Stratégie

Contexte et cadre d’intervention

Le Burundi est un pays enclavé de 8 millions d’habitants. Il a connu une croissance moyenne de +2,8% sur la décennie écoulée, soit moins que la croissance de la population (autour de +3% par an). Après 12 ans de troubles intérieurs (1993-2005), le Burundi connaît une situation politique et sécuritaire tendue et fragile. Le niveau de vie de la population a dramatiquement baissé (moins de 200 dollards de PIB par habitant) et le Burundi occupe aujourd’hui le 181ème rang sur 183 pays au classement IDH (Indicateur de Développement Humain). 

Le Burundi reçoit une aide importante (40% du PIB) s'élevant à environ 55 dollards par habitant, ce qui représente toutefois moins que le Rwanda. Doté de faibles capacités d’exportation (filières café et thé) et d’un historique de croissance peu favorable, le Burundi est classé « rouge » quant au cadre de viabilité de sa dette (CVD).
 
Après la fermeture de son bureau en 1996, l’activité de l’AFD a repris en 2002. Les interventions se matérialisent initialement sous forme de subventions d’ajustement structurel, puis par des concours dans le secteur éducatif choisi comme secteur de concentration. A partir de 2011, le portefeuille connaît une relative diversification : garanties, Projet de renforcement des capacités commerciales (PRCC), micro-finance avec une orientation en faveur du secteur privé. L’AFD a un bureau de représentation à Bujumbura dépendant de l’agence régionale de Nairobi. 

L’activité de l’AFD

En février 2012, le Burundi a rejoint la liste des pays pauvres prioritaires (PPP) de la Coopération française. Jusqu’alors non prioritaire et non éligible aux prêts souverains, les possibilités d’activité y étaient réduites pour l’AFD. La stratégie actuelle est de concentrer des financements significatifs sur le secteur de l’éducation, tout en développant une relative diversification à travers une démarche de « projets » de taille limitée en relation avec le secteur privé ou les ONG. En tenant compte de la situation post-crise du pays et des possibilités de mobilisation de subventions par l’AFD, cela consiste à : 

  • poursuivre de l’action sectorielle dans l’éducation (5 millions d'euros – financement  du Fonds Commun pour l’Education (FCE) et assistance technique – octroi en 2012, convention signée en janvier 2013) ;
  • développer des outils d’appui au secteur productif : projets de renforcement des capacités commerciales (PRCC), garanties, facilité micro-finance, appui à la supervision bancaire ;
  • Iinciter les soumissions de dossiers de financement à l’initiative sectorielle ONG ou FISONG ou aux petites initiatives du Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM).
 
L’historique des octrois et décaissements (garanties ARIZ et contrats de désendettement et de développement C2D) se présente comme suit :
 
Autorisations (en milliers d'euros)
2007
2008
2009
2010
2011
 2012
 2013
10.000
-
700
2.586
2.200
5.553
6.490
Décaissements (en milliers d'euros)
3.531
3.249
290
4.144
3.499
4.081
4.084

 

 
Le portefeuille est composé de 8 projets pour un montant de 23,2 millions d'euros (engagements en cours). En 2013, les décaissements ont totalisé près de 4,1 millions d'euros (soit 17,6% du portefeuille).
 
L’AFD est essentiellement présente dans le secteur de l’éducation à l’aide de plusieurs instruments en subvention : concours courant de 10 millions d'euros en 2007, puis de 5 millions d'euros en 2012 sur un Fonds Commun d’appui à la politique éducative (cofinancement avec la Belgique, la Norvège et le PME – Partenariat Mondial pour l’Education), un concours local de faible montant (CLFM) avec Handicap International de 400.000 euros sur l’éducation inclusive en 2009, un C2D sous forme d’aides budgétaires sectorielles de 2,58 millions d'euros en 2010 (C2D dédié au secteur de l’éducation).
 
En 2011 et 2012, le portefeuille a été élargi via l’octroi de garanties individuelles ARIZ (auprès de la BCB – Banque Commerciale du Burundi) pour un projet d’hôpital et un projet de laiterie, ainsi que d’un PRCC de 1,2 million d'euros au bénéfice de l’OTB (Office du Thé du Burundi) dans le but d’appuyer la valorisation du thé burundais (certification, processus qualité, appui à la commercialisation) et de faciliter le processus de libéralisation de la filière. Ce dernier projet a démarré (convention signée en avril 2012 et recrutement de l’expertise technique effectué).
 
Un projet de micro-finance de 3 millions d'euros a été octroyé en décembre 2013 ; la Convention de financement y afférente a été signée en mai 2014 avec le Gouvernement burundais. En parallèle, l’AFD financera, sur requête de la BRB – Banque de la République du Burundi (Banque Centrale), une assistance technique d’un expert résident FMI en appui à la supervision bancaire, dans le double but de faciliter l’extension des garanties et d’améliorer l’environnement des établissements financiers (y compris IMF – institutions de micro-finance), mais aussi de renforcer son partenariat avec la Banque Nationale de Développement Economique (BNDE) dont l’AFD est actionnaire et détient un poste d’administrateur au sein du Conseil d’Administration.
 
À ce portefeuille, il convient d’ajouter plusieurs opérations du FFEM qui appuient des associations burundaises dans le cadre de son Programme Petites Initiatives. Par ailleurs, les ONG peuvent plus facilement intervenir sur le Burundi via le guichet ONG de l’AFD. A noter enfin qu’une convention relative à un projet FISONG (Facilité d’Innovation Sectorielle ONG) a été signée, durant le 1er semestre 2013, dans le domaine de l’assainissement avec l’ONG Pro Action Développement (PAD). En juin 2013, une subvention de 490.000 euros a été octroyée en faveur d’un projet FISONG sur la formation professionnelle (Convention de financement restant à signer).
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Perspectives à moyen terme et long terme

Le Burundi apparaît en demande d’une « reprise » de la coopération française suite à son entrée parmi les pays pauvres prioritaires (PPP). Le dernier Comité Interministériel pour la Coopération Internationale et le Développement (CICID), qui s’est réuni le 31 juillet 2013, a maintenu le Burundi dans la liste des 16 PPP de la Coopération française. Il n’est pas prévu de DCP, la France participera à un exercice de programmation conjointe initié par l’Union Européenne. L’AFD tente de structurer un deuxième axe de coopération sur le soutien au secteur productif (soutien aux exportations, soutien au secteur financier).

Une aide budgétaire globale (ABG) de 3 MEUR a été octroyée en septembre 2013 et affectée au seul secteur de l’éducation en cohérence avec les interventions mentionnées supra et dans la suite logique du C2D qui s’est achevé en avril 2013. A noter par ailleurs qu’un nouveau Fonds d’Etudes et de Renforcement de Capacités (FERC) de 300 k€ est envisagé en 2014 pour le Burundi.
 
Au plan régional et sur le plus long terme, l’AFD suit le projet régional Ruzizi III qui prévoit la construction d’un barrage hydro-électrique au fil de l’eau, d’une puissance installée de 145 MW, afin d’augmenter les capacités de production électrique au Burundi, en RDC et au Rwanda. Le Groupe AFD rejoindra le groupe de bailleurs de fonds européens incluant la BEI et la KfW.
 
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Mise à jour en février 2015

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