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Le groupe de l’AFD est habilité à intervenir dans les Territoires palestiniens depuis novembre 1998. L’activité de l’AFD dans les Territoires répond à deux enjeux majeurs : contribuer à l’émergence d’un Etat palestinien viable, en renforçant les institutions et en mettant en place les conditions d’un développement pérenne ; et préserver la cohésion et la paix sociale.
À la une
Conférence sur la microfinance islamique, à Djeddah, co-organisée avec la Banque islamique de développement, les 30 avril et 1er juin
L'AFD et la Banque islamique de développement, ont organisé à Djeddah (Arabie Saoudite), une conférence internationale sur la microfinance islamique, conjointement avec le CGAP (réseau animé par la Banque mondiale sur la microfinance). Rassemblant des acteurs majeurs de la microfinance islamique, cette conférence a permis de dresser un état des lieux des pratiques et produits de ce mode de financement en plein essor.
Un mode de financement de l'économie en plein essor
Les travaux de la conférence ont permis de dresser un état des lieux des pratiques, produits et volumes relatifs à ce mode de financement en plein essor, possédant un chiffre d'affaires d'un milliard de dollars avec un taux de croissance annuel de 30%. Ils ont également permis de valoriser les résultats d'une étude copilotée par le CGAP et l'AFD. Cette conférence s'inscrit dans le cadre de l'accord de partenariat signé en janvier dernier entre l'AFD et la Banque islamique de développement (BisD).
Les échanges, denses et animés, ont mis en lumière les forces et faiblesses de ces outils de plus en plus demandés dans nombre de pays d'intervention de l'Agence et de mieux cerner les besoins des bénéficiaires, des institutions financières et des banques centrales dont le rôle s'avère primordial en matière de cadre réglementaire et de régulation.
Une multitude d'expériences innovantes sur le terrain
Plusieurs constats se sont dégagés : l'existence d'une forte demande pour ce type de produits financiers, notamment de la part des plus pauvres ; la prolifération d'expériences innovantes sur le terrain, souvent mal répertoriées ; la nécessité de lancer des exercices d'étalonnage pour constituer des référentiels techniques, financiers et institutionnels.
Une plate forme de connaissances sur le web
Il a été acté que les différents bailleurs et institutions intéressés, dont la BIsD et l'AFD, accompagnent cette dynamique en promouvant la mise en place d'outils d'informations et d'échanges tels qu'une plate forme de connaissances adossée à un site web dédié et la tenue d'une conférence annuelle. Invitation a été lancée pour que la prochaine se tienne à Paris dans les locaux de l'Agence.
En marge de cette conférence, un entretien bilatéral entre le directeur général de l'AFD, M. Zerah, et le Président de la BIsD, M. Ali, et des rencontres entre les services opérationnels respectifs ont permis de préciser les pistes concrètes de mise en œuvre de l'accord, notamment la possibilité d'un échange de personnels et de premières opérations en cofinancement en Méditerranée.
Des choix stratégiques compatibles et des géographies communes
La BIsD et l’AFD ont, en effet, de nombreuses géographies d’intervention communes, dans le bassin méditerranéen, en Afrique sub-saharienne ou encore en Asie centrale et du sud-est. Par ailleurs, le choix de secteurs prioritaires de la BIsD tel que les infrastructures (énergie, transports, urbain), l’agriculture, l’éducation et la santé est parfaitement compatible avec les orientations stratégiques de l’Agence.
Plus généralement, ce partenariat permettra à l’Agence d’amorcer une coordination plus poussée avec ce bailleur majeur dans le paysage des bailleurs arabes et islamiques, et de mieux comprendre le cycle du projet de la Banque (assez similaire entre les différents bailleurs du Golfe).
L’approche cluster au service du développement du secteur privé : bientôt une réalité !
