Context
L’Afrique du Sud est un pays à forte intensité énergétique et gros émetteur de gaz à effet de serre (GES). Trois principales causes peuvent être identifiées : l’importance du secteur industriel dans la formation de son PIB, la prépondérance du charbon dans son bilan énergétique (75% de l’énergie primaire consommée) et enfin la faible efficacité énergétique d’un point de vue global (industrie, habitat, transport, électricité) résultant du bas prix de l’énergie.
Le gouvernement sud-africain s’est fixé des objectifs en matière de promotion des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. La Capture et Stockage du CO2(CCS) apparaît comme une mesure de transition qui permettrait d’assurer l’approvisionnement énergétique de l’Afrique du Sud tout en limitant ses émissions de gaz à effet de serre. Ce procédé permet d’extraire le CO2 des fumées émises par les industries utilisant du charbon. Le dioxyde de carbone, une fois séparé des autres éléments constitutifs des émissions, est transporté puis enfoui dans des zones de stockage géologique souterraines afin d’éviter le relâchement de CO2 dans l’atmosphère.
Le financement du centre de recherche sud-africain « Carbon Capture and Storage Centre », contribue à la lutte contre le réchauffement climatique et donc à la protection des Biens Publics Mondiaux, l’une des priorités stratégiques du Groupe AFD.
L’objectif du Centre est d’être l’institution de pointe sur les activités de CCS en Afrique du Sud. Sa mission consiste à permettre et réaliser la construction d’un site de démonstration CCS de taille industrielle en Afrique du Sud d’ici à 2020 ; en :
- Développant localement les capacités humaines et techniques nécessaires au développement de la technologie du CCS,
- Soutenant la conception et l’implantation d’une usine de démonstration CCS;
- Etendant et en soutenant l’usage du CCS comme une des solutions pour réduire les émissions de GES
- Etablissant de nouveaux liens, et consolidant ceux existant avec les acteurs internationaux du secteur.
Les activités de ce programme de recherche inclueront des ateliers, des études, des validations croisées d’études théoriques et de résultats expérimentaux ainsi que le développement de plans d’actions détaillés sous la direction d’un comité composé d’experts techniques et de décideurs politiques.
Le programme de recherche du CCS Centre pour les 5 années à venir consiste en différentes études auxquelles sont associés des objectifs opérationnels précis. Les actions ciblées par le programme sont, notamment, de:
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Déterminer les procédés de capture adaptés aux gaz à haute teneur en CO2 issus du procédé de liquéfaction du charbon. En effet, ces gaz sont composés à 95% de CO2 et constituent une masse de 60 Mt/an uniquement pour l’Afrique du Sud ;
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Evaluer le potentiel de séquestration des cendres volantes dans le secteur de la génération d’électricité ;
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Se pencher sur les taux de calcification possible du CO2 dans les roches sud-africaines et notamment leur variation en fonction du taux d’impureté du CO2 ;
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Estimer les impacts économiques que pourrait avoir le CCS en Afrique du Sud ;
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Evaluer les risques liés à l’implémentation du CCS en Afrique du Sud ;
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Mesurer les manques dans le système règlementaire sud-africain et proposer des règlementations afin de les combler.
Au-delà des connaissances techniques développées au travers de ces études, deux autres axes ayant pour but le renforcement de capacité ont été développés :
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Une conférence annuelle comprenant des parties prenantes aux CCS (géologues, ingénieurs, responsables politiques, chercheurs, étudiants) dont la première s’est tenue les 29 et 30 septembre 2009 a fourni des éléments de compréhension en termes d’aspects techniques, financiers et règlementaires relatifs au CCS permettant ainsi de placer cet enjeu dans une perspective sud-africaine.
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Une chaire universitaire sera créée fin 2009 afin de délivrer des post-graduate degrees dans le domaine du CCS et de coordonner les recherches interdisciplinaires initiées dans le cadre du Centre, qui permettront notamment d’établir un Atlas de stockage géologique d’Afrique du Sud.
Ces efforts visent à terme la réduction des émissions de gaz à effets de serre en Afrique du Sud. Ce projet participe ainsi à la lutte contre le réchauffement climatique et concourt donc à réduire les impacts socio-économiques négatifs liées aux émissions de dioxyde de carbone dans l’atmosphère.
Le CCS représente, d’après l’Agence Internationale de l’Energie, un potentiel de 19% de l’effort total à consentir d’ici 2050 afin de rester sous le seuil des 2°C d’augmentation de la température moyenne mondiale recommandé par le Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC).
Dates : 2009-2014
Montant : 142 350€