L'AFD en Syrie

Le bureau de l’AFD à Damas, ouvert en septembre 2009, a été fermé en octobre 2011, parallèlement à la fermeture de l’ambassade de France intervenue en mars 2012, suite à la répression exercée par le régime envers les manifestations et au commencement de la guerre civile. Photo © Paul Keller

À la une

  • Soutien transfrontalier à la résilience de la population, au nord de la Syrie

    L’AFD participe aux efforts internationaux de soutien aux populations sur le territoire syrien au travers d’une contribution de 10 M€, versée en mai 2014, au Syria Recovery Trust Fund . Cette initiative germano-émiratie a réuni près de 90 M€ auprès d’une dizaine de pays pour le financement de projets destinés à rétablir les services de base dans les régions sous contrôle de l’Armée syrienne libre : réseaux d’électricité, adduction d’eau, services de santé, sécurité alimentaire etc.
    L’équipe de gestion du fonds opère depuis Gaziantep en Turquie, en lien étroit avec le gouvernement provisoire syrien. La France est représentée au comité stratégique du fonds par l’ambassadeur français pour la Syrie, M. Franck Gellet. Une dizaine de projets ont été approuvés, représentant près de 20 M€ d’investissements. 
     
    Quatre projets au Liban et un en Jordanie

    Par ailleurs, l’AFD prend en compte la question des réfugiés dans les pays voisins de la Syrie.
    Elle a mis en place en 2013 une facilité de 4 M€ pour financer les actions d’ONG internationales et locales visant à appuyer les collectivités locales dans la fourniture de services de base aux populations hôtes comme aux réfugiés, au Liban et en Jordanie.
    Quatre projets sont ainsi financés au Liban et un en Jordanie, portant sur le soutien scolaire et les activités périscolaires, le développement d’activités économiques, la collecte et le stockage des déchets, l’aide au logement et autres services essentiels.
    Au Liban enfin, l’AFD a versé, en septembre 2014, une contribution de 3,5 M€ (sur une participation française totale de 7 M€)  au Lebanon Syrian Crisis Trust Fund (LSCTF) géré par la Banque mondiale, dont l’objet est d’aider le Gouvernement libanais à faire face aux conséquences de la crise syrienne et à l’afflux de réfugiés, notamment, en améliorant l’offre de services essentiels aux populations.
    Les premiers projets présentés concernent un programme d’appui aux municipalités et un programme d’appui aux centres de santé primaire.

Récit de survie d’un réfugié syrien en Jordanie

20/06/2017

Le parcours chaotique d’un réfugié syrien en Jordanie raconté par Pierre Salignon, chef de projets à la division santé et protection sociale de l’AFD.

Amman, Jordanie, avril 2017. Quand il ouvre la porte de la pièce où il vit avec sa famille, le vieil homme tente bien de sourire. Mais il est aussitôt pris d’une quinte de toux violente. Avec sa lourde couverture sur les épaules et sa barbe de quelques jours, il semble épuisé. Seule sa fille de 2 ans, qui s’agite aux côtés de sa mère, sur des matelas usés posés à même le sol, est capable de ramener un large sourire sur son visage devenu gris. Originaire de Homs en Syrie, il s’est réfugié en Jordanie il y a quatre ans, avec sa famille. Il lui fallait fuir la guerre, les violences, les crimes du régime de Damas.

Prise en otage
Plombier de profession, il a tout perdu. Il était marié à l’époque à une autre femme, tuée dès le début de la guerre civile dans les bombardements. Il reste sans nouvelles de quatre enfants de ce premier mariage qui, tous, ont fui vers la Turquie. Il s’est remarié avec la jeune femme à ses côtés. Et précise, pudique : « Elle aussi a perdu son mari. » Elle a été un temps détenue, « prise en otage » dira-t-il, plusieurs mois, par un groupe armé. Peu importe lequel. Avec pudeur, il raconte que sa détention « a été terrible ». Quand ils se sont rencontrés, il a décidé de s’unir rapidement avec elle, « pour la protéger ».
Les conditions de vie à Homs étaient devenues si dures qu’ils ont décidé de fuir vers la Jordanie. Accueillis durant six mois dans le camp de réfugiés de Zaatari dans le désert jordanien, ils décideront d’en partir. Et de venir s’installer à Amman, quitte à s’affranchir de la légalité. « Les conditions de vie à Zaatari étaient mauvaises. Nous n’avions pas le droit de circuler. » Il n’en dira pas plus.

