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6ème Conférence internationale sur la migration et le développement
Une conférence internationale sur le sujet de la migration et du développement se tiendra à Rabat le 16 mai et à Ifrane les 18 et 19 mai. Cet évènement est organisé par la Banque Mondiale, le Centre de Marseille pour l’Intégration en Méditerranée (CMI), l’Agence Française de Développement (AFD) et le Center for Global Development, en partenariat avec le ministère chargé des Marocains résidant à l’étranger.
La Conférence sur les Migrations Internationales et le Développement, plateforme internationale d’échanges sur les recherches les plus récentes et les plus avancées sur le lien entre la migration et le développement économique, tiendra sa 6ème édition au Maroc du 16 au 19 mai 2013.
Organisée par le Groupe de Recherche de la Banque Mondiale, le Centre de Marseille pour l’Intégration en Méditerranée (CMI), l’Agence Française de Développement (AFD) et le Center for Global Development, en partenariat avec le ministère chargé des Marocains résidant à l’étranger ainsi que plusieurs universités internationales, cette conférence aura pour thème « l’impact des migrations sur le développement des pays d’origine ».
Cette rencontre se tiendra en deux temps :
o une journée d’étude à l’Université Internationale de Rabat (le 16 mai) sera consacrée aux politiques publiques marocaines, au cours de laquelle des experts internationaux partageront leurs analyses en la matière avec les décideurs marocains ;
o une conférence scientifique (18 et 19 mai) réunira à l’Université Al Akhawayn à Ifrane des spécialistes qui présenteront les résultats de leurs travaux aux membres de la communauté scientifique ainsi qu’à des représentants des pouvoirs publics. Certains des articles qui seront débattus lors de cette conférence seront publiés dans un numéro spécial d’une grande revue internationale de science économique consacré à la conférence.
Après Lille (laboratoire EQUIPPE) en 2008, Washington DC (Banque Mondiale) en 2009, Paris (Ecole d’Economie de Paris) en 2010, Harvard (Center for International Development) en 2011, et puis Paris (AFD) en 2012, ce sera au tour du Maroc d’accueillir cette prestigieuse rencontre. Le comité organisateur a porté son choix sur le Maroc qui, important pays d’émigration devenu également pays de transit et d’immigration, présente un cas d’étude intéressant en la matière.
Lancement des travaux de la centrale solaire de Ouarzazate
Sous la présidence effective de S.M. le Roi Mohammed VI et en présence de nombreux ministres, de directeurs généraux d’administrations centrales et d’établissements publics, de membres du corps diplomatique et de représentants des bailleurs de fonds du projet, la cérémonie de lancement des travaux de la 1ère phase de la centrale solaire de Ouarzazate a été organisée le 10 mai sur le site.
Plus grande centrale solaire au monde avec une capacité de production de 160 MW ...
Ne disposant que de ressources limitées, le Maroc dépend à 97% de l’extérieur pour ses besoins en énergie. Cette forte dépendance, combinée à la hausse des cours des produits pétroliers, grève lourdement la balance commerciale et le budget de l’Etat. Parallèlement, le Maroc est doté d’une ressource solaire parmi les plus abondantes de la planète et ses zones désertiques sont propices aux centrales solaires à concentration (CSP), technologie d’avenir.
La 1ère phase de la centrale solaire de Ouarzazate, baptisée « Noor » (« lumière ») par le Souverain, sera la plus importante réalisée au monde avec une capacité de production de 160 MW. Elle s’intègre au sein d’un complexe solaire qui s’étend sur 3 000 ha et qui disposera d’ici 2016-2017 d’une capacité de production globale de 500 MW. L’Office National de l’Electricité et de l’Eau Potable (ONEE) accompagne le projet par le raccordement de la centrale au réseau électrique national ainsi que par l’approvisionnement du complexe en eau industrielle et potable.
Ce projet, mené par MASEN (Moroccan Agency for Solar Energy), est le point d’orgue de la stratégie énergétique du Royaume, lancée en 2009 et qui vise à porter à 42% la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique du Maroc à l’horizon 2020.
