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"La Chine est un véritable laboratoire à grande vitesse dans la lutte contre le changement climatique"

12/12/2011

Avec un objectif principal d’accompagner la Chine dans sa transition vers une économie plus économe en ressources naturelles et plus sobre en gaz à effet de serre, l'agence AFD privilégie les projets innovants qu'elle pourrait répliquer sur d'autres territoires - africains, notamment. Interview de Sandrine Boucher, directrice de l’agence AFD de Pekin.

Quel est l’objectif de la présence de l'AFD en Chine ?
Notre objectif premier est d’accompagner la Chine dans sa transition vers une économie plus économe en ressources naturelles et plus sobre en gaz à effet de serre.
Depuis l’ouverture de l’agence à Pékin en 2004, nous avons financé 17 projets contribuant à la lutte contre le changement climatique et au développement durable.
Il s’agit de l’axe de coopération franco-chinois majeur retenu lors de la visite du Président Sarkozy en Chine en novembre 2007, puis décliné par la suite dans plusieurs accords conclus entre le ministère français de l’Ecologie et ses partenaires chinois.
Au travers des projets que nous finançons, nous cherchons également à favoriser l’émergence de partenariats franco-chinois permettant de mettre en valeur l’expertise et les acteurs français de la filière verte.
Enfin, nous privilégions des opérations innovantes, porteuses de changement et intégrant des techniques et bonnes pratiques qui pourront ensuite être répliquées, non seulement sur le territoire chinois mais également dans d’autres pays confrontés à des enjeux similaires.


Pouvez-vous nous donner quelques exemples de projets que l'AFD accompagne en Chine ?
Notre coopération autour du projet « carbone rural » vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre en milieu rural au moyen de la finance carbone. Il s’agit précisément de projets de construction de biodigesteurs et de programme de reforestation dans deux des provinces les plus pauvres de Chine, le Yunnan et le Sichuan.
Ce programme a permis le développement d’une méthodologie dédiée à la replantation du bambou et à la valorisation du méthane au moyen de biodigesteurs individuels.
L’un de nos principaux objectifs partagé est de capitaliser sur l’expérience et le savoir-faire acquis afin d’étudier le potentiel de réplication de cette initiative en Afrique subsaharienne.
Le projet de reconstruction post-séisme de Sichuan est une opération  particulièrement emblématique. Ce programme fait suite au terrible tremblement de terre de magnitude 8 sur l'échelle de Richter qui a frappé la Chine en 2008. Pour accompagner les efforts de la province du Sichuan la plus touchée par le séisme, l’AFD a fourni un prêt de 200 millions de dollars US pour contribuer au financement des travaux de reconstruction, aux côtés de la Banque Mondiale, de la Banque Asiatique de Développement et la Banque Européenne d’Investissement.
Notre programme comportait deux composantes principales : un volet « biogaz », désormais achevé, a permis l’installation d’environ 100 000 unités de biodigesteurs en zone rurale, avec des couvercles en PVC utilisés pour la première fois sur un programme à grande échelle.
Cette nouvelle technique permet d’améliorer nettement l’efficacité des biodigesteurs tout en allongeant leur durée de vie. Ces équipements fournissent suffisamment de gaz à une famille pour la préparation quotidienne des repas.
Le concours de l’AFD a également servi à la reconstruction des infrastructures de base - eau, assainissement, traitement des déchets, voiries et ponts - et à la réalisation d’un guide pratique de construction à destination des villageois touchés par le séisme. Le guide, intégrant des mesures d’efficacité énergétique et de résistance parasismique, a été élaboré dans le cadre d’un partenariat franco-chinois associant un cabinet d’architecture français et l’Institut chinois de design Xinan.

 

 