Camp de Zaatari © Dominic Chavez - World Bank

L’assistance de Première urgence internationale
Désormais installés dans l’est de la capitale jordanienne, ils survivent. Lui avec son asthme non soigné. Elle qui vient de donner naissance à un second enfant. « Nous allons le chercher à l’hôpital en début d’après-midi », se réjouit-elle. Elle ne dira rien de plus. Discrète, tout en retenue. 

Elle a accouché après une grossesse compliquée dans un hôpital d’Amman, et bénéficié de l’assistance de l’ONG française Première urgence internationale (PUI). Grâce au soutien financier de l’AFD, elle a pu rembourser les frais de l’hospitalisation et de la césarienne, de l’ordre de 500 dollars de cash for health qu’ils n’auraient pu avancer sans s’endetter davantage. À ce jour, leur créance avoisine les 800 dollars. Et elle pourrait bien encore augmenter. « Ma femme est victime de crises d’épilepsie. Elle a un traitement régulier à prendre qui l’empêchée d’allaiter. Nous allons devoir acheter du lait en poudre. »

150 dollars par mois
Ils n’ont pas d’autres ressources que les 150 dollars mensuels perçus du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). De quoi payer le loyer de leur lieu de vie précaire, l’eau et l’électricité. Les bons alimentaires du Programme alimentaire mondial (PAM) couvrent à peine leurs besoins journaliers. Quant à l’accès aux soins, c’est un tunnel administratif. « On me dit que j’y ai droit, mais je n’ai aucun traitement pour mes problèmes respiratoires, et je n’ai pas les moyens de les payer », soupire le chef de famille entre deux râles déchirants. L’assistante sociale de PUI prend des notes. Écoute attentivement. Elle lui propose de l’accompagner au HCR et de l’orienter vers un autre partenaire médical jordanien qui pourra peut-être lui prescrire un traitement adapté. « Et l’avenir ? » Le silence s’installe.
« Voyez mon état, je ne peux pas travailler… elle non plus. » Leur petite fille sourit devant un dessin animé sur un téléviseur sans âge. Il ajoute : « Vous savez, tant que “Bachar” sera là, nous ne rentrerons pas. Il a tout détruit. Nous n’avons plus rien. Je suis arrivé ici avec les habits que j’ai sur le dos. » Alors même que les expulsions de réfugiés par les autorités jordaniennes augmentent, leur vie se concentre dans cette pièce insalubre et humide, en lien avec des voisins réfugiés, eux aussi originaires de Homs. « On ne sort pas du quartier sauf nécessité. »
 

Pas de retour rapide
La guerre en Syrie ne dessine aucune perspective d’un retour rapide dans leur pays. Le caractère chronique de la crise conduit chaque jour davantage de réfugiés syriens vers l’extrême pauvreté, en Jordanie comme ailleurs dans la région. Le cycle est connu ; plus la crise dure, plus la perspective d’un retour à une vie digne s’éloigne. Refuge précaire et statut temporaire. Dépendance à l’aide et interdiction de travailler, endettement rapide et travail des enfants. Voire prostitution et développement du mariage précoce, pression pour le retour…

Reste que le programme d’assistance de Première Urgence Internationale et de son réseau de partenaires jordaniens apporte aux réfugiés syriens une assistance certes modeste mais adaptée au plan individuel, sans laquelle ils ne pourraient faire face. Un programme qui, pour l’AFD, mérite d’être soutenu. Et de se poursuivre avec l’aide des autres bailleurs de fonds.

Pierre Salignon, chef de projets, division santé et protection sociale, AFD

À lire aussi sur iD4D : « Réfugiés syriens : l’aide au développement du Liban et de la Jordanie doit être inconditionnelle », par Haneen Ismail Sayed, coordinatrice du programme de développement humain de la Banque mondiale au Liban, en Syrie et en Jordanie.

À lire aussi sur iD4D : « Crises de réfugiés : soutenir le développement des pays d’accueil », par Paolo Verme, économiste senior à la Banque mondiale.

