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Contenu
Programme
Présentation et programme de la conférence
Crise de la globalisation : un monde en recomposition ?
Septième conférence AFD / EUDN
9 décembre 2009, Paris.
Centre de conférences Pierre Mendès-France
Ministère de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi
139, rue de Bercy - 75012 Paris
La chute du rideau de fer et du système soviétique a suscité l’immense espoir d’un monde uni qui transcenderait les différences entre les nations, qu’elles soient économiques, technologiques ou idéologiques. L’impulsion donnée à la mondialisation avait pour principale vocation de conduire à la convergence des pays sur le plan économique tandis que la fin de la guerre froide était censée donner naissance à une entité homogène largement en accord avec l’idéologie libérale émergente. Aujourd’hui, vingt ans plus tard, il faut reconnaître que le rêve n’est pas devenu réalité. D’un côté, l’interdépendance économique grandissante au niveau mondial a encouragé la montée de nouveaux pays sur la scène mondiale, particulièrement en Asie du Sud et de l’Est ainsi qu’en Amérique Latine. Leur émergence a profondément modifié la hiérarchie des puissances économiques, donnant naissance à un nouveau sentiment d’insécurité pour les pays industrialisés occidentaux. La tentation du protectionnisme pour ces pays en est la conséquence directe. D’un autre côté, l’homogénéisation des systèmes de valeur et politiques ne s’est pas produite, bien au contraire. Du fait de la conjonction de facteurs complexes incluant des considérations géopolitiques, le sentiment antioccidental s’est renforcé dans certaines régions du monde, notamment dans les pays musulmans. Dans ces régions, la difficulté à choisir entre la soi-disant voie occidentale et le maintien des valeurs d’une civilisation traditionnelle « imaginée » s’est exacerbée, donnant naissance à de graves tensions dans les relations internationales et conduisant certains pays de l’hémisphère sud, comme par exemple l’Iran, à se poser en champions des pays victimes de l’Occident. Les orateurs aborderont ces sujets d’une brûlante actualité en adoptant un point de vue géographique et en illustrant leur propos à travers l’étude des principales régions du monde.9 heures : Mot d’accueil et ouverture de la Conférence
9h10-10h15 Session sur l’Asie
9h15-9h45 : Intervention d’ALAN WINTERS, Professeur à l’Université du Sussex et Chef Economiste du Département du Développement International anglais (DFID).
Crise financière et fragmentation : le cas de l’Asie
La transmission rapide de la crise, notamment en termes de hausse du chômage, et la pression politique imposée aux gouvernements pour les conduire à ne se soucier que de leur propre électorat, font émerger la deuxième signification du terme fragmentation. L’intégration de l’économie mondiale s’étant déroulée presque sans interruption pendant soixante ans, il serait dommage d’assister à son démantèlement au cours des six prochains mois. L’article recensera les manifestations de cette tendance à la fragmentation depuis Septembre 2008, notamment en étudiant les restrictions au commerce. Il pointera les dangers d’une telle désintégration et proposera des réponses appropriées en termes de politique publique.
9h45-10h15 : échanges avec la salle
10h20-11h25 : Session sur l’Europe
10h25-10h55 : Intervention d’ANDRE SAPIR, Professeur à l’Université Libre de Bruxelles
L’Europe : un acteur global et régional moins fragmenté ?
L’Union Européenne semble a priori disposer d’un avantage comparatif pour aborder la question de la gouvernance mondiale dans la mesure où elle est elle-même un exemple de gouvernance internationale et que ses positions sont le résultat d’une agrégation de préférences nationales diverses. Cette diversité est également la principale faiblesse de l’Union Européenne, en particulier dans les domaines où elle ne parle pas d’une seule voix, ce qui est le cas notamment pour la finance. Ceci suggère que le rôle que l’Union Européenne pourra effectivement jouer sur la réforme de la gouvernance mondiale dépendra de sa capacité à réformer sa propre gouvernance.
En plus de l’agenda international de l’Union Européenne, la crise financière a mis en lumière l’importance de son agenda régional. La crise actuelle présente en effet des enjeux importants pour les modèles économiques et les modes de régulation sociale mis en place depuis les années 90 dans les Pays d’Europe Centrale et Orientale et dans les pays de la CEI. A cette occasion, les pays de la zone Euro (et plus largement de l’Union Européenne) ont eu des difficultés à traiter les problèmes des pays voisins alors que ces pays ont un caractère crucial pour la prospérité européenne.
L’article analysera la réaction de l’Union Européenne aux défis internationaux et régionaux soulevés par la crise et mettra en évidence les changements requis dans sa gouvernance interne pour lui permettre de mieux s’impliquer dans la gouvernance régionale et internationale.
