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L'AFD et la KfW se retrouvent lors d'une réunion de concertation pour partager leur expérience dans les Territoires
Les agences de l’AFD et de la KfW dans les Territoires palestiniens ont décidé depuis 2010 d’organiser des rencontres périodiques de concertation sur les secteurs communs d’intervention.
La réunion s’est tenue le 25 avril dans les locaux administratifs de la Zone Industrielle de Bethléem. Cette zone industrielle constitue un projet de développement économique qui est appuyé par l’AFD. Cette réunion a ainsi permis de présenter les avancées concrètes du projet.
Ce moment d’échanges privilégié entre deux bailleurs au statut similaire (instrument de l’aide des gouvernements français et allemands au statut d’institution bancaire) a été l’occasion de passer en revue l’ensemble de nos portefeuilles respectifs, et d’avoir un retour d’expérience et une réflexion croisée sur nos trois secteurs de concentration communs :
- Eau et assainissement
- Développement local et municipal
- Secteur privé
Des initiatives communes comme le financement prochain d’un Master Plan eau et assainissement pour le Nord de la Cisjordanie, mais aussi des réflexions conjointes sur la gestion des infrastructures d’assainissement dans la bande de Gaza ou des positions communes sur des programmes conjoints (MDLF, zones industrielles,..) ont été discutés.
Les points de réussite ou de difficultés rencontrés avec nos partenaires communs, Autorité Palestinienne et différents ministères et institutions mais aussi l’administration israélienne (permis de construire en zone C, projets eau, projets à Gaza) ont également été abordés afin de capitaliser sur les expériences pour améliorer la mise en œuvre des projets sur le terrain.
Discussion avec les responsables villageois et les ONG intervenant dans le village de Beit Zakarya.
En marge de la réunion, la visite d’un projet pilote de développement local dans un village du Gouvernorat de Bethleem situé en zone C, financé par l’AFD et mis en œuvre par NDC en relation avec des ONG locales (YMCA, RIWAQ, ACAD, PCC) a permis de poursuivre la réflexion sur les modalités et priorités d’intervention dans ces contextes particuliers.
Rendez-vous est donné fin 2013 à la station d’épuration de Naplouse pour la prochaine réunion.
Première du club francophone
A l’initiative du Consulat général de France à Jérusalem et de l’AFD, la première réunion du Club francophone palestinien s’est tenue le mercredi 24 avril au Centre culturel franco-allemand de Ramallah.
Cette première réunion s’inscrivait par ailleurs dans le cadre de l’année internationale de la coopération dans le domaine de l’eau, http://www.unesco.org/new/fileadmin/MULTIMEDIA/HQ/SC/pdf/IYWC_Presskit_FR.pdf , avec une présentation par Sébastien Boussois, chercheur à l’Université libre de Bruxelles et spécialiste de la question israélo-palestinienne, sur le projet de canal mer Rouge-mer Morte. Sébastien Boussois est l’auteur de "Sauver la mer Morte, un enjeu pour la paix au Proche-Orient" - Armand Colin, 2012.
Après le succès de cette première édition, d’autres réunions seront organisées à l’occasion de la venue d’intervenants francophones dans les Territoires Palestiniens. Cette initiative est portée par le désir de réunir à intervalles réguliers des personnalités palestiniennes de haut niveau et d’horizons variés ayant la langue française en partage, pour leur permettre de se rencontrer et d’avoir, à cette occasion, des échanges sur des sujets d’actualité.
De gauche à droite :
Dr Shaddad Attili (Ministre palestinien de l’eau), Frédéric Desagneaux (Consul Général de France à Jérusalem) et Dr Sébastien Boussois.
L'AFD à la rencontre des étudiants palestiniens
A l’occasion du « Engineering Day » organisé par le Département d’ingénierie de l’Université de Birzeit le 16 et 17 avril, l’AFD a tenu un stand d’information à destination des étudiants ingénieurs, pour présenter les différentes missions de l’AFD dans les Territoires Palestiniens et les métiers d’ingénierie associés tant dans la conception technique que la supervision des travaux d’infrastructures. L’objectif de ces journées était en particulier de faire découvrir aux étudiants les expertises techniques attendus par les bureaux d’études et les entreprises pour la mise en œuvre des projets et activités menés par l’Autorité Palestinienne et le secteur privé.