À lire aussi sur iD4D : «  Crise des réfugiés au Liban : le point de vue d’une entreprise sociale    », par Kim Issa, responsable des relations extérieures le l'ONG  Arcenciel 

 

 



Rémy Rioux est nommé Directeur général de l’Agence Française de Développement en Conseil des ministres, ce 25 mai 2016

25/05/2016

Sur proposition de François Hollande au Parlement le 27 avril dernier et après un vote favorable à l’unanimité des députés et à la majorité des sénateurs, M. Rémy Rioux, 46 ans, secrétaire général adjoint du ministère des Affaires étrangères et du développement international, est nommé ce jour, en Conseil des ministres, Directeur général de l’Agence Française de Développement, Etablissement Public Industriel et Commercial, en charge du développement des pays du Sud et de l’Outre-mer. 11ème directeur général de l’AFD, Rémy Rioux prendra la tête de l’AFD, le 2 juin 2016.

Né en juin 1969 à Neuilly-sur-Seine, ancien élève de l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm, de Sciences Po et de l’Ecole nationale d’administration, Rémy Rioux, historien de formation, ancien élève d’Alain Corbin et de Pierre Nora, conseiller maître à la Cour des comptes, a alterné, au cours de sa carrière, des responsabilités en France et au service du développement et de l'Afrique.


Rémy Rioux est nommé Directeur général de l'AFD © Alain Buu

A l’âge de 26 ans, Rémy Rioux découvre le continent africain à l’occasion d’un stage de l’ENA au Bénin, puis en militant pour la promotion de l’harmonisation du droit des affaires en Afrique. Passionné par ce continent, il le sillonne tout au long de sa carrière, y noue des liens forts, et y acquiert une expertise reconnue des enjeux de développement. Au Trésor de 2004 à 2007 puis de 2010 à 2012, il contribue notamment à moderniser la coopération monétaire avec les pays africains membres de la Zone franc, participe à la résolution de la crise ivoirienne et contribue à placer la question des infrastructures et du développement au cœur de l’agenda international du G20. Il est alors administrateur de l’AFD et de sa filiale PROPARCO.

Rémy Rioux a par ailleurs exercé des missions de contrôle dans les secteurs de l'énergie et de la défense à la Cour des comptes entre 1997 et 2004. Il a travaillé au ministère de l’intérieur de 2000 à 2002, au sein du cabinet du ministre Daniel Vaillant, en charge notamment du budget et du passage à l’euro. Il a également exercé des fonctions à l’Agence des participations de l’Etat, de 2007 à 2010, comme directeur de participations en charge des secteurs des transports et des médias, participant au conseil d’administration de différentes entreprises (SNCF, RATP, ADP, Renault, France Télévisions, France Médias Monde, Arte, le Grand Port Maritime du Havre).

En 2012, directeur de cabinet du ministre de l’Economie, des Finances et du Commerce extérieur, Pierre Moscovici, il participe activement à la redéfinition des relations économiques entre l'Afrique et la France et aux travaux menés par Jacques Attali sur la francophonie économique. Deux ans plus tard, Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du Développement international, le nomme secrétaire général adjoint du Quai d’Orsay, en charge notamment des questions économiques. A ses côtés, il pilote le volet financier des négociations pour la COP21.

Après l’annonce par le Président de la République, en septembre 2015, d’une relance de la politique française de développement à travers la hausse des financements de 4 milliards d’euros d’ici 2020, pour atteindre 12,5 milliards d’engagements annuels, (dont 5 milliards d’euros en faveur du climat), il est chargé d'une mission de préfiguration du rapprochement entre l'Agence Française de Développement et la Caisse des Dépôts qui doit doter la France d’un outil à même de relever les défis des Objectifs du développement durable.

Homme de dialogue et de conviction, il est très attaché au Massif central, en particulier à la Corrèze et la Lozère, où il séjourne fréquemment, avec sa femme et ses trois enfants.


Dates clefs

  • 26 juin 1969 : Naissance à Neuilly-sur-Seine, France
  • 1997 : auditeur à la Cour des comptes à sa sortie de l’ENA (promotion Marc Bloch), il y deviendra Conseiller Maître en 2013
  • 2001 et 2002 : conseiller budgétaire au cabinet de Daniel Vaillant au ministère de l’Intérieur
  • 2003 : missions de contrôle dans les secteurs de l’énergie et de la défense à la Cour des Comptes
  • 2004 : direction du Trésor, Chef du bureau de la coopération monétaire et du développement avec les pays d’Afrique, des Caraïbes, du Pacifique et de la zone franc
  • 2007 : sous-directeur des transports et de l’audiovisuel de l’Agence des participations de l’Etat
  • 2010 : sous-directeur des affaires financières internationales et développement à la direction générale du Trésor
  • 2012 à 2014 : directeur du cabinet de M. Pierre Moscovici au ministère de l’Economie et des Finances
  • 2014 : secrétaire général adjoint du ministère des Affaires étrangères et du Développement international, chargé notamment des affaires économiques
  • 2015 : responsable des questions financières au sein de l’équipe française de négociation pour la COP21.
  • Juin 2016 : nommé 11ème Directeur général de l’Agence Française de Développement.