… qui bénéficie d’un fort soutien des bailleurs internationaux
La 1ère phase de la centrale solaire de Ouarzazate bénéficie d’un important soutien des bailleurs de fonds internationaux. L’AFD intervient (par le biais d’un prêt de 100 M€ et d’une subvention de 300 000 €) en cofinancement avec les bailleurs européens (Banque Européenne d’Investissement/BEI, KfW et Commission européenne) dans le cadre de l’Initiative de Reconnaissance Mutuelle des Procédures, avec la BEI désignée chef de file. La Banque Africaine de Développement (BAD), la Banque Mondiale et le Fonds pour les technologies propres (CTF) participent également au financement de ce projet.
Le processus de pré-qualification des opérateurs de la 2e phase (300 MW) vient d’être lancé et un volet photovoltaïque (50 MW) complétera le complexe.
L’AFD poursuit, à travers ces concours, son accompagnement de la stratégie du Maroc en matière énergétique. Après un soutien de longue date au programme d’électrification global rural (PERG), elle finance un nouveau projet de renforcement du réseau de transport d’électricité. En outre, l’AFD appuie le gouvernement dans la mise en place d’Instituts de formation aux métiers des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (IFMEREE).
Visite au Maroc de Mme Fabienne Keller, rapporteure spéciale de la mission « Aide Publique au Développement » de la Commission des finances du Sénat
Mme Fabienne Keller, rapporteure spéciale de la mission APD de la Commission des finances du Sénat et membre suppléant du Conseil d’Administration de l’AFD, s’est rendue à Rabat et à Casablanca du 21 au 23 avril dans le but d’apprécier la politique française d’aide publique au développement en matière d’énergie, de transport et d’aménagement urbain.
Accompagnée par M. Gianmarco Revellat, administrateur de la Commission des finances du Sénat, Mme Keller s’est rendue au Maroc pour visiter certains projets et programmes financés par l’AFD et rencontrer les bénéficiaires de ces concours dans les secteurs de l’énergie, du transport et du développement urbain.
Présentation des projets dans le secteur de l’énergie
Mme Keller a été reçue par l’Agence marocaine pour l’énergie solaire (MASEN), qui lui a présenté le Plan Solaire Marocain : l’objectif du PSM est de mettre en place une capacité de production d’électricité à base d’énergie solaire de 2.000 MW minimum d’ici 2020. Lancé en 2009, il vise à réduire la dépendance énergétique du Maroc (qui importe 97% de son énergie) et à favoriser la création d’une industrie solaire au Maroc.
L’AFD contribue à ce programme à travers le financement de la première phase de la centrale solaire de Ouarzazate (prêt de l’AFD de 100 M€ et subvention de 0,3 M€).
La réunion avec le Directeur Général de l’Office National de l’Electricité et de l’Eau potable (ONEE) a permis de brosser un tableau de l’évolution du secteur de l’électricité au Maroc durant les dix dernières années, marquée par une forte augmentation de la demande (plus de 8% par an). Le Programme d’Electrification Rurale Global (PERG) et le projet de renforcement du transport d’électricité, projets emblématiques financés par l’AFD, ont été particulièrement mis en avant. Le Directeur Général de l’ONEE a remis à la Sénatrice la brochure sur les « 20 ans de partenariat entre l’ONEE et l’AFD » élaborée à l’occasion de la récente visite d’Etat du Président de la République.
Visite de projets emblématiques soutenus par l’AFD dans le secteur des transports publics
Mme Keller a rencontré le Directeur Général de l’Office National des Chemins de Fer (ONCF), qui lui a présenté l’état d’avancement du projet de Ligne à Grande Vitesse (LGV) et du programme de rénovation et d’extension des lignes classiques. Il lui a annoncé la prochaine création, avec la SNCF, de l’Institut de Formation Ferroviaire (IFF).