De nombreux et intéressants échanges ont pu avoir lieu auprès de cet auditoire ciblé (génie électrique, génie civil et informatique principalement) sur les projets financés par l’AFD dans le secteur de l’eau et de l’assainissement, des infrastructures municipales, d’appui au secteur privé, de l’énergie, et de la santé, et ainsi mieux faire comprendre le rôle et le fonctionnement d’une agence de développement.
L'AFD soutient la journée mondiale de l'eau
Cette journée a été marquée par l’intervention du Dr Shaddad Attili, Ministre de l’eau Palestinien, qui a souligné l’importance de la coopération entre les différents bailleurs de fonds et l’Autorité Palestinienne dans le domaine de l’Eau pour la construction du futur Etat Palestinien. Il a salué tout particulièrement l’implication de l’Agence Française de Développement.
Energies renouvelables et efficacité énergétique : de l’initiative palestinienne à l’expertise française
Dans le cadre du lancement de l’Initiative solaire palestinienne et du salon des énergies renouvelables qui s’est déroulé à Lyon du 18 au 21 février dernier, la Région Rhône-Alpes a invité pour la première fois une délégation palestinienne composée de représentants de l’Autorité Palestinienne de l’Energie (PEA), et de la BMIP, développeur de la zone industrielle de Bethléem.
Cette rencontre a été initiée par la Région Rône-Alpes dans le cadre de sa coopération avec les Territoires Palestiniens et facilitée par l’AFD qui entretien d’étroites relations avec PEA sur le projet efficacité énergétique et avec la BMIP sur le projet de Zone Industrielle de Bethléem ; elle a permis d’initier les échanges avec les pôles de compétence français dans le domaine des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique.
Des initiatives palestiniennes
La visite de la délégation à l’Institut National de l’Energie Solaire sur le site Savoie-Techno lac a ouvert des pistes de collaboration future, notamment dans le domaine de la formation. Le ministre de l’énergie, Dr. Omar Kittaneh, a pu, à cette occasion, présenter la « Palestinian Solar Initiative » (PSI) lancée en janvier 2012 par PEA, qui vise à développer le secteur des énergies renouvelables en Palestine par deux approches :
- Le secteur domestique, avec un objectif d’installation de 5 MW de panneaux solaires à l’horizon 2015 via une approche toit solaire domestique et feed-in-tariff*
- Centrale solaire, projet envisagé en montage privé (PPP)
En appui à cette démarche, l’Autorité Palestinienne vise à créer un pôle de compétence solaire au sein de la Zone Industrielle de Bethléem, où Schneider Electric a déjà ouvert un Centre de Formation. Par ailleurs, PEA dispose également d’un centre de formation à Jéricho.
La visite du salon a également permis au Directeur de l’Unité Efficacité Energétique mise en place au sein de PEA dans le cadre d’un projet financé par l’AFD (2009-2012), d’échanger avec les industriels français sur ce thème devenu prioritaire pour PEA. Une deuxième phase visant la mise en œuvre concrète des mesures d’efficacité énergétiques identifiées lors de la phase en cours via une campagne d’audits est en cours d’élaboration. Pour ce faire, PEA a mis en place avec le soutien de l’AFD des outils de financement innovants permettant d’inciter le secteur public et le secteur privé à investir dans ce domaine. (Voir article « L’efficacité énergétique : la première source d’énergie locale, du 20/02/2013)
Des pistes de coopération pour mobiliser l’expertise française
La délégation aura pu bénéficier des rencontres avec le centre de recherche et développement de l’INES et des agences françaises comme l’ADEME pour élaborer des pistes de collaboration visant au renforcement de ses capacités (formation avec l’INES, campagnes de communication avec l’ADEME, …) mais également pour prospecter le marché français qui dispose d’un haut niveau d’expertise dans ces domaines (panneaux solaires par exemple).
Le renforcement des liens franco-palestiniens
De nombreuses idées ont émergées des rencontres, tant au niveau institutionnel qu’économique, comme par exemple :
- un plan de formation en lien avec l’INES qui réponde aux besoins propres de PEA,
- des pistes de collaboration à creuser avec d’autres institutions comme l’ADEME dans le domaine de la sensibilisation, communication, information, ou EDF pour l’intégration de la production des énergies renouvelables dans le réseau électrique national,
- les résultats d’un appel à projet sur du photovoltaïque, remporté par une ONG palestinienne, qui va permettre l’installation d’un générateur « plug & sun » (technologie avec laquelle les panneaux solaires suivent la courbe du soleil pour maximiser l’ensoleillement et donc le rendement) dans la vallée du Jourdain,
- une volonté exprimée par un groupe français d’implantation sur la ZI de Bethléem pour couvrir le marché palestinien et jordanien,
- la volonté de renforcement de la présence de Schneider dans les Territoires Palestiniens
- volonté d’industriels français de développer leur présence sur le marché palestinien,
- …
Bien évidemment, ces pistes de partenariat donneront lieu à un plan d’action concret, à mettre en place de façon conjointe avec la Région Rhône-Alpes et ses partenaires, l’AFD et les contreparties palestiniennes.