Le ministre du Plan et du développement administratif, Ali Jarbawi, le Consul général de France à Jérusalem, Frédéric Desagneaux, et le Directeur de l’AFD à Jérusalem, Hervé Conan, ont signé le mercredi 4 avril une convention de financement de 5 millions d’euros pour un projet d’appui au secteur privé.
A travers le développement de clusters et le renforcement du dialogue public-privé, ce projet vise à renforcer la compétitivité des entreprises palestiniennes, notamment les petites et moyennes entreprises, afin d’augmenter leurs parts de marché localement et à l’export.
Pour favoriser la bonne mise en œuvre de ce concept nouveau dans les Territoires Palestiniens, le ministère de l’Economie a signé un accord de partenariat avec l’association France Clusters qui regroupe en France près de 100 clusters, et qui apportera son appui en particulier lors de la phase de lancement et le long du projet pour des échanges d’expérience.
Ce projet débutera dans les prochaines semaines par une campagne d’information et de sensibilisation sur l’approche cluster qui sera menée dans tous les gouvernorats de Cisjordanie et Gaza via le réseau des chambres de Commerce et d’industrie. Cette campagne permettra une large diffusion de la démarche du projet qui repose sur un appel à propositions où les clusters seront sélectionnés en fonction de leur pertinence et de la variété des secteurs et des contextes.
Forum urbain palestinien 27-29 mars 2012
L’Agence française de développement a participé au premier Forum urbain palestinien (27-29 mars 2012 à l'Université Al-Najah à Naplouse), organisé par ONU-Habitat et ses partenaires palestiniens, qui avait pour but de cerner les enjeux du développement urbain local et de préparer la participation palestinienne au Forum urbain mondial (organisé par ONU-Habitat tous les deux ans) qui se tiendra dans l’autre Nea Polis (Naples) en septembre 2012. Il a réuni environ 500 participants, fonctionnaires, urbanistes, chercheurs palestiniens et experts internationaux autour des thèmes du développement durable, de la planification, de la gouvernance urbaine et du logement.
Ce forum était présidé par le ministre du Gouvernement local, Khaled Qawasmi, et le Directeur exécutif d’ONU-Habitat, Joan Clos. Il était soutenu par la GIZ, la BTC et le fonds Municipal Development Program, auquel participe l’AFD.
Irène Salenson, chef de projet DOE/EBC/CLD a présenté une intervention sur les : «Nouvelles tendances de planification urbaine et les enjeux cruciaux de la mise en œuvre dans les villes palestiniennes».
Parmi les recommandations énoncées par les participants, on retiendra une demande de simplification des procédures d'enregistrement foncier, la promotion des partenariats-publics privés et l'annonce de la création d'une association nationale des urbanistes palestiniens qui deviendrait membre de l'association internationale des urbanistes.
6ème Forum Mondial de l’Eau à Marseille : la Palestine fait entendre sa voix
Du 12 au 17 mars dernier s’est déroulé à Marseille le 6ème Forum Mondial de l’Eau qui a réuni plus de 35 000 personnes. Forte d’une délégation de 40 représentants, l’Autorité Palestinienne de l’eau (PWA) a mis à profit cet évènement d’envergure mondiale pour présenter le contexte spécifique de l’accès à l’eau et à l’assainissement dans les Territoires palestiniens et promouvoir le projet stratégique d’usine de dessalement de Gaza.
La délégation palestinienne appuyée par de nombreux acteurs
Difficultés d’accès à la ressource en eau dans le contexte des accords d’Oslo, recherche de solutions innovantes pour développer l’accès à l’eau et à l’assainissement pour sa population et réforme du secteur ont été autant de sujets abordés par les palestiniens durant les nombreuses sessions et conférences organisées à cette occasion.
La ville de Marseille a accueilli du 12 au 17 mars 2012 des représentants de 173 pays à l’occasion du 6ème Forum mondial de l’eau, intitulé « Le temps des solutions ». Durant une semaine, 103 ministres d’état, 15 chefs de gouvernement, 3500 représentants d’ONG, 1200 journalistes et des milliers d’autres acteurs publics et privés du secteur de l’eau ont participé activement aux centaines de conférences et évènements organisés à cette occasion.