Mme Keller a, en outre, emprunté les tramways de Rabat et Casablanca :
• Le tramway de Rabat- Salé, inauguré par S.M. le Roi en mai 2011, a permis l’amélioration de la qualité des transports publics urbains de l’agglomération et du cadre de vie des habitants, la restructuration du tissu urbain et le renforcement de la cohésion sociale entre les deux villes de Rabat et Salé. Ce projet a bénéficié d’un prêt de l’AFD de 45 M€.
• Le tramway de Casablanca, inauguré à l’occasion de la Rencontre à Haut Niveau France-Maroc par S.M. le Roi le 12 décembre 2012, a été partiellement financé par l’AFD (prêt non souverain à Casa Transports de 23 M€). Cette première ligne, d’une longueur de 31 km et dotée de 48 stations, traverse Casablanca d’est en ouest dans un objectif de rééquilibrage économique et social. Il est, en outre, envisagé la réalisation d’un métro aérien, d’une longueur de 15 km, pour la desserte de l’axe nord-sud : l’AFD a d’ores et déjà accordé une subvention de 1,3 M€ à Casa Transports pour les études de faisabilité.
M. Sajid, Président de la communue urbaine de Casablanca
Aménagement urbain : vallée du Bouregreg (Rabat) et résorption de l’habitat insalubre (Casablanca)
L’équipe de l’Agence d’aménagement de la vallée du Bouregreg a présenté, avec l’appui d’une maquette, le programme global d’aménagement situé entre Rabat et Salé qui comprend notamment le tramway, le pont Hassn II (entre Rabat et Salé) et le tunnel de Oudayas.
Projet d’Aménagement de la vallée du Bouregreg
Mme Keller a enfin effectué une visite à Sidi Moumen, quartier est de Casablanca qui a notamment fait l’objet d’un programme de « recasement » de « bidonvillois » et parallèlement d’éradication du plus ancien et plus vaste bidonville de Casablanca, mis en œuvre par la société publique Al Omrane (sur financement AFD).
L'AFD soutient les projets de l'ONG Migration et Développement
L’AFD accompagne l’association Migration et Développement dans le déploiement et la poursuite de ses activités dans le sud du Maroc depuis 2011.
Une démarche singulière fondée sur un développement porté pour partie par des migrants
« Migrations & Développement » (M&D) a vu le jour sous l’impulsion de migrants ouvriers mis au chômage avec la fermeture de leur usine dans le Sud de la France. Leur prime de licenciement a été utilisée pour apporter à leur région d’origine des infrastructures de base (eau, électricité, routes) pour pallier les déficiences de l’Etat en ce domaine. Son fondateur, Jamal Lhoussaine, formé par le mouvement syndical français, a formalisé ces actions en créant M&D qui travaille entre Taliouine, dans le sud du Maroc et Marseille, où se trouve le siège de l’ONG.
Les activités de M&D se déploient dans la région du Souss Massa Drâa, au sud du Maroc, vaste région montagneuse d’où sont originaires nombre de migrants, dont le fondateur de l’ONG, venus travailler en France dans les années 1970.
L’action de M&D est donc fondamentalement liée à un territoire, celui des migrants qui en sont originaires et avec qui l’association travaille. L’association assure un travail de coordination entre les villageois, les migrants qui fournissent des fonds, et les projets identifiés par la population locale.
Des activités très diverses avec pour objectif la participation des villageois pour le développement local
L’activité de M&D a basculé progressivement de la co-maîtrise d’œuvre d’infrastructures à des activités plus immatérielles tenant compte de l’autonomisation des acteurs du territoire : son activité porte de plus en plus sur la formation, la médiation, la coordination et l’animation inter-partenariale au niveau régional ou sous régional (à un niveau regroupant plusieurs villages).
Les actions de M&D visent à rendre les villageois acteurs du développement de leur territoire. Cet objectif passe tout d’abord par le développement économique : appui à la structuration de coopératives, mise en valeur des produits du terroir (huile d’argan, miel, safran, amande,…) et de l'artisanat ; et soutien au développement des circuits de commercialisation. Pour ce, elle dispense des formations régulières et met au service des villages des bénévoles ou des salariés pour appuyer ces démarches.
