Financement de la Société Centrafricaine des Transports Fluviaux

Projet de financement de la Société Centrafricaine des Transports Fluviaux (SOCATRAF)

Don de 5 M€

Le contexte

La République Centrafricaine est classé dans les PMA (Pays les Moins Avancés, avec un PIB de 270 $/hab), enclavé, et à densité très faible (environ 3,8 millions d'habitants pour 623 000 km²). Le secteur des transports est donc fondamental pour assurer les échanges au plan intérieur et extérieur.

Depuis la capitale Bangui, la communication avec l'extérieur est partagée entre deux itinéraires : la voie terrestre jusqu’au port de Douala et la voie fluviale empruntant les fleuves Oubangui et Congo jusqu'à Kinshasa et Brazzaville. La voie fluviale est l'axe historique de transport et d'échanges dans cette région d'Afrique Centrale. La Société Centrafricaine des Transports Fluviaux (SOCATRAF) a été créée pour assurer le transport fluvial. L’Etat était historiquement l'actionnaire majoritaire de cette société anonyme.

L'entretien de l'ensemble du réseau des voies navigables du bassin Congo-Oubangui-Sangha, soit environ 2 000 km, est assuré par le Service Commun d'Entretien des Voies Navigables (SCEVN) qui est une entité binationale (RCA/Congo Brazzaville).

Avec la baisse du trafic et des recettes, le SCEVN ne peut plus assurer seul ses besoins et fonctionne désormais grâce à des subventions de fonctionnement et d'investissements provenant des bailleurs de fonds internationaux (notamment de l'Union Européenne et de la Coopération Française). La mise en affermage du SCEVN via un opérateur privé est envisagée. La Coopération Française a chargé le Port Autonome de Rouen de préparer les modalités de cette mise en affermage qui reste conditionnée par la reprise du trafic fluvial.

Objectifs et consistance du projet

Le projet a pour objectif la mise en place d’un service de transport de passagers sur le fleuve offrant des conditions de confort et de sécurité minimales. Ce service a disparu depuis 1994 et a entrainé l’entassement sur les barges de marchandises de la SOCATRAF des populations riveraines du fleuve qui voyagent donc dans des conditions.très précaires et où leur sécurité n’est pas assurée.
Le projet consiste à réhabiliter du matériel fluvial de transport (barges), en finançant des programmes d’achat de pièces détachées et le réaménageant de 4 barges existantes en barges passagers  qui seraient couplées à des barges marchandises. Le trafic passagers pourrait être d'environ 10 000 passagers/an avec 2 convois par mois.

Par ailleurs, d’un point de vue institutionnel, le projet prévoyait l’évolution du statut et de l’actionnariat de la SOCATRAF, qui a été affermée à un partenaire privé majoritaire. .

Les impacts attendus

Le projet doit induire une diminution des coûts d'acheminement des importations et des exportations de la République Centrafricaine, et réduire la dépendance vis-à-vis de la voie routière camerounaise. La voie fluviale présente des délais d'acheminement plus longs mais des coûts de transport de 20 à 60 % moins élevés. Pour les carburants, le surcoût de la voie routière par rapport à la voie fluviale représente 50 à 90 FCFA (7 à 13 cents d’euro)par litre suivant le type de produit.
 
Le projet améliorera également l’accès aux soins des populations locales ainsi que l’hygiène  pendant le voyage. Il permettra également à ces populations d’entretenir une activité commerciale. Un programme de sensibilisation aux MST/SIDA  est intégré au projet.

Le basculement du trafic de la voie routière vers la voie fluviale permet de limiter les émissions de dioxyde de carbone. Pour 128 000 t de marchandises transportées,  la baisse d'émission de CO2 a été évaluée à 8 200 tonnes/par an.

La mise en œuvre

Le financement de l’AFD, sous forme d’une subvention de 5 millions d’euros, concerne la réhabilitation du matériel fluvial. Le contrat d’achat de pièces détachées doit être signé en 2006. Ce financement est complété par un cofinancement de la Commission Européenne de 4 millions d’euros destiné à la réhabilitation des installations fixes et à l’achat de deux barges de transport de carburant.


mise à jour : 9 juin 2006