*feed-in-tariff : dans le cadre de la production énergétique individuelle (énergies renouvelables), le particulier peut revendre la totalité de sa production au distributeur d’électricité national à prix préférentiel et s’approvisionne normalement pour sa consommation personnelle (nécessité de 2 compteurs électriques) , (feed in tariff), ou bien utiliser sa production pour sa consommation personnelle et revendre uniquement le surplus au même tarif qu’à l’achat (nécessité d’un seul compteur, la quantité produite étant déduite de la consommation totale).
L’efficacité énergétique : la première source locale d’énergie
Dans un contexte de dépendance quasi-totale de l’Autorité palestinienne pour son approvisionnement électrique et en produits pétroliers, l’efficacité énergétique est vue comme un « gisement énergétique », au même titre que les énergies renouvelables. Un premier programme financé par l’AFD et le FFEM, démarré en 2009 a permis d’identifier le potentiel d’économies d’énergie sur plusieurs secteurs. Un atelier de restitution des conclusions de ce programme a été organisé le 24 janvier dernier, à Ramallah. Puis une délégation palestinienne, menée par le ministre palestinien de l’Energie, s'est rendue à Lyon pour présenter l'« l’Initiative Solaire Palestinienne » au Salon des énergies renouvelables.
Entre enjeux financiers et maîtrise de l’énergie
L’efficacité énergétique est devenue une priorité pour l’Autorité palestinienne depuis quelques années. Vue tout d’abord comme un levier d’action principal pour permettre la réalisation d’économies, elle a désormais une place centrale dans la politique énergétique menée par l’Autorité palestinienne de l’énergie (PEA).
L’Autorité palestinienne a en effet accumulé de lourdes dettes dans le secteur énergétique car elle essuie celles des sociétés de distribution et des municipalités (dû à des impayés de la par de ces dernières) auprès du fournisseur israélien. Ce phénomène, appelé net lending* est un des enjeux majeurs pour l’Autorité palestinienne car il est estimé à près de 300 M$ pour 2012, dont au moins 40% dus à la facture électrique.
Au-delà de ces aspects économiques, PEA a pris conscience de la nécessité de maîtriser la demande énergétique palestinienne vis à vis de l'extérieur et donc de renforcer ses ressources propres. Au premier rang de ces ressources, se retrouve bien entendu l'énergie solaire, notamment chez les particuliers (chauffe-eau solaire, par exemple).
Un potentiel important identifié dans différents secteurs économiques
La maîtrise de la demande passe également par les mesures d'efficacité énergétique.
Un premier programme financé par l’AFD et le FFEM, démarré en 2009 et actuellement en cours de finalisation, a permis d’identifier le potentiel d’économies d’énergie sur plusieurs secteurs (bâtiments publics, industries…) grâce à la mise en place d’une structure qualifiée au sein de PEA pour mener à bien la batterie d’audits nécessaire à ce premier diagnostic national.
Les Territoires palestiniens font partie des pays du Moyen-Orient les plus volontaristes sur ces questions et a d’ailleurs signé en 2012, sous l’impulsion de la Ligue arabe, un plan national d’efficacité énergétique qui fixe un objectif de réduction de la consommation énergétique à 5% d’ici 2020.
Le potentiel identifié est assez conséquent, avec une moyenne de 18% pour le public et sur le secteur de l’industrie.
Formation à l'éfficacité énergétique
Les économies réalisées permettent, en outre, une meilleure gestion des sociétés de distribution, une anticipation de l’accroissement de la demande des années à venir et donc l'amélioration de la qualité de service.
Un atelier de restitution des conclusions de ce programme a été organisé par l’équipe efficacité énergétique, le 24 janvier dernier, à Ramallah.
Frédéric Desagneaux , le Consul Général de France, en compagnie du Dr Omar Kittaneh, Président de l’Autorité Palestinienne de l’Energie, en ont fait l’ouverture, rappelant l’importance de ces questions tant au niveau national que dans le contexte environnemental international.
