conflits de l’AFD a permis de présenter la stratégie de l’Agence : Olivier Ray, responsable de la cellule, a ainsi abordé les principes et instruments en illustrant ses propos par des exemples concrets. Il s’est appuyé sur un panel d’experts haïtiens et internationaux pour faire le lien avec le contexte de crise qui caractérise Haïti.

Outre Olivier Ray, la conférence a rassemblé des intervenants de différentes organisations:

  • Michèle Oriol, secrétaire exécutive du Comité interministériel pour l’aménagement du territoire (CIA) ;
  • Massimo Scalorbi, chef de coopération de la délégation de l’Union européenne en Haïti ;
  • Elisabeth Béton-Delègue, ambassadeur de France en Haïti ;
  • Bénédicte Gazon, directrice de l’AFD en Haïti ;
  • Charles Castel, ancien gouverneur de la BRH ;
  • Carline Jean-Paul, cheffe adjointe du programme humanitaire de l’Union européenne pour la préparation aux urgences (DIPECHO) en Haïti.

 

 
Panel © Pierre Bonnet
 
 
 
 
Présentation d'Olivier Ray © Pierre Bonnet
 
 
 
 
Participants à la conférence © Pierre Bonnet
 
 
► Interview d'Olivier Ray, responsable de la crises et conflits à l'AFD 

 

 
 
 
 

 

Contact : Cheikh Dia diac@afd.fr



Six mois après l'ouragan... vers une relance durable de l'agriculture dans le Sud

23/03/2017

L'ouragan Matthew, qui a dévasté le sud d'Haïti en octobre dernier, a également anéanti les récoltes dans les endroits les plus touchés. L’une des conséquences ? Une population menacée par la malnutrition. Après l'urgence, l’aide s'oriente désormais vers une relance durable de l'agriculture à laquelle vont contribuer l’AFD et l'Union européenne grâce à un programme de sécurité alimentaire.

 
Destructions, inondations et énormes pertes dans le secteur agricole 
 
Le 4 octobre 2016, l’ouragan Matthew, de force 4 sur une échelle de 5, a frappé la côte sud d’Haïti un mois avant le début de la campagne agricole d’hiver.
   
Au total, ce sont plus de 2 millions de personnes qui ont été affectées par le cyclone, en particulier les agriculteurs qui ont vu les fortes pluies et les vents violents arracher les récoltes, emporter les animaux ou les toits de leurs maison. Dans certaines zones où les rafales ont été les plus fortes, tous les arbres sont à terre. 
 
 
La campagne agricole hivernale : une priorité
 
Dans les zones rurales, près de 70 % de la population est chroniquement pauvre (PDNA, 2017).Or, les récoltes génèrent des revenus et nourrissent l’ensemble d’une famille agricole. L’une des priorités post-cyclone est donc de contribuer au succès de la campagne agricole d’hiver afin d’améliorer les conditions des populations affectées par la catastrophe.
 
Le programme SECAL (16,2 millions d’euros) appuyait déjà les producteurs du Sud en soutenant les filières maïs, haricot et la réhabilitation des systèmes d’irrigation. Le ministère de l’Agriculture haïtien a rapidement su, en collaboration avec l’AFD et l’Union européenne, réorienter les actions de ce programme afin de répondre aux besoins urgents des agriculteurs.
 
 
 
Canal d'Avezac avant l'ouragan Matthew © Tania DESIR
 
 
Canal d'Avezac dix jours après l'ouragan Matthew © Tania DESIR
 
 
 
Canal d'Avezac un mois après l'ouragan Matthew © Tania DESIR

 
 
2000 producteurs soutenus jusqu’en mai 2019
 
Dès novembre, les semences locales de haricot, le labour et les intrants ont été subventionnés et le curage des canaux assuré par l’emploi des associations d’irrigants. Ces actions ont à la fois contribué à soutenir le relèvement des populations et permis d’assurer le bon fonctionnement des canaux d’irrigation pour la campagne d’hiver.

Après la première phase « d’urgence », l’année 2017 marque le début d’une relance du secteur agricole dans le sud.  Le programme SECAL, grâce à des appuis complémentaires de l’AFD (1 million d’euros) et de la délégation de l’Union européenne (4 millions d’euros), prévoit d’intervenir sur différents secteurs clés dans le département du Sud jusqu’en mai 2019.

Ces fonds permettront non seulement de poursuivre l’appui sur deux campagnes agricoles auprès de 2000 producteurs mais également d’investir dans la transformation locale du maïs et de distribuer des petits ruminants (ovins, caprins, porcins) auprès des ménages les plus touchés.

En parallèle, des aménagements seront réalisés pour assurer la protection des canaux face à l’érosion des berges, qui permettront par le même temps d’employer de la main d’œuvre locale. Enfin, les associations d’irrigants continueront d’être renforcées, prérequis à la gestion autonome paysanne des systèmes d’irrigation.
 