M&D se focalise également sur la création de foyers de femmes, l’alphabétisation et la formation. Elle travaille avec les femmes souhaitant former une association, les forme pour développer leurs activités principalement tournées autour de l’artisanat (broderies, tapis) ou de la cuisine. Une animatrice effectue le lien entre l’association et le travail de ces foyers de femmes et leur dispense des formations ou des cours d’alphabétisation selon leurs demandes.
L’ONG a également développé des « écoles non formelles » pour les enfants dans des villages dépourvus d’établissements scolaires.
En outre, M&D est très active sur la mise en place d’une démocratie participative et pour l’accompagnement à la planification communale. Elle incite à organiser des conseils de villages réguliers, et accompagne l’élaboration des stratégies territoriales (Plans Communaux de Développement, définis sur 6 ans).
L’AFD appuie spécifiquement le renforcement de capacités des acteurs de développement en lien avec les migrants
Les objectifs du projet soutenu par l’AFD sont :
- de renforcer les capacités des associations issues de l'immigration (ou travaillant avec le public migrant) par la mise en œuvre d'un programme de formation/accompagnement.
- d’améliorer la valorisation et la commercialisation de produits de terroir marocains par la mise en place d’une École opérationnelle des produits de terroir méditerranéens.
- d’initier un processus participatif de planification du développement territorial et former les élus à jouer leur rôle de coordinateur local et légitime de l’action de développement (dans le cadre des Plans Communaux de Développement).
- renforcer la qualification des acteurs du développement rural par la création d’une École expérimentale de Développement Rural à Taliouine.
L’AFD vient d’organiser une mission de terrain qui a permis de mesurer la capacité du programme mis en œuvre par Migrations et Développement à accompagner et initier, dans les communes rurales et dans la commune urbaine de Taliouine, des actions concrètes de développement qui répondent à des enjeux clairement exprimés par les populations et dans lesquelles ces dernières sont réellement actrices.
"Le rôle de l’AFD dans un pays comme le Maroc est d’accompagner les grandes politiques publiques"
Interview du Directeur de l'agence de Rabat, Joël Daligault, avec le quotidien Le Matin, suite à la visite d'Etat du Président de la République François Hollande au Maroc (3 et 4 avril).
Le Matin : Plusieurs accords ont été signés lors de la visite d’État du Président français François Hollande au Maroc. Ces accords s’inscrivent-ils dans la continuité de votre action au Maroc ?
Joël Daligault : Les accords signés s’inscrivent dans la continuité, mais avec la mise en avant de thématiques nouvelles, comme l’éco-cité de Zenata, ou d’outils financiers pour l’accompagnement des entreprises en Afrique subsaharienne, qui constitue une première pour l’AFD au Maroc.
D’ailleurs, François Hollande a appelé les entreprises marocaines et françaises à aller ensemble explorer l’Afrique subsaharienne…
La première illustration est le protocole d’accord signé avec Attijariwafa bank. L’AFD vise à accompagner ce groupe dans son déploiement rapide en Afrique subsaharienne. L’idée étant de soutenir des opérateurs implantés au Maroc, qu’ils soient marocains, français ou franco-marocains, dans leur volonté de s’implanter en Afrique subsaharienne.
Quelles sont les raisons qui poussent l’AFD à manifester un intérêt particulier pour la formation au Maroc ?