La délégation palestinienne, appuyée par de nombreux acteurs du secteur et en particulier l’AFD, mais aussi des collectivités locales françaises, a impressionné par sa présence : plus de 40 représentants du gouvernement, de l’Autorité palestinienne de l’Eau (PWA), de municipalités, d’exploitants, de bureaux d’études et d’ONG avaient ainsi fait le déplacement à Marseille pour contribuer aux débats et présenter le contexte particulier de l’accès à l’eau et l’assainissement dans les Territoires palestiniens.
Intervention de Dr Shaddad Attili, ministre palestinien de l'Eau, durant le 6ème Forum mondial de l'Eau à Marseille
La délégation palestinienne, menée par le Dr Shaddad Attili, ministre de l’Eau, avait préparé sa participation pour présenter dans de nombreuses sessions la situation de l’eau en Territoires Palestiniens. Sur son stand, plus de 30 000 brochures, CD et autres documents de communication ont ainsi été distribués aux nombreux visiteurs. Ces médias, axés sur différents thèmes (situation de l’eau à Gaza, difficultés de gestion des infrastructures hydrauliques dans un contexte d’occupation, problèmes d’accès à la ressource en eau dans la vallée du Jourdain), avaient pour objectif de porter le message principal de l’Autorité palestinienne de l’Eau : l’eau est un élément crucial pour la construction d’un état palestinien viable.
C’est d’ailleurs autour de ce thème particulier que l’Autorité palestinienne de l’Eau a organisé un évènement spécial le 13 mars présidé par le ministre palestinien de l’Eau. Mais la participation de la délégation palestinienne ne s’est pas limitée à cela puisque ses représentants ont aussi participé activement à quelques 38 sessions portant sur des problématiques régionales et thématiques : le dessalement, la réutilisation des eaux traitées, l’amélioration de la gouvernance et de la performance des services, la gestion des ressources transfrontalières, la gestion de la demande en eau…
Une usine de déssalement à Gaza
Parmi ces nombreux évènements, l’un des points forts de cette semaine restera sans aucun doute la déclaration du Premier ministre français, François Fillon, lors de la cérémonie d’ouverture à laquelle participait aussi le Premier ministre palestinien, Salam Fayyad. Dans son discours M. Fillon a annoncé officiellement l’engagement de la France à financer le projet d’usine de dessalement de Gaza (projet labellisé UPM -Union pour la Méditerrannée- d’un montant de 350 millions d'euros), à hauteur de 10 millions d’euros.
Ce projet, qui représente l’unique solution pour assurer un accès durable à l’eau potable aux 1,6 million d’habitants de la bande de Gaza, a fait l’objet d’une conférence spéciale organisée par l’UPM le 12 mars devant une assistance très nombreuse.
Hervé Conan, directeur AFD à Jérusalem, au stand palestinien du Forum mondial de l'Eau
Ce forum, qui a rassemblé 750 élus français, aura également été l’occasion pour l’Autorité palestinienne de l’Eau de signer plusieurs accords de partenariats avec des autorités locales françaises engagées dans des actions de coopération décentralisée dans le secteur de l’eau.
Les collectivités locales françaises partenaires
Ainsi, des conventions de partenariats ont été signées avec le Syndicat Intercommunal d’Assainissement de l’Agglomération Parisienne (SIAAP) et l’Agence de l’Eau Adour-Garonne (AEAG) pour la mise en œuvre d’infrastructures et des actions de renforcement de capacités.