Frédéric Desagneaux a réitéré à cette occasion le soutien de la France à l’Autorité palestinienne sur cette question majeure, en annonçant l’instruction en cours d’une seconde phase qui vise à mettre en œuvre à plus grande échelle les mesures identifiées lors de la phase 1.
Ouverture de l’atelier par la Responsable Communication
de l’équipe Efficacité Energétique du PEA
Des outils financiers innovants pour une mise en œuvre pérenne
En effet, forte des résultats des premiers audits, l’équipe efficacité énergétique de PEA, en collaboration avec l’Agence AFD de Jérusalem, a défini de nouveaux mécanismes de financement. En partenariat avec les secteurs public et privé, ces outils financiers, visent à favoriser une démarche d’investissement de long terme au profit de l’efficacité énergétique.
Cet atelier a permis à l’équipe de présenter à une large communauté d’acteurs économiques (ministères, universités, industries, banques, distributeurs d’électricité, organismes publics, …) les modalités de ces outils financiers, incitation à l’investissement.
Dans le secteur public, la mise en place d’un fonds réabondé par les institutions bénéficiaires sur la base d’une partie des économies réalisées (« fonds revolving »), offrira au ministère des Finances à la fois l’investissement initial nécessaire (porté par l’AFD) et l’autonomie budgétaire pour continuer à investir sur l’ensemble du parc immobilier. En premier lieu sont ciblés les hôpitaux et les écoles où les sources d’économies les plus importantes ont été identifiées.
Dans le secteur privé, si les entreprises sont conscientes du gisement d’économies que représente l’efficacité énergétique, rares sont celles qui investissent, faute de liquidités.
Afin de tester l’intérêt des entreprises, il est proposé de mettre en place une subvention à l’investissement d’un montant équivalent à une baisse du taux d’intérêt d’un prêt contracté par l’entreprise auprès de banques partenaires (équivalent d’un prêt à taux 0).
Les modalités de ces deux mécanismes financiers novateurs sont actuellement en test sur deux projets pilotes avant d’être déployés plus largement lors du second programme.
Présentation des effets économiques du programme
Il est attendu que ce projet puisse créer une émulation au profit de l’efficacité énergétique, incitation à l’investissement, et pourquoi pas à terme création d’un nouveau marché, de façon à aider l’Autorité Palestinienne à répondre à ses objectifs nationaux en termes de réduction de la consommation énergétique.
De g. à d. Hervé Conan (Directeur de l’Agence de Jérusalem), Dr. Omar Kittaneh (Président de PEA), Frédéric Desagneaux (Consul Général de France à Jérusalem)
Un renforcement des liens franco-palestiniens
A l’occasion du salon des énergies renouvelables qui s’est tenu à Lyon du 18 au 21 février dernier, une délégation composée du ministre palestinien de l’Energie et des spécialistes locaux des énergies renouvelables et efficacité énergétique ont été accueillis par la Région Rhônes-Alpes pour assister au salon.
Cette mission a été l’occasion pour la délégation de présenter « l’Initiative Solaire Palestinienne » et les projets décrits ci-dessus dans le domaine de l’efficacité énergétique devant un parterre d’experts français et d’initier des échanges d’expertise et future coopération. Les premières pistes concernent aussi bien le secteur de la formation en partenariat avec l’Institut National de l’Energie Solaire (INES), que le développement des relations économiques interentreprises, avec le soutien de la Mission Economique de Jérusalem.
Visite de la délégation à l’INES. De gauche à droite :
Mme Fiorini Bériot ( Directrice de la Direction Europe, Région Rhône-Alpes), M. Honoré (Chef de projet secteur transport et énergie durables, AFD), M. Joly (Directeur général, INES), Dr. O. Kittaneh (Ministre de l’énergie, PEA), M. Schaffer (Directeur du département formation, INES), Eng. Mobayyed (Directeur de l’unité efficacité énergétique, PEA), M. Abu Ata (conseiller juridique, BMIP), Eng. Abu Ghosh (Directeur de l’unité projet, PEA)
* net lending : il se définit comme l’ensemble des dépenses supportées par l’Autorité Palestinienne au nom d’autres entités (ici les compagnies de distribution d’électricité ou les municipalités), se traduisant par sous la forme d’une dette de ces entités auprès de l’Etat Palestinien.