Autre projet phare, notre coopération en matière de développement rural durable qui vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre au moyen de la finance carbone. Outre les biodigesteurs, un programme de reforestation est mené dans deux des provinces les plus pauvres de Chine, le Yunnan et le Sichuan. Cette opération,soutenue par le Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM) et réalisée avec l’agence officielle en charge de l’Agenda 21 chinois (ACCA21) qui dépend du ministère chinois des Sciences et technologies, a permis le développement d’une méthodologie dédiée à la replantation du bambou et à la valorisation du méthane issu des biodigesteurs individuels.
L’un de nos principaux objectifs avec l’ACCA21 est de capitaliser sur l’expérience et le savoir-faire acquis dans cette initiative afin d’étudier son potentiel de réplication dans d’autres pays en développement, en Asie du sud-est et en Afrique subsaharienne.
L’AFD mène également des coopérations en matière de développement urbain durable. Les efforts de la Chine en la matière seront déterminants pour l’avenir du climat. On évalue en effet à 200 à 300 millions le nombre de nouveaux urbains chinois dans les 25 années à venir. Or il n’existe pas à ce jour de modèle de ville sobre en carbone. Un tel rythme de construction des villes, à une telle échelle, est unique dans l’histoire de l’humanité. Pour participer à cette dynamique, l’AFD finance ainsi dans la métropole de Wuhan au centre de la Chine un programme pilote de réhabilitation thermique de bâtiments publics.
Ce projet qui entraînera des économies d’énergie et la réduction des émissions de CO2 de 30 bâtiments publics, répond à une logique innovante  en Chine, celle de contrat de performance énergétique. Le principe en est le suivant : la réduction de la facture énergétique permettra au bénéficiaire du projet de rembourser le prêt de l’AFD. Un tel mécanisme peut ensuite être répliqué dans d’autres quartiers et d’autres villes où les besoins en matière de rénovation sont également très importants.

Quel bilan tirez-vous de ces projets et quelles sont les perspectives  pour l’AFD en Chine ?
Sur une période relativement courte, nous avons réussi à bâtir un partenariat de qualité avec la Chine, tant au niveau central avec nos partenaires dans les ministères qu’au niveau local avec les provinces et les municipalités où nous intervenons.
Notre action a permis de valoriser le savoir faire et l’expertise française qui sont particulièrement appréciés. Ce dialogue constructif sur des projets concrets et innovants a permis d’établir une relation de confiance avec la Chine.
Il favorise l’adoption sur le terrain de pratiques et solutions techniques qui visent à limiter sa consommation en énergie, maîtriser son expansion urbaine, préserver ses ressources naturelles et sa biodiversité. Aider la Chine à répondre à ses défis environnementaux et adopter une trajectoire de croissance sobre en carbone, c’est contribuer à la préservation des équilibres mondiaux.  
Enfin, la Chine constitue actuellement un véritable laboratoire à grande vitesse dans la lutte contre le changement climatique et le développement durable. L’accompagner dans cette démarche nous permet d’élaborer de nouveaux modèles de développement propre dont nous pourrons tirer les enseignements. Ceci éclaire notre coopération internationale dans d’autres géographies.  

Signature d'une convention de financement - Projet de chauffage urbain

19/07/2011

Le 13 mai 2011 à Pékin , une convention de prêt d’un montant de 40 millions d’euros a été cosignée par M. CHENG Zhijun, vice directeur du département des finances du Ministère chinois des Finances (MOF), et par Mme. Martha STEIN-SOCHAS, Directrice du département Asie de l’Agence française de Développement (AFD).

Cette convention de prêt de l’AFD concerne le financement de la construction d’un réseau de chauffage urbain pour la municipalité de Taiyuan, capitale de la province du Shanxi.

4e session de formation des banques chinoises à l'efficacité énergétique

18/07/2011

L’AFD a organisé du 20 au 22 juillet 2011 à Guiyang (capitale de la province du Guizhou dans le sud de la Chine) la 4ème session de formation à l’efficacité énergétique destinée aux banques chinoises dans le cadre de la mise en œuvre de sa Ligne de Crédit Verte (LCV). Au total, 250 personnes ont participé à cette formation.

Cette formation était soutenue par le Consulat de France à Chengdu, la China Banking Regulatory Commission (CBRC) et l’Energy Research Institute (ERI, think tank affilié à la NDRC – le ministère chinois en charge des politiques économiques et du plan).

Au-delà de son fort impact direct et positif via les opérations financées, l’objectif final de la LCV est de consolider les compétences et les capacités des banques chinoises, permettant ainsi d’ancrer durablement la finance de la maîtrise de l’énergie au sein de leurs activités, conformément aux orientations des politiques publiques.

Cette opération, très appréciée par les acteurs chinois du secteur bancaire, a pour la première fois permis de mobiliser la CBRC qui développer progressivement des mesures concrètes pour promouvoir le financement vert du secteur bancaire en Chine. La CBRC a salué le succès du programme LCV qui a permis d’établir une plateforme concrète et utile de renforcements de capacités offrant plusieurs formations.