Les collectivités territoriales françaises jouent en effet en Territoires palestiniens un rôle important de transfert de compétences, notamment en termes d’appui à la maîtrise d’ouvrage, de pilotage d’études et d’appui à l’exploitation. Elles s’associent à ce titre de plus en plus régulièrement à des projets financés par l’AFD. L’AFD a d’ailleurs organisé une session dédiée à ce type de partenariat et intitulée « Autorités locales et agences de développement : des partenariats gagnant-gagnant ». La collaboration existante entre l’AFD et l’AEAG dans les Territoires palestiniens a été présentée comme une expérience particulièrement réussie.
Frédéric Desagneaux, Consul Général de France à Jérusalem, durant la Journée mondiale de l'Eau 2012 organisée à Ramallah
De retour en Palestine, l’Autorité palestinienne de l’Eau, soucieuse de partager localement les retombées de cet évènement, a organisé le 28 mars, avec l’appui de l’AFD, une soirée spéciale à l’occasion de la Journée Mondiale de l’Eau. Cet évènement, auquel le Consul Général de France à Jérusalem, le Directeur de cabinet du Président Mahmoud Abbas et le ministre de l’Agriculture ont participé, a permis à la PWA de présenter à ses concitoyens une synthèse de ces jours intenses en rencontres et en débats. Les messages portés par la délégation palestinienne et le film « La soif du Monde » de Yann Arthus-Bertrand cofinancé par l’AFD, ont été présentés lors de cette soirée qui a réuni plus d’une centaine de personnes à Ramallah.
Interview d'expert : la question de l'eau dans les territoires palestiniens, par le Dr Shaddad Attili
Shaddad Attili, responsable de l'Autorité palestinienne de l'eau (Palestinian Water Authority - PWA) se présente souvent comme un ministre "virtuel". Les Territoires palestiniens n'ont accès qu'à 20% de la nappe phréatique qu'ils partagent avec Israël.
De l'eau par ailleurs trop salée et impropre à la consommation. D'où le projet d'une usine de dessalement, appuyé par la France. Le Premier ministre français François Fillon a annoncé un soutien de 10 millions d'euros lors de l'ouverture du 6ème Forum mondial de l'eau, le 12 mars, pour un projet estimé à 350 millions d'euros.
ID4D Idées pour le Développement vous présente cette interview réalisée durant le 6e Forum mondial de l'eau qui s'est tenu à Marseille du 12 au 17 mars.
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L’entrepreneuriat Palestinien au-delà des frontières
Le 24 mars 2012, le LaunchPad, initiative Franco-Palestinienne pour développer l'entrepreneuriat et l'innovation sous l'égide de l'Institut Français de Ramallah et en partenariat avec Palinvest (société de conseil palestinienne), a organisé son premier atelier de travail.
Cette initiative s'est déroulée dans le cadre de la semaine de la Francophonie avec la participation des entrepreneurs Français Simon Istolainen, Frédéric Benhaim et Olivier Cahane.
Soutenu par Bank of Palestine, par l’opérateur téléphonique PALTEL et par l’AFD, le LaunchPad a pour objectif de créer une communauté d’entrepreneurs français et palestiniens en permettant - outre un échange d’expertise dans le domaine de l’innovation - la mise en place de liens économiques visant à accompagner les start-up tout en encourageant l’investissement dans ces jeunes entreprises.
La vingtaine d’entrepreneurs (dont 30% de femmes) participant à cette première rencontre a été sélectionnée sur la base d’un appel à propositions visant à retenir les projets les plus innovants sur le web 2.0 et sur la thématique du Green Business. Plusieurs secteurs ont ainsi fait l’objet de projets (TIC, cosmétiques, agro-industrie,…) par des participants basés aussi bien en Cisjordanie qu’à Gaza.
Des sessions régulières de suivi ainsi qu’un système de patronage avec mentoring d’entrepreneurs Français, sera mis en place pour soutenir le développement des activités retenues. Par ailleurs, une compétition sera organisée entre les différents projets afin d’encourager l’investissement notamment par l’intermédiaire de business angels dans ces nouvelles entreprises.
Ce nouveau réseau entend s’inscrire dans la durée et accueillera de nouveaux membres tout au long de son développement.