 
Photos prises en mars 2017, au commencement de la campagne agricole de printemps :

Maison dans la plaine des Cayes © Tania DESIR

Jeunes plants de haricots © Tania DESIR

Agriculteurs préparant la campagne agricole © Tania DESIR

Contact : Tania DESIR desirt@afd.fr



Mieux inclure la société civile, acteur du développement en Haïti

07/03/2017

Comment contribuer à renforcer durablement la société civile haïtienne ? Comment davantage impliquer les acteurs locaux au développement du pays ? Ces questions étaient abordées lors d’un débat organisé le 7 mars à l’Institut Français d’Haïti en présence de représentants de l’AFD.

 

Une société civile haïtienne fragilisée ?

Dans l’un des pays les plus vulnérables aux catastrophe naturelles, les situations d’urgence sont fréquentes (séisme de 2010, ouragan Matthew) et engendrent une mobilisation internationale pour permettre la reconstruction en profondeur du pays. 

Si certaines actions ont été mises en œuvre avec succès impliquant les Haïtiens dans des dynamiques durables, l’aide internationale fait souvent l’objet de nombreuses critiques. Or, les organisations de la société civile sont un des piliers du développement en Haïti, un pays qui connaît une instabilité politique chronique.

 

Comment favoriser la participation et le renforcement de la société civile haïtienne ?

Le débat organisé par l’Institut Français d’Haïti a rassemblé des représentants d’organisations haïtiennes et internationales ainsi que de l’AFD sur le thème : « Renforcer la société civile ? »

Ce débat était animé par Marie-Odile Waty, responsable de la division du partenariat avec les ONG au siège de l’AFD. Pour l’occasion, un panel avait été constitué, comprenant :

  • Gabrielle Cathala, chargée de mission renforcement de la société civile et gouvernance local pour ACTED , financée par l’Union européenne ;
  • Monsieur Mausert François, directeur exécutif d’ ADEMA ;
  • Monsieur Chenet Jean-Baptiste, directeur exécutif d’ ITECA ;
  • Monsieur Prospéry Raymond, directeur Haïti et République Dominicaine pour Christian Aid .

Les comités de liaison inter-ONG (CLIO) et de coordination ONG (CCO) étaient représentés à travers Mme Cathala et M. Raymond. 

 

 
 

 

Au cœur des échanges, deux questions majeures : 

  • Quelles sont les évolutions récentes et quelles seraient les évolutions à l’avenir pour garantir une meilleure participation de la société civile et l’implication des acteurs locaux ? 
  • Quelles sont les meilleures façons de renforcer la société civile haïtienne ? Comment mesurer et évaluer l’impact du renforcement à travers les projets ?   

 

 

Que retenir ?

Les interventions ont ainsi permis de souligner, entre autres :

  • le rôle primordial des acteurs locaux dans le développemen t du pays ;
  • l’importance de traduire par des actions concrètes ce qui est écrit dans les propositions de projet ;
  • les enjeux du « ne pas nuire » notamment dans la définition des niveaux de rémunérations afin d’éviter une distorsion sur le marché du travail et un drainage des meilleurs compétences vers les organisations internationales ;
  • l’importance de la notion de solidarité dans le développement contre la technicisation des processus qui divisent entre ceux « qui savent » et ceux « qui ne savent pas », contribuant ainsi à mettre en place des partenariats inégalitaires ;
  • les enjeux de collaboration entre les sociétés civiles haïtiennes et dominicaines ;
  • le besoin d’inscrire les partenariats dans la durée, les projets ne devant pas être les déclencheurs des partenariats mais des moments forts d’accélération des transformations.   

 

Michèle Pierre-Louis, Présidente de la Fondation connaissance et liberté (FOKAL) est intervenue pour la clôture de ce débat en tant que grand témoin.

 

L’AFD et la société civile : une tradition d’appui

En Haïti, l’AFD finance l’initiative des ONG grâce à un instrument destiné aux ONG françaises dont l’une des conditions essentielles est l’accompagnement et le renforcement de la société civile haïtienne.

Actuellement, l’Agence cofinance ainsi 22 projets pour un montant total de 9 millions d’euros.

Ce débat d’idées est intervenu dans le cadre d’une mission de supervision annuelle du portefeuille de projets liés à des secteurs variés (éducation, agriculture, climat, santé, eau et assainissement, microfinance, énergie, développement local, droits de l’homme, etc.). 

 
L'interview de Marie-Odile Waty, responsable de la division du partenariat avec les organisations de la société civile à l'AFD
 
 
 

 

Contact : Matthieu Génin geninm@afd.fr

 

► Télécharger L’AFD et les organisations de la société civile (2012-2016) : un partenariat renforcé

► Télécharger Répondre aux crises: l'AFD, la Fondation de France et le financement des ONG en Haïti à la suite du séisme



 
 
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