La formation est un élément clé pour la croissance et le développement comme, sur le plan social, pour favoriser l’emploi. L’AFD a financé une vingtaine de centres de formation professionnelle dans une douzaine de secteurs d’activité. On va continuer dans cette voie. Aujourd’hui, nous finançons les études des futurs instituts de formation aux métiers des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. La mise en place de ces centres sera faite sur la base des grands principes du Maroc à l’égard de la formation, auxquels nous adhérons pleinement : l’approche par les compétences, la formation par alternance ou apprentissage et surtout la délégation de la gestion de ces centres aux fédérations professionnelles. En complément du financement au cas par cas de centres de formation, on va mettre en place un financement appuyant la stratégie de l’État en faveur de l’emploi. On note une grande synergie entre formation et emploi. La nouveauté pour l’AFD est de compléter les concours en matière de formation par le financement d’un programme dédié à l’emploi. La formation et l’emploi ne constituent pas un secteur d’activité pour l’AFD, mais plutôt un fil conducteur transversal. Quand nous finançons des infrastructures ou des plans sectoriels de développement, nous analysons les retombées sur l’emploi et les besoins de formation.
D’autres programmes sont-ils prévus en 2013 ?
Dans l’immédiat, la priorité avec l’État est l’emploi et la formation. Pour le Plan Maroc vert, une ligne de crédit en faveur au Crédit Agricole du Maroc est en cours d’instruction et complétera le financement qu’on a accordé l’année dernière à l’État pour le programme d’appui au pilier II dans le nord du Royaume. Cette ligne de crédit permettra à des petites exploitations agricoles, qui ne sont pas pour l’instant éligibles à des crédits bancaires, d’accéder à des financements pour leur fonctionnement comme pour leurs investissements. L’idée est d’accompagner la mise en œuvre du Plan Maroc vert dans le Nord en accordant un financement de nature bancaire sans passer par l’État. Par ailleurs, en fonction de la demande de nos partenaires marocains, que ce soit l’État ou les grands opérateurs publics, nous pourrons apporter des financements plus ponctuels.
Le Maroc est le premier bénéficiaire des financements de l’AFD. Comment expliquez-vous cette particularité ?
Plusieurs facteurs sont à l’origine de cette situation. On note en premier lieu une forte demande des autorités marocaines et aussi une volonté française d’accompagner le développement du Maroc. L’AFD répond à cette double demande marocaine et française. À cela s’ajoute la constitution de partenariats réussis avec les opérateurs publics qui mettent en œuvre les grandes stratégies du Maroc : ces stratégies permettent d’encadrer les programmes et donc les financements d’aide au développement. Nous sommes parvenus à un dialogue de grande qualité avec les administrations et les opérateurs publics, ce qui facilite l’instruction des dossiers de financement pour des projets innovants et des volumes élevés. Le rôle de l’AFD dans un pays comme le Maroc est d’accompagner ces grandes politiques publiques, en particulier les plans de développement sectoriels qui fournissent un cadre stratégique. On s’y inscrit complètement. Par rapport à d’autres agences de développement, l’AFD utilise différents outils financiers et du coup diversifie ses partenaires. À titre d’exemple, pour le tramway de Casablanca, le prêt a été accordé à Casa Transports avec la garantie de la commune de Casablanca – et non celle du Royaume.
Êtes-vous satisfait du rythme de réalisation des projets financés par l’AFD ?
L’AFD continue de financer des projets ponctuels comme les tramways de Rabat et de Casablanca, mais elle finance de plus en plus des programmes d’investissement pluriannuels. Elle ne finance pas une composante spécifique d’un projet d’investissement. C’est une formule qui fonctionne bien au Maroc en raison de ce climat de confiance et de partenariat. Nos partenaires marocains apprécient d’avoir des financements souples, des déboursements par tranches, plutôt que des financements complexes affectés à certaines composantes. L’objectif est de faciliter la mise en œuvre de ces programmes, qui s’étalent souvent sur cinq ou six ans. Le plus souvent, on verse par tranches annuelles. Quand il s’agit de projets classiques, notamment d’infrastructures, les résultats sont à la hauteur de nos attentes. Je pense particulièrement au tramway de Casablanca qui a été réalisé dans un délai record et dont la date programmée de mise en service (le 12/12/12 !) a été respectée. Bref, les conditions de réalisation sont suffisamment bonnes pour nous encourager à continuer dans cette voie avec cette originalité de financer de plus en plus des programmes d’investissements.