Résultats 2014 de l’Agence Française de Développement : Plus de 8 milliards en faveur d’un monde plus juste et plus durable

17/03/2015

Anne Paugam, Directrice générale de l’AFD, a présenté ce jour les chiffres clés de l’activité 2014 de l’acteur pivot de l’aide publique française au développement. Avec 8,1 milliards d’euros d’engagements, en hausse de +4%,  l’AFD réalise une nouvelle année historique en faveur d’un monde plus juste et plus durable.

"La mission de l’AFD est au cœur de l’enjeu des années à venir, qui est de faire émerger de nouveaux modèles de développement qui permettent à la fois d’assurer la prospérité de l’ensemble de la population mondiale et de préserver la planète. Nous y contribuons en adaptant nos actions aux besoins des pays partenaires", a précisé Anne Paugam, Directrice générale de l’AFD.

Institution publique qui met en œuvre la politique de la France en matière de financement du développement, l’AFD, présente sur quatre continents, dans plus de 90 pays et dans les Outre-mer français, agit au quotidien pour répondre aux demandes de ses partenaires. A la clef, des investissements dans le capital humain, le soutien au secteur privé, le financement de projets de transports collectifs, l’accompagnement de politiques publiques des Etats mais aussi des collectivités territoriales, afin de favoriser des trajectoires de développement plus justes et plus durables.

Face aux défis du dérèglement climatique, dont les impacts concernent l’ensemble de la planète, l’AFD apporte au quotidien la démonstration qu’il existe des solutions concrètes qui concilient climat et développement. En 2014, 53 % des financements de l’AFD en faveur du développement dans les pays en développement ont généré des impacts positifs dans la lutte contre le dérèglement climatique et 30% pour sa filiale Proparco en faveur du secteur privé.
 

Des impacts concrets

Les actions de l’AFD sont porteuses d’impacts concrets. Entre 2012 et 2014, les projets en cours ont permis :

  • la scolarisation de 2 millions d’enfants au primaire et au collège ;
  • l’amélioration de l’habitat pour 2,3 millions de personnes ;
  • l’accès de 2,75 millions de personnes à une source pérenne d’eau potable ;
  • l’appui au développement de 246 000 petites entreprises ;
  • le soutien à 771 000 exploitations agricoles familiales ;
  • la conservation et la gestion durable de 32 millions d’hectares d’espaces naturels permettant la préservation de la biodiversité.

 

infographie secteurs
 

 

Une année historique en faveur du climat : 53 % des financements

En 2014, 53 % des financements de l’AFD en faveur du développement dans les pays en développement et près de 30% de ceux de sa filiale Proparco en faveur du secteur privé ont aussi eu des impacts positifs dans la lutte contre le dérèglement climatique en application d’une stratégie climat parmi les plus ambitieuses des institutions financières internationales de développement, mise en place à la demande du gouvernement français. Cela a représenté en 2014 plus de 2,8 Md€ d’engagements financiers dont 2,53 Md€ pour l’AFD. Depuis 2005, 18 milliards d’euros ont été consacrés par l’AFD à des projets qui concilient développement et climat.
 

infographie climat

 

 

 

 

Premières obligations climat de l’AFD

L’AFD a émis pour la première fois des « obligations climat » ("climate bonds") d’une maturité de 10 ans, qui financeront des projets contribuant au développement, mais aussi à la lutte contre le dérèglement climatique.
Cette émission obligataire « climat », d’un montant d’un milliard d’euros, est la première du genre réalisée par une agence publique française. Elle marque un tournant dans la conception des instruments financiers en faveur de la transition vers une économie sobre en carbone. Par sa méthodologie rigoureuse et innovante, reposant sur une évaluation systématique de l’empreinte carbone des projets financés, l’AFD cherche à démontrer  aux financeurs qu’il est possible d’orienter une partie de la finance internationale vers des actifs « climat ».


