Importatrice nette d’électricité, la Namibie est actuellement confrontée à une diminution du volume des importations en provenance d’Afrique du Sud et au renchérissement de leur coût. La recherche de sources alternatives d’approvisionnement est donc devenue une priorité pour ce pays et s’inscrit dans le cadre d’une stratégie régionale.
NamPower, l’opérateur national d’électricité, détenu à 100% par l’Etat namibien a établi un programme d’investissement ambitieux. Il s’agit d’une part de diversifier la provenance des importations d’électricité et à en réduire le coût en privilégiant l’énergie de source hydraulique. D’autre part il vise à renforcer l’entreprise namibienne dans son métier de transmission en en faisant un acteur incontournable au niveau du Southern Africa Power Pool (SAPP) dont le rôle est de coordonner la création d’un réseau régional de transmission d’électricité haute tension en Afrique australe.
Le Document Cadre de Partenariat, signé à Windhoek le 12 septembre 2007 par le Secrétaire d’Etat français chargé de la coopération et de la francophonie et par le Directeur général namibien de la Commission Nationale de Planification place le secteur des infrastructures, notamment dans le domaine de l’énergie, comme l’un des deux secteurs de concentration de la coopération française en Namibie avec l’Education.
Dans ce cadre, l’AFD entend bâtir un partenariat de long terme avec Nampower avec deux objectifs principaux. D’une part soutenir le développement et la diversification des sources d’énergie de la Namibie et d’autre part promouvoir l’intégration régionale du secteur électrique, porteur d’économies substantielles d’investissements, d’énergie et d’émissions de CO2.
Ainsi l’AFD est elle d’ores et déjà partenaire de Nampower au travers de deux projets :
- le projet « Caprivi Link » d’interconnexion avec la Zambie, mis en service en juin 2010 et dont l’inauguration est prévue en novembre de cette année, en présence du Président namibien et de trois chefs d’Etats voisins.
- le projet « LOHEPS » de 9 centrales minihydroélectriques au fil de l’eau sur L’Orange River dont les études sont en cours, pour une capacité totale de 100MW.
L’instruction et le financement de ces deux projets sont effectués en étroite collaboration avec les deux autres bailleurs de fonds européens, la KfW et la BEI, ce qui a permis de mobiliser la plus importante contribution obtenue à ce jour de l’EU-Africa Infrastructure Trust Fund (subvention de 15 M€) pour le projet Caprivi Link pour bonifier les prêts.
Descriptif des projets
Le projet Caprivi Link (Phase 1)
Le projet est constitué de deux phases. La première phase comprend la construction d’une ligne en courant continu de haute tension (HVDC) d’une capacité maximale de 300 MW, d’une tension d’exploitation de 350 kV et d’une longueur de 970 km, ainsi que la réalisation des stations de convertisseurs en Zambie (Katima Mulilo) et en Namibie (Gerus ). Pour cette première phase, l’investissement, de 300 M€, est financé à hauteur de 65 % par NamPower et par les bailleurs de fonds européens (AFD, KFW et BEI ) à hauteur de 35% (105 M€). L’AFD a consenti un prêt de 35M€ pour le projet.
La seconde phase du projet comprend la prolongation sur la portion Auas et Gerus (285 km) de la ligne de transmission courant alternatif (AC) de 400 kV et les extensions nécessaires des stations d’Auas et de Gerus. Cette phase ne sera réalisée que si nécessaire. Elle permettrait la transmission d’une capacité maximale de 600 MW.
Le projet LOHEPS (Lower Orange Hydro Electricity Production Scheme)
Le projet consiste en la construction de 9 stations hydro-électriques au fil de l’eau d’une puissance variant de 6 à 12 MW pour une capacité totale de 100MW. Il se décompose en deux phases : la première phase concernera 3 premières stations pour 43 MW et la deuxième phase prévoit la construction des 6 sites restant pour 57 MW. Le principe du projet est de dévier une partie du flux de l’Orange River à l’aide de canaux et de tunnels pour alimenter les turbines des petites centrales hydroélectriques.
Le montant de l’investissement est estimé à environ 100M€. L’AFD, la KfW, la BEI et la DBSA travaillent de concert avec NAMPOWER et le producteur indépendant Clackson à la préparation du dossier.