Vous êtes donc satisfaits du partenariat entre le Maroc et l’AFD. Jusque-là, vous n’avez pas relevé de problèmes majeurs ?
On n’a pas rencontré de grands problèmes. On peut constater des retards dans l’avancement de projets, des difficultés dans l’analyse financière ou une insuffisance d’information. Cela s’inscrit dans un cadre normal. On peut ne pas être d’accord sans se fâcher. La qualité du dialogue nous permet de surmonter les difficultés.
Malgré les effets de la crise sur le Maroc, l’AFD compte-t-elle poursuivre le même rythme d’accompagnement financier ?
Si le Maroc subit les aléas de la crise en raison de sa relation étroite avec l’Union européenne, il s’agit pour nous de rester présent et de ne pas nous retirer par excès de prudence. Pour employer un jargon bancaire, pour nous, le risque Maroc est un bon risque. Les efforts pour redresser les déficits du budget ou de la balance des paiements sont suffisamment importants pour que l’on puisse tabler sur des performances meilleures en 2013 et 2014. Le Maroc a eu une gestion prudente, une gestion très payante puisqu’il dispose d’une grande capacité d’endettement, ce qui lui permet, si nécessaire, d’accroître son endettement pour financer ses besoins d’investissements. Du côté de l’AFD, une contrainte existe : nous avons atteint nos limites de risque avec le Royaume en tant qu’emprunteur et garant – mais pas avec les opérateurs publics. C’est un frein lié au montant de nos fonds propres ; en conséquence, nos prêts souverains sont désormais limités. Le gouvernement marocain en est bien conscient. Nous recherchons activement avec nos ministères de tutelle en France des solutions pour accorder au Maroc plus de prêts souverains. Heureusement, nous avons développé depuis quelques années les prêts non souverains qui ne sont pas affectés par ce ratio prudentiel. Nous allons revisiter notre stratégie à la fin de l’année en fonction des évolutions de ces paramètres afin d’avoir une stratégie adaptée en 2014/2015.
Quelle comparaison faites-vous entre le Maroc et les pays de la région ?
Les situations sont très contrastées et très hétérogènes. En Tunisie, l’AFD a des difficultés liées à la stabilité politique et au changement des responsables. Nous essayons d’avoir une capacité de proposition et d’adaptation. En Algérie, notre activité est quasiment à l’arrêt.
Quels sont à votre avis les freins à l’investissement au Maroc ?
Les freins sont relatifs au climat des affaires, à la bureaucratie administrative ou à la lenteur dans la prise de décision. Ils sont parfois liés à la volonté – légitime – de l’État de mieux contrôler pour limiter les risques de corruption. On ne peut pas reprocher aux autorités la volonté de suivre de près cet aspect financier. Les processus d’appel d’offres sont souvent lourds, mais les enjeux de certains investissements structurants sont tellement importants que l’on peut comprendre cette lourdeur.
publié le 17.04.2013
Soutien pour l’adaptation de l’agriculture marocaine au changement climatique
Le Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM), dont le Secrétariat est assuré par l’AFD, accompagne le Maroc pour la mise en œuvre du Projet d’adaptation au changement climatique de l’agriculture au Maghreb (Maroc, Tunisie).
Un accord de partenariat vient d'être signé et contribuera à réduire la vulnérabilité de l’agriculture pluviale aux effets du changement climatique par l’amélioration et la diffusion des connaissances sur les impacts du changement climatique en agriculture (cartes d’évolution de la répartition des cultures, carte d’évolution des vocations des terres agricoles,…), l’accroissement des capacités de résilience des systèmes de cultures pluviales (expérimentation en milieu paysan de pratiques d’agriculture de conservation) et la définition de modèles de gestion efficace du risque de sécheresse (test d’un dispositif d’assurance indicielle).
Il est complémentaire du Programme d’appui au pilier II du Plan Maroc Vert, financé par l’AFD.