 


Afrique Subsaharienne : des engagements records

En 2014, les financements en Afrique subsaharienne atteignent le volume record de 2,95 milliards d’euros, soit 36,5% des financements totaux du groupe AFD (45 % des financements dans les Etats étrangers). A travers ce fort engagement, qui s’inscrit dans l’objectif fixé par le Président de la République d’apporter 20 milliards d’euros de financements au continent d’ici à 2018, l’AFD vise à accompagner l’émergence de l’Afrique dans ses trajectoires de croissance. Les projets soutenus par l’AFD ouvrent l’accès aux services essentiels, permettent l’essor de villes durables, de l‘agriculture familiale, la préservation des ressources naturelles, le développement des infrastructures et d’entreprises créatrices d’emplois.


 

inforgraphie

 

 

 

 

Crises : des modes d’intervention et des outils spécifiques

Au Mali, en République Centrafricaine, en Guinée… dans des pays en conflit armé ou récemment sortis de conflits, l'AFD a adapté ses modes d’intervention et ses outils à la spécificité de ces contextes, afin de gagner en réactivité et de mieux collaborer avec les différents partenaires et acteurs de l’urgence et du développement. Parmi les projets marquant de 2014 on peut citer :

  • Ebola : un nouveau centre de traitement en Guinée forestière a pu être mis en place grâce à  une subvention de 5 M€ via un contrat de développement et de désendettement
  • Fonds Bêkou : crée à l’initiative de l’AFD, ce fonds doté fin 2014 de 64M€ permet aux bailleurs européens de mutualiser leurs financements pour accompagner le processus de gestion puis de sortie de crise en RCA. Il a pour objectif de recréer les services essentiels, de contribuer au développement économique et de favoriser la stabilité du pays et de la sous-région.
     

 

 

 

► Synthèse du bilan de l’activité 2014

 

► En savoir plus sur l'AFD en 2014



"On ne va pas partir au premier coup de feu"

01/10/2014

Dans cette interview vidéo, Olivier Ray, responsable de la cellule Crises et conflits, nous explique le rôle d’une agence de développement dans un pays en plein désarroi.

  

 

Sur l'année 2014, on a vu se multiplier des terrains de crises, de violences et de conflits. On a tous les images en tête : la crise syrienne qui perdure et reste une crise chaude, c'est la République centrafricaine qui est dans un état de crise extrêmement forte, mais c'est aussi le virus Ebola en Afrique de l'ouest, sans parler de l'Irak,  de gaza ou de crises pas si lointaines en Haïti et en Afghanistan.

Dans ces pays là, la France ne peut pas dire à ses partenaires "en situation de paix, on vous aide dans un processus de développement mais lorsqu'il y a des difficultés et que votre population souffre, on s'en va." C'est au contraire à ces moments-là que la solidarité, la coopération prend tout son sens.

Est-ce le rôle d’une agence de développement d’intervenir dans un pays en conflit ?

Un conflit c’est dix, vingt parfois trente années de développement perdu. Agir sur les situations de crise, en relèvement post-conflit et en prévention des crises, c’est fondamentalement être dans notre cœur de métier de développeur.

C’est important de continuer à travailler, à trouver les bons instruments, les bons modes opératoires pour agir dans ces situations parce que c’est, quelque part, le défi du développement du siècle à venir. Et donc il ne fait pas sens pour le développeur de partir au premier coup de feu. Notre raison d’être c’est d’accompagner ces sociétés dans le temps long, au moment de leur croissance et de leur développement, pour travailler sur les goulets d’étranglement de cette croissance.

Et aussi de manière préventive, contre ces crises qui restent de faire passer la richesse d’un pays du niveau d’aujourd’hui au niveau auquel il était il y a dix ou vingt ans. Un exemple, la RDC a perdu vingt années de croissance économique dans la crise des années 90.

On a, à l’AFD, beaucoup de projets qui contribuent à réduire ce terreau de la violence. On sait très bien que la jeunesse urbaine au chômage, c’est un facteur de crise. Parce que ces jeunes, frustrés, peuvent prendre les armes. Nous savons que les tensions autour du foncier, c’est-à-dire autour de la propriété de la terre peuvent créer des conflits extrêmement forts et violents. Là aussi il y a des projets pour traiter cette gestion de la terre. On a aussi bien établi au niveau international que certaines formes d’inégalités sociales, économiques et politiques génèrent de la violence par la frustration. Là aussi des interventions de l’aide au développement permettent de travailler avec des partenaires pour réduire un risque d’embrasement. 

