L’Afrique du Sud est un pays à forte intensité énergétique et gros émetteur de gaz à effet de serre (GES). Trois principales causes peuvent être identifiées : l’importance du secteur industriel dans la formation de son PIB, la prépondérance du charbon dans son bilan énergétique (75% de l’énergie primaire consommée) et enfin la faible efficacité énergétique d’un point de vue global (industrie, habitat, transport, électricité) résultant du bas prix de l’énergie (l’électricité distribuée était jusqu’à récemment l’une des moins chères du monde).
L’Etat, les municipalités et les entreprises ont maintenant conscience de la nécessité de porter attention à leur consommation énergétique.
Le pays s’est ainsi doté d’une stratégie en matière d ‘énergies renouvelables qui fixe un objectif de 10.000 GWh d’énergies renouvelables d’ici 2013, soit l’équivalent de 4 % de la production nationale. En outre, le Ministère de l’Energie a lancé en mars 2005 un plan national pour l’efficacité énergétique sur la période 2005–2015, qui vise notamment à améliorer de 15% l’efficacité énergétique du secteur industriel et à accroitre les performances du secteur de l’habitat. Un cadre règlementaire et législatif national se met également en place afin de favoriser l’amélioration de l’efficacité énergétique dans le secteur industriel et résidentiel (réductions d’impôts, incitation fiscale). Ces mesures s’ajoutent aux potentielles sources de financement internationales telles que le Mécanisme de Développement Propre (MDP).
4% de ses émissions proviennent des déchets, dont la collecte et le traitement sont du ressort des municipalités. La mise en décharge demeure la solution privilégiée. Pourtant, les décharges sont extrêmement polluantes, la fermentation des déchets entraînant le rejet de grandes quantités de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. La municipalité d’eThekwini, issue du regroupement de la ville de Durban et des communes environnantes, est la deuxième ville du pays. Chaque année, plus d’un million de tonnes de déchets ménagers et industriels sont entreposés dans trois décharges principales et contribuent ainsi fortement à la pollution atmosphérique.
Soucieuse des enjeux environnementaux liés à ces décharges, l’Agence Française de Développement (AFD) a souhaité soutenir la municipalité d’Ethekwini dans la mise en place de solutions innovantes et alternatives pour la gestion des déchets. Le projet de captage et de valorisation des émissions de gaz à effet de serre liées à la fermentation des déchets permettra de produire une électricité propre tout en réduisant l’impact de ces décharges urbaines sur le réchauffement climatique.
Le projet, éligible au MDP, dispositif financier prévu par le protocole de Kyoto, permettra à la République sud-africaine de s’engager sur la voie d’un développement sobre en carbone. En accordant des « crédits carbone » aux entreprises des pays développés qui financent des projets dans les pays en développement, favorisant ainsi la réduction des émissions de gaz à effet de serre, le MDP permettra à la municipalité d’Ethekwini d’utiliser des sources alternatives d’énergie.
Le projet financé par l’AFD répond à une double logique, à la fois financière et environnementale. Il contribue, par l’intermédiaire des MDP, à diversifier les sources de financement des municipalités sud-africaines. Il permet également de lutter contre le réchauffement climatique en réduisant la pollution atmosphérique.
La finalité première du concours octroyé par l’AFD est de permettre un développement sobre en carbone de l’Afrique du Sud. Son objectif est de promouvoir la production d’énergies renouvelables en facilitant le financement de projets éligibles au MDP. Le caractère innovant du montage financier donne à ce projet un caractère pilote susceptible d’être répliqué.
Le projet consiste à récupérer le méthane produit par la fermentation des déchets sur trois décharges et à l’utiliser afin de produire de l’électricité. Pour ce faire, 103 puits de captage sont construits et répartis sur les trois décharges ; ces puits sont reliés à une centrale qui, en brûlant le méthane, fournit de l’électricité. Cette centrale est raccordée au réseau de distribution d’électricité de la municipalité.
Le projet, géré par Durban Solid Waste, l’organisme municipal chargé de la collecte et de la gestion des déchets, doit être rentabilisé par la vente de crédits carbone. Le montant total des investissements est estimé à 58,74 millions de rands.
Il est estimé que le projet permettra d’éviter 6,8 millions de tonnes de carbone sur vingt ans.
Démarrage : 2004
Financement: prêt de 6 millions d’euros à la Municipalité d’eThekwini