Dans son discours, le Consul Général de France à Chengdu a confirmé le soutien du gouvernement français envers ce programme emblématique de la coopération franco-chinoise.

 

Séquestration carbone du Bambou : workshop trilatéral France-Chine-Asie du Sud Est

24/06/2011

Proposé par l’AFD Chine dans le cadre de son programme de plantations de bambous en Chine, et sur appui du FFEM, un workshop régional tripartite sur la séquestration carbone du Bambou a été organisé avec les autorités chinoises et des experts du sud-est asiatique les 26-27 mai 2011 dans le Yunnan.

Une quarantaine de spécialistes chinois, régionaux (FAO Inde-Cambodge, Vietnam, Philippines, The Nature & Conservancy, INBAR) et français (GRET, entreprises, ONG) ont été réunis grâce, notamment, à l’appui du réseau AFD.

Cette initiative visait un triple objectif :

  • Une concertation régionale sur la place et l’importance du Bambou dans les politiques publiques Forêt/Climat,
  • Une synthèse des travaux scientifiques sur la séquestration CO2
  • Des enjeux de la valorisation sur les marchés carbone.


L’objectif AFD/FFEM est aujourd’hui, avec les autorités publiques chinoises, de développer une première méthodologie Carbone pour le Bambou, utilisable sur les marchés carbone et adaptable dans d’autres pays, dont africains.

Cette coopération franco-chinoise constitue actuellement la plus grande opération en Chine sur les méthodologies Carbone Bambou et a permis la première transaction de crédits carbone réalisée sur le nouveau marché volontaire chinois (citée dans le rapport de juin 2011 de la Banque Mondiale sur la Finance Carbone).
 

Publication du rapport annuel de l'AFD 2010

12/05/2011

Dov Zerah, Directeur général de l’AFD a présenté, le 12 mai 2011, le bilan 2010 de l’agence. Avec 6,8 milliards d’euros d’autorisations d’engagement, l’activité de l’AFD a continué de croître en 2010. L'agence a renforcé sa présence auprès de ses partenaires du Sud et entamé la consolidation de son modèle économique.

►Télécharger le rapport annuel 2010 (PDF)

2010 : une nouvelle année de croissance au service du développement

Avec 832 millions d’euros de ressources budgétaires allouées par l’Etat, l’AFD a financé des projets à hauteur de 6,8 milliards d’euros en 2010, soit une progression de 11% par rapport à 2009. Son activité a représenté 28% de l’aide publique au développement française. L’Agence a par ailleurs reversé 104 millions d’euros de dividendes à l’Etat.

L’Afrique reste la priorité avec 2,1 milliards de financements en 2010.

Les deux tiers des financements se répartissent entre les infrastructures, le développement urbain, le secteur productif et l’agriculture

 

En 2010, les financements de l’AFD contribueront à :

  • L’amélioration du système d’alimentation en eau potable pour 33 millions de personnes
  • La scolarisation de 13,4 millions d’enfants au niveau primaire
  • La réhabilitation ou la construction de pôles de transport qui seront empruntés par 85,8 millions d’usagers par an
  • L’efficacité énergétique à travers l’économie de 5 millions de tonnes de CO2 par an
  • L’accès à l’électrification pour 3 millions de personnes
  • L’octroi de microcrédits bénéficiant à un peu plus de 700 000 personnes
  • Le soutien de projets agricoles ou d’irrigation qui bénéficieront à 1,4 millions de personnes

 

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2011 : la consolidation du modèle économique

« Au cours de ces dernières années, l’AFD a connu une véritable révolution. L’Agence est devenue un acteur incontournable du développement avec une activité qui a triplé en cinq ans. Aujourd’hui une nouvelle phase s’amorce, celle de la consolidation de notre modèle. » a précisé Dov Zerah.

Dans les années à venir, l’Agence concentrera son activité dans trois zones prioritaires :

  • L’Afrique sub-saharienne : 60% des ressources allouées à l’AFD par l’Etat iront à cette région, en particulier dans les secteurs de l’agriculture et des agro industries, des infrastructures, de l’éducation et de la santé.
  • Méditerranée : afin d’accompagner les évolutions récentes de la région, l’Agence renforcera ses interventions dans les pays du Bassin méditerranéen, en particulier dans le secteur productif et la formation professionnelle.
  • Pays émergents : pour inciter ces pays à s’engager vers une croissance plus respectueuse de l’environnement et plus inclusive, l’Agence les appuiera à travers des prêts très peu concessionnels.