Dans l’urgence, l’AFD fait-elle de l’humanitaire ?

L’AFD quand elle intervient dans des Etats qu’on appelle fragiles ou des sociétés fragilisées par la récurrence de crises environnementales ou politiques, elle intervient dans une logique de développement.

Notre rôle, notre mandat n’est pas l’humanitaire à proprement parler mais il y a un enjeu fondamental qui se pose pour l’AFD, c’est : comment mieux agir dans cette zone grise entre l’action humanitaire et l’action de développement, à long terme et pérenne.

On ne peut pas se permettre d’avoir d’un côté l’action humanitaire portée par un certain nombre d’acteurs, et des actions de développement qui ont des interlocuteurs locaux différents. Parce que cette désynchronisation entre les réponses humanitaires dans l’urgence et les réponses de développement génère alors des vrais problèmes de politiques publiques à long terme. Ça c’est ce que nous enseigne l’expérience de la communauté internationale de ces dix dernières années. Et donc on travaille avec nos collègues du monde humanitaire pour articuler les réponses dans l’urgence et dans le développement.

L’AFD ne travaille-t-elle qu’avec les gouvernements ?
 
L’approche de l’AFD c’est d’être le plus flexible possible dans nos modes d’intervention dans ces situations complexes. Il va de soi qu’en fonction d l’évolution d’une situation, nos interlocuteurs vont être différents. Il peut être nécessaire et important de travailler avec la puissance publique dans son incernation nationale parce que c’est elle qui porte légitimement la politique publique.

Parfois ce n’est pas possible parce que la puissance publique nationale, le gouvernement ne contrôle pas tout son territoire. Ou parce que, à un moment donné, ce sont des acteurs avec lesquels le gouvernement français ne peut pas travailler, parce qu'ils massacrent leur population, par exemple. Et dans ces cas-là, l’objectif de l’AFD est de maintenir une capacité d’intervention au service des populations et en préparation de la reconstruction. Notre stratégie peut être d’aller travailler avec des acteurs du secteur privé qui restent une composante fondamentale pour la création de richesse et le pain quotidien des populations en temps de crise. Mais ça peut être aussi travailler avec des collectivités territoriales qui portent aussi la politique publique au niveau local et qui participent de la légitimité et de la crédibilité de la puissance publique
lorsque le gouvernement n’est pas à même de livrer les services publics.

 

► En savoir plus sur l'action de l'AFD dans les pays en crise



L’AFD et le CIRAD lancent Challenge Climat, un concours international sur l’innovation agricole et forestière face au dérèglement climatique

09/09/2014

Appel à projets lancé au Forum mondial Convergences les 8, 9 et 10 septembre 2014

L’Agence Française de Développement (AFD) et le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) lancent le premier concours international « Challenge Climat Agriculture et Forêts », encourageant l’innovation agricole et forestière face au dérèglement climatique.

Anne Paugam, Directrice générale de l’AFD et Michel Eddi, Président-Directeur général du CIRAD présentent le 9 septembre 2014 ce concours lors de la 7e édition du Forum Mondial Convergences qui réunit les acteurs publics, privés et solidaires mobilisés par les Objectifs du Millénaire pour le Développement.

Parce que le dérèglement climatique est un enjeu majeur pour l’agriculture et une menace pour la sécurité alimentaire mondiale, comme pour l’éradication de la pauvreté, l’Agence Française de Développement et le Cirad lancent le concours « Challenge climat Agriculture et forêts ». L’AFD est particulièrement impliquée dans le soutien aux pays en voie de développement dans la lutte contre le dérèglement climatique. Pour le Cirad, la thématique du changement climatique est au cœur, depuis plus de 15 ans, des travaux de recherche menés avec ses partenaires du Sud pour permettre l’adaptation des agricultures de ces pays à cette contrainte majeure.

Ce concours international vise à encourager l’innovation, accélérer le transfert et la diffusion de technologies et savoir-faire, qui sont indispensables à l’émergence des réponses novatrices à imaginer pour l’avenir. Il permettra de soutenir la créativité et le succès de projets exemplaires, portés par des candidats d’Afrique, de Méditerranée, d’Asie d’Amérique Latine et de l'Outre-mer français : acteur individuel, organisation paysanne, institution financière, acteur du secteur économique et social, collectivités et territoires.