10h55-11h25 : échanges avec la salle
11h25-11h40 : Pause
11h40-12h45 : Session sur le Maghreb et le Moyen-Orient
11h45-12h15 : Intervention de MUSTAPHA NABLI, Conseiller senior à la Banque Mondiale
Fragmentation et lignes de faille dans l’espace arabo-euro-méditerranéen
Tout d’abord, l’espace institutionnel de coopération économique et de coordination a évolué de manière significative. Il est devenu beaucoup plus complexe et fragmenté à la fois au sein de la région Moyen Orient et Afrique du Nord (MOAN), au sein de l’espace euro-méditerranéen et aux Etats-Unis.
De plus, différents groupes de pays de la région MOAN ont connu des résultats économiques et sociaux très divers, du fait de plusieurs facteurs importants tels que des réformes intérieures spécifiques, les situations politiques et les conditions de sécurité, et enfin l’environnement régional et mondial (dont les prix des commodités). En conséquence, les divergences se sont accrues à l’intérieur de la région et relativement à l’Europe.
Enfin, plusieurs sujets de tension politique ont émergé entre l’Europe et les pays de la région MOAN, au nombre desquels les flux migratoires figurent en première place. Les dynamiques de population ont suscité un fort potentiel de complémentarité et de gain grâce à la hausse des flux migratoires entre cette région et le reste du monde, notamment l’Europe. Néanmoins, les dynamiques politiques ont œuvré en sens inverse, en imposant des restrictions aux mouvements des personnes. La position ambigüe des pays occidentaux, qui prônent la mondialisation, l’ouverture au commerce et aux flux de capitaux mais contraignent la mobilité des individus met à jour une ligne de faille majeure : la rupture entre la « peur » d’un côté et la « possibilité de l’espoir » de l’autre.
12h15-12h45 : échanges avec la salle
12h45-14h : Pause-déjeuner
14h-15h05 : Session sur l’Afrique
14h05-14h35 : Intervention de FRANCOIS BOURGUIGNON, Directeur de l’Ecole d’Economie de Paris et PIERRE JACQUET, Chef Economiste à l’AFD
Quel modèle de croissance pour l’Afrique subsaharienne ?
14h35-15h05 : échanges avec la salle
15h10-16h15 : session sur l’Amérique Latine
15h15-15h45 : Intervention de CARLOS WINOGRAD, Chercheur Associé à l’Ecole d’Economie de Paris et ancien Secrétaire d'Etat à la concurrence, la régulation et la défense du consommateur en Argentine.
Fragmentation, Mondialisation et Amérique latine: de la crise financière aux défis pour les générations futures.
L’émergence économique des pays très peuplés d’Asie constitue un choc pour le sentier de développement humain de la planète. La croissance rapide et la transformation sociale de la Chine, de l’Inde et des autres pays d’Asie où près de la moitié de la population mondiale est soumise à des changements profonds mettent les autres pays du monde face à des défis majeurs.
L’homogénéisation attendue des mœurs culturelles et des systèmes politiques n’a finalement pas été un phénomène harmonieux conduisant à une convergence progressive. Les tensions nées de cette tendance sont apparentes dans toutes les régions du monde, les pays développés occidentaux comme les pays émergents et en développement.
La présentation s’attachera à décrire les changements actuels affectant les moteurs du développement mondial, du point de vue de l’Amérique Latine. L’impact d’une interdépendance économique accrue, des dynamiques commerciales, de la géographie ainsi que le défi posé par une nouvelle hiérarchie des puissances mondiales sont des changements significatifs pour les pays latino-américains. Cette extension de l’hémisphère occidental, très homogène à première vue, en ce qui concerne la culture, la religion et la langue, a adopté un cadre politique démocratique au cours des dernières décennies. Néanmoins, les disparités entre pays et les tensions potentielles à l’intérieur des pays sont loin d’être négligeables et peuvent menacer l’équilibre de leur sentier de développement.
Partant de l’impact de la crise financière actuelle sur les économies d’Amérique Latine, la présentation analysera quels sont les défis à venir pour les prochaines générations posés par les tendances inhérentes au développement mondial. Elle se concentrera en particulier sur les sujets suivants : l’alimentation, l’environnement, l’énergie et la gouvernance.
15h45-16h15 : échanges avec la salle
16h15-16h30 : Pause
16h30-17h30 : Table ronde de conclusion
Ahmed Galal, Directeur de l’Economic Research Forum au Caire
David Held, Co-directeur du Center for the Study of Global Governance à la London School of Economics
Justin Lin, Chef Economiste de la Banque Mondiale
Jean-Philippe Platteau, Professeur à l’Université de Namur

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