La consolidation du modèle passe par une stabilisation du niveau d’activité de l’Agence qui devrait atteindre 8 milliards d’euros en 2013. Pour une meilleure maîtrise des risques, l’AFD s’est dotée en 2011 d’une direction des risques. Elle a par ailleurs renforcé son capital humain avec 125 recrutements en 2010.

 

"Au-delà des financements, c’est notre expertise que recherchent nos partenaires"

A travers sa production intellectuelle, l’Agence continuera aussi à peser dans les débats internationaux. Parallèlement, nous engageons un nombre croissant de partenariats avec d’autres acteurs du développement comme les ONG, les collectivités locales, les fondations privées ou encore les banques multilatérales. Ils viennent renforcer l’ampleur et l’efficacité de nos actions. Dans un monde globalisé, seules les stratégies de coopération sont gagnantes. » a précisé le Directeur général.

 

Une exposition photo à travers la France : Objectif Développement

En 2011, l’Agence célèbrera le 70e anniversaire de sa création par le général de Gaulle en 1941. A cette occasion, Une exposition itinérante et en plein air appelée Objectif Développement réalisée en partenariat avec Magnum Photos sera lancée le 21 mai prochain à Bordeaux et se déplacera durant l’année dans les grandes villes de France. Une occasion de sensibiliser les visiteurs aux enjeux Nord-Sud, de rappeler pourquoi la France s’engage en faveur du développement et de mieux faire connaître les résultats du développement.

 

Première vente de crédits carbone du Panda Standard dans le cadre du projet de reforestation financé par le FFEM et l’AFD

30/03/2011

Le projet pilote Bambou dans la province du Yunnan, financé par l’AFD et complété par le FFEM sur les aspects crédits carbone, vient de réaliser le 1er contrat de vente des crédits carbone Bambou sur le récent marché volontaire chinois. Cette vente a été contractualisée le 31 mars 2011.

C’est une filiale de Sinochem Group (Global 500) qui a acheté des crédits carbone volontaires, générés par ce projet de reforestation et certifiés par le Standard Panda via la plateforme China Beijing Environment Exchange (CBEEX). La filiale Franshion Properties (Chine) Limited a ainsi acheté 16,800 crédits carbone volontaires.

Il s’agit de la toute première transaction utilisant le Panda Standard, impliquant deux contreparties chinoises. Le projet de reforestation du bambou fait partie d’un programme de coopération franco-chinois signé lors de la visite du Président Hu en France en novembre 2010.
Ce projet, coordonné par le Centre Agenda 21 (ACCA21) du Ministère chinois des Sciences et Technologies, est mis en œuvre  par les Centres de mécanismes de développement propre (MDP) provinciaux et reçoit les conseils en finance carbone de la société Carbonium et de l’ONG The Nature Conservancy (TNC).
Le projet bénéficie du soutien financier du FFEM et de l’AFD. Il s'inscrit dans le cadre de l'accord de coopération en France Chine sur le MDP et dans la continuité de la coopération réussie sur FFEM MDP « Phase 1 ».
Le MDP a principalement mis l’accent jusqu’à présent sur les secteurs industriels et énergétiques, délaissant les projets carbone en zone rurale. Les marchés volontaires affichent un bilan similaire, avec toutefois une présence plus importante sur la forêt.
L’objectif global de ce projet est de réduire les émissions de méthane et de gaz carbonique avec valorisation énergétique des déchets d'élevage, de l'agriculture, le stockage de carbone avec la reforestation et l'agriculture de conservation. Il combine donc utilement la lutte contre l'effet de serre et la réponse aux besoins énergétiques du milieu rural chinois.
Bilan climat
Concrètement, les 4 opérations pilotes soutenues par le projet devraient générer à terme environ 1.000.000 tonnes d’économies de CO2 par an : Yunnan/biogaz : 36 000 tCO2/an ; Yunnan/bambou : 160 000 tCO2/an (au bout de 5 ans) ; Yunnan/agriculture de conservation : 4 320 tCO2/an ; Sichuan/biogaz : 884 816 tCO2e/an.
 
Validation par le Gold Standard
Par ailleurs, la première étape de développement Gold Standard sur le projet Yunnan Biogaz AFD-FFEM est franchie. Le rapport de consultation des parties prenantes a été validé par le Gold Standard au début du mois de mars. Elle est disponible en téléchargement ici .
 
 
 
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