Quatre catégories de projets y sont mises en avant :

  • atténuation du dérèglement climatique en agriculture et élevage
  • atténuation du dérèglement climatique dans le secteur de la forêt
  • substitution et transformation de produits agricoles et sylvicoles
  • adaptation au dérèglement climatique et gestion de la ressource eau

 

Les projets devront être déposés jusqu’au 1er décembre 2014 sur le site Internet dédié au concours, www.challenge-climat.com, via l’interface de candidature en ligne.

 

L’innovation : une nouvelle approche de la mobilisation des acteurs

Les innovations techniques, méthodologiques ou opérationnelles créant de nouvelles dynamiques locales ainsi que les démarches d’économies inclusives seront valorisées. Elles permettent aux acteurs et exploitations agricoles familiales d’adapter leurs pratiques au dérèglement climatique, tout en assurant une progression de leurs niveau et qualité de vie.

 

150 dossiers pré-sélectionnés, 12 projets majeurs retenus, 4 lauréats récompensés

Une sélection de 150 projets déposés sera établie sur la base de leur impact de l’innovation sur le climat, leur faisabilité, viabilité, et possibilité de réplication, ainsi que leur utilité et cohérence globale. Un comité de sélection composé d’experts du secteur du développement retiendra 12 innovations majeures transmises au jury final.

« Ce concours constitue une opportunité de mobiliser et de fédérer les énergies du Nord et du Sud autour des moyens innovants à mettre en œuvre pour soutenir le développement durable. L’agriculture et la forêt sont deux secteurs clés, porteurs d’innovations face au dérèglement climatique et de solutions face au défi majeur de la sécurité alimentaire mondiale. C’est pourquoi je suis très heureuse de lancer Challenge Climat en partenariat avec le Cirad » déclare Anne Paugam, Directrice Générale de l’Agence Française de Développement (AFD).

« Ce concours est l’occasion de mettre en valeur les innovations issues des travaux de recherche sur l’agriculture dite « climato-intelligente » ou « climate-smart agriculture ». Ces nouvelles pratiques agricoles doivent permettre de répondre au triple défi de la sécurité alimentaire, de l’adaptation au changement climatique et de l’augmentation durable de la production en favorisant le développement de l’emploi en milieu rural. Elles sont notamment vitales pour l’avenir des agricultures familiales mais aussi pour penser et construire le monde de demain, selon les principes du développement durable. », précise Michel Eddi, Président-Directeur général du CIRAD.

 

Remise des prix par un jury de prestige au Salon International de l’Agriculture 2015

Les 12 porteurs de projets innovants seront invités en France à présenter leur projet lors de la cérémonie de remise des prix qui aura lieu à Paris à l’occasion du Salon international de l’agriculture (21 février au 1er mars 2015).

 

Le jury final comprend des personnalités du domaine de l’innovation et de l’investissement social et économique parmi lesquelles :

  • Brice Lalonde : Conseiller Spécial Global Compact Nations Unies, ex- sous-secrétaire général de l’ONU ; ancien secrétaire d'État puis ministre de l'Environnement de 1988 à 1992.
  • Navi Radjou : consultant en innovation dans la Silicon Valley, père du concept du Jugaad et de l’innovation frugale.
  • Ibrahima Coulibaly : Ambassadeur auprès de l’ONU de l’Année International de l’Agriculture Familiale, Vice-président ROPPA (Réseau des Organisations Paysannes d’Afrique de l’Ouest), Président CNOP (Coordination nationale des organisations paysannes du Mali).
  • Jean-Christophe Debar : Directeur de la fondation FARM (Fondation pour l’Agriculture et la Ruralité dans le Monde).

 

Pour Brice Lalonde, Président du Jury : « L’humanité fait face à l’un de ses plus grands défis, comment assurer un développement pour tous, sans nuire à la planète. Dans ce défi, l’agriculture a toute sa part et il se pourrait bien que les solutions viennent des pays du Sud, dont la force créative n’est plus à démontrer. Je suis donc fier à travers ce challenge, de contribuer à faire émerger les solutions qui nous permettront de nourrir le monde tout en protégeant la nature, mère des récoltes futures. »

Pour en savoir plus sur :
Challenge Climat agriculture et forêts : www.challenge-climat.com
Le Cirad : www.cirad.fr
Le Ministère des Affaires étrangères et du Développement International (MAEDI) : www.diplomatie.gouv.fr



