Ligne de crédit verte : Développer le marché du financement des projets d’efficacité énergétique et d’énergies renouvelables en Afrique du Sud

Ligne de crédit verte : Développer le marché du financement des projets d’efficacité énergétique et d’énergies renouvelables en Afrique du Sud

 

Contexte
 
L'Afrique du Sud est un pays à forte intensité énergétique et gros émetteur de gaz à effet de serre du fait (i) de l'importance du secteur industriel, (ii) de la prépondérance du charbon dans son bilan énergétique, (iii) de la faible efficacité énergétique résultant de bas prix de l'énergie qui n'incitent pas à l'économie.
 
Des investissements insuffisants dans les capacités de production font que l'Afrique du Sud atteint ses limites en matière de production d'électricité et une meilleure gestion de la demande (DSM : Demand Side Management) est devenue une nécessité afin de faire face à la croissance de cette dernière et au fait qu'il faudra plusieurs années avant que la capacité n’ait atteint de nouveau un niveau satisfaisant.
 
Ainsi, la promotion de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables est devenue une priorité afin de gérer la croissance de la demande d’électricité. Toutefois, plusieurs barrières freinent le développement de projets de ce type. Par exemple, concernant l’efficacité énergétique, l’investissement et le financement font défaut : d’une part l’amélioration de l’existant est perçu comme un second investissement et la priorité est souvent donnée à l’extension des capacités, d’autre part les banques sont elles-mêmes plus à l’aise avec l’analyse de projets de développement qui créent de nouveaux revenus que de projets d’amélioration qui génèrent des économies. De plus, le coût de l’énergie restant relativement bas, la rentabilité financière de ces projets est comparativement moindre que dans d’autres pays. C’est avant tout ces barrières financières que le projet vise à abaisser.
 
 
Objectifs
 
La finalité du projet est, à moyen terme, de permettre à l’Afrique du Sud de surmonter la crise énergétique à laquelle elle fait face, et qui devrait durer jusqu’en 2017, et à long terme la diminution de ses émissions de gaz à effet de serre. Ceci sera atteint en accroissant la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique sud-africain et en améliorant l’efficacité énergétique de l’économie.
 
L'objectif du projet est le financement d’un programme de projets d’efficacité énergétique et d’énergie renouvelable au travers du réseau de partenaires bancaires sud-africains : ABSA, IDC, et Nedbank.
 
Le projet retiendra trois indicateurs d’impact : la puissance énergétique, renouvelable ou récupérée, l’énergie économisée, et les émissions de gaz à effet de serre évitées.
 
 
Descriptif du projet
 
Il est envisagé de mettre à disposition de trois banques de la place (ABSA, IDC et NEDBANK) une ligne de crédit de 120M€ (40M€ par banque) pour le financement de projets d’énergie renouvelable et d’efficacité énergétique. Les projets seront choisis par les banques qui prendront le risque du projet, sur la base de critères d’éligibilité et de leur analyse du risque.
 
Le prêt de l’AFD comporte un taux d’intérêt bonifié, équivalent d’une subvention, laquelle devra être utilisée par les banque à trois fins : (i) proposer des prêts aux bénéficiaires finaux à des taux eux-mêmes avantageux pour favoriser l’émergence de ces projets, (ii) financer des prestations techniques pour évaluer les projets, ainsi que des formations, à des fins d’apprentissage par les équipes des banques et (iii) concevoir et commercialiser ce nouveau type de prêt.
 
En parallèle, l’AFD mettra en place une assistance technique auprès d’une institution clé du secteur, le Central Energy Fund ayant notamment pour but d’appuyer les trois banques dans la vérification des économies d’énergie, et dans l’organisation de formations communes aux trois banques.
 
Ainsi, le projet entend contribuer à favoriser l’émergence d’un marché du financement de l’efficacité énergétique, en mettant d’une part à la disposition du marché des ressources financières attractives et d’autre part en renforçant la connaissance et les capacité d’acteurs clés du marché.
 
Les projets financés par la ligne pourraient être éligibles à des crédits carbones et soumis à la structure nationale responsable des Mécanismes de Développement Propre pour approbation.