2013 : une année record pour l’Agence Française de Développement avec 7,8 milliards d’euros d’engagements (+8%)

26/05/2014

Anne Paugam, Directrice générale de l’Agence Française de Développement (AFD) a présenté ce jour, le bilan 2013 de l’établissement public. Dans cette année de transition marquée par l’organisation des Assises de la Solidarité et confortée par les orientations prises par le Comité Interministériel de la Coopération Internationale et de la Solidarité (CICID), l’AFD réalise une nouvelle croissance de ses activités avec 7,8 milliards d’euros d’engagements, atteignant ainsi un niveau historique.

Une année de croissance qui confirme la priorité sub-saharienne

En 2013, les engagements atteignent 7,8 milliards d’euros (dont l’essentiel sous la forme de prêts), soit une progression de 8% par rapport à 2012. L’Afrique subsaharienne reste la priorité de l’Agence : les financements atteignent le volume record de 2,8 milliards d’euros, soit 37% des financements totaux et 46% des financements dans les Etats étrangers. Sur le continent, les projets de formation, de développement urbain, de préservation des ressources naturelles ou encore de développement rural illustrent quelques-uns des secteurs d’intervention prioritaires.
 

 


Une hausse des engagements en faveur de la lutte contre le dérèglement climatique

La lutte contre le dérèglement climatique participe d’un engagement fort de l’AFD : 50% des financements ont un cobénéfice sur le climat. En 2013, cette mobilisation s’est traduite par le soutien, à hauteur de 2,4 milliards d’euros, de 77 projets de développement ayant des cobénéfices en matière de lutte contre le dérèglement climatique.

Des financements porteurs de résultats concrets sur le terrain

Comme chaque année, les actions de l’AFD sont porteuses d’impacts toujours plus importants. En 2013, les projets en cours ont produit les résultats supplémentaires suivants :

  • l’approvisionnement à une source pérenne d’eau potable de 1,5 million de personnes,
  • l’accès à un système d’assainissement amélioré de 411 000 personnes ;
  • l’amélioration des conditions de logement dans les quartiers précaires de 1 million de personnes,
  • la scolarisation dans le primaire et au collège de 450 000 enfants
  • l’accès à des dispositifs de formation professionnelle de 32 000 jeunes.
  • le soutien à 878 000 exploitations agricoles familiales
  • le soutien à 73 000 petites entreprises ;
  • l’accès à des moyens de transports en commun (nouveaux ou modernisés) à 35 millions de passagers par an.

Dans le domaine de la biodiversité, 30 millions d’hectares bénéficient de programmes de conservation ou de gestion durable de la ressource. Les nouveaux projets financés en 2013, contribuant à la lutte contre le dérèglement climatique, diminueront les émissions de gaz à effet de serre à hauteur de 3,3 millions de tonnes d’équivalent CO2 par an.

Un réseau étendu de partenaires pour répondre aux besoins du Sud

Travailler avec l’ensemble des acteurs du développement est un enjeu majeur pour l’Agence. Collectivités locales, secteur privé, bailleurs de fonds, Union européenne, tous contribuent à structurer les réponses les plus adaptées aux besoins du terrain. En 2013, l’AFD a soutenu 73 projets portés par 56 Organisations de la société civile (OSC) à hauteur de 48,7 millions d’euros de subvention. L’Agence a cofinancé 37 projets avec d’autres bailleurs pour un montant total de 1,7 milliard d’euros.

Anne Paugam, Directrice générale de l’AFD précise : « En 2013, ce sont 7,8Mds€ que l’AFD a engagé au service du développement, c’est-à-dire au service d’une mondialisation plus juste et mieux maîtrisée. Car si la mondialisation a sorti des centaines de millions de personnes de la grande pauvreté, elle a aussi aggravé les déséquilibres et tensions de toutes natures. L'AFD, pour moi, est un instrument privilégié de la France pour agir sur ces déséquilibres : dans les pays les plus pauvres d’Afrique et d’Asie, nous luttons contre la pauvreté ; dans les émergents, nous sommes davantage focalisés sur la lutte contre le changement climatique. Mais le cœur de notre mission reste bien le même : favoriser un développement durable d’un point de vue économique, social et environnemental, ceci dans l’intérêt mutuel des pays du Sud et du Nord. »

                                  
 



 
 
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